Titre : Les Annales coloniales : revue mensuelle illustrée / directeur-fondateur Marcel Ruedel
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1929-07-01
Contributeur : Ruedel, Marcel. Directeur de publication
Contributeur : Monmarson, Raoul (1895-1976). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb326934111
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 01 juillet 1929 01 juillet 1929
Description : 1929/07/01-1929/07/31. 1929/07/01-1929/07/31.
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Description : Collection numérique : Protectorats et mandat... Collection numérique : Protectorats et mandat français
Description : Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique... Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique Numérique
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k9743132v
Source : CIRAD, 2016-191112
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 12/09/2016
Les Annales Coloniales
Page 3
Louis BARTHOU
Monsieur le Directeur,
Après un intervalle de quarante ans,
j'ai revu la Tunisie en 1925. Cette visite
m'a procuré, de surprise en surprise, de
progrès en progrès, d'émerveillement en
émerveillement, une telle satisfaction
d'ensemble que je ne saurais en détacher
un détail, un souvenir, une anecdote.
Toutes les pages de ce grand livre de
notre histoire coloniale se tiennent et au-
cune ne peut s'en séparer. Cette œuvre
admirable ajoute à l'honneur et à la fier-
té d'être Français....
Je veux dire simplement, ou plutôt
répéter que jamais je n'avais mieux sen-
ti la gloire de Jules Ferry. Qui voit la
Tunisie sans lui rendre hommage com-
met le péché d'ingratitude et d'igno-
rance.
Croyez, Monsieur le Directeur, à mes
sentiments les plus distingués.
Louis BARTHOU,
Sénateur des Basses-Pyrénées,
Ministre de la Justice, Membre
de l'Académie Française.
Henri ROBERT
Cher Monsieur,
En novembre 1888, j'accompagnais
mon cher et regretté patron, le Bâton-
nier Durier, qui venait de plaider à
Constantine l'affaire Chambige.
Nous nous sommes embarqués à Tunis
et j'ai conservé la vision inoubliable du
panorama que l'on voit du haut des
Terrasses de Dar-el-Bey et de la visite
des souks, le jour de la fête du Mou-
loud.
Bien cordialement à vous.
Henri ROBERT,
Membre de l'Académie Française,
ancien bâtonnier de l'Ordre des
Avocats.
Gabriel HANOTAIIX
Monsieur,
Je réponds à votre lettre.
J'ai administré la Tunisie pendant 10
ans, de 1888 à 1898, soit comme direc-
teur du Protectorat, soit comme Minis-
tre. Le Résident Général était alors M.
Massicaut qui succèdait à M. Paul Cam-
bon ; et puis ce fut M. René Millet.
Durant cette période, on a rattaché la
Tunisie à la France par les lois écono-
miques relatives aux blés, aux olives,
aux raisins, on a, selon les idées et avec
le concours de M. Paul Bourde, créé les
immenses oliveraies du sud ; on a paci-
fié la partie sud et les oasis, on a déter-
miné la frontière Tripolitaine et assuré
les communications sahariennes ; on a
créé tout le système ferroviaire, les rou-
tes et ouvert largement les portes à la
civilisation; on a liquidé la vieille dette
tunisienne par conversion ou par voie de
grands travaux publics. Pendant ce
temps-là, on a construit le port de Bi-
zerte avec ses propres ressources, on a
achevé le canal d'accès à Tunis, on a
Au désert.
créé le système minier dont le fleuron est
l'exploitation des phosphates de Gafsa;
toute la région de Sousse a été coloni-
sée, la sécurité à régné dans cette partie
délicate de la Régence. La question la
plus difficile à résoudre était celle de
l'emprise exercée par les puissances eu-
ropéennes en vertu de traités à long ter-
me ou à date indéterminée avec les beys
de Tunis : en 1896-1897, par onze con-
ventions avec les puissances intéressées,
au premier rang l'Allemagne, l'Angle-
terre et l'Italie, j'ai libéré la Régence de
ces engagements, et elle s'est trouvée,
ainsi, une magnifique possession fran-
çaise, sans nouvelle expédition et sans
complication diplomatique d'aucune
sorte.
Vous me demandez ce que j'ai admi-
ré le plus en Tunisie, c'est l'intelligence
et les remarquables aptitudes d'une po-
pulation qui a compris, dès le premier
jour, ce que la France faisait pour elle,
qui s'est attachée au nouveau régime
dont le concours nous assure une si
haute situation parmi les peuples, je ne
dis pas colonisateurs, mais civilisateurs.
Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance
de mes sentiments les meilleurs.
Gabriel HANOTAUX,
Ancien Ministre des Affaires
Etrangères, Membre de l'Aca-
démie Française.
6. ALArfTITI:
Monsieur le Directeur,
Il y a dix ans que j'ai quitté la Tunisie
et je n'ai plus la mémoire assez fraîche pour
retracer, avec la précision qu'y pourraient
mettre de plus jeunes, une des scènes ou l'un
des paysages qui m'avaient frappé d'admi-
ration. Mais puisque vous me demandez quel
a été le plus beau souvenir que j'ai emporté
de Tunisie, je n'ai pas d'hésitation à répon-
dre que c'est le souvenir du jour de l'ar-
mistice.
Je venais d'être nommé à Madrid; je col-
Type d'habitations à bon marché dans la banlieue de Tunis.
Page 3
Louis BARTHOU
Monsieur le Directeur,
Après un intervalle de quarante ans,
j'ai revu la Tunisie en 1925. Cette visite
m'a procuré, de surprise en surprise, de
progrès en progrès, d'émerveillement en
émerveillement, une telle satisfaction
d'ensemble que je ne saurais en détacher
un détail, un souvenir, une anecdote.
Toutes les pages de ce grand livre de
notre histoire coloniale se tiennent et au-
cune ne peut s'en séparer. Cette œuvre
admirable ajoute à l'honneur et à la fier-
té d'être Français....
Je veux dire simplement, ou plutôt
répéter que jamais je n'avais mieux sen-
ti la gloire de Jules Ferry. Qui voit la
Tunisie sans lui rendre hommage com-
met le péché d'ingratitude et d'igno-
rance.
Croyez, Monsieur le Directeur, à mes
sentiments les plus distingués.
Louis BARTHOU,
Sénateur des Basses-Pyrénées,
Ministre de la Justice, Membre
de l'Académie Française.
Henri ROBERT
Cher Monsieur,
En novembre 1888, j'accompagnais
mon cher et regretté patron, le Bâton-
nier Durier, qui venait de plaider à
Constantine l'affaire Chambige.
Nous nous sommes embarqués à Tunis
et j'ai conservé la vision inoubliable du
panorama que l'on voit du haut des
Terrasses de Dar-el-Bey et de la visite
des souks, le jour de la fête du Mou-
loud.
Bien cordialement à vous.
Henri ROBERT,
Membre de l'Académie Française,
ancien bâtonnier de l'Ordre des
Avocats.
Gabriel HANOTAIIX
Monsieur,
Je réponds à votre lettre.
J'ai administré la Tunisie pendant 10
ans, de 1888 à 1898, soit comme direc-
teur du Protectorat, soit comme Minis-
tre. Le Résident Général était alors M.
Massicaut qui succèdait à M. Paul Cam-
bon ; et puis ce fut M. René Millet.
Durant cette période, on a rattaché la
Tunisie à la France par les lois écono-
miques relatives aux blés, aux olives,
aux raisins, on a, selon les idées et avec
le concours de M. Paul Bourde, créé les
immenses oliveraies du sud ; on a paci-
fié la partie sud et les oasis, on a déter-
miné la frontière Tripolitaine et assuré
les communications sahariennes ; on a
créé tout le système ferroviaire, les rou-
tes et ouvert largement les portes à la
civilisation; on a liquidé la vieille dette
tunisienne par conversion ou par voie de
grands travaux publics. Pendant ce
temps-là, on a construit le port de Bi-
zerte avec ses propres ressources, on a
achevé le canal d'accès à Tunis, on a
Au désert.
créé le système minier dont le fleuron est
l'exploitation des phosphates de Gafsa;
toute la région de Sousse a été coloni-
sée, la sécurité à régné dans cette partie
délicate de la Régence. La question la
plus difficile à résoudre était celle de
l'emprise exercée par les puissances eu-
ropéennes en vertu de traités à long ter-
me ou à date indéterminée avec les beys
de Tunis : en 1896-1897, par onze con-
ventions avec les puissances intéressées,
au premier rang l'Allemagne, l'Angle-
terre et l'Italie, j'ai libéré la Régence de
ces engagements, et elle s'est trouvée,
ainsi, une magnifique possession fran-
çaise, sans nouvelle expédition et sans
complication diplomatique d'aucune
sorte.
Vous me demandez ce que j'ai admi-
ré le plus en Tunisie, c'est l'intelligence
et les remarquables aptitudes d'une po-
pulation qui a compris, dès le premier
jour, ce que la France faisait pour elle,
qui s'est attachée au nouveau régime
dont le concours nous assure une si
haute situation parmi les peuples, je ne
dis pas colonisateurs, mais civilisateurs.
Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance
de mes sentiments les meilleurs.
Gabriel HANOTAUX,
Ancien Ministre des Affaires
Etrangères, Membre de l'Aca-
démie Française.
6. ALArfTITI:
Monsieur le Directeur,
Il y a dix ans que j'ai quitté la Tunisie
et je n'ai plus la mémoire assez fraîche pour
retracer, avec la précision qu'y pourraient
mettre de plus jeunes, une des scènes ou l'un
des paysages qui m'avaient frappé d'admi-
ration. Mais puisque vous me demandez quel
a été le plus beau souvenir que j'ai emporté
de Tunisie, je n'ai pas d'hésitation à répon-
dre que c'est le souvenir du jour de l'ar-
mistice.
Je venais d'être nommé à Madrid; je col-
Type d'habitations à bon marché dans la banlieue de Tunis.
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.48%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.48%.
- Auteurs similaires Ruedel Marcel Ruedel Marcel /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Ruedel Marcel" or dc.contributor adj "Ruedel Marcel")
-
-
Page
chiffre de pagination vue 3/28
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://numba.cirad.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k9743132v/f3.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://numba.cirad.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k9743132v/f3.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://numba.cirad.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k9743132v/f3.image
- Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://numba.cirad.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k9743132v
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://numba.cirad.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k9743132v
Facebook
Twitter