Titre : Les Annales coloniales : revue mensuelle illustrée / directeur-fondateur Marcel Ruedel
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1929-10-01
Contributeur : Ruedel, Marcel. Directeur de publication
Contributeur : Monmarson, Raoul (1895-1976). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb326934111
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 01 octobre 1929 01 octobre 1929
Description : 1929/10/01-1929/10/31. 1929/10/01-1929/10/31.
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Description : Collection numérique : Protectorats et mandat... Collection numérique : Protectorats et mandat français
Description : Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique... Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique Numérique
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k9743129c
Source : CIRAD, 2016-191112
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 12/09/2016
Page 2
Les Annales Coloniales
Dahomey. — La route du Niger à Savé
Mors, d'une Richard-Brasier était un
événement sensationnel et la place de la
Concorde devenait le théâtre d'une
nouvelle révolution : les premières au-
tos aux radiateurs latéraux et nickelés
gravissaient la montée de l'Arc de
Triomphe !!...
En ce temps-là, rares furent les pro-
phètes qui eurent la faculté de conce-
voir jusqu'à quel point la pesanteur,
cette vieille ennemie, serait domptée.
Jusqu'au siècle de l'automobile, des
coins de planètes demeurèrent quasi im-
pénétrables et dangereusement inhcs-
pitaliers. Le chemin de fer existait
pourtant !... Ne serait-il qu'un instru-
ment de transition entre l'âge de la di-
ligence, du carrosse, de la berline et
l'arrivée au pouvoir de l'automobile et
de l'avion ? L'avenir très probablement
appartient à ces moyens de trans-
ports admirablement souples et qu'une
précision sans cesse perfectionnée af-
franchit chaque jour de la pression
atmosphérique et du hasard ; l'auto
trace sans rail son itinéraire comme
l'avion son chemin de ciel.
Le rôle de la route
Au seul point de vue de l'économie,
la concurrence des transports mécani-
ques sur route met en péril les trans-
ports sur rails ; le train exige, pour les
marchandises lourdes, trois opérations
de mise en voiture, l'automobile une
seule. Si jeune encore, le conquérant de
la route capable d'améliorer ses vites-
ses, ses capacités de transports, de di-
minuer un jour prochain ses tarifs dans
d'énormes proportions, apparaît extrê-
mement redoutaole à l'ancêtre sur rail.
Le salut, pour les Compagnies de che-
min de 1er et les usagers, réside dans
une étroite collaboration de l'automo-
bile et du train. Quand le rail cesse, la
route doit commencer. Les Etat-Unis
nous ont donné l'exemple d'une initia-
tive fort intéressante : ils n'ont pas hé-
sité à « dérailler » les voies ferrées peu
productives, au profit de la locomotion
nouvelle. Pensons-y, surtout dans nos
colonies, avant d'entreprendre de rui-
neux chemins de fer. Ati lieu d'ajouter
au nombre des lignes déficitaires, pro-
fitons des terres neuves pour créer de
larges et belles voies aménagées unique-
ment pour les moyens de l'automobile.
Le Sahara vaincu
La merveilleuse invention que l'auto-
mobile, quand il s'agit de coloniser, de
partir, d'interroger l'horizon pour es-
saimer au loin ! Au lieu de piétiner, la
course errante emportée par le moteur
est plus sûre d'arriver et de ne pas ja-
lonner la piste chamelière des sinistres
ossements humains. Rappelez-vous la
chanson victorieuse entonnée par les
cylindres, les pistons, les bielles, le vo-
lant en plein Sahara ! Indompté jus-
qu'en 1922, le Tanezrouft, terre
d'épouvante, pays de la soif, fut vain-
cu par l'auto-chenille.
Aujourd'hui, les cars luxueux à six
roues, au gré des touristes, traversent
le Sahara de l'Algérie au Soudan. Bien-
tôt, cette Afrique Française ne devrait
plus être qu'un unique et vaste empire
plus grand que tous les royaumes noirs
dont la légende et l'histoire nous con-
taient la splendeur. Seulement, la valeur
des résultats obtenus par des initiatives
privées fait seule, à l'automobile, dans
toutes nos colonies, une publicité effica-
ce, tandis que nos constructeurs d'auto
sont loin de consacrer à l'automobile
- coloniale un maximum d'efforts... igno-
rance peut être de la puissance que re-
présente dans le monde notre empire
d'outre-mer. Dans certaines de nos pos-
sessions, les marques françaises sont
quasi ignorées et peut-être y serait-on
revenu aux chariots des rois fainéants,
si les Américains n'avaient pas pris le
soin d'alimenter ce marché. Pourtant, de
plus en plus, l'automobile joue un rôle
utilitaire extraordinaire dans la vie so-
ciale et le moteur de gros labeur s'im-
pose partout, aux transports d'indus-
trie, de commerce, de voirie, d'hygiène,
de municipalités, de tourisme en com-
mun.
Les emplois de l'automobile
aux colonies
Dans nos colonies, cette branche de
l'activité métropolitaine devrait être
particulièrement florissante. Elle est à la
base de la réalisation de nos plus beaux
espoirs, depuis l'auto militaire, sécurité
indispensable en bordure des zones dis-
sidentes, jusqu'aux cars de touristes,
admirable formule de « faire-savoir »
quand il s'agit de révéler au monde et
à nous-mêmes l'œuvre colonisatrice ac-
complie par la France. Au point de vue
civilisation et sécurité, cette industrie
maîtresse de la route facilite grande-
ment notre occupation. Nul auxiliaire ne
sert mieux en Afrique notre politique
de la tache d'huile qui rend françaises
d'importantes régions insoumises, car
le rail pénètre, mais lentement, trop
lentement parfois pour éviter les chocs
regrettables. L'auto amincit le temps à
ce point, qu'elle surprend et désarme la
haine sans lui laisser l'heure d'agir.
Ainsi, la conquête autoritaire fait place
à la pénétration pacifique. Les cars, les
camions couvrent d'énormes espaces de
terres désertiques, ils entretiennent
entre les populations l'activité sociale
qui, pour le plus grand bien de la paix,
moud les race3 ensemble.
Le moteur a bousculé les âges ; en
moins de vingt ans, le régime de la vi-
tesse a opéré dans nos colonies d'in-
croyables transformations. Dans l'an-
cien et le nouveau monde, les indigènes
sont de fervents adeptes de l'automo-
bile. Demaison n'exagère pas lorsqu'il
écrit qu'en Afrique Occidentale fran-
çaise, le pouvoir des marabouts tend à
être supplanté par celui des chauffeurs
de camions, que les bougies et les sou-
papes ont plus d'importance que les
amulettes et la trace des pneumatiques
sur une route plus de prestige que celle
d'une cavalerie royale !.. Le parfum de
l'essence, le ronflement des moteurs pos-
sèdent maintenant le merveilleux pou-
voir des sorciers d'antan. Les récoltes
suivent le progrès de l'automobile. A
quoi bon semer, quand le café, le ca-
Les Annales Coloniales
Dahomey. — La route du Niger à Savé
Mors, d'une Richard-Brasier était un
événement sensationnel et la place de la
Concorde devenait le théâtre d'une
nouvelle révolution : les premières au-
tos aux radiateurs latéraux et nickelés
gravissaient la montée de l'Arc de
Triomphe !!...
En ce temps-là, rares furent les pro-
phètes qui eurent la faculté de conce-
voir jusqu'à quel point la pesanteur,
cette vieille ennemie, serait domptée.
Jusqu'au siècle de l'automobile, des
coins de planètes demeurèrent quasi im-
pénétrables et dangereusement inhcs-
pitaliers. Le chemin de fer existait
pourtant !... Ne serait-il qu'un instru-
ment de transition entre l'âge de la di-
ligence, du carrosse, de la berline et
l'arrivée au pouvoir de l'automobile et
de l'avion ? L'avenir très probablement
appartient à ces moyens de trans-
ports admirablement souples et qu'une
précision sans cesse perfectionnée af-
franchit chaque jour de la pression
atmosphérique et du hasard ; l'auto
trace sans rail son itinéraire comme
l'avion son chemin de ciel.
Le rôle de la route
Au seul point de vue de l'économie,
la concurrence des transports mécani-
ques sur route met en péril les trans-
ports sur rails ; le train exige, pour les
marchandises lourdes, trois opérations
de mise en voiture, l'automobile une
seule. Si jeune encore, le conquérant de
la route capable d'améliorer ses vites-
ses, ses capacités de transports, de di-
minuer un jour prochain ses tarifs dans
d'énormes proportions, apparaît extrê-
mement redoutaole à l'ancêtre sur rail.
Le salut, pour les Compagnies de che-
min de 1er et les usagers, réside dans
une étroite collaboration de l'automo-
bile et du train. Quand le rail cesse, la
route doit commencer. Les Etat-Unis
nous ont donné l'exemple d'une initia-
tive fort intéressante : ils n'ont pas hé-
sité à « dérailler » les voies ferrées peu
productives, au profit de la locomotion
nouvelle. Pensons-y, surtout dans nos
colonies, avant d'entreprendre de rui-
neux chemins de fer. Ati lieu d'ajouter
au nombre des lignes déficitaires, pro-
fitons des terres neuves pour créer de
larges et belles voies aménagées unique-
ment pour les moyens de l'automobile.
Le Sahara vaincu
La merveilleuse invention que l'auto-
mobile, quand il s'agit de coloniser, de
partir, d'interroger l'horizon pour es-
saimer au loin ! Au lieu de piétiner, la
course errante emportée par le moteur
est plus sûre d'arriver et de ne pas ja-
lonner la piste chamelière des sinistres
ossements humains. Rappelez-vous la
chanson victorieuse entonnée par les
cylindres, les pistons, les bielles, le vo-
lant en plein Sahara ! Indompté jus-
qu'en 1922, le Tanezrouft, terre
d'épouvante, pays de la soif, fut vain-
cu par l'auto-chenille.
Aujourd'hui, les cars luxueux à six
roues, au gré des touristes, traversent
le Sahara de l'Algérie au Soudan. Bien-
tôt, cette Afrique Française ne devrait
plus être qu'un unique et vaste empire
plus grand que tous les royaumes noirs
dont la légende et l'histoire nous con-
taient la splendeur. Seulement, la valeur
des résultats obtenus par des initiatives
privées fait seule, à l'automobile, dans
toutes nos colonies, une publicité effica-
ce, tandis que nos constructeurs d'auto
sont loin de consacrer à l'automobile
- coloniale un maximum d'efforts... igno-
rance peut être de la puissance que re-
présente dans le monde notre empire
d'outre-mer. Dans certaines de nos pos-
sessions, les marques françaises sont
quasi ignorées et peut-être y serait-on
revenu aux chariots des rois fainéants,
si les Américains n'avaient pas pris le
soin d'alimenter ce marché. Pourtant, de
plus en plus, l'automobile joue un rôle
utilitaire extraordinaire dans la vie so-
ciale et le moteur de gros labeur s'im-
pose partout, aux transports d'indus-
trie, de commerce, de voirie, d'hygiène,
de municipalités, de tourisme en com-
mun.
Les emplois de l'automobile
aux colonies
Dans nos colonies, cette branche de
l'activité métropolitaine devrait être
particulièrement florissante. Elle est à la
base de la réalisation de nos plus beaux
espoirs, depuis l'auto militaire, sécurité
indispensable en bordure des zones dis-
sidentes, jusqu'aux cars de touristes,
admirable formule de « faire-savoir »
quand il s'agit de révéler au monde et
à nous-mêmes l'œuvre colonisatrice ac-
complie par la France. Au point de vue
civilisation et sécurité, cette industrie
maîtresse de la route facilite grande-
ment notre occupation. Nul auxiliaire ne
sert mieux en Afrique notre politique
de la tache d'huile qui rend françaises
d'importantes régions insoumises, car
le rail pénètre, mais lentement, trop
lentement parfois pour éviter les chocs
regrettables. L'auto amincit le temps à
ce point, qu'elle surprend et désarme la
haine sans lui laisser l'heure d'agir.
Ainsi, la conquête autoritaire fait place
à la pénétration pacifique. Les cars, les
camions couvrent d'énormes espaces de
terres désertiques, ils entretiennent
entre les populations l'activité sociale
qui, pour le plus grand bien de la paix,
moud les race3 ensemble.
Le moteur a bousculé les âges ; en
moins de vingt ans, le régime de la vi-
tesse a opéré dans nos colonies d'in-
croyables transformations. Dans l'an-
cien et le nouveau monde, les indigènes
sont de fervents adeptes de l'automo-
bile. Demaison n'exagère pas lorsqu'il
écrit qu'en Afrique Occidentale fran-
çaise, le pouvoir des marabouts tend à
être supplanté par celui des chauffeurs
de camions, que les bougies et les sou-
papes ont plus d'importance que les
amulettes et la trace des pneumatiques
sur une route plus de prestige que celle
d'une cavalerie royale !.. Le parfum de
l'essence, le ronflement des moteurs pos-
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