Titre : Revue des cultures coloniales
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1900-11-20
Contributeur : Milhe-Poutingon, Albert. Éditeur scientifique
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32858342r
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 5134 Nombre total de vues : 5134
Description : 20 novembre 1900 20 novembre 1900
Description : 1900/11/20 (A4,N65,T7). 1900/11/20 (A4,N65,T7).
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6378369c
Source : CIRAD, 2012-231823
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 12/08/2013
VARIÉTÉS 679
des jardins de Kew, et que le Dr Ernst Wiener von Siemens, alors lieutenant
d'artillerie en Prusse, employa la gutta-percha pour isoler les fils télégraphiques
sous-marins et inventa une machine pour recouvrir les fils de cette matière. Cette
dernière est encore employée de nos jours, avec de légères modifications.
Il semble que ce soit vers le milieu du X VIle siècle que le premier spécimen de
gutta-percha ait été apporté en Europe par les deux Tradescant, père et fils. Ce
dernier en parle dans un livre où il désigne cette matière, parmi d'autres curio-
sités qu'il avait rapportées de ses voyages, de la façon suivante : « Bois malléable
à gobelets (mazer icood) qui, chauffé dans l'eau, peut prendre toutes sortes de
formes. » On considère ces mots comme s'appliquant à la gutta-percha, puisqu'il
n'existe pas d'autre matière qui puisse être employée à la fabrication de gobelets
et qui possède la remarquable propriété de s'amollir dans l'eau chaude de ma-
nière à pouvoir prendre la forme que l'on désire. A première vue, il pourrait
paraître singulier que l'on mentionne la gutta-percha comme étant un « bois » ;
ce n'est, somme toute, pas si étonnant quand on considère que la gutta-percha,
préparée comme elle l'était autrefois par les indigènes, était d'une couleur jaune-
brun clair, ressemblant beaucoup à celle de différentes variétés de bois; de plus,
elle montrait une texture nettement fibreuse. Un observateur même expérimenté
pouvait donc être induit en erreur.
Les remarquables propriétés de la gutta-percha passèrent cependant inaper-
çues. On n'y vit qu'une curiosité et rien de plus. Il était réservé à notre siècle,
qui a su si brillamment tirer parti de tous les produits utiles, de découvrir à
nouveau cette précieuse substance et de l'appliquer aux arts et à l'industrie sous
le nom de gutta-percha. Chose curieuse, en 1843, deux hommes réclamèrent
l'honneur d'avoir réintroduit cette matière en Europe; tous deux habitaient à
Singapore et étaient médecins. L'un, d'origine espagnole, était le Dr José d'Al-
meida. Il apporta des spécimens à Londres, au printemps de cette année, et les
présenta à la Royal asiatic Society. L'autre était de descendance écossaise. C'était
le Dr William Montgomerie. Il envoya des spécimens à la Society of Arts.
Les spécimens du Dr d'Almeida furent soumis, par les soins du secrétaire de
la Royal asiatic Society, à un spécialiste. M. d'Almeida lui-même avait envoyé des
échantillons à un autre spécialiste. Malheureusement, ni l'une ni l'autre de ces
deux personnes ne fit d'expériences sur les produits qu'on leur demandait d'ana-
lyser. L'envoi de spécimens à la Royal asiatic Society resta donc sans effet pra-
tique. vf
Il en fut autrement à la Society of Arts. Une commission fut chargée d'examiner
les spécimens du Dr Montgomerie. Elle arriva à la conclusion que « cette sub-
stance constitue un article de grande valeur, qui pourrait être employé avec
profit dans un grand nombre d'arts et d'industries du pays ». L'attention était
attirée sur le nouveau produit. M. William Siemens s'en procura un échantillon
et l'envoya à son frère Werner, à Berlin, en le priant de rechercher si on ne pou-
vait pas utiliser ce produit pour isoler les fils télégraphiques. Cette invitation
devait avoir les conséquences considérables que l'on connaît.
Dans le memorandum dont le Dr Montgomerie avait accompagné l'envoi de
ses spécimens et dans une lettre qu'il écrivit plus tard au Mechanics' magazine, il
dit qu'il eut connaissance, pour la première fois, de la gutta-percha, en 1822,
quand il était médecin adjoint de la Présidence à Singapore. Il perdit toutefois
ce produit de vue jusqu'en 1842, époque à laquelle il aperçut dans les mains d'un
bûcheron malais un parang (hache) dont le manche était fait d'une substance qui
des jardins de Kew, et que le Dr Ernst Wiener von Siemens, alors lieutenant
d'artillerie en Prusse, employa la gutta-percha pour isoler les fils télégraphiques
sous-marins et inventa une machine pour recouvrir les fils de cette matière. Cette
dernière est encore employée de nos jours, avec de légères modifications.
Il semble que ce soit vers le milieu du X VIle siècle que le premier spécimen de
gutta-percha ait été apporté en Europe par les deux Tradescant, père et fils. Ce
dernier en parle dans un livre où il désigne cette matière, parmi d'autres curio-
sités qu'il avait rapportées de ses voyages, de la façon suivante : « Bois malléable
à gobelets (mazer icood) qui, chauffé dans l'eau, peut prendre toutes sortes de
formes. » On considère ces mots comme s'appliquant à la gutta-percha, puisqu'il
n'existe pas d'autre matière qui puisse être employée à la fabrication de gobelets
et qui possède la remarquable propriété de s'amollir dans l'eau chaude de ma-
nière à pouvoir prendre la forme que l'on désire. A première vue, il pourrait
paraître singulier que l'on mentionne la gutta-percha comme étant un « bois » ;
ce n'est, somme toute, pas si étonnant quand on considère que la gutta-percha,
préparée comme elle l'était autrefois par les indigènes, était d'une couleur jaune-
brun clair, ressemblant beaucoup à celle de différentes variétés de bois; de plus,
elle montrait une texture nettement fibreuse. Un observateur même expérimenté
pouvait donc être induit en erreur.
Les remarquables propriétés de la gutta-percha passèrent cependant inaper-
çues. On n'y vit qu'une curiosité et rien de plus. Il était réservé à notre siècle,
qui a su si brillamment tirer parti de tous les produits utiles, de découvrir à
nouveau cette précieuse substance et de l'appliquer aux arts et à l'industrie sous
le nom de gutta-percha. Chose curieuse, en 1843, deux hommes réclamèrent
l'honneur d'avoir réintroduit cette matière en Europe; tous deux habitaient à
Singapore et étaient médecins. L'un, d'origine espagnole, était le Dr José d'Al-
meida. Il apporta des spécimens à Londres, au printemps de cette année, et les
présenta à la Royal asiatic Society. L'autre était de descendance écossaise. C'était
le Dr William Montgomerie. Il envoya des spécimens à la Society of Arts.
Les spécimens du Dr d'Almeida furent soumis, par les soins du secrétaire de
la Royal asiatic Society, à un spécialiste. M. d'Almeida lui-même avait envoyé des
échantillons à un autre spécialiste. Malheureusement, ni l'une ni l'autre de ces
deux personnes ne fit d'expériences sur les produits qu'on leur demandait d'ana-
lyser. L'envoi de spécimens à la Royal asiatic Society resta donc sans effet pra-
tique. vf
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les spécimens du Dr Montgomerie. Elle arriva à la conclusion que « cette sub-
stance constitue un article de grande valeur, qui pourrait être employé avec
profit dans un grand nombre d'arts et d'industries du pays ». L'attention était
attirée sur le nouveau produit. M. William Siemens s'en procura un échantillon
et l'envoya à son frère Werner, à Berlin, en le priant de rechercher si on ne pou-
vait pas utiliser ce produit pour isoler les fils télégraphiques. Cette invitation
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ses spécimens et dans une lettre qu'il écrivit plus tard au Mechanics' magazine, il
dit qu'il eut connaissance, pour la première fois, de la gutta-percha, en 1822,
quand il était médecin adjoint de la Présidence à Singapore. Il perdit toutefois
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