Titre : L'Afrique française : bulletin mensuel du Comité de l'Afrique française et du Comité du Maroc
Auteur : Comité de l'Afrique française. Auteur du texte
Auteur : Comité du Maroc (Paris). Auteur du texte
Éditeur : Comité de l'Afrique française (Paris)
Date d'édition : 1917-01-01
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32683501s
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 01 janvier 1917 01 janvier 1917
Description : 1917/01/01 (N1,A27)-1917/12/31 (N12,A27). 1917/01/01 (N1,A27)-1917/12/31 (N12,A27).
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k97885087
Source : CIRAD, 2017-132476
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 17/07/2017
20fi BULLETIN DU COMITÉ
Coloniaux, Africains, vous verrez qu'après la guerre,
c'est dans nos ciels, à nous, que les « as » actuels et
futurs viendront utiliser l'admirable science de l'air qui
les illustre aujourd'hui sur tous les fronts. Déjà au
Maroc notre escadrille travaille efficacement à la paci-
fication. Après la guerre, le Maroc et l'Afrique offriront
des champs d'activité à bien des officiers et soldats qui
auront acquis pendant plusieurs années de guerre mé-
tropolitaine la passion de la « campagne ». Plus certai-
nement encore, ils seront les grands champs nouveaux
où les rois de l'air retrouveront le frémissement du
danger et l'orgueil de la victoire.
Et voici que pour confirmer cet espoir, la Dépêche
algérienne annonce que le capitaine Laurent, auteur de
vols intéressants dans le Sud algérien, va réaliser la
jonction aérienne de l'Algérie avec le Soudan à travers
le Sahara et que le gouvernement général prépare un
service postal Paris-Marseille-Alger-ln-Salah-Moty-
linski-Tombouctou en trente heures. D'autre part, notre
escadrille du Maroc continue à faire la meilleure
besogne.
*
* *
La Légion étrangère, nous l'avons dit, est très popu-
laire en Angleterre (i) et nous nous en réjouissons en
cette Afrique française qui a été la première à dénoncer
et à enrayer la campagne allemande contre cet admi-
rable corps d'élite.
Le Times du 2) mai a rendu un éclatant hommage à
la conduite de la Légion dans les récentes affaires de
Champagne : « Pour beaucoup, dit-il, ce sont là parmi
les plus belles troupes de la France, solides comme de
l'acier et avec un mépris incroyable pour la mort et le
danger. Le général commandant la division qui a ins-
crit une nouvelle palme à sa Croix de guerre et a été fait
commandeur de la Légion d'honneur, parle du courage
de ses troupes avec un bel enthousiasme. On pouvait s'y
attendre. N'est-ce pas de tradition dans la glorieuse
histoire des batailles de la Légion r Mais dans cette
guerre, la Légion, aujourd'hui composée d'hommes
de cinquante nationalités, dont presque la moitié de
Suisses, a acquis une réputation différente et plus haute.
Ce sont des hommes qui, — comme l'a dit leur der-
nière citation aux affaires de Champagne — sont
inspirés à la fois par la haine de l'ennemi et par l'esprit
de sacrifice. Ils se battent désespérément parce qu'ils
se battent pour un idéal. Le sentiment qui les a poussés
à la Légion et qui autrefois n'était pas spécialement au
nombre des recruteurs de ce corps, c'est l'amour de la
liberté et la pensée que les Alliés luttent par dessus
tout pour la liberté. Ils offrent un type nouveau de
l( conscientious objector » : c'est leur conscience qui
s'oppose à la servitude que l'Allemagne veut imposer au
reste du monde ».
%
£ #
Extrait de l' Echo du Maroc du 18 mai. correspon-
dance de Dar-bel-Hamri :
« Nous serions très reconnaissants à M. le lieute-
nant X..., commandant la 1" compagnie du terri-
torial, de vouloir bien autoriser le coiffeur de sa com-
.I l Afrique française, 1916, p. 319.
pagnie à descendre au village pour raser ses habitants.
'v A Dar-bel-Hamri, nous n'avons pas de coiffeur, et
tous les commandants de compagnie, qui ont passé ici,
ont toujours laissé pleine et entière autorisation à leurs
coiffeurs de s'occuper de la clientèle civile. ¡
« Faut-il aller à Kenitra pour se faire couper les
cheveux » ?
Non, non, il ne faut pas: Et l'on ne voit pas davan-
tage le coiffeur de Kenitra traversant la forêt de la
Mamora — ancien repaire de bandits — pour aller
tenir, près du pont si connu de l'oued Beht, une séance
foraine de taille et coupe... Mais ne serait-ce pas excès
de précaution de la part du perruquier des territoriaux?
Dar-bel-Hamri, que nous avons tous connu, il y a
quelques années, gare terminus un peu sévère et quasi
désertique, compte aujourd'hui une population euro-
péenne masculine et féminine déjà importante et qui sait
si le coiffeur du ne craint pas de ne pas connaître
suffisamment pour elle l'art de la taille à la Bressant ou
les secrets de l'ondulation ?
*
* «
Le gri-gri de l'infirmière. C'est le correspondant du
Journal de Genève à l'armée d'Orient qui raconte cette
vision d'ambulance :
« Un jour, deux Sénégalais arrivèrent, grands diables
aux allures frileuses, à la face luisante comme une botte
bien cirée, avec deux énormes ballots ouatés et bandés
en guise de pieds, sur lesquels ils s'appuyaient d'un air
douloureux. Une petite infirmière française vint d'une
division voisine soigner ces pieds gelés; elle était sou-
riante et toute blanche, pareille, dans notre tente grise,
à un rayon de soleil; c'était un coup d'œil que de la
voir, elle, fine et menue, se pencher sur ces masses
grisâtres et les frictionner avec douceur.
« Presque guéris, les deux bonshommes tinrent un
long conciliabule; puis, comme l'infirmière approchait,
ils s'avançèrent et, avec un air inquiet et drôle d'avare
livrant son trésor, ils sortirent du fond de leurs poches
deux petits bâtons de bois informes, les lui mirent dans
les mains : « Voilà gri-gri pour toi ; avec, toi jamais bles-
sée, jamais malade. Major toujours bon pour toi! )) Et
ils s'en allèrent d'un pas digne, laissant la petite infir-
mière souriante et un peu émue, retournant dans ses
doigts les bouts de bois vénérables.
.< Et avant de partir, l'un d'eux me confia : « Ici mon
vieux, pas comme tranchée, où toujours boue,
Ici, paradis. » Le Paradis:
Etait-il pince-sans-rire, ce diable de Sénégalais r Ce
mot ne détonnait-il pas comme un éclat de rire dans la
chambre d'un mourant- Mais non: sa face luisante était
sérieuse et disait la vérité. Peut-être était-ce pour lui le
paradis parce qu'il avait vu là flotter un moment le sou-
rire d'une femme de France? »
*
* *
La u Selousia ». voilà un nom que nous verrons sans
doute un jour sur les cartes d'Afrique, au temps encore
lointain où un éditeur impavide se décidera à entre-
prendre la carte définitive de l'Afrique, laquelle comme
on sait, s'est jouée depuis trente ans de tous les projets
des éditeurs cartographes.
L'Afrique française a dit la mort au champ d'hon-
Coloniaux, Africains, vous verrez qu'après la guerre,
c'est dans nos ciels, à nous, que les « as » actuels et
futurs viendront utiliser l'admirable science de l'air qui
les illustre aujourd'hui sur tous les fronts. Déjà au
Maroc notre escadrille travaille efficacement à la paci-
fication. Après la guerre, le Maroc et l'Afrique offriront
des champs d'activité à bien des officiers et soldats qui
auront acquis pendant plusieurs années de guerre mé-
tropolitaine la passion de la « campagne ». Plus certai-
nement encore, ils seront les grands champs nouveaux
où les rois de l'air retrouveront le frémissement du
danger et l'orgueil de la victoire.
Et voici que pour confirmer cet espoir, la Dépêche
algérienne annonce que le capitaine Laurent, auteur de
vols intéressants dans le Sud algérien, va réaliser la
jonction aérienne de l'Algérie avec le Soudan à travers
le Sahara et que le gouvernement général prépare un
service postal Paris-Marseille-Alger-ln-Salah-Moty-
linski-Tombouctou en trente heures. D'autre part, notre
escadrille du Maroc continue à faire la meilleure
besogne.
*
* *
La Légion étrangère, nous l'avons dit, est très popu-
laire en Angleterre (i) et nous nous en réjouissons en
cette Afrique française qui a été la première à dénoncer
et à enrayer la campagne allemande contre cet admi-
rable corps d'élite.
Le Times du 2) mai a rendu un éclatant hommage à
la conduite de la Légion dans les récentes affaires de
Champagne : « Pour beaucoup, dit-il, ce sont là parmi
les plus belles troupes de la France, solides comme de
l'acier et avec un mépris incroyable pour la mort et le
danger. Le général commandant la division qui a ins-
crit une nouvelle palme à sa Croix de guerre et a été fait
commandeur de la Légion d'honneur, parle du courage
de ses troupes avec un bel enthousiasme. On pouvait s'y
attendre. N'est-ce pas de tradition dans la glorieuse
histoire des batailles de la Légion r Mais dans cette
guerre, la Légion, aujourd'hui composée d'hommes
de cinquante nationalités, dont presque la moitié de
Suisses, a acquis une réputation différente et plus haute.
Ce sont des hommes qui, — comme l'a dit leur der-
nière citation aux affaires de Champagne — sont
inspirés à la fois par la haine de l'ennemi et par l'esprit
de sacrifice. Ils se battent désespérément parce qu'ils
se battent pour un idéal. Le sentiment qui les a poussés
à la Légion et qui autrefois n'était pas spécialement au
nombre des recruteurs de ce corps, c'est l'amour de la
liberté et la pensée que les Alliés luttent par dessus
tout pour la liberté. Ils offrent un type nouveau de
l( conscientious objector » : c'est leur conscience qui
s'oppose à la servitude que l'Allemagne veut imposer au
reste du monde ».
%
£ #
Extrait de l' Echo du Maroc du 18 mai. correspon-
dance de Dar-bel-Hamri :
« Nous serions très reconnaissants à M. le lieute-
nant X..., commandant la 1" compagnie du terri-
torial, de vouloir bien autoriser le coiffeur de sa com-
.I l Afrique française, 1916, p. 319.
pagnie à descendre au village pour raser ses habitants.
'v A Dar-bel-Hamri, nous n'avons pas de coiffeur, et
tous les commandants de compagnie, qui ont passé ici,
ont toujours laissé pleine et entière autorisation à leurs
coiffeurs de s'occuper de la clientèle civile. ¡
« Faut-il aller à Kenitra pour se faire couper les
cheveux » ?
Non, non, il ne faut pas: Et l'on ne voit pas davan-
tage le coiffeur de Kenitra traversant la forêt de la
Mamora — ancien repaire de bandits — pour aller
tenir, près du pont si connu de l'oued Beht, une séance
foraine de taille et coupe... Mais ne serait-ce pas excès
de précaution de la part du perruquier des territoriaux?
Dar-bel-Hamri, que nous avons tous connu, il y a
quelques années, gare terminus un peu sévère et quasi
désertique, compte aujourd'hui une population euro-
péenne masculine et féminine déjà importante et qui sait
si le coiffeur du ne craint pas de ne pas connaître
suffisamment pour elle l'art de la taille à la Bressant ou
les secrets de l'ondulation ?
*
* «
Le gri-gri de l'infirmière. C'est le correspondant du
Journal de Genève à l'armée d'Orient qui raconte cette
vision d'ambulance :
« Un jour, deux Sénégalais arrivèrent, grands diables
aux allures frileuses, à la face luisante comme une botte
bien cirée, avec deux énormes ballots ouatés et bandés
en guise de pieds, sur lesquels ils s'appuyaient d'un air
douloureux. Une petite infirmière française vint d'une
division voisine soigner ces pieds gelés; elle était sou-
riante et toute blanche, pareille, dans notre tente grise,
à un rayon de soleil; c'était un coup d'œil que de la
voir, elle, fine et menue, se pencher sur ces masses
grisâtres et les frictionner avec douceur.
« Presque guéris, les deux bonshommes tinrent un
long conciliabule; puis, comme l'infirmière approchait,
ils s'avançèrent et, avec un air inquiet et drôle d'avare
livrant son trésor, ils sortirent du fond de leurs poches
deux petits bâtons de bois informes, les lui mirent dans
les mains : « Voilà gri-gri pour toi ; avec, toi jamais bles-
sée, jamais malade. Major toujours bon pour toi! )) Et
ils s'en allèrent d'un pas digne, laissant la petite infir-
mière souriante et un peu émue, retournant dans ses
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.< Et avant de partir, l'un d'eux me confia : « Ici mon
vieux, pas comme tranchée, où toujours boue,
Ici, paradis. » Le Paradis:
Etait-il pince-sans-rire, ce diable de Sénégalais r Ce
mot ne détonnait-il pas comme un éclat de rire dans la
chambre d'un mourant- Mais non: sa face luisante était
sérieuse et disait la vérité. Peut-être était-ce pour lui le
paradis parce qu'il avait vu là flotter un moment le sou-
rire d'une femme de France? »
*
* *
La u Selousia ». voilà un nom que nous verrons sans
doute un jour sur les cartes d'Afrique, au temps encore
lointain où un éditeur impavide se décidera à entre-
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on sait, s'est jouée depuis trente ans de tous les projets
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