Titre : Les Annales coloniales : revue mensuelle illustrée / directeur-fondateur Marcel Ruedel
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1929-10-01
Contributeur : Ruedel, Marcel. Directeur de publication
Contributeur : Monmarson, Raoul (1895-1976). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb326934111
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 01 octobre 1929 01 octobre 1929
Description : 1929/10/01-1929/10/31. 1929/10/01-1929/10/31.
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Description : Collection numérique : Protectorats et mandat... Collection numérique : Protectorats et mandat français
Description : Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique... Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique Numérique
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k9743129c
Source : CIRAD, 2016-191112
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 12/09/2016
Page 6
4
Les Annales Coloniales
forme d'une subvention annuelle de 15 mil-
lions ;
3° Enfin, dans les régions entièrement
pacifiées et livrées à la colonisation, le
réseau ainsi créé est complété d'après les
besoins généraux et les nécessités du déve-
loppement économique local ; cette dernière
partie du programme de constructions
incombe entièrement au Protectorat.
En ce qui concerne les routes et chemins
militaires, le souci constant du commande-
ment est de pousser la route au plus près
des troupes au contact : il est ainsi possible
de leur faire parvenir facilement tout ce
dont elles ont besoin pour vivre, et d'assu-
rer, le cas échéant, l'envoi des renforts en
personnel et en matériel qui peuvent être
nécessaires.
La route permet en même temps d'assurer
un développement aussi rapide que possible
des régions nouvellement soumises, 011 les
indigènes sont amenés ainsi à apprécier
promptement les bienfaits de la civilisa-
tion ; c'est certainement là une des causes
du loyalisme tant de fois constaté chez les
nouveaux soumis. Enfin, cette amélioration
des conditions économiques, sanitaires, etc.,
chez les tribus ralliées, constitue la meil-
leure propagande possible vis-à-vis des in-
soumis : les relations étant rarement com-
plètement rompues de part et d'autre de
la limite de dissidence, les insoumis pren-
nent, en effet, peu à peu conscience du
fait qu'il existe de notre côté, non seule-
ment une force contre laquelle ils ne peu-
vent rien, mai" encore des conditions de
vie et de bien-être dont ils sont privés ; c'est
ainsi que, au cours de l'année IC)29, nous
avons pu réaliser une progression considé-
rable sur la rive droite du Ziz, sans combat,
à la demande des habitants. La route ré-
pond donc, non seulement à des nécessités
militaires, mais encore aux besoins écono-
miques du pays, dont elle facilite en outre
la pacification en faisant sentir l'influencç
de la civilisation de plus en plus profon-
dément en territoire dissident.
Compte tenu de ce qui précède, l'effort de
l'armée, en ce qui concerne les voies de
communication, a principalement porté, au
cours de ces dernières années, sur les points
suivants :
io Organisation de la région frontière d1f
Nord. — Cette organisation comporte la
construction de voies pénétrantes, reliant
les postes de la région frontière à la vallée
de l'Ouergha, et de deux grandes routes
de rocade : la première suivant le cours de
cette vallée, la seconde réunissant entre
elles les principales places de l'avant :
Ouezzan, Bou-Nizer, Ghafsaï, Sker, Boured,
Aknou1. La route empruntant la vallée de
l'Ouereha a été roussée activement, malgré
un terrain difficile nécessitant la construc-
tion de nombreux ouvrages d'art (4 ponts et
80 ponceaux construits en 1028V. cette route
sera complètement terminée l'année pro-
chaine. Les autres routes et pistes camion-
nables prévues existent déià pour la plupart
sous forme de pistes, mais le programme
total de constructions oui les concerne ne
sera pas entièrement réalisé avant plusieurs
années; dans l'ensemble, les travaux effec-
tués à cet égard sont déià considérables, et
comportent notamment, pour la seule année
io?8. t6 kilomètres de route cylindrée, de
nombreuses pistes, et près de 150 ouvrages
d'art.
2° Organisation de l'ancienne « Tâche de
Tasa n. — Cette réeion doit être sillonnée
en tout sens de routes oui, outre leur inté-
rêt militaire ou économique, présenteraient
pour la plupart un attrait touristique consi-
dérable. Il s'agit là d'un programme de
longue haleine, à la réalisation duquel
l'armée contribue pour une part chaque
année : en Tcpg, elle a construit dans cette
région 27 kilomètres de pistes camionnables,
avec de nombreux radiers submersibles.
30 Création d'une voie de communication
directe avec le Ziz et le Tatilalet. — Un
effort énorme a été fourni à cet égard par
l'armée, surtout au cours des années 1928
et 1929. Jusque-là il n'était possible de
communiquer directement avec la région du
Ziz, en partant de Missour qui fut pendant
longtemps le terminus de la voie ferrée de
o m. 60, que par des pistes plus ou moins
défectueuses ; le ravitaillement se faisait
presque exclusivement par l'Algérie, en
utilisant la voie ferrée d'Oran à Colomb-
Béchar, puis la piste conduisant à Bou-
Denib et de là vers le Ziz. La vallée de
cet Oued, très encaissée, n'était suivie qu'en
partie par une piste auto-cyclable : pour
aller de Rich à Ksar-es-Souq, distants d'en-
viron 3° kilomètres à vol d'oiseau, il fallait
faire un détour de ]60 kilomètres par Gour-
rama, Tazouguert et Bou Bernous. Dans
ces conditions, tout progrès de la pacifica-
tion, tout développement économique étaient
à peu près impossibles dans la région du
Ziz ; en outre, il était très difficile d'y
parer en temps voulu à un incident de quel-
que gravité.
Depuis 1927, la voie ferrée de o m. 60 a
été poussée activement en direction de
Midelt : elle atteignait Ksabi en novembre
1928, et Boua-Sidi, tête d'étapes de la route
Une benne type « Travaux Publics »
à manœuvre à main,
sur chassis Delahaye, type 83,
charge utile : 2.500 kilos.
du Ziz, en février 1929; elle arrivera à
Midelt avant la fin de cette année. La
direction des travaux incombait à l'armée
(bataillon de sapeurs de'chemin de fer du
Maroc), l'exploitation étant, par contre,
confiée à l'administration civile (régie de la
voie de o m. 60) ; les frais ont été supportés
partie par l'armée et partie par le Pro-
tectorat.
En même temps que la voie ferrée, on
construisait une route directe partant de
Boua-Sidi, franchissant l'Atlas au col du
Telghemt, atteignant Kerrando sur le Ziz, et
suivant ensuite la vallée de cet Oued en
gagnant directement Ksar-es-Souq puis Er-
foud. La traversée de nombreux cours d'eau
et de barrages rocheux, ou au contraire de
« terres blanches » et d'étendues sablon-
neuses sans consistance, avaient suscité de
nombreuses et énormes difficultés, qui par-
fois semblaient insurmontables.
L'oeuvre de géants des Légionnaires
Aujourd'hui, néanmoins, après deux ans
de travaux persévérants et acharnés, cette
route, d'une longueur totale de 215 kilo-
mètres et qui aura coûté une somme totale
de 17 millions, est à peu près terminée.
Les travaux effectués sur cette route en 1928
ont porté sur une longueur de 80 kilomètres
et nécessité la construction : de trois ponts
métalliques, doit un de 60 mètres sur
l'Oued N'Zala, un de 25 mètres à Tame-
rakech, et un de 75 mètres sur le Ziz, à
15 kilomètres nord d'Erfoud ; de 25 pon-
ceaux et dalots, 14 ponts voûtés ou ponts
de poutrelles inrobées, et 7 radiers submer-
sibles de 20 à 90 mètres ; de nombreux dé-
blais et remblais ; enfin et surtout un tunnel
de 62 mètres a dû être percé dans le roc
pour franchir les gorges du Foum Zabel, à
12 kilomètres sud de Kerrando ; quand on
contemple ce travail formidable, effectué
entièrement au pic et à la barre à mine par
une compagnie de pionniers de la Légion
et un détachement de sapeurs mineurs, on
ne peut que saluer avec admiration et res-
pect l'effort gigantesque rappelé par les
paroles d'une grandiose simplicité gravées
sur le roc à l'entrée du tunnel : « La mon-
tagne nous barrait la route. L'ordre fut
donné de passer quand même. La Légion
l'exécuta. »
Grâce à cette route, la vie économique de
la vallée du Ziz se développe rapidement,
et la région de la Haute-Moulouya progresse
également depuis qu'elle ne constitue plus
un cul-de-sac mais une zone de transit dont
l'importance ne fera que croître. Le déve-
loppement économique a, en outre, facilité
l'action politique, à la suite de laquelle il
a été possible d'occuper successivement, à
la demande même des populations récem-
ment ralliées depuis le début de l'année 1929,
Tarda, Guefifat, et enfin El Bordj et Aït
Yacoub; enfin, lors de la vive réaction du
mois de juin dernier contre Ait Yacoub,
c'est encore grâce à la route du Ziz qu'il
fut possible, malgré la soudaineté des évé-
nements, d'amener à pied d'œuvre, en temps
utile, les renforts qui permirent de rétablir
rapidement la situation et les approvision-
nements de toutes sortes qui leur étaient
nécessaires.
En outre, au fur et à mesure des diffé-
rentes phases de la progression, de nom-
breuses pistes camionnables ou auto-cycla-
bles, prenant naissance sur la route du Ziz,
ont été construites au cours de l'année 1929
pour desservir les régions récemment soumi-
ses ; à cet égard il y a lieu de mentionner
notamment, par ordre chronologique, les
pistes Ksar-es-Souq-Tarda, Erfoud-Guefi-
fat, Rich-Mzizel-El Bordj, Rich-Zaouia de
Sidi-lIamza-Aït-Yacoub (en cours), N'Zala-
Zaouia Sidi Hamza (terminée il y a quel.
ques jours). Ainsi s'organise là aussi un ré-
seau complet de voies de communication,
particulièrement nécessaires dans cette ré-
gion si excentrique.
4° Organisation des communications dans
le sud de la région de Marrakech. — Cette
vaste région, que nous tenons seulement
avec de faibles effectifs grâce au concours des
tribus amies, a nécessité la construction de
voies de pénétration importantes destinées à
manifester, à défaut de forces militaires, no-
tre puissance d'expansion et notre action ci-
vilisatrice aux yeux des indigènes ralliés.
L'armée a donc participé, dans des mesures
variables, à la construction, actuellement en
cours, des grandes routes qui rayonnent au-
tour de Marrakech: vers l'est (sur Tanant-
Azilal), le sud-est (vers Telouet-Ouarzazat)
et le sud-ouest (sur Asni-Taroudant) ; elle a
ainsi contribué notamment à relier à Marra-
kech la région excentrique du Sous, et à
pousser des antennes de la vallée du Sous
vers le sud (Taroudant-Igherm, Agadir-
Tiznit). La plupart de ces travaux, amorcés
par l'armée sous forme de pistes auto-cycla-
bles ont été progressivement repris, amélio-
rés et complétés par le Protectorat, en vue
de l'organisation d'un réseau routier adapté
aux besoins de la région.
Dans ces quatre régions les troupes du
Maroc ont fourni un effort considérable en
vue de la pénétration pacifique et de la mise
en valeur du pays. Pour la seule année 1928,
cet effort s'est traduit par la construction,
dans l'ensemble du Maroc, de :
62 kilomètres de route empierrée,
62 kilomètres de route non empierrée,
50 kilomètres de pistes camionnables,
De nombreux ouvrages d'art, dont 12
ponts et un tunnel de 62 mètres de long.
Sans parler de nombreuses pistes auto-cy-
clables, carrossables ou muletières de la
zone de l'avant.
Par cet effort persévérant et puissant et
les importants résultats obtenus, les troupes
du Maroc ont ainsi permis de faire un nou-
veau pas dans la voie de la pacification et
de l'organisation définitive du Maroc.
4
Les Annales Coloniales
forme d'une subvention annuelle de 15 mil-
lions ;
3° Enfin, dans les régions entièrement
pacifiées et livrées à la colonisation, le
réseau ainsi créé est complété d'après les
besoins généraux et les nécessités du déve-
loppement économique local ; cette dernière
partie du programme de constructions
incombe entièrement au Protectorat.
En ce qui concerne les routes et chemins
militaires, le souci constant du commande-
ment est de pousser la route au plus près
des troupes au contact : il est ainsi possible
de leur faire parvenir facilement tout ce
dont elles ont besoin pour vivre, et d'assu-
rer, le cas échéant, l'envoi des renforts en
personnel et en matériel qui peuvent être
nécessaires.
La route permet en même temps d'assurer
un développement aussi rapide que possible
des régions nouvellement soumises, 011 les
indigènes sont amenés ainsi à apprécier
promptement les bienfaits de la civilisa-
tion ; c'est certainement là une des causes
du loyalisme tant de fois constaté chez les
nouveaux soumis. Enfin, cette amélioration
des conditions économiques, sanitaires, etc.,
chez les tribus ralliées, constitue la meil-
leure propagande possible vis-à-vis des in-
soumis : les relations étant rarement com-
plètement rompues de part et d'autre de
la limite de dissidence, les insoumis pren-
nent, en effet, peu à peu conscience du
fait qu'il existe de notre côté, non seule-
ment une force contre laquelle ils ne peu-
vent rien, mai" encore des conditions de
vie et de bien-être dont ils sont privés ; c'est
ainsi que, au cours de l'année IC)29, nous
avons pu réaliser une progression considé-
rable sur la rive droite du Ziz, sans combat,
à la demande des habitants. La route ré-
pond donc, non seulement à des nécessités
militaires, mais encore aux besoins écono-
miques du pays, dont elle facilite en outre
la pacification en faisant sentir l'influencç
de la civilisation de plus en plus profon-
dément en territoire dissident.
Compte tenu de ce qui précède, l'effort de
l'armée, en ce qui concerne les voies de
communication, a principalement porté, au
cours de ces dernières années, sur les points
suivants :
io Organisation de la région frontière d1f
Nord. — Cette organisation comporte la
construction de voies pénétrantes, reliant
les postes de la région frontière à la vallée
de l'Ouergha, et de deux grandes routes
de rocade : la première suivant le cours de
cette vallée, la seconde réunissant entre
elles les principales places de l'avant :
Ouezzan, Bou-Nizer, Ghafsaï, Sker, Boured,
Aknou1. La route empruntant la vallée de
l'Ouereha a été roussée activement, malgré
un terrain difficile nécessitant la construc-
tion de nombreux ouvrages d'art (4 ponts et
80 ponceaux construits en 1028V. cette route
sera complètement terminée l'année pro-
chaine. Les autres routes et pistes camion-
nables prévues existent déià pour la plupart
sous forme de pistes, mais le programme
total de constructions oui les concerne ne
sera pas entièrement réalisé avant plusieurs
années; dans l'ensemble, les travaux effec-
tués à cet égard sont déià considérables, et
comportent notamment, pour la seule année
io?8. t6 kilomètres de route cylindrée, de
nombreuses pistes, et près de 150 ouvrages
d'art.
2° Organisation de l'ancienne « Tâche de
Tasa n. — Cette réeion doit être sillonnée
en tout sens de routes oui, outre leur inté-
rêt militaire ou économique, présenteraient
pour la plupart un attrait touristique consi-
dérable. Il s'agit là d'un programme de
longue haleine, à la réalisation duquel
l'armée contribue pour une part chaque
année : en Tcpg, elle a construit dans cette
région 27 kilomètres de pistes camionnables,
avec de nombreux radiers submersibles.
30 Création d'une voie de communication
directe avec le Ziz et le Tatilalet. — Un
effort énorme a été fourni à cet égard par
l'armée, surtout au cours des années 1928
et 1929. Jusque-là il n'était possible de
communiquer directement avec la région du
Ziz, en partant de Missour qui fut pendant
longtemps le terminus de la voie ferrée de
o m. 60, que par des pistes plus ou moins
défectueuses ; le ravitaillement se faisait
presque exclusivement par l'Algérie, en
utilisant la voie ferrée d'Oran à Colomb-
Béchar, puis la piste conduisant à Bou-
Denib et de là vers le Ziz. La vallée de
cet Oued, très encaissée, n'était suivie qu'en
partie par une piste auto-cyclable : pour
aller de Rich à Ksar-es-Souq, distants d'en-
viron 3° kilomètres à vol d'oiseau, il fallait
faire un détour de ]60 kilomètres par Gour-
rama, Tazouguert et Bou Bernous. Dans
ces conditions, tout progrès de la pacifica-
tion, tout développement économique étaient
à peu près impossibles dans la région du
Ziz ; en outre, il était très difficile d'y
parer en temps voulu à un incident de quel-
que gravité.
Depuis 1927, la voie ferrée de o m. 60 a
été poussée activement en direction de
Midelt : elle atteignait Ksabi en novembre
1928, et Boua-Sidi, tête d'étapes de la route
Une benne type « Travaux Publics »
à manœuvre à main,
sur chassis Delahaye, type 83,
charge utile : 2.500 kilos.
du Ziz, en février 1929; elle arrivera à
Midelt avant la fin de cette année. La
direction des travaux incombait à l'armée
(bataillon de sapeurs de'chemin de fer du
Maroc), l'exploitation étant, par contre,
confiée à l'administration civile (régie de la
voie de o m. 60) ; les frais ont été supportés
partie par l'armée et partie par le Pro-
tectorat.
En même temps que la voie ferrée, on
construisait une route directe partant de
Boua-Sidi, franchissant l'Atlas au col du
Telghemt, atteignant Kerrando sur le Ziz, et
suivant ensuite la vallée de cet Oued en
gagnant directement Ksar-es-Souq puis Er-
foud. La traversée de nombreux cours d'eau
et de barrages rocheux, ou au contraire de
« terres blanches » et d'étendues sablon-
neuses sans consistance, avaient suscité de
nombreuses et énormes difficultés, qui par-
fois semblaient insurmontables.
L'oeuvre de géants des Légionnaires
Aujourd'hui, néanmoins, après deux ans
de travaux persévérants et acharnés, cette
route, d'une longueur totale de 215 kilo-
mètres et qui aura coûté une somme totale
de 17 millions, est à peu près terminée.
Les travaux effectués sur cette route en 1928
ont porté sur une longueur de 80 kilomètres
et nécessité la construction : de trois ponts
métalliques, doit un de 60 mètres sur
l'Oued N'Zala, un de 25 mètres à Tame-
rakech, et un de 75 mètres sur le Ziz, à
15 kilomètres nord d'Erfoud ; de 25 pon-
ceaux et dalots, 14 ponts voûtés ou ponts
de poutrelles inrobées, et 7 radiers submer-
sibles de 20 à 90 mètres ; de nombreux dé-
blais et remblais ; enfin et surtout un tunnel
de 62 mètres a dû être percé dans le roc
pour franchir les gorges du Foum Zabel, à
12 kilomètres sud de Kerrando ; quand on
contemple ce travail formidable, effectué
entièrement au pic et à la barre à mine par
une compagnie de pionniers de la Légion
et un détachement de sapeurs mineurs, on
ne peut que saluer avec admiration et res-
pect l'effort gigantesque rappelé par les
paroles d'une grandiose simplicité gravées
sur le roc à l'entrée du tunnel : « La mon-
tagne nous barrait la route. L'ordre fut
donné de passer quand même. La Légion
l'exécuta. »
Grâce à cette route, la vie économique de
la vallée du Ziz se développe rapidement,
et la région de la Haute-Moulouya progresse
également depuis qu'elle ne constitue plus
un cul-de-sac mais une zone de transit dont
l'importance ne fera que croître. Le déve-
loppement économique a, en outre, facilité
l'action politique, à la suite de laquelle il
a été possible d'occuper successivement, à
la demande même des populations récem-
ment ralliées depuis le début de l'année 1929,
Tarda, Guefifat, et enfin El Bordj et Aït
Yacoub; enfin, lors de la vive réaction du
mois de juin dernier contre Ait Yacoub,
c'est encore grâce à la route du Ziz qu'il
fut possible, malgré la soudaineté des évé-
nements, d'amener à pied d'œuvre, en temps
utile, les renforts qui permirent de rétablir
rapidement la situation et les approvision-
nements de toutes sortes qui leur étaient
nécessaires.
En outre, au fur et à mesure des diffé-
rentes phases de la progression, de nom-
breuses pistes camionnables ou auto-cycla-
bles, prenant naissance sur la route du Ziz,
ont été construites au cours de l'année 1929
pour desservir les régions récemment soumi-
ses ; à cet égard il y a lieu de mentionner
notamment, par ordre chronologique, les
pistes Ksar-es-Souq-Tarda, Erfoud-Guefi-
fat, Rich-Mzizel-El Bordj, Rich-Zaouia de
Sidi-lIamza-Aït-Yacoub (en cours), N'Zala-
Zaouia Sidi Hamza (terminée il y a quel.
ques jours). Ainsi s'organise là aussi un ré-
seau complet de voies de communication,
particulièrement nécessaires dans cette ré-
gion si excentrique.
4° Organisation des communications dans
le sud de la région de Marrakech. — Cette
vaste région, que nous tenons seulement
avec de faibles effectifs grâce au concours des
tribus amies, a nécessité la construction de
voies de pénétration importantes destinées à
manifester, à défaut de forces militaires, no-
tre puissance d'expansion et notre action ci-
vilisatrice aux yeux des indigènes ralliés.
L'armée a donc participé, dans des mesures
variables, à la construction, actuellement en
cours, des grandes routes qui rayonnent au-
tour de Marrakech: vers l'est (sur Tanant-
Azilal), le sud-est (vers Telouet-Ouarzazat)
et le sud-ouest (sur Asni-Taroudant) ; elle a
ainsi contribué notamment à relier à Marra-
kech la région excentrique du Sous, et à
pousser des antennes de la vallée du Sous
vers le sud (Taroudant-Igherm, Agadir-
Tiznit). La plupart de ces travaux, amorcés
par l'armée sous forme de pistes auto-cycla-
bles ont été progressivement repris, amélio-
rés et complétés par le Protectorat, en vue
de l'organisation d'un réseau routier adapté
aux besoins de la région.
Dans ces quatre régions les troupes du
Maroc ont fourni un effort considérable en
vue de la pénétration pacifique et de la mise
en valeur du pays. Pour la seule année 1928,
cet effort s'est traduit par la construction,
dans l'ensemble du Maroc, de :
62 kilomètres de route empierrée,
62 kilomètres de route non empierrée,
50 kilomètres de pistes camionnables,
De nombreux ouvrages d'art, dont 12
ponts et un tunnel de 62 mètres de long.
Sans parler de nombreuses pistes auto-cy-
clables, carrossables ou muletières de la
zone de l'avant.
Par cet effort persévérant et puissant et
les importants résultats obtenus, les troupes
du Maroc ont ainsi permis de faire un nou-
veau pas dans la voie de la pacification et
de l'organisation définitive du Maroc.
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