Titre : Le Journal de l'Exposition coloniale
Auteur : Exposition coloniale (1931 ; Paris). Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1931-06-01
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb327977261
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 8 Nombre total de vues : 8
Description : 01 juin 1931 01 juin 1931
Description : 1931/06/01 (N3)-1931/06/30. 1931/06/01 (N3)-1931/06/30.
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Description : Collection numérique : Expositions et congrès Collection numérique : Expositions et congrès
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k9361418
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-20879
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 20/05/2013
y
y
95 centime»
Passez chaque week-end à
DEAUViLLE
la Piaffe Fleurie
' 187 Kms. de Paris
Route autodrome
iROYAL-HOTEI,
HOTEL «lu OOLF
AORMAUBY-HOTEL
Secrétaire Général :
Louis de Bettencourt
LE JOURNAL DE
N* 3
Juin 1931
XP0S1T
Rédaction : 78, Avenue des
Champs-Elysées — Paris
Vinay
Chocolat-Vinay
Chocolat-Vinay
Chocolat - Vinay
Chocolat-Vinay
Chocolat -Vinay
Vinay
Directeur : ROBERT ARTUS
Administration et Publicité
12, rue du Helder — Paris
Taitbout 87-50
— 87-51
En Indochine
MOUNT-VERNON
Visitez...
De Paul Doumer à Pierre Pasquier
Le Pavillon Américain
Le Musée Permanent des Colonies
En 1898, le soir de la fête du
Têt à Rach-Ghia, j’ai vu pour la
remière fois une image animée...
étais enfant... Mon père m’a
dit : que ça s’appelait du cinémato
graphe.
i Sur l’écran, en premier plan,
une jolie femme piquait de roses
magnifiques son admirable cheve
lure... C’est tout ! II y a trente'
trois ans... déjà !
Rach-Ghia !
Quel nom bizarre 11 est-ce pas?
Pour moi, c’est un souvenir d’en
fance. C’est encore mieux que
[cela !
Rach-Ghia ! C’était un petit
poste cochinchinois, situé pas très
loin de la côte au Nord-Est de la
pointe de Gamaü, humble petit
village, où l’année précédente, les
pirates avaient égorgé, pendant
leur sommeil, tous les Français,
jfemmes, enfants, et avec eux, la
petite garnison de tirailleurs anna
mites, sauf un : le caporal clairon,
un Français, qui fut sauvé par sa
maîtresse fidèle, une femme anna
mite.
C’est lui qui, après des lieues
idans la brousse, vint apprendre le
désastre à nos grands chefs, à Sai
son*
A l’époque où nous y étions, le
maître de ce coin-là s’appelait M.
avons fait cela sans faire la guerre,
ou plutôt, en faisant la guerre au
choléra, à la fièvre, 0 1 ignorance.
J’cn appelle en témoignage les
petites croix de ceux qui sont
morts là-bas. Les petites croix de
ceux qui ont tout donné pour cet
te civilisation !
Mon père est de ceux-là. Sur sa
croix, on peut lire : son nom, au-
dessous du nom : fonctionnaire
colonial... pour ceux qui savent,
cela veut tout dire...
Des hommes, parmi eux, des
chefs, voilà nos morts ! Voilà ceux
dont je viens de parler, voilà ceux
dont je parlerai encore.
Fort heureusement pour -moi,
j’ai encore la joie de voir et de
parler à des hommes qui sont de
cette époque, de cette promotion
faite de volonté et de dévouement
— ces hommes sont devenus des
chefs. — J ai dit : Pierre Pas
quier, notre admirable gouver
neur général de l’Indochine, Bos-
sard de la Brosse, un des premiers
pionniers et ardent coureur de
brousse, gouverneur également,
Paul Doumer, notre nouveau Pré
sident de la République, etc...
Je ne puis les citer tous : du
reste, tous les ouvrages qui parlent
de ces hommes, de ces chefs, de
M. PIERRE PASQUIER, Gouverneur Général de l’Indochine
Le Pavillon des Etats-Unis
compte parmi les plus beaux de
l’Exposition. Edifié non loin du
lac Daumesnil, dans un cadre de
verdure, il est certainement le plus
élégant, le plus calme d’aspect, le
Voici, dans le vestibule l’épée
de George Washington. A gau
che, c’est le petit salon, un salon
de musique et, plus loin, un grand
salon de réception. Le côté droit
est composé d’une salle’ à manger,
de Porto-Rico ; en face, dans la
pièce qui servait de cuisine, celle
d’Hawaï. Deux grands halls au
centre, contiennent, ‘ outre l’histoi
re de la civilisation, puis de l’ex
pansion des quarante-huit Etats
■’.C.V En haut : LA • MAISON DE WASHINGTON
En ba*, à gauche, LE GRAND CHEF SIOUX MAIS-VERT et à droite MISS CERF-TACHETE
.11 , 1 • •, r I i ' J. ’
plus reposant, au milieu de . tant
de constructions bigarrées.. v
il reproduit, avec une fidélité
rigoureuse, jusqu'en ses moindres
détails, le Cottage de George
Washington, à Mount-Vernon.
On sait qu’en Amérique cette
demeure est une propriété non pas
nationale mais privée, dont tous
les frais d’entretien sont assurés
par une Société, la « Ladies As
sociation of the Union ».
On peut admirer à Vincennes les
cheminées délicatement sculptées,
les escaliers d’époque et, en de
hors de charmants motifs archi
tecturaux, nombre d’objets dont
quelques-uns sont chaque jour
contemplés avec une émotion par
ticulière par les visiteurs français
parce qu’ils représentent de chères
'reliques évocatrices d’un passé dis
paru.
d’une bibliothèque et d’un bou
doir qui fut celui de Mrs Was
hington. Par un escalier de bois,
on accède au premier étage, où se
trouve la chambre de La Fayette,
dans laquelle le Marquis français,
devenu chef d’Etat-Major, fit un
long séjour en 1793.
Dans un salon situé à l’ouest,
on admire la copie en couleurs du
tapis tissé par ordre de Louis XVI
et envoyé comme présent à Was
hington. Suspendue dans une gai
ne de verre, on retrouve la clef de
bronze de la Bastille qui fut don
née par le général des armées ré
volutionnaires à son grand ami
américain. On voit dans ce salon
également, un fauteuil offert par
La Fayette à Martha Washington.
Dans l’ancien bureau du pre
mier Président de la République
américaine, se trouve l’Exposition
réunis sous la bannière étoilée,
celles encore de Panama, d’Alas
ka, des Philippines, des Iles de la
Vierge et de la Zone du Canal.
Nous avons rencontré lors d’une
récente visite, le grand chef sioux
Mais-Vert et sa charmante compa
gne, Miss Cerf-Tacheté. Ceux-ci,
nullement dépaysés, évoluent dans
ce cadre agréable et ils évoquent,
non pas cette Amérique aux « buil
dings » imposants, mais les step
pes immenses à conquérir encore.
Ici, sous notre ciel, cette maison
de Washington toute blanche avec
volets verts,cette maison tranquille
où grimpent le lierre et les rosiers,
cette demeure qui réunit, sous un
même toit, les souvenirs très chers
à deux peuples, est l’expression
tangible de la sereine et profonde
amitié de deux grandes nations.
ROBERT ARTUS.
Fabre. Il était administrateur de
la province, mon père était son se
crétaire. Nous étions là près de la
brousse, la forêt, les tigres, quel
ques Français et une compagnie de
tirailleurs annamites !...
D’autres Français continuaient
l’œuvre de civilisation, sans ran
cune, sans haine. Une chose seu
lement... Quand le soir tombait,
d’un seul coup — il n’y a pas de
crépuscule là-bas — on entendait
un clairon qui sonnait « Au dra
peau )).
Nous étions bien petits, mon
frère et moi, mais je me souviens
qu’à cet instant-là, mon père
nous faisait enlever nos casques.
En ce temps-là, pour aller de
Saïgon à Rach-Ghia, il n’y avait
pas de routes. Le chemin le plus
praticable était la rivière, elle
n’était pas navigable partout, car
rendu à un certain point, il fallait
prendre un sampang, ou une pe
tite chaloupe, que l’administrateur
mettait toujours à la disposition de
ceux qui venaient dans son royau
me.
On n’était pas nombreux dans
les postes, mais on s’aimait soli
dement autour du pavillon trico
lore qui flottait haut au-dessus des
arréquiers et des tecks immenses.
Je puis dire que nous sommes
— je parle des coloniaux — les
fondations impérissables du grand
édifice de civilisation que nous
avons construit là-bas et ailleurs.
Nous pouvons dire ceci avec fierté
à nos frères de la Métropole. Nous
leur œuvre colonisatrice, sont
nombreux, mais malheureusement
peu lus par le public, et je vou
drais que tous puissent connaître
le résultat de cet effort intelligent,
constant, plein d’abnégation, de
ceux que Ion appelle les colo
niaux... missionnaires, fonction
naires, soldats.
Pour cela nous avons un moyen
concret à notre disposition : l’ima
ge, l’image animée, le cinéma !
Ne dites pas non, Messieurs les
producteurs, ne dites pas que cela
coûte trop cher ! Je prouverai plus
tard le contraire. Toutes les œu
vres cinégraphiques véritablement
belles, profondes, humaines, ani
mées d un souffle artistique puis
sant, sont assurées à l’avance
d’une diffusion internationale, et
par cela même sont rémunératri
ces des capitaux engagés pour leur
réalisation.
Ne dites pas que ce genre de
film documentaire 11’intéresse pas
le public. Le public aime à s’ins
truire, le public approuve et vient
voir tout ce qui est instructif et
présenté intelligemment, exem
ples : (( Chang ». Le succès fait
actuellement à a Rango », au
« Réveil d'une Race » et à (( l’Afri
que vous parle » est tout aussi si
gnificatif. L’accueil qui a été fait
à ces films par un public blasé,
excédé par tant de niaiseries senti
mentales et policières, a consacré
définitivement le triomphe du film
colonial.
Pierre de Canolle.
EN PASSANT
Grosse Bourse
et petites Bourses
Les valeurs ne suffisent plus aux
boursiers pour donner libre cours à
leurs manigances spéculatives. Jus-
q 'à ces derniers temps on sc con
tentait, et c'était bien suffisant, de
spéculer sur le Rio, la Royal, l'Ea-
gle et consort ; aujourd'hui la spécu-
latio'i vient d'enrôler sous son pavil
lon I s tickets d'entrée à l'Exposition.
U se traite des milliers et des
milliers de tickets chaque jour à la
Bourse des Valeurs et par petits pa
quets de mille, s'il vous plaît. L'opé
ration est certainement licite puis
qu'elle a lieu au grand jour, à la cor
beille on pour mieux le dire autour de
U corbeille sous le contrôle de ban
quiers accrédités.
Mais ce qui n'est parait-il pas ré
gulier, c'est la vente autour des por
tes de l'Exposition des tickets ache
tés en Bourse à un taux qui varie
entre 2 fr. et 2 fr. 10 le ticket.
Des revendeurs, parmi lesquels de
braves mutilés, se munissent de pe
tits stocks de ces tickets d'entrée et
cherchent à tes écouler aux sorties
du Métro à un taux inférieur à celui
pratiqué aux guichets.
Pourquoi ce commerce' au détail
est-il interdit, cependant qu'à la
Bourse s'opèrent de gros trafics
journaliers ?
Ne serait-il pas plus logique d'in
terdire les transactions boursières à
la Bourse, avant que de défendre la
cession au détail ?
Les revendeurs ambulants, eux,
les achètent en Bourse, ils paient
l'impôt, qui se rattache à, ce genre
d'r ération et s'ils veulent les écou-
L.~ on les emmène au poste...
Si l'on juge nécessaire d'interdire
la vente des tickets ailleurs qu'aux
guichets de l'Exposition même, que
l'on cnmtvmce d'abord par en déjen-
d>-- les négociations en Coulisse, et
les guichets de l'Exnosilion seront les
seuls à distribuer les tickets d'en
trée ; mais alors nue vont devenir
les gros porteurs de B, ns avec leurs
titrés ornés de coupons ?
U est vrai qu'ils ont la ressource
de s'entendre avec un ou plusieurs
débit mis de tabacs ou autres com
mercants disposés à écouler des
tickets au même titre qu'une mar
chandise.
Quoi qu'il en soit, étant donné le
nombre toujours croissant des visi
teurs qui affluent au Parc de Vincen
nes, tous les tickets épars dans le
public trouveront à s'employer et
leur stock s'épuisera vite, surtout si,
comme il en est question, l'Exposi
tion rouvre scs portes d'avril à no
vembre 1902. F. de Barly.
LE PAVILLON DE L’ALGÉRIE
Construit en pierres, le Musée
Permanent ou Musée des Colonies
œuvre des architectes Jausselyet
Laprade est un édifice de-5.000
mètres carrés qui survivra à l'Ex
position.
En arrière d’une colonnade lé
gère, la façade du monument'est
tapissée d’une .immense frise" de
pierre qui évoque plastiquement
les grandes phases de la. colonisa
tion française : à droite l’Asie-pà
gauche, l’Afrique 'et, en retour,
l’Océanie ; au centre, 'la figure
symbolique de l’abondance con
duisant la Paix et la Liberté. -
L’intérieur du Palais comprend
un rez-de-chaussce et deux étages,
abritant à la fois une-exposition
rétrospective et une synthèse' de
toute la vie coloniale française.
Au rez-de-chaussée : un pla
nisphère de i2 mètres-de. diamè
tre, placé an centre de la sàllè per
met de suivre grâce à des jeux de.
lumière combinés avec la présen
tation sur l’écran d’un film expli
catif, les étapes de l’expansion co-,
loniale depuis les origines jusqu’à
nos jours.
Un vaste aquarium, dans un ca
dre de plantes et de fleurs tropi
cales, est divisé en plusieurs sec-
lions contenant des animaux ma
rins, crocodiles et caïmans,, des
poissons exotiques acclimatés, des
poissons d’eaux douces tropicales.
Des galeries sont réservées à
l’exposition économique : évolu
tion des transports, voitures qui
ont traversé le désert saharien, na
vigation aérienne. coloniale.
Au premier étaye : exposition
rétrospective de peinture et de
sculpture, marquant l’inspiration
orientale et lextrême-oricntaljc*
dans notre production artistique,
notamment ail XIX e siècle depuis
Delacroix et Gros jusqu’à Gau
guin, Barye, Renoir ; tableaux,
dioramas et graphiques illustrant
l’effort français en matière d’hy
giène, d’assistance et d’éducation.
A l’étage supérieur c’est la for
mation de l’Empire colonial, l’his
toire de nos vieilles colonies :
l’épopée du Tonkin et les guer
res de Chine, portraits et trophées;
l’histoire de la conquête de Ma
dagascar ; notre pénétration en
Afrique. Cartes, notices, -armes,
tableaux évoquent chaque étape
de notre marche en avant. Sous
la rotonde on trouve l’histoire de
la Tunisie, du Maroc, de la péné
tration saharienne, avec au cen
tre, une mappemonde géante de
2 m. 40 de diamètre, en relief,
mue autour de son axe par un
mouvement d’horlogerie.
La frise de pierre
■La façade du Musée Permanent
est tapissée d’une frise, œuvre du
sculpteur Janniot, la plus vaste
œuvre sculpturale réalisée jusqu’à
ce jour, colossal bas-relief (88 mè
tres de long sur 13 de haut) exé
cuté dans une pierre du Poitou
aux tonalités chaudes, qui évoque
toutes les races et. toutes les ri
chesse de la faune et de la flore
coloniale.
Les plus grandes saillies ne dé
passent pas 10 centimètres et, de
ce fait, les figures sont traitées
très en méplat. L’effet d’ensemble
donne nettement l’impression
d’un mur orné. La composition
technique de cette « tapisserie de
pierre » rappelle celle de nos ta
pisseries des xiv® et xv® siècles
français et des merveilleuses
« suites » des Flandres.
M. Thiébault-Sisson, le critique
d’art éminent du Temps, écrit :
« Dans un fouillis do formes hu
maines dans lequel il n’y a de place
pour aucun second plan, même pour
aucun vide, les grands fauves du
continent asiatique,- éléphants et ti
gres, ou du continent africain, riions,
gazelle, chameaux, se détachent en
larges surfaces planes qui forment
avec les reliefs d’alentour des effets
de lumière 'très doux v et c’est un en
chantement que cet ensemble. .
Des deux côtés et au-dessus de la
porte d’entrée, dans la partie mé
diane est occupée par une figure de
la France coloniale, dont la comman
de avait été donnée h Bourdelle et que
Drivier exécuta dans le même senti
ment que le maître disparu, avec la
belle conscience et le solide métier
dont il a donné jusqu’ici tant de preu
ves, Janniot a réparti une ligure de
l’Abondance qu’entourent à droite et
à gauche des évocations de nos
grands ports français, avec leur en
chevêtrement ' de vapeurs et de voi
liers s’aprôtant à cingler vers les
pays d’outre-mer. Jamais décoration
plus neuve et; plus .large ne s’est in
corporée à une-architecture plus mo
derne, et le Musée colonial constitue
dans cette .Exposiion, un des motifs
d’intérêt'vers lesquels les visiteurs
se-poretront avec le plus d'enthou
siasme/»-- 1
ta Marine Marchande
au Musée Permanent
Dans ; la' galerie circulaire du
premier, étage, des vitrines sont
affectées , à une exposition évo
quant l’histoire si peu connue de
notre flotte;de commerce.
Sous une forme concrète s’af
firme la personnalité du navire
marchand français ; .on juge corn 9
ment à travers l’histoire, s’est
modifiée la ■ physionomie de ce
messager de France dont le pavil
lon était un symbole et dont les
flancs portaient vers nos posses
sions lointaines des produits at
tendus depuis de longs mois.
En 1780, la Marine Marchande
de la France tenait, dans le mon
de, le second rang avec 800.000
tonnes de bâtiments de toute es
pèce, mais pour la construction
navale et l’art de naviguer, elle
occupait le premier rang.
C’est à la hardiesse de nos pê
cheurs, de nos chasseurs de balei
nes que nous fûmes redevables, il
y a quatre siècles, de nos plus
beaux navires de long e cours.
La construction avait relative
ment peü varié jusqu’à l’époque
où lés navigateurs apprirent à
orienter leurs voiles pour courir
au plus près et surtout lorsqu’un
emploi général dé la boussole per
mit la navigation transocéanique.
Colbert, reprenant les idées du
Cardinal de Richelieu, provoqua
la restauration des chantiers et
des arsenaux. Les plus beaux mo
dèles, de bâtiments comprenaient
deux ponts — dont l’un percé de
sabords — une cale énorme et des
gaillards. La marine de commer
ce adopta les focs, le mât d’arti
mon et prit un gréément plus fort
que la simple voile latine d’autre
fois.
C’est seulement à la fin du 18®
siècle que l’emploi des mathéma
tiques se substitua aux seules rè
gles de l’empirisme dans la cons
truction de tous les navires. Pa
rallèlement, l’invention des chro
nomètres et du sextant fit faire à
la navigation d’immense progrès.
L’ordonnance de Colbert rela
tive aux lois maritimes fut peut-
être le plus parfait des monu
ments juridiques du règne de,
Louis XIV. Imitée par toutes les
puissances maritimes, elle contri
bua, comme plus tard le Code Na
poléon, à établir la suprématie de
l’esprit français.
La Marine Marchande a tou
jours été une force productive du
pays. Dès le Moyen-Age, elle se
fait la messagère des idées fran
çaises et fournit un appoint
d’hommes et de matériel aux opé
rations militaires. Mais, en tra
vaillant dans le plan internatio
nal, c’est toujours elle qui a souf
fert, le plus des discordes intérieu
res et des malheurs de la guerre.
C’est elle qui a fourni à Riche
lieu, fondateur de la France mo
derne, la flotte qui réduit La Ro
chelle. A Louis XIV, elle fournit
une immense flotte auxiliaire.
Sous Louis XV, elle relève l’hon
neur du pavillon insulté sur tou
tes les mers. Sous Louis XVI, elle
transporte La Fayette et plusieurs
armées aux Etats-Unis. Sous la
Révolution et l’Empire, les marins
du commerce remplacent nos an
ciens Etats-Majors décimés par
l’émigration.
Depuis lors, notre flotte de com
merce reste associée à toutes les
grandes œuvres civilisatrices :
conquête d’Alger, du Maroc, de
Madagascar, de l’Indochine.
Enfin la Grande Guerre, où no
tre flotte de commerce aux trois-
quarts détruite, mais obstinément
reconstituée, a montré que tes
hommes de la Marine Marchande
étaient les dignes successeurs des
Corsaires et des navigateurs d’au
trefois. L’atroce guerre sous-ma
rine a été une pépinière d’actions
d’éclat et de dévouement
y
95 centime»
Passez chaque week-end à
DEAUViLLE
la Piaffe Fleurie
' 187 Kms. de Paris
Route autodrome
iROYAL-HOTEI,
HOTEL «lu OOLF
AORMAUBY-HOTEL
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Louis de Bettencourt
LE JOURNAL DE
N* 3
Juin 1931
XP0S1T
Rédaction : 78, Avenue des
Champs-Elysées — Paris
Vinay
Chocolat-Vinay
Chocolat-Vinay
Chocolat - Vinay
Chocolat-Vinay
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Vinay
Directeur : ROBERT ARTUS
Administration et Publicité
12, rue du Helder — Paris
Taitbout 87-50
— 87-51
En Indochine
MOUNT-VERNON
Visitez...
De Paul Doumer à Pierre Pasquier
Le Pavillon Américain
Le Musée Permanent des Colonies
En 1898, le soir de la fête du
Têt à Rach-Ghia, j’ai vu pour la
remière fois une image animée...
étais enfant... Mon père m’a
dit : que ça s’appelait du cinémato
graphe.
i Sur l’écran, en premier plan,
une jolie femme piquait de roses
magnifiques son admirable cheve
lure... C’est tout ! II y a trente'
trois ans... déjà !
Rach-Ghia !
Quel nom bizarre 11 est-ce pas?
Pour moi, c’est un souvenir d’en
fance. C’est encore mieux que
[cela !
Rach-Ghia ! C’était un petit
poste cochinchinois, situé pas très
loin de la côte au Nord-Est de la
pointe de Gamaü, humble petit
village, où l’année précédente, les
pirates avaient égorgé, pendant
leur sommeil, tous les Français,
jfemmes, enfants, et avec eux, la
petite garnison de tirailleurs anna
mites, sauf un : le caporal clairon,
un Français, qui fut sauvé par sa
maîtresse fidèle, une femme anna
mite.
C’est lui qui, après des lieues
idans la brousse, vint apprendre le
désastre à nos grands chefs, à Sai
son*
A l’époque où nous y étions, le
maître de ce coin-là s’appelait M.
avons fait cela sans faire la guerre,
ou plutôt, en faisant la guerre au
choléra, à la fièvre, 0 1 ignorance.
J’cn appelle en témoignage les
petites croix de ceux qui sont
morts là-bas. Les petites croix de
ceux qui ont tout donné pour cet
te civilisation !
Mon père est de ceux-là. Sur sa
croix, on peut lire : son nom, au-
dessous du nom : fonctionnaire
colonial... pour ceux qui savent,
cela veut tout dire...
Des hommes, parmi eux, des
chefs, voilà nos morts ! Voilà ceux
dont je viens de parler, voilà ceux
dont je parlerai encore.
Fort heureusement pour -moi,
j’ai encore la joie de voir et de
parler à des hommes qui sont de
cette époque, de cette promotion
faite de volonté et de dévouement
— ces hommes sont devenus des
chefs. — J ai dit : Pierre Pas
quier, notre admirable gouver
neur général de l’Indochine, Bos-
sard de la Brosse, un des premiers
pionniers et ardent coureur de
brousse, gouverneur également,
Paul Doumer, notre nouveau Pré
sident de la République, etc...
Je ne puis les citer tous : du
reste, tous les ouvrages qui parlent
de ces hommes, de ces chefs, de
M. PIERRE PASQUIER, Gouverneur Général de l’Indochine
Le Pavillon des Etats-Unis
compte parmi les plus beaux de
l’Exposition. Edifié non loin du
lac Daumesnil, dans un cadre de
verdure, il est certainement le plus
élégant, le plus calme d’aspect, le
Voici, dans le vestibule l’épée
de George Washington. A gau
che, c’est le petit salon, un salon
de musique et, plus loin, un grand
salon de réception. Le côté droit
est composé d’une salle’ à manger,
de Porto-Rico ; en face, dans la
pièce qui servait de cuisine, celle
d’Hawaï. Deux grands halls au
centre, contiennent, ‘ outre l’histoi
re de la civilisation, puis de l’ex
pansion des quarante-huit Etats
■’.C.V En haut : LA • MAISON DE WASHINGTON
En ba*, à gauche, LE GRAND CHEF SIOUX MAIS-VERT et à droite MISS CERF-TACHETE
.11 , 1 • •, r I i ' J. ’
plus reposant, au milieu de . tant
de constructions bigarrées.. v
il reproduit, avec une fidélité
rigoureuse, jusqu'en ses moindres
détails, le Cottage de George
Washington, à Mount-Vernon.
On sait qu’en Amérique cette
demeure est une propriété non pas
nationale mais privée, dont tous
les frais d’entretien sont assurés
par une Société, la « Ladies As
sociation of the Union ».
On peut admirer à Vincennes les
cheminées délicatement sculptées,
les escaliers d’époque et, en de
hors de charmants motifs archi
tecturaux, nombre d’objets dont
quelques-uns sont chaque jour
contemplés avec une émotion par
ticulière par les visiteurs français
parce qu’ils représentent de chères
'reliques évocatrices d’un passé dis
paru.
d’une bibliothèque et d’un bou
doir qui fut celui de Mrs Was
hington. Par un escalier de bois,
on accède au premier étage, où se
trouve la chambre de La Fayette,
dans laquelle le Marquis français,
devenu chef d’Etat-Major, fit un
long séjour en 1793.
Dans un salon situé à l’ouest,
on admire la copie en couleurs du
tapis tissé par ordre de Louis XVI
et envoyé comme présent à Was
hington. Suspendue dans une gai
ne de verre, on retrouve la clef de
bronze de la Bastille qui fut don
née par le général des armées ré
volutionnaires à son grand ami
américain. On voit dans ce salon
également, un fauteuil offert par
La Fayette à Martha Washington.
Dans l’ancien bureau du pre
mier Président de la République
américaine, se trouve l’Exposition
réunis sous la bannière étoilée,
celles encore de Panama, d’Alas
ka, des Philippines, des Iles de la
Vierge et de la Zone du Canal.
Nous avons rencontré lors d’une
récente visite, le grand chef sioux
Mais-Vert et sa charmante compa
gne, Miss Cerf-Tacheté. Ceux-ci,
nullement dépaysés, évoluent dans
ce cadre agréable et ils évoquent,
non pas cette Amérique aux « buil
dings » imposants, mais les step
pes immenses à conquérir encore.
Ici, sous notre ciel, cette maison
de Washington toute blanche avec
volets verts,cette maison tranquille
où grimpent le lierre et les rosiers,
cette demeure qui réunit, sous un
même toit, les souvenirs très chers
à deux peuples, est l’expression
tangible de la sereine et profonde
amitié de deux grandes nations.
ROBERT ARTUS.
Fabre. Il était administrateur de
la province, mon père était son se
crétaire. Nous étions là près de la
brousse, la forêt, les tigres, quel
ques Français et une compagnie de
tirailleurs annamites !...
D’autres Français continuaient
l’œuvre de civilisation, sans ran
cune, sans haine. Une chose seu
lement... Quand le soir tombait,
d’un seul coup — il n’y a pas de
crépuscule là-bas — on entendait
un clairon qui sonnait « Au dra
peau )).
Nous étions bien petits, mon
frère et moi, mais je me souviens
qu’à cet instant-là, mon père
nous faisait enlever nos casques.
En ce temps-là, pour aller de
Saïgon à Rach-Ghia, il n’y avait
pas de routes. Le chemin le plus
praticable était la rivière, elle
n’était pas navigable partout, car
rendu à un certain point, il fallait
prendre un sampang, ou une pe
tite chaloupe, que l’administrateur
mettait toujours à la disposition de
ceux qui venaient dans son royau
me.
On n’était pas nombreux dans
les postes, mais on s’aimait soli
dement autour du pavillon trico
lore qui flottait haut au-dessus des
arréquiers et des tecks immenses.
Je puis dire que nous sommes
— je parle des coloniaux — les
fondations impérissables du grand
édifice de civilisation que nous
avons construit là-bas et ailleurs.
Nous pouvons dire ceci avec fierté
à nos frères de la Métropole. Nous
leur œuvre colonisatrice, sont
nombreux, mais malheureusement
peu lus par le public, et je vou
drais que tous puissent connaître
le résultat de cet effort intelligent,
constant, plein d’abnégation, de
ceux que Ion appelle les colo
niaux... missionnaires, fonction
naires, soldats.
Pour cela nous avons un moyen
concret à notre disposition : l’ima
ge, l’image animée, le cinéma !
Ne dites pas non, Messieurs les
producteurs, ne dites pas que cela
coûte trop cher ! Je prouverai plus
tard le contraire. Toutes les œu
vres cinégraphiques véritablement
belles, profondes, humaines, ani
mées d un souffle artistique puis
sant, sont assurées à l’avance
d’une diffusion internationale, et
par cela même sont rémunératri
ces des capitaux engagés pour leur
réalisation.
Ne dites pas que ce genre de
film documentaire 11’intéresse pas
le public. Le public aime à s’ins
truire, le public approuve et vient
voir tout ce qui est instructif et
présenté intelligemment, exem
ples : (( Chang ». Le succès fait
actuellement à a Rango », au
« Réveil d'une Race » et à (( l’Afri
que vous parle » est tout aussi si
gnificatif. L’accueil qui a été fait
à ces films par un public blasé,
excédé par tant de niaiseries senti
mentales et policières, a consacré
définitivement le triomphe du film
colonial.
Pierre de Canolle.
EN PASSANT
Grosse Bourse
et petites Bourses
Les valeurs ne suffisent plus aux
boursiers pour donner libre cours à
leurs manigances spéculatives. Jus-
q 'à ces derniers temps on sc con
tentait, et c'était bien suffisant, de
spéculer sur le Rio, la Royal, l'Ea-
gle et consort ; aujourd'hui la spécu-
latio'i vient d'enrôler sous son pavil
lon I s tickets d'entrée à l'Exposition.
U se traite des milliers et des
milliers de tickets chaque jour à la
Bourse des Valeurs et par petits pa
quets de mille, s'il vous plaît. L'opé
ration est certainement licite puis
qu'elle a lieu au grand jour, à la cor
beille on pour mieux le dire autour de
U corbeille sous le contrôle de ban
quiers accrédités.
Mais ce qui n'est parait-il pas ré
gulier, c'est la vente autour des por
tes de l'Exposition des tickets ache
tés en Bourse à un taux qui varie
entre 2 fr. et 2 fr. 10 le ticket.
Des revendeurs, parmi lesquels de
braves mutilés, se munissent de pe
tits stocks de ces tickets d'entrée et
cherchent à tes écouler aux sorties
du Métro à un taux inférieur à celui
pratiqué aux guichets.
Pourquoi ce commerce' au détail
est-il interdit, cependant qu'à la
Bourse s'opèrent de gros trafics
journaliers ?
Ne serait-il pas plus logique d'in
terdire les transactions boursières à
la Bourse, avant que de défendre la
cession au détail ?
Les revendeurs ambulants, eux,
les achètent en Bourse, ils paient
l'impôt, qui se rattache à, ce genre
d'r ération et s'ils veulent les écou-
L.~ on les emmène au poste...
Si l'on juge nécessaire d'interdire
la vente des tickets ailleurs qu'aux
guichets de l'Exposition même, que
l'on cnmtvmce d'abord par en déjen-
d>-- les négociations en Coulisse, et
les guichets de l'Exnosilion seront les
seuls à distribuer les tickets d'en
trée ; mais alors nue vont devenir
les gros porteurs de B, ns avec leurs
titrés ornés de coupons ?
U est vrai qu'ils ont la ressource
de s'entendre avec un ou plusieurs
débit mis de tabacs ou autres com
mercants disposés à écouler des
tickets au même titre qu'une mar
chandise.
Quoi qu'il en soit, étant donné le
nombre toujours croissant des visi
teurs qui affluent au Parc de Vincen
nes, tous les tickets épars dans le
public trouveront à s'employer et
leur stock s'épuisera vite, surtout si,
comme il en est question, l'Exposi
tion rouvre scs portes d'avril à no
vembre 1902. F. de Barly.
LE PAVILLON DE L’ALGÉRIE
Construit en pierres, le Musée
Permanent ou Musée des Colonies
œuvre des architectes Jausselyet
Laprade est un édifice de-5.000
mètres carrés qui survivra à l'Ex
position.
En arrière d’une colonnade lé
gère, la façade du monument'est
tapissée d’une .immense frise" de
pierre qui évoque plastiquement
les grandes phases de la. colonisa
tion française : à droite l’Asie-pà
gauche, l’Afrique 'et, en retour,
l’Océanie ; au centre, 'la figure
symbolique de l’abondance con
duisant la Paix et la Liberté. -
L’intérieur du Palais comprend
un rez-de-chaussce et deux étages,
abritant à la fois une-exposition
rétrospective et une synthèse' de
toute la vie coloniale française.
Au rez-de-chaussée : un pla
nisphère de i2 mètres-de. diamè
tre, placé an centre de la sàllè per
met de suivre grâce à des jeux de.
lumière combinés avec la présen
tation sur l’écran d’un film expli
catif, les étapes de l’expansion co-,
loniale depuis les origines jusqu’à
nos jours.
Un vaste aquarium, dans un ca
dre de plantes et de fleurs tropi
cales, est divisé en plusieurs sec-
lions contenant des animaux ma
rins, crocodiles et caïmans,, des
poissons exotiques acclimatés, des
poissons d’eaux douces tropicales.
Des galeries sont réservées à
l’exposition économique : évolu
tion des transports, voitures qui
ont traversé le désert saharien, na
vigation aérienne. coloniale.
Au premier étaye : exposition
rétrospective de peinture et de
sculpture, marquant l’inspiration
orientale et lextrême-oricntaljc*
dans notre production artistique,
notamment ail XIX e siècle depuis
Delacroix et Gros jusqu’à Gau
guin, Barye, Renoir ; tableaux,
dioramas et graphiques illustrant
l’effort français en matière d’hy
giène, d’assistance et d’éducation.
A l’étage supérieur c’est la for
mation de l’Empire colonial, l’his
toire de nos vieilles colonies :
l’épopée du Tonkin et les guer
res de Chine, portraits et trophées;
l’histoire de la conquête de Ma
dagascar ; notre pénétration en
Afrique. Cartes, notices, -armes,
tableaux évoquent chaque étape
de notre marche en avant. Sous
la rotonde on trouve l’histoire de
la Tunisie, du Maroc, de la péné
tration saharienne, avec au cen
tre, une mappemonde géante de
2 m. 40 de diamètre, en relief,
mue autour de son axe par un
mouvement d’horlogerie.
La frise de pierre
■La façade du Musée Permanent
est tapissée d’une frise, œuvre du
sculpteur Janniot, la plus vaste
œuvre sculpturale réalisée jusqu’à
ce jour, colossal bas-relief (88 mè
tres de long sur 13 de haut) exé
cuté dans une pierre du Poitou
aux tonalités chaudes, qui évoque
toutes les races et. toutes les ri
chesse de la faune et de la flore
coloniale.
Les plus grandes saillies ne dé
passent pas 10 centimètres et, de
ce fait, les figures sont traitées
très en méplat. L’effet d’ensemble
donne nettement l’impression
d’un mur orné. La composition
technique de cette « tapisserie de
pierre » rappelle celle de nos ta
pisseries des xiv® et xv® siècles
français et des merveilleuses
« suites » des Flandres.
M. Thiébault-Sisson, le critique
d’art éminent du Temps, écrit :
« Dans un fouillis do formes hu
maines dans lequel il n’y a de place
pour aucun second plan, même pour
aucun vide, les grands fauves du
continent asiatique,- éléphants et ti
gres, ou du continent africain, riions,
gazelle, chameaux, se détachent en
larges surfaces planes qui forment
avec les reliefs d’alentour des effets
de lumière 'très doux v et c’est un en
chantement que cet ensemble. .
Des deux côtés et au-dessus de la
porte d’entrée, dans la partie mé
diane est occupée par une figure de
la France coloniale, dont la comman
de avait été donnée h Bourdelle et que
Drivier exécuta dans le même senti
ment que le maître disparu, avec la
belle conscience et le solide métier
dont il a donné jusqu’ici tant de preu
ves, Janniot a réparti une ligure de
l’Abondance qu’entourent à droite et
à gauche des évocations de nos
grands ports français, avec leur en
chevêtrement ' de vapeurs et de voi
liers s’aprôtant à cingler vers les
pays d’outre-mer. Jamais décoration
plus neuve et; plus .large ne s’est in
corporée à une-architecture plus mo
derne, et le Musée colonial constitue
dans cette .Exposiion, un des motifs
d’intérêt'vers lesquels les visiteurs
se-poretront avec le plus d'enthou
siasme/»-- 1
ta Marine Marchande
au Musée Permanent
Dans ; la' galerie circulaire du
premier, étage, des vitrines sont
affectées , à une exposition évo
quant l’histoire si peu connue de
notre flotte;de commerce.
Sous une forme concrète s’af
firme la personnalité du navire
marchand français ; .on juge corn 9
ment à travers l’histoire, s’est
modifiée la ■ physionomie de ce
messager de France dont le pavil
lon était un symbole et dont les
flancs portaient vers nos posses
sions lointaines des produits at
tendus depuis de longs mois.
En 1780, la Marine Marchande
de la France tenait, dans le mon
de, le second rang avec 800.000
tonnes de bâtiments de toute es
pèce, mais pour la construction
navale et l’art de naviguer, elle
occupait le premier rang.
C’est à la hardiesse de nos pê
cheurs, de nos chasseurs de balei
nes que nous fûmes redevables, il
y a quatre siècles, de nos plus
beaux navires de long e cours.
La construction avait relative
ment peü varié jusqu’à l’époque
où lés navigateurs apprirent à
orienter leurs voiles pour courir
au plus près et surtout lorsqu’un
emploi général dé la boussole per
mit la navigation transocéanique.
Colbert, reprenant les idées du
Cardinal de Richelieu, provoqua
la restauration des chantiers et
des arsenaux. Les plus beaux mo
dèles, de bâtiments comprenaient
deux ponts — dont l’un percé de
sabords — une cale énorme et des
gaillards. La marine de commer
ce adopta les focs, le mât d’arti
mon et prit un gréément plus fort
que la simple voile latine d’autre
fois.
C’est seulement à la fin du 18®
siècle que l’emploi des mathéma
tiques se substitua aux seules rè
gles de l’empirisme dans la cons
truction de tous les navires. Pa
rallèlement, l’invention des chro
nomètres et du sextant fit faire à
la navigation d’immense progrès.
L’ordonnance de Colbert rela
tive aux lois maritimes fut peut-
être le plus parfait des monu
ments juridiques du règne de,
Louis XIV. Imitée par toutes les
puissances maritimes, elle contri
bua, comme plus tard le Code Na
poléon, à établir la suprématie de
l’esprit français.
La Marine Marchande a tou
jours été une force productive du
pays. Dès le Moyen-Age, elle se
fait la messagère des idées fran
çaises et fournit un appoint
d’hommes et de matériel aux opé
rations militaires. Mais, en tra
vaillant dans le plan internatio
nal, c’est toujours elle qui a souf
fert, le plus des discordes intérieu
res et des malheurs de la guerre.
C’est elle qui a fourni à Riche
lieu, fondateur de la France mo
derne, la flotte qui réduit La Ro
chelle. A Louis XIV, elle fournit
une immense flotte auxiliaire.
Sous Louis XV, elle relève l’hon
neur du pavillon insulté sur tou
tes les mers. Sous Louis XVI, elle
transporte La Fayette et plusieurs
armées aux Etats-Unis. Sous la
Révolution et l’Empire, les marins
du commerce remplacent nos an
ciens Etats-Majors décimés par
l’émigration.
Depuis lors, notre flotte de com
merce reste associée à toutes les
grandes œuvres civilisatrices :
conquête d’Alger, du Maroc, de
Madagascar, de l’Indochine.
Enfin la Grande Guerre, où no
tre flotte de commerce aux trois-
quarts détruite, mais obstinément
reconstituée, a montré que tes
hommes de la Marine Marchande
étaient les dignes successeurs des
Corsaires et des navigateurs d’au
trefois. L’atroce guerre sous-ma
rine a été une pépinière d’actions
d’éclat et de dévouement
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