Titre : Revue des cultures coloniales
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1900-09-20
Contributeur : Milhe-Poutingon, Albert. Éditeur scientifique
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32858342r
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 5134 Nombre total de vues : 5134
Description : 20 septembre 1900 20 septembre 1900
Description : 1900/09/20 (A4,N61,T7). 1900/09/20 (A4,N61,T7).
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6378365q
Source : CIRAD, 2012-231823
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 12/08/2013
5"2 REVUE DES CULTURES COLONIALES
Il n'est pas de culture plus simple et plus facile. La grande règle à observer
est de tenir le terrain bien propre au début de la végétation pour empêcher le
plant d'être étouffé par les herbes ; plus tard la plante couvre suffisamment le
terrain pour se défendre contre tout envahissement.
La facilité de reprise que possède cette plante permet, par le repiquage, de
combler tous les vides.
Les semis ou piquages eurent lieu à des dates très diverses, depuis avril
jusqu'à fin juin. En juillet, on fit encore des repiquages qui réussirent parfaite-
men,t. Le dernier eut lieu le-18 de ce mois.
Mes plantations se firent presque entièrement sur des terrains disposés pour
l'arrosage. C'est, en effet, une nécessité dans notre région où il ne faut pas
compter sur la pluie du 15 mai au 1er septembre. Aussi, sur la petite parcelle
située en terre non arrosable où je fis un semis à titre d'essai, c'est à peine si
la plante atteignit quelques centimètres.
Heureusement il n'en fut pas de même pour les terres arrosées ; là, la végéta-
tion, après quelques semaines de franche chaleur, avait rapidement couvert le
sol et en août les Cannes élevaient leurs hampes et leurs panicules à trois et
quatre mètres de hauteur, donnant au paysage l'aspect de celles de nos colonies
où la Canne à sucre est cultivée.
Dans la deuxième quinzaine d'août, les premiers semis étaient en pleine
maturité et permettaient de tenter les premières expériences; mais déjà depuis
nombre de jours tous les animaux de mes fermes recevaient comme unique
nourriture soit les Cannes entières, soit les feuilles seulement.
Fin juillet ou commencement d'août, je m'étais rendu à l'Institut Pasteur
pour m'armer au point de vue de la fermentation à établir. Après que j'eus
exposé la question, qui fut écoutée avec une grande complaisance, on me ren-
voya à M. Calmette, à l'Institut Pasteur de Lille, qui, précisément en ce moment,
étudiait la fermentation des jus de Cannes à sucre de Chine. Je me disposais à
partir pour Lille lorsque les journaux m'apprirent que M. Calmette était appelé
à Lisbonne pour y appliquer et expérimenter le virus contre la peste.
Force me fut de retourner chez moi comme j'étais venu, mais décidé à pro-
céder à mes essais de fermentation avec mes seules ressources et au « petit
bonheur ».
Je vais maintenant transcrire les notes prises successivement :
15 août. — Les graines des Cannes plantées en avril paraissaient mûres.
Urgent d'opérer. On procède d'abord à l'enlèvement des feuilles, puis on coupe
la hampe portant les graines. Ce travail d'enlèvement des feuilles et de la hampe
est fait par les femmes.
Les Cannes sont coupées ensuite par des hommes, à la serpe, et au fur et à
mesure sont transportées au hache-maïs.
Une fois hachées, on en remplit les cuves qui servent à l'épuisement des
marcs de vendanges.
Il ne peut être question, en effet, d'extraire le jus des Cannes directement, par
pression, sans avoir une machine ah hoc, comme cela se pratique aux colonies,
ou comme le faisait M. de Beauregard. Mais il est possible pour moi d'opérer
par la diffusion, car voilà dix ans que j'use de ce système qui a été préconisé
avec raison dernièrement par M. Dehérain et qui est pratiqué dans l'industrie
des produits chimiques depuis fort longtemps pour l'épuisement par lavages
successifs des matières premières.
Il n'est pas de culture plus simple et plus facile. La grande règle à observer
est de tenir le terrain bien propre au début de la végétation pour empêcher le
plant d'être étouffé par les herbes ; plus tard la plante couvre suffisamment le
terrain pour se défendre contre tout envahissement.
La facilité de reprise que possède cette plante permet, par le repiquage, de
combler tous les vides.
Les semis ou piquages eurent lieu à des dates très diverses, depuis avril
jusqu'à fin juin. En juillet, on fit encore des repiquages qui réussirent parfaite-
men,t. Le dernier eut lieu le-18 de ce mois.
Mes plantations se firent presque entièrement sur des terrains disposés pour
l'arrosage. C'est, en effet, une nécessité dans notre région où il ne faut pas
compter sur la pluie du 15 mai au 1er septembre. Aussi, sur la petite parcelle
située en terre non arrosable où je fis un semis à titre d'essai, c'est à peine si
la plante atteignit quelques centimètres.
Heureusement il n'en fut pas de même pour les terres arrosées ; là, la végéta-
tion, après quelques semaines de franche chaleur, avait rapidement couvert le
sol et en août les Cannes élevaient leurs hampes et leurs panicules à trois et
quatre mètres de hauteur, donnant au paysage l'aspect de celles de nos colonies
où la Canne à sucre est cultivée.
Dans la deuxième quinzaine d'août, les premiers semis étaient en pleine
maturité et permettaient de tenter les premières expériences; mais déjà depuis
nombre de jours tous les animaux de mes fermes recevaient comme unique
nourriture soit les Cannes entières, soit les feuilles seulement.
Fin juillet ou commencement d'août, je m'étais rendu à l'Institut Pasteur
pour m'armer au point de vue de la fermentation à établir. Après que j'eus
exposé la question, qui fut écoutée avec une grande complaisance, on me ren-
voya à M. Calmette, à l'Institut Pasteur de Lille, qui, précisément en ce moment,
étudiait la fermentation des jus de Cannes à sucre de Chine. Je me disposais à
partir pour Lille lorsque les journaux m'apprirent que M. Calmette était appelé
à Lisbonne pour y appliquer et expérimenter le virus contre la peste.
Force me fut de retourner chez moi comme j'étais venu, mais décidé à pro-
céder à mes essais de fermentation avec mes seules ressources et au « petit
bonheur ».
Je vais maintenant transcrire les notes prises successivement :
15 août. — Les graines des Cannes plantées en avril paraissaient mûres.
Urgent d'opérer. On procède d'abord à l'enlèvement des feuilles, puis on coupe
la hampe portant les graines. Ce travail d'enlèvement des feuilles et de la hampe
est fait par les femmes.
Les Cannes sont coupées ensuite par des hommes, à la serpe, et au fur et à
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Il ne peut être question, en effet, d'extraire le jus des Cannes directement, par
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