Titre : Les Annales coloniales : revue mensuelle illustrée / directeur-fondateur Marcel Ruedel
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1929-03-01
Contributeur : Ruedel, Marcel. Directeur de publication
Contributeur : Monmarson, Raoul (1895-1976). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb326934111
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 01 mars 1929 01 mars 1929
Description : 1929/03/01-1929/03/31. 1929/03/01-1929/03/31.
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Description : Collection numérique : Protectorats et mandat... Collection numérique : Protectorats et mandat français
Description : Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique... Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique Numérique
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k9743136h
Source : CIRAD, 2016-191112
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 12/09/2016
Page 4
Les Annales Coloniales
la Sangha, poursuivait peut-être
encore âprement la fortune, pour
un fils déjà mort sur un point quel-
conque de l'immense front. Il n'y a
rien de plus cruellement ironique,
pour la sensibilité humaine, que
cette quiétude persistant dans
l'ignorance du malheur. Ce fait,
tiré entre tant d'autres identiques,
des annales de la dernière guerre,
devient de moins en moins vraisem-
blable.
En quelques années, la T. S. F.
a gagné à sa cause des millions et
des millions d'oreilles et les tra-
vaux du réseau de T. S. F. inter-
colonial ne peuvent être qu'active-
ment poussés.
Pour l'humanité, la sans-fil fait
naître des joies et des espoirs illi-
mités.
Nul mieux que les ondes messa-
gères ne peut combattre l'affreux
cafard du broussard. L'exil, doublé
du sinistre isolement, était lourd à
porter jadis, le souvenir captif se
meurtrissait au long des heures len-
tes- Puis le phonographe fut un
remède contre la tristesse, mais sa
gaîté fugitive meublait seulement
d'un peu de musique l'accablante
solitude.
Aujourd'hui, les ondes magnifi-
quement imprégnées d'idéal ont le
privilège d'évoquer, par une sorte
de télévision anticipée, les images
regrettées.
Gens de Paris, d'Orléans, de
Nantes, de Perpignan, du Nord,
du Centre et du Midi, devenus
Français d'Asie, d'Afrique, d'Amé-
rique ou d'Océanie, c'est encore la
tête serrée par le ressort des écou-
teurs, sourds au monde extérieur
immédiat, pénétrés par la mélodie
des ondes hertziennes, qu'ils retrou-
vent la joie réconfortante de com-
muniquer avec les lointains foyers.
C'est une émouvante impression
que cette manifestation du présent
saisie à des milliers de kilomètres !
Elle permet à chaque journée de
s'achever dans une participation de
quelques heures à la vie générale
du pays.
Par l'éther arrivent le concert, le
sermon, la conférence. Il n'y a qu'à
chercher sur les plots de l'appareil,
accorder la synthonie, pour qu'un
poste, perdu au plus profond de la
brousse, cueille le détail des nou-
velles. du monde entier.
Il n'est pas possible, même au
seul point de vue colonial, d'énu-
mérer, en quelques pages, les avan-
tages de la T. S. F.
De sérieux efforts restent à faire
pour doter nos Colonies d'un réseau
complet. De plus, il faudra disci-
pliner cette force littéralement in-
calculable. Elle peut être, au gré
Déjà, et cette anecdote africaine
remonte à 1900, un vieux gramo-
phone avait tenu, avec un succès
complet, le rôle d'ambassadeur
extraordinaire auprès de tribus
peu disposées à servir les blancs.
A Délélé, quelques hardis pion-
niers, voulant remonter dans la
Haute-Kadeï, au confluent de la
Le rouleau enregistre le discours de Délélé
(Dessin inédit de Marguerite CAYON-ROUAN).
des hommes, la bienfaitrice de l'hu-
manité ou, étant donné « la perméa-
bilité du public », devenir la cause
redoutable de perturbations so-
ciales. Jamais, pour se propager
sur toute la planète et impression
ner l'âme des foules, le bien et le
mal n'ont eu, à leur disposition, un
organe aussi sensible.
Espérons en la sagesse des hom-
mes de bonne volonté...
Les ondes messagères peuvent
nous aider puissamment à pacifier
sans canon.
Kadeï et de son affluent la Doumé,
désireux d'aller commercer dans le
Nord, eurent l'ingénieuse idée, au
lieu de faire parler la poudre, de
demander à un allié respecté, le
vénérable et vieux Délélé, chef très
écouté des Kakas du Sud, un dis-
cours en plusieurs points, qu'ils
enregistrèrent sur un rouleau de
phonographe. Le chef-d'œuvre ora-
toire s'adressait à Batouri, chef
des Kakas du Nord. Délélé fit aux
blancs une publicité soignée, il les
dépeignit bons, serviaules, indus-
trieux, loyaux et sûrs dans leurs
Les Annales Coloniales
la Sangha, poursuivait peut-être
encore âprement la fortune, pour
un fils déjà mort sur un point quel-
conque de l'immense front. Il n'y a
rien de plus cruellement ironique,
pour la sensibilité humaine, que
cette quiétude persistant dans
l'ignorance du malheur. Ce fait,
tiré entre tant d'autres identiques,
des annales de la dernière guerre,
devient de moins en moins vraisem-
blable.
En quelques années, la T. S. F.
a gagné à sa cause des millions et
des millions d'oreilles et les tra-
vaux du réseau de T. S. F. inter-
colonial ne peuvent être qu'active-
ment poussés.
Pour l'humanité, la sans-fil fait
naître des joies et des espoirs illi-
mités.
Nul mieux que les ondes messa-
gères ne peut combattre l'affreux
cafard du broussard. L'exil, doublé
du sinistre isolement, était lourd à
porter jadis, le souvenir captif se
meurtrissait au long des heures len-
tes- Puis le phonographe fut un
remède contre la tristesse, mais sa
gaîté fugitive meublait seulement
d'un peu de musique l'accablante
solitude.
Aujourd'hui, les ondes magnifi-
quement imprégnées d'idéal ont le
privilège d'évoquer, par une sorte
de télévision anticipée, les images
regrettées.
Gens de Paris, d'Orléans, de
Nantes, de Perpignan, du Nord,
du Centre et du Midi, devenus
Français d'Asie, d'Afrique, d'Amé-
rique ou d'Océanie, c'est encore la
tête serrée par le ressort des écou-
teurs, sourds au monde extérieur
immédiat, pénétrés par la mélodie
des ondes hertziennes, qu'ils retrou-
vent la joie réconfortante de com-
muniquer avec les lointains foyers.
C'est une émouvante impression
que cette manifestation du présent
saisie à des milliers de kilomètres !
Elle permet à chaque journée de
s'achever dans une participation de
quelques heures à la vie générale
du pays.
Par l'éther arrivent le concert, le
sermon, la conférence. Il n'y a qu'à
chercher sur les plots de l'appareil,
accorder la synthonie, pour qu'un
poste, perdu au plus profond de la
brousse, cueille le détail des nou-
velles. du monde entier.
Il n'est pas possible, même au
seul point de vue colonial, d'énu-
mérer, en quelques pages, les avan-
tages de la T. S. F.
De sérieux efforts restent à faire
pour doter nos Colonies d'un réseau
complet. De plus, il faudra disci-
pliner cette force littéralement in-
calculable. Elle peut être, au gré
Déjà, et cette anecdote africaine
remonte à 1900, un vieux gramo-
phone avait tenu, avec un succès
complet, le rôle d'ambassadeur
extraordinaire auprès de tribus
peu disposées à servir les blancs.
A Délélé, quelques hardis pion-
niers, voulant remonter dans la
Haute-Kadeï, au confluent de la
Le rouleau enregistre le discours de Délélé
(Dessin inédit de Marguerite CAYON-ROUAN).
des hommes, la bienfaitrice de l'hu-
manité ou, étant donné « la perméa-
bilité du public », devenir la cause
redoutable de perturbations so-
ciales. Jamais, pour se propager
sur toute la planète et impression
ner l'âme des foules, le bien et le
mal n'ont eu, à leur disposition, un
organe aussi sensible.
Espérons en la sagesse des hom-
mes de bonne volonté...
Les ondes messagères peuvent
nous aider puissamment à pacifier
sans canon.
Kadeï et de son affluent la Doumé,
désireux d'aller commercer dans le
Nord, eurent l'ingénieuse idée, au
lieu de faire parler la poudre, de
demander à un allié respecté, le
vénérable et vieux Délélé, chef très
écouté des Kakas du Sud, un dis-
cours en plusieurs points, qu'ils
enregistrèrent sur un rouleau de
phonographe. Le chef-d'œuvre ora-
toire s'adressait à Batouri, chef
des Kakas du Nord. Délélé fit aux
blancs une publicité soignée, il les
dépeignit bons, serviaules, indus-
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