Titre : Les Annales coloniales : revue mensuelle illustrée / directeur-fondateur Marcel Ruedel
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1929-04-01
Contributeur : Ruedel, Marcel. Directeur de publication
Contributeur : Monmarson, Raoul (1895-1976). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb326934111
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 01 avril 1929 01 avril 1929
Description : 1929/04/01-1929/04/30. 1929/04/01-1929/04/30.
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Description : Collection numérique : Protectorats et mandat... Collection numérique : Protectorats et mandat français
Description : Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique... Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique Numérique
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k97431353
Source : CIRAD, 2016-191112
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 12/09/2016
Page 6
Les Annales Coloniales
favorable, d'autant plus que les produits en
progression sont les produits riches.
Une impression également favorable se
dégage de l'examen des importations. Nous
y constatons que les articles de grosse con-
sommation, ceux qui révèlent les capacités
d'achat et Tes moyens de la population, pré-
sentent, dans l'ensemble, des différences peu
sensibles avec ceux de 1926 où ses ressources
étaient considérables. Nous relevons notam-
ment les chiffres suivants :
Produits 1926 1928
Vins (hectol.) 18.723 18.437
Tissus de coton... (tonnes) 3.084 2.925
Tissus de laine et
soie — 127 II2
Confect. et linger. — 207 173
Savons (autres que
parfumerie) — 561 960
Automobiles (nombre) 204 245
Parapl. et parasols, (pièces) 146.921 90.486
Chaussures en cuir (paires) 37.262 46.566
Chapeaux de feutre (pièc.) 104.545 121.176
- L'entrée du Palais de la Reine à Tananarive
Il résulte de ce tableau que le commerce,
lui aussi, n'a pas cessé d'envisager la si-
tuation avec optimisme et une sérieuse va-
leur doit être attachée à ce symptôme.
Les obstacles naturels
Mais, quelle que soit l'amélioration sus-
ceptible de se produire, un grand effort est
à accomplir, faute duquel la situation éco-
nomique de la Grande Ile demeurera ins-
table.
Il n'est pas inutile de rappeler, à ce pro-
pos, les difficultés propres à Madagascar.
Elles tiennent, tout d'abord, à l'état net-
tement insuffisant de son outillage public.
L'île, sur une carte à grande échelle, peut
donner l'apparence d'une entité. En réalité,
elle constitue un agglomérat de petites zo-
nes différentes de par leur constitution et
leur production, nettement distinctes, sépa-
rées les unes des autres par des obstacles
naturels infiniment malaisés à franchir. Là,
pas de ces grands bassins économiques dont
l'importance évidente imposerait aux yeux
de tous la nécessité d'un effort considérable.
Seuls, les hauts plateaux, de par la densité
de leur population, ont appelé, dès les dé-
buts, la création d'un outillage important;
mais, de plus en plus, il s'avère que les
terres de cette région le cèdent généralement
en fertilité à celles des zones côtières. D'au-
tre part, sur les côtes, la création d'un en-
semble économique doté de l'outillage indis-
pensable se heurte à de puissants mouve-
ments de terrains ou aux nombreux cours
d eau qui sillonnent les plaines, irréguliers
dans leur régime comme la plupart des fleu-
ves tropicaux, parfois aussi, fantaisistes dans
leurs cours. Au surplus, une mer trop sou-
vent hostile, surtout à l'Est, rend difficile
et même dangereuse l'utilisation des rades
foraines. Bref, la nature semble s'être com-
plue à hérisser d'obstacles l'équipement du
pays. Aussi, convient-il d'autant plus de ren-
dre hommage à ce qui, dans le passé, a été
réalisé en si peu de temps et avec si peu de
moyens.
A ces entraves physiques, s'ajoute l'éloi-
gnement des marchés d'Europe, provoquant
l'immobilisation de fonds de roulement im-
portants et grevant les expéditions des char-
ges onéreuses d'intérêts intercalaires consi-
dérables. En outre, la variété inimaginable
des produits, qui présente certes, à certains
égards, d'incontestables avantages, enlève à
Madagascar toute possibilité de production
massive susceptible de conduire à la maîtrise
d'un marché.
L'exposé de ces difficultés trace la voie à
suivre et impose une action de plus en plus
méthodique et ordonnée d'aménagement et
d'organisation.
Les grands travaux
Tout d'abord, il importe de réaliser sans
perdre de temps un programme de travaux
publics aussi vaste que possible. Les produits
de Madagascar ne pourront soutenir la con-
currence mondiale si leur prix de revient
reste handicapé par les taux excessifs de
transports terrestres, par le coût exagéré des
manipulations dans des ports mal outillés,
et, enfin, par les frets dont l'élévation tient
beaucoup aux stationnements prolongés des
navires et à l'insécurité des côtes.
Il faut, en effet, se souvenir de l'avance
prise à ces divers points de vue par les
concurrents étrangers et même nationaux.
Madagascar a pratiqué, dans la période
d'avant-guerre, une politique d'investisse-
ment de capitaux publics, qu'imposaient sans
doute les circonstances, mais qui a été par-
ticulièrement timide et parcimonieuse. En
effet, s'il est fait abstraction de l'emprunt
contracté en vue de rembourser les dettes
du gouvernement Hova, la dette publique
de la colonie s'élève, en tout et pour tout, à
75 millions. Or, le Congo Belge, pourtant
généreusement servi par la nature qui l'a
doté d'un incomparable réseau de commu-
nications fluviales, a une dette de 2 mil-
Le Palais de la Reine, devenu le Musée.
liards. Celle du Maroc s'élève au même
chiffre et, cependant, le Maroc « utile » est
un pays de plaines, où les liaisons peuvent
facilement être établies. Quand on oppose à
ces chiffres ceux de la Grande Ile, on doit
seulement s'étonner que tant de choses aient
pu être faites avec si peu de moyens. L'en-
seignement à tirer de ces comparaisons est
que l'on doit à l'avenir voir largement et
ne plus confondre prudence avec pusilla-
nimité.
Telle est d'ailleurs la tendance du Parle-
ment qui a montré, vers la fin de la précé-
dente législature, sa compréhension des fa-
cilités offertes par le plan Dawes à la mise
en valeur des colonies.
Il y a eu là, de sa part, une invite très
nette à intensifier les programmes d'outillage
des colonies, invite qui a été encore accentuée
dans la suite par la Commission des Colo-
nies du Sénat. Celle-ci, après avoir pris con-
naissance du programme d'utilisation des
prestations établi par les colonies, l'a estimé
Les Annales Coloniales
favorable, d'autant plus que les produits en
progression sont les produits riches.
Une impression également favorable se
dégage de l'examen des importations. Nous
y constatons que les articles de grosse con-
sommation, ceux qui révèlent les capacités
d'achat et Tes moyens de la population, pré-
sentent, dans l'ensemble, des différences peu
sensibles avec ceux de 1926 où ses ressources
étaient considérables. Nous relevons notam-
ment les chiffres suivants :
Produits 1926 1928
Vins (hectol.) 18.723 18.437
Tissus de coton... (tonnes) 3.084 2.925
Tissus de laine et
soie — 127 II2
Confect. et linger. — 207 173
Savons (autres que
parfumerie) — 561 960
Automobiles (nombre) 204 245
Parapl. et parasols, (pièces) 146.921 90.486
Chaussures en cuir (paires) 37.262 46.566
Chapeaux de feutre (pièc.) 104.545 121.176
- L'entrée du Palais de la Reine à Tananarive
Il résulte de ce tableau que le commerce,
lui aussi, n'a pas cessé d'envisager la si-
tuation avec optimisme et une sérieuse va-
leur doit être attachée à ce symptôme.
Les obstacles naturels
Mais, quelle que soit l'amélioration sus-
ceptible de se produire, un grand effort est
à accomplir, faute duquel la situation éco-
nomique de la Grande Ile demeurera ins-
table.
Il n'est pas inutile de rappeler, à ce pro-
pos, les difficultés propres à Madagascar.
Elles tiennent, tout d'abord, à l'état net-
tement insuffisant de son outillage public.
L'île, sur une carte à grande échelle, peut
donner l'apparence d'une entité. En réalité,
elle constitue un agglomérat de petites zo-
nes différentes de par leur constitution et
leur production, nettement distinctes, sépa-
rées les unes des autres par des obstacles
naturels infiniment malaisés à franchir. Là,
pas de ces grands bassins économiques dont
l'importance évidente imposerait aux yeux
de tous la nécessité d'un effort considérable.
Seuls, les hauts plateaux, de par la densité
de leur population, ont appelé, dès les dé-
buts, la création d'un outillage important;
mais, de plus en plus, il s'avère que les
terres de cette région le cèdent généralement
en fertilité à celles des zones côtières. D'au-
tre part, sur les côtes, la création d'un en-
semble économique doté de l'outillage indis-
pensable se heurte à de puissants mouve-
ments de terrains ou aux nombreux cours
d eau qui sillonnent les plaines, irréguliers
dans leur régime comme la plupart des fleu-
ves tropicaux, parfois aussi, fantaisistes dans
leurs cours. Au surplus, une mer trop sou-
vent hostile, surtout à l'Est, rend difficile
et même dangereuse l'utilisation des rades
foraines. Bref, la nature semble s'être com-
plue à hérisser d'obstacles l'équipement du
pays. Aussi, convient-il d'autant plus de ren-
dre hommage à ce qui, dans le passé, a été
réalisé en si peu de temps et avec si peu de
moyens.
A ces entraves physiques, s'ajoute l'éloi-
gnement des marchés d'Europe, provoquant
l'immobilisation de fonds de roulement im-
portants et grevant les expéditions des char-
ges onéreuses d'intérêts intercalaires consi-
dérables. En outre, la variété inimaginable
des produits, qui présente certes, à certains
égards, d'incontestables avantages, enlève à
Madagascar toute possibilité de production
massive susceptible de conduire à la maîtrise
d'un marché.
L'exposé de ces difficultés trace la voie à
suivre et impose une action de plus en plus
méthodique et ordonnée d'aménagement et
d'organisation.
Les grands travaux
Tout d'abord, il importe de réaliser sans
perdre de temps un programme de travaux
publics aussi vaste que possible. Les produits
de Madagascar ne pourront soutenir la con-
currence mondiale si leur prix de revient
reste handicapé par les taux excessifs de
transports terrestres, par le coût exagéré des
manipulations dans des ports mal outillés,
et, enfin, par les frets dont l'élévation tient
beaucoup aux stationnements prolongés des
navires et à l'insécurité des côtes.
Il faut, en effet, se souvenir de l'avance
prise à ces divers points de vue par les
concurrents étrangers et même nationaux.
Madagascar a pratiqué, dans la période
d'avant-guerre, une politique d'investisse-
ment de capitaux publics, qu'imposaient sans
doute les circonstances, mais qui a été par-
ticulièrement timide et parcimonieuse. En
effet, s'il est fait abstraction de l'emprunt
contracté en vue de rembourser les dettes
du gouvernement Hova, la dette publique
de la colonie s'élève, en tout et pour tout, à
75 millions. Or, le Congo Belge, pourtant
généreusement servi par la nature qui l'a
doté d'un incomparable réseau de commu-
nications fluviales, a une dette de 2 mil-
Le Palais de la Reine, devenu le Musée.
liards. Celle du Maroc s'élève au même
chiffre et, cependant, le Maroc « utile » est
un pays de plaines, où les liaisons peuvent
facilement être établies. Quand on oppose à
ces chiffres ceux de la Grande Ile, on doit
seulement s'étonner que tant de choses aient
pu être faites avec si peu de moyens. L'en-
seignement à tirer de ces comparaisons est
que l'on doit à l'avenir voir largement et
ne plus confondre prudence avec pusilla-
nimité.
Telle est d'ailleurs la tendance du Parle-
ment qui a montré, vers la fin de la précé-
dente législature, sa compréhension des fa-
cilités offertes par le plan Dawes à la mise
en valeur des colonies.
Il y a eu là, de sa part, une invite très
nette à intensifier les programmes d'outillage
des colonies, invite qui a été encore accentuée
dans la suite par la Commission des Colo-
nies du Sénat. Celle-ci, après avoir pris con-
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