Titre : Machinisme agricole tropical
Auteur : Centre d'études et d'expérimentation en mécanisation agricole et technologie alimentaire tropicales (France). Auteur du texte
Éditeur : CIRAD-CEEMAT (Antony)
Date d'édition : 1978-07
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34348839f
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : juillet 1978 juillet 1978
Description : 1978/07 (A16,N63). 1978/07 (A16,N63).
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k1550061f
Source : CIRAD, BH_PEHIST5710
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 25/08/2024
LA MECANISATION DE L'EXTRACTION DE LA FIBRE DES HIBISCUS TEXTILES EN
CULTURE PAYSANNE
J. BOULANGER
I.R.C.T. — Montpellier
Seul le Mali parmi les pays de l'Afrique Occidentale et
de l'Afrique Equatoriale est arrivé à mettre en place une
culture d'hibiscus textiles : kénaf et roselle qui ait une
importance économique réelle et durable. La culture est
réalisée par le paysan sur une petite surface dépassant
rarement le quart d'hectare. Toutes les opérations sont
manuelles, le rouissage étant effectué dans des points
d'eau voisins, naturels ou sommairement aménagés.
Le Ghana, le Nigeria et le Cameroun qui ont adopté
le même mode de culture n'ont pas dépassé le stade
expérimental malgré des besoins pressants de leurs
filatures en fibres de sacherie. Cette culture qui, en
Empire Centrafricain, avait connu un certain succès
de 1968 à 1974, n'a pas été commercialisée en 1976 et
1977. Ce sont des moyens insuffisants au niveau de
l'encadrement et des prix d'achat de la fibre trop faibles
pour rétribuer le travail du paysan, spécialement le temps
passé à l'extraction de la fibre, qui freinent le développe -
ment de la culture.
Les mises en exploitation de grandes superficies qui
paraissaient au Bénin et à la Côte d'Ivoire, le mode de
production le plus rapide pour obtenir les tonnages
nécessaires à l'aDorovisionnement de leurs sacheries se
sont soldées par des échecs coûteux. Elles impliquaient
la préparation mécanique des sols, la mécanisation de la
conduite de la culture et de l'extraction des fibres avec
de nombreuses délanièreuses et une infrastructure im-
portante de routoirs. L'utilisation rationnelle des délaniè-
reuses et des routoirs imposait l'établissement de program-
mes de travail pour les différents postes de la conduite
de la culture et réclamait une discipline de travail qui
n'ont pas été appliqués avec assez de rigueur pour
aboutir à un bilan économiquement sain.
L'analyse de la situation actuelle conduit à rechercher
des outils et des machines qui faciliteraient la tâche du
paysan et qui lui permettraient éventuellement de
cultiver des surfaces plus importantes. Il est relativement
facile d'améliorer les temps de travaux de la phase pure-
ment agricole par l'emploi de la traction animale ou d'un
petit tracteur. Au Mali, là où la culture attelée a été
introduite, les temps de travaux ont été réduits d'un tiers
de 93-145 à 66-101 jours de travail à l'hectare. Par contre,
en ce qui concerne les 4 opérations de l'extraction de la
fibre représentant 81 à 96 jours de travail pour un hecta-
re : mise à l'eau (10 jours), défibrage-lavage (65 à 80
jours) séchage, (3 jours) et mise en torches (3 jours)
aucune solution satisfaisante du traitement mécanique
des tiges n'a pu être proposée au paysan.
Le rouissage direct des tiges en bottes est le type de
traitement le plus couramment utilisé. Mais cependant,
depuis des siècles les paysans asiatiques et africains, dans
les régions où l'eau est rare et souvent éloignée des lieux
de culture, rouissent des lanières obtenués en écrasant la
base de la tige verte avec un maillet ou en fendant la tige
puis en détachant l'écorce du bois après un blocage au sol
du cylindre central de bois. Le décollement de l'écorce
est facilité, sans gain de temps appréciable par l'introduc-
tion,entre l'écorce et le bois, d'un outil qui peut-être un
bout de fer à béton fixé à un pieu, un cadre en bois ou
métallique planté dans le sol ou fixé sur un support ou
encore un moyeu de bicyclette fixé à un fer cornière.
Malgré les avantages :
— économie en poids (— 70%) et en volume sur 30 à
50 tonnes de matière végétale à transporter du champ au
routoir,
— chargement plus dense en fibres rouies dans le même
volume de routoir (+ 70%),
— et gain dans la durée de rouissage (4 à 8 jours au lieu
de 8 à 20 jours),
la production de lanières ne s'est pas généralisée dans
les zones de culture bien pourvues en points d'eau en
raison du travail à fournir et des pertes en fibres.
Les avantages que présente le rouissage des écorces ont
amené les constructeurs, dès la fin du siècle dernier, à
concevoir sans beaucoup de succès des machines compre-
nant un nombre variable de cylindres généralement lisses
et cannelés pour traiter mécaniquement les tiges de
chanvre, d'ortie, de ramie, de jute et d'hibiscus. Sur le
marché actuellement, il existe de nombreuses délaniè-
reuses à moteur : nord-américaines, allemandes, italiennes
et une française, pesant plus de la tonne et valant
plusieurs millions de francs CFA. Elles produisent souvent
des lanières correctes mais avec un faible débit et une
durée d'utilisation annuelle ne dépassant pas 3 mois, ce
qui implique des investissements importants qui ont
contribué à l'échec des grandes exploitations agro-
industrielles de kénaf et de roselle et qui ne pourraient
être supportés par un groupe de paysans, sans parler des
problèmes de fonctionnement, d'entretien et de répara-
tion du matériel.
Si l'on désire aborder le problème de la production
mécanique des lanières de kénaf en culture paysanne, il
convient de s'efforcer de concevoir un appareil de taille
modeste à entrainement manuel composé de rouleaux
«lamineurs» avec ou sans rouleaux «déboiseurs-teilleurs»
possédant des qualités de robustesse. Il pourrait convenir
à des groupes d'agriculteurs si le débit était au moins une
dizaine de fois supérieur au délanièrage manuel pour une
équipe de trois personnes; la première alimentant l'appa-
reil, la seconde tournant la manivelle et la troisième
recueillant les lanières.
Deux prototypes existent :
1) l'appareil le plus simple est l'«Artisadah» qui a été
mis au point par l'I.R.C.T. pour le «lavage-essorage» des
fibres à leur sortie du routoir et pour l'«ouverture-
assouplissage» des fibres rouies séchées dans le but de
CULTURE PAYSANNE
J. BOULANGER
I.R.C.T. — Montpellier
Seul le Mali parmi les pays de l'Afrique Occidentale et
de l'Afrique Equatoriale est arrivé à mettre en place une
culture d'hibiscus textiles : kénaf et roselle qui ait une
importance économique réelle et durable. La culture est
réalisée par le paysan sur une petite surface dépassant
rarement le quart d'hectare. Toutes les opérations sont
manuelles, le rouissage étant effectué dans des points
d'eau voisins, naturels ou sommairement aménagés.
Le Ghana, le Nigeria et le Cameroun qui ont adopté
le même mode de culture n'ont pas dépassé le stade
expérimental malgré des besoins pressants de leurs
filatures en fibres de sacherie. Cette culture qui, en
Empire Centrafricain, avait connu un certain succès
de 1968 à 1974, n'a pas été commercialisée en 1976 et
1977. Ce sont des moyens insuffisants au niveau de
l'encadrement et des prix d'achat de la fibre trop faibles
pour rétribuer le travail du paysan, spécialement le temps
passé à l'extraction de la fibre, qui freinent le développe -
ment de la culture.
Les mises en exploitation de grandes superficies qui
paraissaient au Bénin et à la Côte d'Ivoire, le mode de
production le plus rapide pour obtenir les tonnages
nécessaires à l'aDorovisionnement de leurs sacheries se
sont soldées par des échecs coûteux. Elles impliquaient
la préparation mécanique des sols, la mécanisation de la
conduite de la culture et de l'extraction des fibres avec
de nombreuses délanièreuses et une infrastructure im-
portante de routoirs. L'utilisation rationnelle des délaniè-
reuses et des routoirs imposait l'établissement de program-
mes de travail pour les différents postes de la conduite
de la culture et réclamait une discipline de travail qui
n'ont pas été appliqués avec assez de rigueur pour
aboutir à un bilan économiquement sain.
L'analyse de la situation actuelle conduit à rechercher
des outils et des machines qui faciliteraient la tâche du
paysan et qui lui permettraient éventuellement de
cultiver des surfaces plus importantes. Il est relativement
facile d'améliorer les temps de travaux de la phase pure-
ment agricole par l'emploi de la traction animale ou d'un
petit tracteur. Au Mali, là où la culture attelée a été
introduite, les temps de travaux ont été réduits d'un tiers
de 93-145 à 66-101 jours de travail à l'hectare. Par contre,
en ce qui concerne les 4 opérations de l'extraction de la
fibre représentant 81 à 96 jours de travail pour un hecta-
re : mise à l'eau (10 jours), défibrage-lavage (65 à 80
jours) séchage, (3 jours) et mise en torches (3 jours)
aucune solution satisfaisante du traitement mécanique
des tiges n'a pu être proposée au paysan.
Le rouissage direct des tiges en bottes est le type de
traitement le plus couramment utilisé. Mais cependant,
depuis des siècles les paysans asiatiques et africains, dans
les régions où l'eau est rare et souvent éloignée des lieux
de culture, rouissent des lanières obtenués en écrasant la
base de la tige verte avec un maillet ou en fendant la tige
puis en détachant l'écorce du bois après un blocage au sol
du cylindre central de bois. Le décollement de l'écorce
est facilité, sans gain de temps appréciable par l'introduc-
tion,entre l'écorce et le bois, d'un outil qui peut-être un
bout de fer à béton fixé à un pieu, un cadre en bois ou
métallique planté dans le sol ou fixé sur un support ou
encore un moyeu de bicyclette fixé à un fer cornière.
Malgré les avantages :
— économie en poids (— 70%) et en volume sur 30 à
50 tonnes de matière végétale à transporter du champ au
routoir,
— chargement plus dense en fibres rouies dans le même
volume de routoir (+ 70%),
— et gain dans la durée de rouissage (4 à 8 jours au lieu
de 8 à 20 jours),
la production de lanières ne s'est pas généralisée dans
les zones de culture bien pourvues en points d'eau en
raison du travail à fournir et des pertes en fibres.
Les avantages que présente le rouissage des écorces ont
amené les constructeurs, dès la fin du siècle dernier, à
concevoir sans beaucoup de succès des machines compre-
nant un nombre variable de cylindres généralement lisses
et cannelés pour traiter mécaniquement les tiges de
chanvre, d'ortie, de ramie, de jute et d'hibiscus. Sur le
marché actuellement, il existe de nombreuses délaniè-
reuses à moteur : nord-américaines, allemandes, italiennes
et une française, pesant plus de la tonne et valant
plusieurs millions de francs CFA. Elles produisent souvent
des lanières correctes mais avec un faible débit et une
durée d'utilisation annuelle ne dépassant pas 3 mois, ce
qui implique des investissements importants qui ont
contribué à l'échec des grandes exploitations agro-
industrielles de kénaf et de roselle et qui ne pourraient
être supportés par un groupe de paysans, sans parler des
problèmes de fonctionnement, d'entretien et de répara-
tion du matériel.
Si l'on désire aborder le problème de la production
mécanique des lanières de kénaf en culture paysanne, il
convient de s'efforcer de concevoir un appareil de taille
modeste à entrainement manuel composé de rouleaux
«lamineurs» avec ou sans rouleaux «déboiseurs-teilleurs»
possédant des qualités de robustesse. Il pourrait convenir
à des groupes d'agriculteurs si le débit était au moins une
dizaine de fois supérieur au délanièrage manuel pour une
équipe de trois personnes; la première alimentant l'appa-
reil, la seconde tournant la manivelle et la troisième
recueillant les lanières.
Deux prototypes existent :
1) l'appareil le plus simple est l'«Artisadah» qui a été
mis au point par l'I.R.C.T. pour le «lavage-essorage» des
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