Titre : L'Afrique française : bulletin mensuel du Comité de l'Afrique française et du Comité du Maroc
Auteur : Comité de l'Afrique française. Auteur du texte
Auteur : Comité du Maroc (Paris). Auteur du texte
Éditeur : Comité de l'Afrique française (Paris)
Date d'édition : 1917-01-01
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32683501s
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 01 janvier 1917 01 janvier 1917
Description : 1917/01/01 (N1,A27)-1917/12/31 (N12,A27). 1917/01/01 (N1,A27)-1917/12/31 (N12,A27).
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k97885087
Source : CIRAD, 2017-132476
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 17/07/2017
DE L'AFRIQUE FRANÇAISE 7i
comme dans l'ordre des travaux publics, un gé-,
néreux et puissant effort a été accompli.
En Ce qui concerne l'enseignement primaire,
les sacrifices de la métropole, jusqu'en 1900,
avaient été singulièrement mesurés. Dès qu'ap-
parurent les premières disponibilités du budget
spécial — admirez ce geste — les assemblées
algériennes s'empressèrent de les consacrer à
l'exécution d'un premier groupe d'écoles pri-
maires et primaires supérieures figurant dans un
vaste programme approuvé par elles.
En outre, des sacrifices très importants ont été
consentis pour la création d'un magnifique Ins-
titut Pasteur, et pour la transformation en uni-
versité des écoles supérieures. L'université nou-
velle, désormais plus riche de laboratoires, plus
vivante, mieux adaptée, est devenue l'auxiliaire
plus intelligente et plus active de la colonisation
et de la politique française dans l'Afrique du
Nord.
Je regrette de tie pouvoir m'étendre sur cette
œuvre connue en vertu d'un plan méthodique,
longuement mûri, et qui répondait aux préoccu-
pations nationales les plus élevées.
Pour couronner l'édifice, je fis l'acquisition
d'un bijou de l'art mauresque. Je veux parler
d'une charmante villa, la villa Abd-el-Tif, blottie
dans la verdure sur les riants coteaux de Mus-
tapha, d'où le regard embrasse, au delà de la
luxuriante végétation du Jardin d'essài, l'im-
mense baie d'Alger et la gigantesque mitraille
des montagnes kabyles. La villa Abd-el-Tif est
devenue une petite villa Médicis. Chaque année,
un jury, constitué par la Société des peintres
orientalistes, organise à Paris un concours dont
les lauréats, peintres, sculpteurs ou graveurs sont
confiés à l'administration algérienne. Celle-ci les
héberge à la villa Abd-el-Tif, et leur accorde une
pension deux années durant, en ayant soin de
leur laisser une entièrè liberté de travail et de
mouvement.
Déjà, quelques pensionnaires de l'Algérie ont
illustré l'institution. (Vifs applaudisseittents.)
Voulez-vous que je vous dise? La villa Abd-
el-Tif, c'est peu de chose, mais, à mes yeùx, c'est
un symbole..
Il faut multiplier, au delà des mers, les sanc-
tuaires de la culture française.
L'Algérie est une seconde France ; elle est
adulte ; elle ne veut pas être seulement un pays
de marchands uniquement préoccupés des cours
des vins, des mout<11iS et des céréales, férus d'é-
ducation utilitaire, Elle estla France et doit être,
par conséquent, en même temps qu'un pays de
labeur, glorieux de sa puissance matérielle, le
prolongement et l'im'age de la douce patrie, qui
est demeurée la reine du goût, des lettres et des
arts, immortalisée par la grâce et l'urbanité de
son esprit, l'éclat et la noblesse de son idéal.
Aussi, les grands débats sur la prévoyance,
l'assistance et l'hygiène, sur les améliorations
sociales, qui sont le tourment, mais aussi l'hon-
neur de ce siècle, ne devaient pas nous laisser
indifférents en Algérie. A ce point de vue, les
mesures qui ont été prises par l'administration
algérienne, dans la limite des possibilités budgé-
taires, sont intéressantes, encore qu'elles ne soient
que l'ébauche de I'oeuvre doht la bonté française
étend et consolide les assises partout où flottent
nos trois couleurs.
J'ajoute que les grandes lignes de notre poli-
tique indigène se sont nettement accusées. Il ne
saurait y avoir dans l'Afrique du Nord, comme
dans nos autres colonies, de colonisation durable
et féconde sans une bonne politique indigène.
Notre devoir est ici pleinement d'accord avec
notre intérêt. Je terminais comme suit, au mois
de décembre 1912, une conférence à l'Ecole des
Sciences politiques : « La sécurité de notre empire
dépend des directions données à la politique mu-
sulmane/Défiante et maladroite, cette politique
nous exposerait à de périlleuses complications,
le jour où nous aurions besoin pour une lutte
suprême de toutes nos ressources et de toutes
nos forces. Ferme, bienveillante et juste, elle
nous prépare de magnifiques réserves d'hommes ;
elle participe à l'accroissement de notre puissance
militaire en même temps qu'au rayonnement de
notre civilisation, c'est-à-dire au prestige et à la
grandeur de la France. » [Vifs applaudissements.)
J'e- ne croyais pas que les événements se char-
geraient si tôt de donner à ces paroles tout leur
relief.
Par leur fidélité et leur dévouement, les mu-
sulmans d'Algérie ont montré qu'ils appréciaient
l'action bienfaisante de la France dans sa colonie.
Peu à peu, en effet, les principes directeurs de
la politique indigène se sont éclairés et précisés.
Personne ne soutient plus qu'il existe un fossé
infranchissable entre notre civilisation et l'Islam,
mais il fàut se garder de dédaigner les réalités,
de négliger, à l'heure des décisions, l'empreinte
ineffaçable de la loi coranique sur le sol africain.
Renonçons donc aux entreprises d'assimilation,
à l'illusion de voir se créer en Afrique une âme
commune ; persévérons dans notre dessein de
faire vivre et prospérer côte à côte des races di-
verses, par l'association des intérêts et le rappro-
chement des cœurs.
L'association des intérêts, en développant les
rapports individuels, mine les préjugés; procure
l'aisance matérielle et forme des générations
mieux faites pour se comprendre, plus désireuses
de vivre ensemble.
Il n'est pas niable que nos sujets musulmans
doivent à la France une très notable amélioration
de leur sort matériel. On ne connaît plus, en
Algérie, de ces famines périodiques qui, jadis,
décimaient des régions entières. A côté de l'or-
ganisation des silos qui subsiste, les progrès de
la mutualité indigène apportent un secours effi-
cace aux populations victimes des mauvaises
récoltes. Dans les communes mixtes, les sociétés
de prévoyance disposent aujourd'hui d'un capital
de plus de vingt-cinq millions. Au surplus, la
propagation des meilleures méthodes de culture et
comme dans l'ordre des travaux publics, un gé-,
néreux et puissant effort a été accompli.
En Ce qui concerne l'enseignement primaire,
les sacrifices de la métropole, jusqu'en 1900,
avaient été singulièrement mesurés. Dès qu'ap-
parurent les premières disponibilités du budget
spécial — admirez ce geste — les assemblées
algériennes s'empressèrent de les consacrer à
l'exécution d'un premier groupe d'écoles pri-
maires et primaires supérieures figurant dans un
vaste programme approuvé par elles.
En outre, des sacrifices très importants ont été
consentis pour la création d'un magnifique Ins-
titut Pasteur, et pour la transformation en uni-
versité des écoles supérieures. L'université nou-
velle, désormais plus riche de laboratoires, plus
vivante, mieux adaptée, est devenue l'auxiliaire
plus intelligente et plus active de la colonisation
et de la politique française dans l'Afrique du
Nord.
Je regrette de tie pouvoir m'étendre sur cette
œuvre connue en vertu d'un plan méthodique,
longuement mûri, et qui répondait aux préoccu-
pations nationales les plus élevées.
Pour couronner l'édifice, je fis l'acquisition
d'un bijou de l'art mauresque. Je veux parler
d'une charmante villa, la villa Abd-el-Tif, blottie
dans la verdure sur les riants coteaux de Mus-
tapha, d'où le regard embrasse, au delà de la
luxuriante végétation du Jardin d'essài, l'im-
mense baie d'Alger et la gigantesque mitraille
des montagnes kabyles. La villa Abd-el-Tif est
devenue une petite villa Médicis. Chaque année,
un jury, constitué par la Société des peintres
orientalistes, organise à Paris un concours dont
les lauréats, peintres, sculpteurs ou graveurs sont
confiés à l'administration algérienne. Celle-ci les
héberge à la villa Abd-el-Tif, et leur accorde une
pension deux années durant, en ayant soin de
leur laisser une entièrè liberté de travail et de
mouvement.
Déjà, quelques pensionnaires de l'Algérie ont
illustré l'institution. (Vifs applaudisseittents.)
Voulez-vous que je vous dise? La villa Abd-
el-Tif, c'est peu de chose, mais, à mes yeùx, c'est
un symbole..
Il faut multiplier, au delà des mers, les sanc-
tuaires de la culture française.
L'Algérie est une seconde France ; elle est
adulte ; elle ne veut pas être seulement un pays
de marchands uniquement préoccupés des cours
des vins, des mout<11iS et des céréales, férus d'é-
ducation utilitaire, Elle estla France et doit être,
par conséquent, en même temps qu'un pays de
labeur, glorieux de sa puissance matérielle, le
prolongement et l'im'age de la douce patrie, qui
est demeurée la reine du goût, des lettres et des
arts, immortalisée par la grâce et l'urbanité de
son esprit, l'éclat et la noblesse de son idéal.
Aussi, les grands débats sur la prévoyance,
l'assistance et l'hygiène, sur les améliorations
sociales, qui sont le tourment, mais aussi l'hon-
neur de ce siècle, ne devaient pas nous laisser
indifférents en Algérie. A ce point de vue, les
mesures qui ont été prises par l'administration
algérienne, dans la limite des possibilités budgé-
taires, sont intéressantes, encore qu'elles ne soient
que l'ébauche de I'oeuvre doht la bonté française
étend et consolide les assises partout où flottent
nos trois couleurs.
J'ajoute que les grandes lignes de notre poli-
tique indigène se sont nettement accusées. Il ne
saurait y avoir dans l'Afrique du Nord, comme
dans nos autres colonies, de colonisation durable
et féconde sans une bonne politique indigène.
Notre devoir est ici pleinement d'accord avec
notre intérêt. Je terminais comme suit, au mois
de décembre 1912, une conférence à l'Ecole des
Sciences politiques : « La sécurité de notre empire
dépend des directions données à la politique mu-
sulmane/Défiante et maladroite, cette politique
nous exposerait à de périlleuses complications,
le jour où nous aurions besoin pour une lutte
suprême de toutes nos ressources et de toutes
nos forces. Ferme, bienveillante et juste, elle
nous prépare de magnifiques réserves d'hommes ;
elle participe à l'accroissement de notre puissance
militaire en même temps qu'au rayonnement de
notre civilisation, c'est-à-dire au prestige et à la
grandeur de la France. » [Vifs applaudissements.)
J'e- ne croyais pas que les événements se char-
geraient si tôt de donner à ces paroles tout leur
relief.
Par leur fidélité et leur dévouement, les mu-
sulmans d'Algérie ont montré qu'ils appréciaient
l'action bienfaisante de la France dans sa colonie.
Peu à peu, en effet, les principes directeurs de
la politique indigène se sont éclairés et précisés.
Personne ne soutient plus qu'il existe un fossé
infranchissable entre notre civilisation et l'Islam,
mais il fàut se garder de dédaigner les réalités,
de négliger, à l'heure des décisions, l'empreinte
ineffaçable de la loi coranique sur le sol africain.
Renonçons donc aux entreprises d'assimilation,
à l'illusion de voir se créer en Afrique une âme
commune ; persévérons dans notre dessein de
faire vivre et prospérer côte à côte des races di-
verses, par l'association des intérêts et le rappro-
chement des cœurs.
L'association des intérêts, en développant les
rapports individuels, mine les préjugés; procure
l'aisance matérielle et forme des générations
mieux faites pour se comprendre, plus désireuses
de vivre ensemble.
Il n'est pas niable que nos sujets musulmans
doivent à la France une très notable amélioration
de leur sort matériel. On ne connaît plus, en
Algérie, de ces famines périodiques qui, jadis,
décimaient des régions entières. A côté de l'or-
ganisation des silos qui subsiste, les progrès de
la mutualité indigène apportent un secours effi-
cace aux populations victimes des mauvaises
récoltes. Dans les communes mixtes, les sociétés
de prévoyance disposent aujourd'hui d'un capital
de plus de vingt-cinq millions. Au surplus, la
propagation des meilleures méthodes de culture et
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