Titre : Revue des cultures coloniales
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1903-08-05
Contributeur : Milhe-Poutingon, Albert. Éditeur scientifique
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32858342r
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 5134 Nombre total de vues : 5134
Description : 05 août 1903 05 août 1903
Description : 1903/08/05 (A7,N130,T13). 1903/08/05 (A7,N130,T13).
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6583382f
Source : CIRAD, 2012-231823
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 21/03/2014
82 REVUE DES CULTURES COLONIALES
LA CULTURE DE LA RAMIE (1)
La fibre de Ramie était déjà connue au commencement du siècle passé en
Europe et aux Indes anglaises, sous le nom de China-grass, grâce à sa solidité et à
sa beauté. Au Bengale et dans les Indes, les pêcheurs l'employaient pour la fabri-
cation de leurs filets, mais ce n'est que plus tard que ces fibres attirèrent l'atten-
tion, quand par suite des guerres intestines américaines, l'exportation du coton
s'arrêta complètement.
Sous le nom de Rameh, fibre de Rameh, Ramie ou China-grass, on comprend la
fibre localisée dans l'écorce des Boehmeria et privée complètement de l'épiderme
ou Koelit-Ajam, et de la matière gommeuse qui l'entoure. Les difficultés sont
très grandes pour séparer la fibre des matières gommeuses; les procédés chi-
miques n'ont pas réussi, ils endommagent la fibre ; il fallait donc chercher un
procédé mécanique. Le gouvernement des Indes anglaises a été le premier à
entrevoir que la Ramie pouvait être une source de richesses pour l'indigène, et le
premier il a donné l'élan à cette industrie, en promettant une prime à l'inventeur
d'une machine.
La Ramie appartient, comme on le sait, à la famille des Urticacées; elle se ren-
contre dans divers pays sous une trentaine de variétés. Deux de ces variétés,
seulement sont importantes; ce sont : Boehmeria nivea et B. tenacissima. Le Boeh-
meria nivea a une fibre forte et une feuille d'un gris argenté sur la face inférieure,
on la rencontre à l'état sauvage dans certaines régions de Java ; on prétend qu'il
demande un climat tempéré et c'est peut-être pour cette cause que je l'ai surtout
rencontré dans les régions plus élevées. Le B. tenacissima possède une feuille
verte sur les deux faces mais les nervures de la face inférieure sont blanchâtres;
sa fibre est plus fine; c'est une plante tropicale qui demande un climat régulier,
chaud et humide ; elle se rencontre dans la Chine méridionale et fournit le China-
grass si recherché.
Les terrains de Java différant si considérablement les uns des autres comme
sol et climat, il sera de toute nécessité pour le planteur de faire des essais avec
ces deux variétés afin de choisir, pour une plantation, celle qui donne le meilleur
rendement. On croit généralement que la Ramie possède une viguaur de déve-
loppement extraordinaire. Tous les terrains pourraient servir à sa culture et
même dans un terrain épuisé, pierreux, la Ramie donnerait encore un produit
riche et pourrait se développer pendant longtemps. Cela est inexact. Certes la
Ramie pourrait se développer dans un sol pierreux, mais pour obtenir d'une plante
qui doit subir une coupe tous les quarante jours et qui doit rester plusieurs
années sur le même terrain, tout ce qu'elle peut donner, il faut un terrain parti-
culièrement riche.
La Ramie exige un climat régulier et chaud, une atmosphère humide et une
chute d'eau régulière; elle se développe le mieux dans un sol fertile, léger, à sous-
sol poreux, car ses racines peuvent pénétrer profondément dans le sol. La culture
doit être faite dans des conditions telles que, pendant les temps secs, on puisse
irriguer les champs. Si toutes ces conditions sont remplies, la Ramie pourra être
(1) L'intérêt qui s'attache à l'étude des fibres végétales nous a amené à traduire pour les lecteurs
de la Revue, en les résumant, les données du très intéressant article de M. P. J. VAN MAANEN publté
dans le Tydsehrift voor Nyverheid en LanrJbouw in Ncdersandsch Indie, t. LXVI, Batavia, mai 1903,
p. 310 350.
LA CULTURE DE LA RAMIE (1)
La fibre de Ramie était déjà connue au commencement du siècle passé en
Europe et aux Indes anglaises, sous le nom de China-grass, grâce à sa solidité et à
sa beauté. Au Bengale et dans les Indes, les pêcheurs l'employaient pour la fabri-
cation de leurs filets, mais ce n'est que plus tard que ces fibres attirèrent l'atten-
tion, quand par suite des guerres intestines américaines, l'exportation du coton
s'arrêta complètement.
Sous le nom de Rameh, fibre de Rameh, Ramie ou China-grass, on comprend la
fibre localisée dans l'écorce des Boehmeria et privée complètement de l'épiderme
ou Koelit-Ajam, et de la matière gommeuse qui l'entoure. Les difficultés sont
très grandes pour séparer la fibre des matières gommeuses; les procédés chi-
miques n'ont pas réussi, ils endommagent la fibre ; il fallait donc chercher un
procédé mécanique. Le gouvernement des Indes anglaises a été le premier à
entrevoir que la Ramie pouvait être une source de richesses pour l'indigène, et le
premier il a donné l'élan à cette industrie, en promettant une prime à l'inventeur
d'une machine.
La Ramie appartient, comme on le sait, à la famille des Urticacées; elle se ren-
contre dans divers pays sous une trentaine de variétés. Deux de ces variétés,
seulement sont importantes; ce sont : Boehmeria nivea et B. tenacissima. Le Boeh-
meria nivea a une fibre forte et une feuille d'un gris argenté sur la face inférieure,
on la rencontre à l'état sauvage dans certaines régions de Java ; on prétend qu'il
demande un climat tempéré et c'est peut-être pour cette cause que je l'ai surtout
rencontré dans les régions plus élevées. Le B. tenacissima possède une feuille
verte sur les deux faces mais les nervures de la face inférieure sont blanchâtres;
sa fibre est plus fine; c'est une plante tropicale qui demande un climat régulier,
chaud et humide ; elle se rencontre dans la Chine méridionale et fournit le China-
grass si recherché.
Les terrains de Java différant si considérablement les uns des autres comme
sol et climat, il sera de toute nécessité pour le planteur de faire des essais avec
ces deux variétés afin de choisir, pour une plantation, celle qui donne le meilleur
rendement. On croit généralement que la Ramie possède une viguaur de déve-
loppement extraordinaire. Tous les terrains pourraient servir à sa culture et
même dans un terrain épuisé, pierreux, la Ramie donnerait encore un produit
riche et pourrait se développer pendant longtemps. Cela est inexact. Certes la
Ramie pourrait se développer dans un sol pierreux, mais pour obtenir d'une plante
qui doit subir une coupe tous les quarante jours et qui doit rester plusieurs
années sur le même terrain, tout ce qu'elle peut donner, il faut un terrain parti-
culièrement riche.
La Ramie exige un climat régulier et chaud, une atmosphère humide et une
chute d'eau régulière; elle se développe le mieux dans un sol fertile, léger, à sous-
sol poreux, car ses racines peuvent pénétrer profondément dans le sol. La culture
doit être faite dans des conditions telles que, pendant les temps secs, on puisse
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