Titre : Les Annales coloniales : revue mensuelle illustrée / directeur-fondateur Marcel Ruedel
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1929-04-01
Contributeur : Ruedel, Marcel. Directeur de publication
Contributeur : Monmarson, Raoul (1895-1976). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb326934111
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 01 avril 1929 01 avril 1929
Description : 1929/04/01-1929/04/30. 1929/04/01-1929/04/30.
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Description : Collection numérique : Protectorats et mandat... Collection numérique : Protectorats et mandat français
Description : Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique... Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique Numérique
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k97431353
Source : CIRAD, 2016-191112
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 12/09/2016
Page 8
Les Annales Coloniales
L'organisation du Service
des Travaux Publics
Non moins importante que la question de
financement et de la main-d'œuvre, est celle
de l'organisation même du service des tra-
vaux publics. La tâche qui sollicite cet or-
ganisme est chaque jour plus vaste et plus
complexe.
Le recrutement d'un personnel qualifié a
donc été intensifié dans les proportions
qu'indique le tableau ci-dessous :
Gradés 1924 1929
Ingénieurs en chef et principaux. 9 10
Ingénieurs et officiers eu genie... 31 36
Conducteurs 21 52
Commis 46 78
Surveillants ..................... 73 140
Pour certaines catégories, comme on le
voit, les effectifs ont presque doublé. Ils sont
pourtant encore très insuffisants au regard
des études à poursuivre et des travaux à exé-
cuter ou à surveiller.
Par ailleurs, un arrêté du 8 mars 1928 a
réorganisé le service. Les principales dispo-
sitions de ce texte tendent, tout d'abord, à
renforcer les services centraux d'études' dont
la solide constitution doit éviter des maldon-
nes pouvant se chiffrer par millions ; en-
suite, à donner plus de mobilité aux chefs
d'arrondissement qui devront, de plus en
plus, devenir les contrôleurs effectifs et les
guides des subdivisionnaires dont les travaux
ne s'effectuent pas toujours avec toutes les
garanties voulues.
Dans un même ordre d'idées, des instruc-
tions ont été données pour que les agents des
travaux publics soient, désormais, étroite-
ment associés à l'exécution des travaux de
prestations dont l'intérêt et l'importance
augmentent constamment et qui, par consé-
quent, exigent d'autant plus de méthode et
de technicité. L'institution des budgets régio-
naux et la coordination des travaux de pres-
tations par région mettra, d'ailleurs, fin à
bien des exagérations et des erreurs commi-
ses à leur propos et leur permettra de don-
ner leur plein rendement.
Il n'est pas sans intérêt d'indiquer la pro-
gression des crédits affectés aux travaux pu-
blics au cours do ces dernières années
1924 Fr. 18.702.752
1925 22.886.000
1926 36.365.843
1927 62.281.031
1928 82.091.112
1929 ............... 105.224.510
L'agriculture et l'élevage
Si certaines grandes entreprises déjà orga-
nisées scientifiquement avec postes météoro-
logiques, laboratoires d'études, stations d'es-
sais, peuvent se suffire à elles-mêmes, l'en-
semble de la colonisation a un besoin impé-
rieux de l'appui, des conseils, des recher-
ches des organismes scientifiques du service
de l'Agriculture. Dans un avenir très proche,
grâce à de plus larges disponibilités, Mada-
gascar sera pourvu d'une organisation scien-
tifique moderne et complète, à la disposition
de tous, permettant aux planteurs d'y trou.
ver aide et conseils.
Déjà, le personnel technique, en nombre
et avec des moyens malheureusement encore
restreints, a commencé, sur la demande de
nombreux colons, à effectuer des analyses de
terres, à étudier des insectes destructeurs, à
faire des recherches sur certaines maladies
des cultures qui lui ont été signalées.
Mais, dans une colonie où une part des
plus importantes de la production est four-
nie par des cultivateurs indigènes arriérés,
la politique du « laissez-faire » ne peut être
admise.
Les théories du libéralisme classique se-
raient absolument déplacées ici. L'intérêt de
tous commande, au contraire, une interven-
tion effective et constante dans l'organisation
de la production indigène. Celle-ci ne peut
demeurer indéfiniment livrée à elle-même, et
son amélioration ne peut reposer plus long-
temps sur la bonne volonté d'un administra-
teur absorbé par les multiples obligations de
Dans la Mandraka : vers Anjiro
sa fonction, et parfois peu versé dans les
questions spécifiquement agricoles.
11 importe d'organiser les services d'agri-
culture et d'élevage, de façon telle qu'ils
puissent orienter la production indigène et
lui dispenser l'expérience tirée de maints tra-
vaux, études et recherches.
Avec ses moyens actuels, l'agriculture au-
tochtone n'utilise que très défectueusement
le sol dont elle dispose. Non seulement, elle
n'y incorpore pas tout le travail qu'il fau-
drait, mais ce travail y est investi dans des
conditions telles qu'il en résulte un rende-
ment des plus insuffisants. D'autre part, le
choix des cultures est fait sans' discernement.
Des produits n'ayant pas de débouchés trop
souvent sont recherchés, tandis qu'au con-
traire, ceux qui seraient d'une vente facile
sont négligés. Des terrains fertiles sont con-
sacrés à des cultures pauvres qui pourraient
être aisément livrées à des sols de qualité
médiocre, actuellement délaissés. En outre,
malgré la mise en circulation, au cours de
ces dernières années, de plus de 4.000 char-
rues, l'indigène est encore pourvu d'un outil-
lage des plus primitifs, -ne lui permettant
d'obtenir de ses terres qu'un rendement très
inférieur. Par ailleurs, il saisit difficilement
le pourquoi des fluctuations du marché, et
son obstination à ne pas céder ses produits
aux prix normaux trouble constamment
l'équilibre de la vie économique.
Un fonctionnaire des services agricoles,
un véritable apôtre, M. Delpon, a obtenu
les résultats les plus remarquables, en ce qui
concerne notamment la sélection des riz. La
généralisation de méthodes semblables pro-
duira à coup sûr les plus heureux effets. Il
est donc indispensable de mettre l'indigène
en contact étroit avec des agents administra-
tifs l'orientant dans le choix des cultures,
dans la mise en usage d'un outillage perfec-
donné, dans les soins à donner à ses champs,
dans les modalités de réalisation de ses ré-
coltes.
L'existence même du commerce est liée à
cet accroissement de la production, de même
celle dé la: plupart des usines de transforma-
tion ou de préparation dont le fonctionne.
ment à plein rendement exige le plus sou-
vent les apports de la production indigène.
Le Gouverneur Général, par ailleurs, s'est
préoccupé, d'étendre au service de l'Elevage
les principes qui ont présidé à la réorganisa-
tion du Service de l'Agriculture.
Avec la politique domaniale de plus en
plus stricte qui s'impose à Madagascar, il
importe d'amorcer, dans un avenir aussi pro-
che que possible, le passage de l'élevage ex-
tells if au stade de l'élevage intensif.
De même qu'en matière agricole, il im-
porte, au moyen d'un service fortement orga-
nisé, d'éduquer d'urgence l'éleveur indigène
Un tunnel dans la Mandraka
Les Annales Coloniales
L'organisation du Service
des Travaux Publics
Non moins importante que la question de
financement et de la main-d'œuvre, est celle
de l'organisation même du service des tra-
vaux publics. La tâche qui sollicite cet or-
ganisme est chaque jour plus vaste et plus
complexe.
Le recrutement d'un personnel qualifié a
donc été intensifié dans les proportions
qu'indique le tableau ci-dessous :
Gradés 1924 1929
Ingénieurs en chef et principaux. 9 10
Ingénieurs et officiers eu genie... 31 36
Conducteurs 21 52
Commis 46 78
Surveillants ..................... 73 140
Pour certaines catégories, comme on le
voit, les effectifs ont presque doublé. Ils sont
pourtant encore très insuffisants au regard
des études à poursuivre et des travaux à exé-
cuter ou à surveiller.
Par ailleurs, un arrêté du 8 mars 1928 a
réorganisé le service. Les principales dispo-
sitions de ce texte tendent, tout d'abord, à
renforcer les services centraux d'études' dont
la solide constitution doit éviter des maldon-
nes pouvant se chiffrer par millions ; en-
suite, à donner plus de mobilité aux chefs
d'arrondissement qui devront, de plus en
plus, devenir les contrôleurs effectifs et les
guides des subdivisionnaires dont les travaux
ne s'effectuent pas toujours avec toutes les
garanties voulues.
Dans un même ordre d'idées, des instruc-
tions ont été données pour que les agents des
travaux publics soient, désormais, étroite-
ment associés à l'exécution des travaux de
prestations dont l'intérêt et l'importance
augmentent constamment et qui, par consé-
quent, exigent d'autant plus de méthode et
de technicité. L'institution des budgets régio-
naux et la coordination des travaux de pres-
tations par région mettra, d'ailleurs, fin à
bien des exagérations et des erreurs commi-
ses à leur propos et leur permettra de don-
ner leur plein rendement.
Il n'est pas sans intérêt d'indiquer la pro-
gression des crédits affectés aux travaux pu-
blics au cours do ces dernières années
1924 Fr. 18.702.752
1925 22.886.000
1926 36.365.843
1927 62.281.031
1928 82.091.112
1929 ............... 105.224.510
L'agriculture et l'élevage
Si certaines grandes entreprises déjà orga-
nisées scientifiquement avec postes météoro-
logiques, laboratoires d'études, stations d'es-
sais, peuvent se suffire à elles-mêmes, l'en-
semble de la colonisation a un besoin impé-
rieux de l'appui, des conseils, des recher-
ches des organismes scientifiques du service
de l'Agriculture. Dans un avenir très proche,
grâce à de plus larges disponibilités, Mada-
gascar sera pourvu d'une organisation scien-
tifique moderne et complète, à la disposition
de tous, permettant aux planteurs d'y trou.
ver aide et conseils.
Déjà, le personnel technique, en nombre
et avec des moyens malheureusement encore
restreints, a commencé, sur la demande de
nombreux colons, à effectuer des analyses de
terres, à étudier des insectes destructeurs, à
faire des recherches sur certaines maladies
des cultures qui lui ont été signalées.
Mais, dans une colonie où une part des
plus importantes de la production est four-
nie par des cultivateurs indigènes arriérés,
la politique du « laissez-faire » ne peut être
admise.
Les théories du libéralisme classique se-
raient absolument déplacées ici. L'intérêt de
tous commande, au contraire, une interven-
tion effective et constante dans l'organisation
de la production indigène. Celle-ci ne peut
demeurer indéfiniment livrée à elle-même, et
son amélioration ne peut reposer plus long-
temps sur la bonne volonté d'un administra-
teur absorbé par les multiples obligations de
Dans la Mandraka : vers Anjiro
sa fonction, et parfois peu versé dans les
questions spécifiquement agricoles.
11 importe d'organiser les services d'agri-
culture et d'élevage, de façon telle qu'ils
puissent orienter la production indigène et
lui dispenser l'expérience tirée de maints tra-
vaux, études et recherches.
Avec ses moyens actuels, l'agriculture au-
tochtone n'utilise que très défectueusement
le sol dont elle dispose. Non seulement, elle
n'y incorpore pas tout le travail qu'il fau-
drait, mais ce travail y est investi dans des
conditions telles qu'il en résulte un rende-
ment des plus insuffisants. D'autre part, le
choix des cultures est fait sans' discernement.
Des produits n'ayant pas de débouchés trop
souvent sont recherchés, tandis qu'au con-
traire, ceux qui seraient d'une vente facile
sont négligés. Des terrains fertiles sont con-
sacrés à des cultures pauvres qui pourraient
être aisément livrées à des sols de qualité
médiocre, actuellement délaissés. En outre,
malgré la mise en circulation, au cours de
ces dernières années, de plus de 4.000 char-
rues, l'indigène est encore pourvu d'un outil-
lage des plus primitifs, -ne lui permettant
d'obtenir de ses terres qu'un rendement très
inférieur. Par ailleurs, il saisit difficilement
le pourquoi des fluctuations du marché, et
son obstination à ne pas céder ses produits
aux prix normaux trouble constamment
l'équilibre de la vie économique.
Un fonctionnaire des services agricoles,
un véritable apôtre, M. Delpon, a obtenu
les résultats les plus remarquables, en ce qui
concerne notamment la sélection des riz. La
généralisation de méthodes semblables pro-
duira à coup sûr les plus heureux effets. Il
est donc indispensable de mettre l'indigène
en contact étroit avec des agents administra-
tifs l'orientant dans le choix des cultures,
dans la mise en usage d'un outillage perfec-
donné, dans les soins à donner à ses champs,
dans les modalités de réalisation de ses ré-
coltes.
L'existence même du commerce est liée à
cet accroissement de la production, de même
celle dé la: plupart des usines de transforma-
tion ou de préparation dont le fonctionne.
ment à plein rendement exige le plus sou-
vent les apports de la production indigène.
Le Gouverneur Général, par ailleurs, s'est
préoccupé, d'étendre au service de l'Elevage
les principes qui ont présidé à la réorganisa-
tion du Service de l'Agriculture.
Avec la politique domaniale de plus en
plus stricte qui s'impose à Madagascar, il
importe d'amorcer, dans un avenir aussi pro-
che que possible, le passage de l'élevage ex-
tells if au stade de l'élevage intensif.
De même qu'en matière agricole, il im-
porte, au moyen d'un service fortement orga-
nisé, d'éduquer d'urgence l'éleveur indigène
Un tunnel dans la Mandraka
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