Titre : L'Afrique française : bulletin mensuel du Comité de l'Afrique française et du Comité du Maroc
Auteur : Comité de l'Afrique française. Auteur du texte
Auteur : Comité du Maroc (Paris). Auteur du texte
Éditeur : Comité de l'Afrique française (Paris)
Date d'édition : 1916-01-01
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32683501s
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 01 janvier 1916 01 janvier 1916
Description : 1916/01/01 (N1)-1916/12/31 (N12). 1916/01/01 (N1)-1916/12/31 (N12).
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k98041485
Source : CIRAD, 2017-132476
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/11/2017
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- SOMMAIRE
- Nos 1 et 2
- N° 4
- N° 5
- N° 6
- N° 7
- Nos 8 et 9
- Nos 10 à 12
RENSEIGNEMENTS COLONIAUX
satisfaisants ; en ce cas, comme dans bien d'autres
aux colonies, il est permis de dire qu'on a tout
fait avec rien. Il convient cependant de faire
exception pour la prison de Conakry qui peut
être donnée pour modèle ainsi que le pénitencier
de Fotoba aux îles de Los (Guinée).
L'ensemble des observations que j'ai recueillies
me permet de conclure à la nécessité d'abandon-
ner complètement le modèle de prison consistant
en une simple case isolée sans aucun mur
d'enceinte et sans tenir compte des précautions
d'hygiène les plus élémentaires. Sans vouloir
préconiser une uniformité absolue dont l'exécu-
tion pourrait rencontrer parfois des difficultés
d'exécution, j'estime que toutes les prisons de-
vraient se rapprocher du type suivant qui n'est
que la description de celles qui m'ont paru les
mieux appropriées et parmi lesquelles je citerai
celle d'Allada au Dahomey.
Un mur d'enceinte assez élevé pour empêcher
les évasions. Une vaste cour permettant aux déte-
nus d'y manger et de prendre l'air pendant les
heures ou les jours de repos. Des bâtiments dis-
posés en fer à cheval faisant face à l'entrée. Le
nombre et la dimension des bâtiments seraient
proportionnés aux besoins du poste ; les pièces
devraient avoir une hauteur suffisante pour que
des ouvertures d'aération sur tous les murs fussent
pratiquées hors de portée des détenus ; le sol
devrait, autant que possible, être cimenté afin
d'être lavé à grande eau tous les jours.
Il serait préférable de séparer les détenus con-
damnés à des peines disciplinaires de ceux con-
damnés à de longues peines ; il importerait de
réserver un local spécial pour les femmes, un
pour les malades, quelques'cellules pour les pri-
sonniers dangereux; à droite et à gauche de la
porte d'entrée devraient se trouver le corps de
garde, la cuisine, un hangar pour les ablutions
et le lavage des effets.
J'ai partout vérifié dans quelles conditions était
assurée l'alimentation des prisonniers. Dans beau-
coup d'endroits, c'est à l'entreprise; dans d'autres,
la cuisine est faite à l'intérieur par un détenu ou
une détenue sous la surveillance du régisseur de
l'établissement ; dans d'autres encore, la subsis-
tance est distribuée en espèces; des femmes sont
autorisées à l'heure des repas à s'approcher de la
prison et à vendre, sous la surveillance des gardes,
des aliments aux prisonniers qui se nourrissent
à leur guise. Ce dernier système est pratiqué, à
la satisfaction des intéressés, dans les prisons con-
tenant des indigènes de diverses races ayant des
habitudes et des goûts différents ; il ne peut d'ail-
leurs être toléré qu'avec des détenus peu nom-
breux, dociles et faciles à surveiller.
*
* *
Pour conclure cette courte étude sur le fonc-
tionnement de la justice, il faut retenir que,
malgré mes remarques parfois un peu sévères sur
leur valeur et leur rôle, les magistrats indigènes
ne doivent pas moins dans l'ensemble être appré-
ciés en raison de la bonne volonté et du dévoue-
ment qu'ils apportent dans l'accomplissement de
leurs délicates fonctions. Il nous appartient, tout
en respectant leur indépendance, de les guider et
de tirer le meilleur parti possible des excellentes
dispositions de ces juges dont le recrutement ne
peut d'ailleurs aller qu'en s'élevant. Les deux der-
nières années écoulées ont permis de constater
déjà de réels progrès ; ils ne peuvent que s'accen-
tuer et amener ainsi une application de plus en
plus satisfaisante du décret du 16 août 1912.
*
* *
Il me reste, d'autre part, un devoir bien
agréable à remplir : celui de reconnaître le très
aimable accueil que j'ai reçu de MM. les gouver-
neurs qui ont pris toutes les dispositions néces-
saires en vue de mes moyens de transport et
n'ont rien négligé pour faciliter en tout l'accom-
plissement de ma mission. Je n'ai eu qu'à me
louer de mes relations avec les autorités civiles
et militaires, ainsi d'ailleurs qu'avec les chefs in-
digènes qui se sont partout montrés très déférents,
très empressés, particulièrement dans la vallée du
Niger où je les ai si souvent mis à contribution
dans les moments difficiles de mon voyage.
Enfin, je dois exprimer toute ma gratitude aux
administrateurs en particulier pour la parfaite
courtoisie avec laquelle ils ont partout reçu leur
ancien collègue qui fut heureux de partager avec
eux la vie si intéressante de la brousse africaine
et conservera de ces heures de collaboration si
cordiale un souvenir ineffaçable.
E. BEURDELEY,
Chef de bureau au ministère des Colonies,
Chargé de mission en Afrique Occidentale Française.
iif inininiinirimiiii'iimniniMnaminiiaJinDMiinminaiMHiMHHiiwigirainiiatwfiiiiMMuniiii
LA SITUATION
DE
L'AFRIQUE ÉQUATORIALE FRANÇAISE
A la session ordinaire du Conseil de gouver-
nement de l'Afrique Equatoriale Française,
M. Merlin, gouverneur général, a prononcé le
discours suivant :
Messieurs,
De même que l'an dernier, et pour les mêmes motifs, le
Conseil de gouvernement ne peut, cette année encore, se
réunir, et la Commission permanente a été dûment quali-
fiée par un nouveau décret, en date du 25 septembre 1915,
pour délibérer des budgets de l'Afrique Equatoriale Fran-
çaise.
* *
La formidable guerre, déchaînée par les convoitises de
l'Allemagne, dépasse, en durée, tout ce qu'avaient, na-
guère, conçu les meilleurs esprits, tout ce que pouvait
justement prévoir la raison, au début des hostilités. Alors
que les personnalités les plus autorisées estimaient qu'à
l'époque actuelle, une campagne militaire se terminerait
inéluctablement en quelques semaines, en raison même de
l'effort en hommes, en argent, qu'elle réclamerait des n*-
[texte_manquant]
satisfaisants ; en ce cas, comme dans bien d'autres
aux colonies, il est permis de dire qu'on a tout
fait avec rien. Il convient cependant de faire
exception pour la prison de Conakry qui peut
être donnée pour modèle ainsi que le pénitencier
de Fotoba aux îles de Los (Guinée).
L'ensemble des observations que j'ai recueillies
me permet de conclure à la nécessité d'abandon-
ner complètement le modèle de prison consistant
en une simple case isolée sans aucun mur
d'enceinte et sans tenir compte des précautions
d'hygiène les plus élémentaires. Sans vouloir
préconiser une uniformité absolue dont l'exécu-
tion pourrait rencontrer parfois des difficultés
d'exécution, j'estime que toutes les prisons de-
vraient se rapprocher du type suivant qui n'est
que la description de celles qui m'ont paru les
mieux appropriées et parmi lesquelles je citerai
celle d'Allada au Dahomey.
Un mur d'enceinte assez élevé pour empêcher
les évasions. Une vaste cour permettant aux déte-
nus d'y manger et de prendre l'air pendant les
heures ou les jours de repos. Des bâtiments dis-
posés en fer à cheval faisant face à l'entrée. Le
nombre et la dimension des bâtiments seraient
proportionnés aux besoins du poste ; les pièces
devraient avoir une hauteur suffisante pour que
des ouvertures d'aération sur tous les murs fussent
pratiquées hors de portée des détenus ; le sol
devrait, autant que possible, être cimenté afin
d'être lavé à grande eau tous les jours.
Il serait préférable de séparer les détenus con-
damnés à des peines disciplinaires de ceux con-
damnés à de longues peines ; il importerait de
réserver un local spécial pour les femmes, un
pour les malades, quelques'cellules pour les pri-
sonniers dangereux; à droite et à gauche de la
porte d'entrée devraient se trouver le corps de
garde, la cuisine, un hangar pour les ablutions
et le lavage des effets.
J'ai partout vérifié dans quelles conditions était
assurée l'alimentation des prisonniers. Dans beau-
coup d'endroits, c'est à l'entreprise; dans d'autres,
la cuisine est faite à l'intérieur par un détenu ou
une détenue sous la surveillance du régisseur de
l'établissement ; dans d'autres encore, la subsis-
tance est distribuée en espèces; des femmes sont
autorisées à l'heure des repas à s'approcher de la
prison et à vendre, sous la surveillance des gardes,
des aliments aux prisonniers qui se nourrissent
à leur guise. Ce dernier système est pratiqué, à
la satisfaction des intéressés, dans les prisons con-
tenant des indigènes de diverses races ayant des
habitudes et des goûts différents ; il ne peut d'ail-
leurs être toléré qu'avec des détenus peu nom-
breux, dociles et faciles à surveiller.
*
* *
Pour conclure cette courte étude sur le fonc-
tionnement de la justice, il faut retenir que,
malgré mes remarques parfois un peu sévères sur
leur valeur et leur rôle, les magistrats indigènes
ne doivent pas moins dans l'ensemble être appré-
ciés en raison de la bonne volonté et du dévoue-
ment qu'ils apportent dans l'accomplissement de
leurs délicates fonctions. Il nous appartient, tout
en respectant leur indépendance, de les guider et
de tirer le meilleur parti possible des excellentes
dispositions de ces juges dont le recrutement ne
peut d'ailleurs aller qu'en s'élevant. Les deux der-
nières années écoulées ont permis de constater
déjà de réels progrès ; ils ne peuvent que s'accen-
tuer et amener ainsi une application de plus en
plus satisfaisante du décret du 16 août 1912.
*
* *
Il me reste, d'autre part, un devoir bien
agréable à remplir : celui de reconnaître le très
aimable accueil que j'ai reçu de MM. les gouver-
neurs qui ont pris toutes les dispositions néces-
saires en vue de mes moyens de transport et
n'ont rien négligé pour faciliter en tout l'accom-
plissement de ma mission. Je n'ai eu qu'à me
louer de mes relations avec les autorités civiles
et militaires, ainsi d'ailleurs qu'avec les chefs in-
digènes qui se sont partout montrés très déférents,
très empressés, particulièrement dans la vallée du
Niger où je les ai si souvent mis à contribution
dans les moments difficiles de mon voyage.
Enfin, je dois exprimer toute ma gratitude aux
administrateurs en particulier pour la parfaite
courtoisie avec laquelle ils ont partout reçu leur
ancien collègue qui fut heureux de partager avec
eux la vie si intéressante de la brousse africaine
et conservera de ces heures de collaboration si
cordiale un souvenir ineffaçable.
E. BEURDELEY,
Chef de bureau au ministère des Colonies,
Chargé de mission en Afrique Occidentale Française.
iif inininiinirimiiii'iimniniMnaminiiaJinDMiinminaiMHiMHHiiwigirainiiatwfiiiiMMuniiii
LA SITUATION
DE
L'AFRIQUE ÉQUATORIALE FRANÇAISE
A la session ordinaire du Conseil de gouver-
nement de l'Afrique Equatoriale Française,
M. Merlin, gouverneur général, a prononcé le
discours suivant :
Messieurs,
De même que l'an dernier, et pour les mêmes motifs, le
Conseil de gouvernement ne peut, cette année encore, se
réunir, et la Commission permanente a été dûment quali-
fiée par un nouveau décret, en date du 25 septembre 1915,
pour délibérer des budgets de l'Afrique Equatoriale Fran-
çaise.
* *
La formidable guerre, déchaînée par les convoitises de
l'Allemagne, dépasse, en durée, tout ce qu'avaient, na-
guère, conçu les meilleurs esprits, tout ce que pouvait
justement prévoir la raison, au début des hostilités. Alors
que les personnalités les plus autorisées estimaient qu'à
l'époque actuelle, une campagne militaire se terminerait
inéluctablement en quelques semaines, en raison même de
l'effort en hommes, en argent, qu'elle réclamerait des n*-
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