Titre : Revue des cultures coloniales
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1903-05-05
Contributeur : Milhe-Poutingon, Albert. Éditeur scientifique
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32858342r
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 5134 Nombre total de vues : 5134
Description : 05 mai 1903 05 mai 1903
Description : 1903/05/05 (A7,N128,T13). 1903/05/05 (A7,N128,T13).
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6583380m
Source : CIRAD, 2012-231823
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 21/03/2014
22 REVUE DES CULTURES COLONIALES
on fit des recherches pour y suppléer et on s'occupa de la fibre employée par les
indigènes de Campêche. Une commission royale fut organisée et son rapport
en 1783 donna une grande renommée au nouveau chanvre de Sisal. C'est approxi-
mativement à cette époque que remonte la première exportation du chanvre de
Sisal.
Pendant le demi-siècle qui suivit, son existence parut être oubliée. Ce fait
peut être attribué à diverses causes, dont la principale est sans doute la
concurrence faite par les boucaniers au commerce espagnol. Pendant cette
période le peuple du Yucatan s'appauvrit de plus en plus et rechercha les
moyens de pourvoir aux nécessités de l'existence ; l'attention se fixa sur la fibre
contenue dans la feuille du henequen et, en 1839, il se forma une sorte d'asso-
ciation en vue de la production de la fibre « Sacci » pour, le grand commerce.
On savait que l'agave épineux appelé sacci produisait une fibre plus forte que le
ycixci et beaucoup plus abondante et par conséquent plus avantageuse pour la
culture, car la fibre était vendue au poids.
La fibre était nettoyée au moyen d'instruments primitifs et envoyée à New-
York en ballots d'environ 200 livres. Elle trouvait acheteur, mais à si bas prix
qu'il n'y avait guère de bénéfice pour le vendeur. Les méthodes de prépara-
tion étaient si lentes que malgré les maigres gages des travailleurs, il n'y avait
aucun profit. Le gouvernement de l'État, reconnaissant la nécessité d'une
machine propre à décortiquer la fibre, offrit une prime à l'inventeur d'une
machine.
Bientôt apparut le « raspador », employé pendant de nombreuses années, et
actuellement une demi-douzaine de machines se rencontrent sur le marché;
quelques-unes sont de vraies merveilles.
Une description abrégée des machines en usage peut être intéressante. En
les prenant par ordre d'ancienneté, nous devons nous arrêter d'abord aux
machines « pacché » et « tonkas ». Le « pacché » consiste en une pièce de bois
triangulaire à côtés aiguisés et à extrémités arrondies servant de poignées. Il
est fabriqué généralement avec le cholul, qui a [le grand avantage de ne pas
s'émousser par un usage constant.
Le second instrument préhistorique appelé « tonkas » consiste en une pièce
de bois d'environ 18 pouces de long sur 5 pouces de large. A son extrémité supé-
rieure il a environ 1 pouce d'épaisseur et il va en s'amincissant jusqu'à ce que
le bord devienne mince et tranchant en se recourbant vers l'intérieur, de façon à
pouvoir séparer la fibre. La partie stable du tonkas a une courbe qui correspond
à celle du bord de l'instrument. La feuille est placée entre la partie stable et la
partie mobile et l'on tient fermement la partie mobile d'une main tandis que de
l'autre la feuille est tirée fortement. Cette opération se répète jusqu'à ce que la
moitié de la feuille soit nettoyée, et elle est reprise pour la seconde moitié. Le
pacché est actuellement l'instrument le plus employé par les indigènes dans
l'intérieur du Yucatan, les femmes l'emploient pour nettoyer les fibres et le
tonkas n'est employé que par les plus fortes. Une personne expérimentée peut,
à l'aide de cet instrument, fournir journellement de 6 à 9 livres de fibres.
Il est évident que la fibre produite par ces instruments possède des qualités
que ne peut avoir le produit mécanique. Dans certains districts du Yucatan, le
yaxci est décortiqué de cette façon et les fabricants des plus beaux « hammacks »
(de ceux qui valent leur poids d'argent) n'emploient que la fibre produite par
cette méthode.
on fit des recherches pour y suppléer et on s'occupa de la fibre employée par les
indigènes de Campêche. Une commission royale fut organisée et son rapport
en 1783 donna une grande renommée au nouveau chanvre de Sisal. C'est approxi-
mativement à cette époque que remonte la première exportation du chanvre de
Sisal.
Pendant le demi-siècle qui suivit, son existence parut être oubliée. Ce fait
peut être attribué à diverses causes, dont la principale est sans doute la
concurrence faite par les boucaniers au commerce espagnol. Pendant cette
période le peuple du Yucatan s'appauvrit de plus en plus et rechercha les
moyens de pourvoir aux nécessités de l'existence ; l'attention se fixa sur la fibre
contenue dans la feuille du henequen et, en 1839, il se forma une sorte d'asso-
ciation en vue de la production de la fibre « Sacci » pour, le grand commerce.
On savait que l'agave épineux appelé sacci produisait une fibre plus forte que le
ycixci et beaucoup plus abondante et par conséquent plus avantageuse pour la
culture, car la fibre était vendue au poids.
La fibre était nettoyée au moyen d'instruments primitifs et envoyée à New-
York en ballots d'environ 200 livres. Elle trouvait acheteur, mais à si bas prix
qu'il n'y avait guère de bénéfice pour le vendeur. Les méthodes de prépara-
tion étaient si lentes que malgré les maigres gages des travailleurs, il n'y avait
aucun profit. Le gouvernement de l'État, reconnaissant la nécessité d'une
machine propre à décortiquer la fibre, offrit une prime à l'inventeur d'une
machine.
Bientôt apparut le « raspador », employé pendant de nombreuses années, et
actuellement une demi-douzaine de machines se rencontrent sur le marché;
quelques-unes sont de vraies merveilles.
Une description abrégée des machines en usage peut être intéressante. En
les prenant par ordre d'ancienneté, nous devons nous arrêter d'abord aux
machines « pacché » et « tonkas ». Le « pacché » consiste en une pièce de bois
triangulaire à côtés aiguisés et à extrémités arrondies servant de poignées. Il
est fabriqué généralement avec le cholul, qui a [le grand avantage de ne pas
s'émousser par un usage constant.
Le second instrument préhistorique appelé « tonkas » consiste en une pièce
de bois d'environ 18 pouces de long sur 5 pouces de large. A son extrémité supé-
rieure il a environ 1 pouce d'épaisseur et il va en s'amincissant jusqu'à ce que
le bord devienne mince et tranchant en se recourbant vers l'intérieur, de façon à
pouvoir séparer la fibre. La partie stable du tonkas a une courbe qui correspond
à celle du bord de l'instrument. La feuille est placée entre la partie stable et la
partie mobile et l'on tient fermement la partie mobile d'une main tandis que de
l'autre la feuille est tirée fortement. Cette opération se répète jusqu'à ce que la
moitié de la feuille soit nettoyée, et elle est reprise pour la seconde moitié. Le
pacché est actuellement l'instrument le plus employé par les indigènes dans
l'intérieur du Yucatan, les femmes l'emploient pour nettoyer les fibres et le
tonkas n'est employé que par les plus fortes. Une personne expérimentée peut,
à l'aide de cet instrument, fournir journellement de 6 à 9 livres de fibres.
Il est évident que la fibre produite par ces instruments possède des qualités
que ne peut avoir le produit mécanique. Dans certains districts du Yucatan, le
yaxci est décortiqué de cette façon et les fabricants des plus beaux « hammacks »
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