Titre : Revue des cultures coloniales
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1900-09-20
Contributeur : Milhe-Poutingon, Albert. Éditeur scientifique
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32858342r
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 5134 Nombre total de vues : 5134
Description : 20 septembre 1900 20 septembre 1900
Description : 1900/09/20 (A4,N61,T7). 1900/09/20 (A4,N61,T7).
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6378365q
Source : CIRAD, 2012-231823
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 12/08/2013
ÉTUDE DES PLANTES MÉDICINALES ET TOXIQUES 349
ignorée encore à ce point de vue : la Côte cVIvoire. M. le Dr Mondon, médecin
principal des colonies, ayant bien voulu, et je l'en remercie ici publiquement,
après un séjour prolonge dans cette colonie, m'adresser ce qui a résisté au
temps et aux circonstances adverses de sa collection de plantes usitées par les
indigènes (1), je les ai mises de suite en étude, et c'est le résultat de ce travail
préliminaire que je viens faire connaître aujourd'hui. Les échantillons étaient en
mauvais état de conservation, le plus souvent en petit nombre, et presque tou-
jours dépourvus des organes les plus nécessaires pour une bonne détermination.
Je me suis efforcé d'en tirer le meilleur parti possible; d'autres feront plus et
mieux, si je ne réussis pas à compléter moi-même cette œuvre.
1° La plus importante ou au moins la plus connue des plantes qui font l'objet
de cet envoi est le « Naï », que le M. le D1 Mondon m'indique comme introduite à
la Côte d'Ivoire, où elle a conservé son nom indigène gabonnais (« Inaïe » et par
contraction « Naï »). Le spécimen botanique mis à ma disposition est à l'état
de liane portant deux fruits (follicules),mais sans fleurs.D'après l'examen attentif
du fruit et de la graine, je puis dire avec certitude que c'est le Strophanthus his-
pidus D. C., mais avec tendances à variations nombreuses qui rapprocheraient la
graine de celle du St. minor PAX., dit « Strophanthus du Niger ». Il ne s'agit donc
pas du St. gratus FRANCHET (2;, dénommé « Strophanthus du Gabon » ou « Stro-
phanthus glabre », et c'est là un point important à constater, car il semble
indiquer que les indigènes donnent, contrairement à ce que laisserait supposer la
plus grande richesse de cette dernière espèce en principe toxique, la préférence
au St. hispidus pour la préparation du poison de leurs flèches. Ils ne l'auraient
pas emporté dans leurs migrations sans cette conviction. Les indigènes de la
Côte d'Ivoire, d'après M. Mondon, savent très bien actuellement (et en particu-
lier la tribu des Fantis) se servir de cette plante toxique. Les feuilles et les
graines, dans leur opinion, doivent, pour acquérir leur plus grande toxicité, être
mises à fermenter au contact de fleurs de bananier, également pilées au préa-
lable. La pâte complexe ainsi obtenue sert à empoisonner les flèches destinées
à la guerre ou à la chasse.
2° Sous le nom indigène de « Citua-Nga » (herbe tue-chien), j'ai reçu une
plante réduite à un rameau couvert de feuilles et portant des fruits mûrs, mais
pas une fleur. C'est certainement une Euphorbiacée du genre Toxicodendron (Hye-
nanche), mais ce n'est, autant que j'ai pu en juger par certains détails caractéris-
tiques tirés des graines et du fruit, ni le Toxicodendron Capense THUNB., qui est origi-
naire du Cap, comme l'indique son nom spécifique, ni le T. acutifolium BENTHAM,
de l'Afrique australe. L'aire d'extension de ces deux espèces ne saurait vraisem-
blablement atteindre des limites aussi étendues et des climats aussi différents
sur le continent africain, au moins d'après les notions actuelles. Notre échan-
(1) Il serait vivement à désirer que l'exemple donné par le M. Dr Mondon fût contagieux et que les
1 médecins et pharmaciens du service de santé des colonies fussent disposés à consacrer quelques
loisirs à la récolte des plantes usitées par les indigènes ; on y trouverait sûrement des médicaments
à retenir.
(2) M. Gilg, dans une note récente insérée au Notizblatl des Rœnigl. gart zu Berlin, nO 23
(1er septembre 1900, p. 62), et intitulée : Kurze Bemerkung ûber den « Strophanthus glabre du
* Gabon », dit que le St. gratus FRANCHET est nommé par les indigènes du Gabon qui en font
commerce Ince, tandis que les indigènes du Cameroun nomment la même plante Enée. Nous pen-
sons, d'après ce que nous venons de constater sur les indications du Dr Mondon, que ce nom d'Inée
ou Inaïe est donné indifféremment à toutes les espèces de Strophanthus employées par les indi-
gènes de la côte occidentale d'Afrique à la préparation de leur poison de flèches.
ignorée encore à ce point de vue : la Côte cVIvoire. M. le Dr Mondon, médecin
principal des colonies, ayant bien voulu, et je l'en remercie ici publiquement,
après un séjour prolonge dans cette colonie, m'adresser ce qui a résisté au
temps et aux circonstances adverses de sa collection de plantes usitées par les
indigènes (1), je les ai mises de suite en étude, et c'est le résultat de ce travail
préliminaire que je viens faire connaître aujourd'hui. Les échantillons étaient en
mauvais état de conservation, le plus souvent en petit nombre, et presque tou-
jours dépourvus des organes les plus nécessaires pour une bonne détermination.
Je me suis efforcé d'en tirer le meilleur parti possible; d'autres feront plus et
mieux, si je ne réussis pas à compléter moi-même cette œuvre.
1° La plus importante ou au moins la plus connue des plantes qui font l'objet
de cet envoi est le « Naï », que le M. le D1 Mondon m'indique comme introduite à
la Côte d'Ivoire, où elle a conservé son nom indigène gabonnais (« Inaïe » et par
contraction « Naï »). Le spécimen botanique mis à ma disposition est à l'état
de liane portant deux fruits (follicules),mais sans fleurs.D'après l'examen attentif
du fruit et de la graine, je puis dire avec certitude que c'est le Strophanthus his-
pidus D. C., mais avec tendances à variations nombreuses qui rapprocheraient la
graine de celle du St. minor PAX., dit « Strophanthus du Niger ». Il ne s'agit donc
pas du St. gratus FRANCHET (2;, dénommé « Strophanthus du Gabon » ou « Stro-
phanthus glabre », et c'est là un point important à constater, car il semble
indiquer que les indigènes donnent, contrairement à ce que laisserait supposer la
plus grande richesse de cette dernière espèce en principe toxique, la préférence
au St. hispidus pour la préparation du poison de leurs flèches. Ils ne l'auraient
pas emporté dans leurs migrations sans cette conviction. Les indigènes de la
Côte d'Ivoire, d'après M. Mondon, savent très bien actuellement (et en particu-
lier la tribu des Fantis) se servir de cette plante toxique. Les feuilles et les
graines, dans leur opinion, doivent, pour acquérir leur plus grande toxicité, être
mises à fermenter au contact de fleurs de bananier, également pilées au préa-
lable. La pâte complexe ainsi obtenue sert à empoisonner les flèches destinées
à la guerre ou à la chasse.
2° Sous le nom indigène de « Citua-Nga » (herbe tue-chien), j'ai reçu une
plante réduite à un rameau couvert de feuilles et portant des fruits mûrs, mais
pas une fleur. C'est certainement une Euphorbiacée du genre Toxicodendron (Hye-
nanche), mais ce n'est, autant que j'ai pu en juger par certains détails caractéris-
tiques tirés des graines et du fruit, ni le Toxicodendron Capense THUNB., qui est origi-
naire du Cap, comme l'indique son nom spécifique, ni le T. acutifolium BENTHAM,
de l'Afrique australe. L'aire d'extension de ces deux espèces ne saurait vraisem-
blablement atteindre des limites aussi étendues et des climats aussi différents
sur le continent africain, au moins d'après les notions actuelles. Notre échan-
(1) Il serait vivement à désirer que l'exemple donné par le M. Dr Mondon fût contagieux et que les
1 médecins et pharmaciens du service de santé des colonies fussent disposés à consacrer quelques
loisirs à la récolte des plantes usitées par les indigènes ; on y trouverait sûrement des médicaments
à retenir.
(2) M. Gilg, dans une note récente insérée au Notizblatl des Rœnigl. gart zu Berlin, nO 23
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* Gabon », dit que le St. gratus FRANCHET est nommé par les indigènes du Gabon qui en font
commerce Ince, tandis que les indigènes du Cameroun nomment la même plante Enée. Nous pen-
sons, d'après ce que nous venons de constater sur les indications du Dr Mondon, que ce nom d'Inée
ou Inaïe est donné indifféremment à toutes les espèces de Strophanthus employées par les indi-
gènes de la côte occidentale d'Afrique à la préparation de leur poison de flèches.
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