Titre : L'Afrique française : bulletin mensuel du Comité de l'Afrique française et du Comité du Maroc
Auteur : Comité de l'Afrique française. Auteur du texte
Auteur : Comité du Maroc (Paris). Auteur du texte
Éditeur : Comité de l'Afrique française (Paris)
Date d'édition : 1916-01-01
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32683501s
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 01 janvier 1916 01 janvier 1916
Description : 1916/01/01 (N1)-1916/12/31 (N12). 1916/01/01 (N1)-1916/12/31 (N12).
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k98041485
Source : CIRAD, 2017-132476
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/11/2017
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- SOMMAIRE
- Nos 1 et 2
- N° 4
- N° 5
- N° 6
- N° 7
- Nos 8 et 9
- Nos 10 à 12
RENSEIGNEMENTS COLONIAUX
versée des rivières à sec est facile et leurs berges
peuvent en général être aménagées sans gros
effort. Pour les rendre praticables en toute saison,
les dépenser seront plus considérables; les par-
ties argileuses nécessiteront un empierrement
sérieux et des ponts devront être établis sur les
cours d'eau. Ce gros effort serait inutile pour les
routes de Kotiari à Ambidédi ou de Bamako au
Mossi, qui sont voisines de chemin de fer en con-
struction ou en projet. Il faudra le réserver à
rétablissement de quelques bonnes routes per-
pendiculaires aux voies ferrées et aux fleuves
navigables, c'est-à-dire pratiquant à peu près
Nord-Sud.
On peut espérer toutefois dès maintenant que
ce développement de quelques routes permettra
de reprendre avec plus de suite les essais tentés
avec des voitures attelées de bœufs (1) ; ce serait
déjà un gros résultat.
Notons enfin pour terminer, le développement
pris par les motocyclettes qui peuvent se contenter
des pistes indigènes; grâce surtout aux Pères
Bl.ancs, elles ont pénétré dans toute la boucle du
N'ger, jusqu'à Niamey.
R. ClIUDEAU.
L'ACTION DE L'ESPAGNE
AU MAROC
Un important débat a eu lieu au début d'octobre à
la Chambre espagnole sur la question du Maroc.
Nous en donnons ci-après la traduction intégrale :
Séance du 2 octobre 1916. ,
M. le Président. — M. Ayuso a la parole pour déve-
lopper l'interpellation qu'il a annoncée.
M. Ayuso. — Messieurs les députés, l'heure est enfin
arrivée de parler de l'action espagnole au Maroc, en la gé-
néralisant dans touie son importance, en la précisant sur
les points qui certainement présentaient plus d'actualité
avant la clôture des Cortès. Tout est bien qui finit bien, dit
le proverbe, et en n'importe quel moment nous pourrions
accuser ce gouvernement qui est la continuation du précé-
dent et même de tous les précédents, de l'échec que l'action
de l'Espagne au Maroc a subi, subit et ce qui est encore plus
triste, à en juger par les documents, subira autsi à l'ave-
nir. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de remède et que notre ac-
tion en Afrique est vraiment humiliante ; elle est la dernière
preuve dè l'incapacité de notre pauvre nation en matière
coloniale.
On m'a prié d'ajourner cette interpellation en raison de
l'accident qui, malheureusement, est arrivé à M. le ministre
des Affaires étrangères. Nous attendons depuis tant de
mois que je n'ai pas cru opportun, que je n'ai pas cru pru-
dent de retarder plus longtemps mon interpellation. Ce
malheureux accident que nous regrettons tous — et je suis
sûr d'être l'interprète des sentiments de cette assemblée —
m'oblige à toucher le moins possible à tout ce qui se rap-
(1) Les roues et les essieux paraissent difficiles à fabriquer sur
place tout le reste de la voiture peut être établi par les moyens
locaux. -
porte au département des Affaires étrangères, relativement
à l'action de l'Espagne au Maroc.
Mais l'histoire est longue et il me faudra lasser l'atten-
tion de la Chambre en lisant quelques données, documents,
lettres, renseignements et notes, que des personnes très
patriotes et très autorisées, connaissant bien le pays et
toute notre politique, m'ont envoyés de là-bas, croyant
que j'allais développer mon interpellation, et je réclame
sinon votre attention, ce qui serait trop exiger de cette
Assemblée, du moins votre indispensable bienveillance.
Je demande en même temps au gouvernement qu'il prenne
note de mes assertions et qu'il les démente et les rectifie
s'il y a lieu; soyez assurés que je n'apporterai pas ici
celles que je n'ai pu vérifier, que j-e serai sobre, aussi
sobre au point de vue patriotique, que vous le désirerez,
mais que je ne tairai rien de ce que je dois dire dans l'in-
térêt de l'Espagne et de la colonisation.
Tout le monde aura été choqué de ce que nous pourrions
appeler le peu d'empressement — certains diront la peur
du gouvernement — à accepter l'interpellation ou à indi-
quer la date à laquelle je devais la développer. Tantôt il
etait inopportun et antipatriotique de parler de cette ques-
tion-là, nos troupes poursuivaient leur œuvre en Afrique ;
on ne possédait pas ici d'informations digne de foi, les
journaux exagéraient ; quant à nous, nous étions en quel-
que sorte des agitateurs qui sans raison aucune et avec un
oubli incontestable des attributions normales du Parle-
ment voulions obliger le gouvernement à traiter une ques-
tion qui, par patriotisme, devàit être débattue au moment
opportun; tantôt c'était la maladie d'un des très dignes
membres du gouvernement, ce qui nous obligeait à différer
notre action, à garder le silence ; enfin cette attitude que
j'ai qualifiée et que je- continue de qualifier de fuite du
gouvernement et qui nous a lâchés avec notre'interpella-
tion annoncée et acceptée mais qui ne pouvait être déve-
loppée, alors que M. Silvela invoquait dans des termes
pittoresques l'inévitable effet des vacances d'été. Nous en
sommes là et quand j'ai appris que la présidence de la
Chambre avait, je ne sais si c'était officieusement ou non,
déclaré à la presse qu'il n'y avait ni question annoncée, ni
interpellation annoncée, j'ai dû prendre la parole 4e pre-
mier jour de cette session des Cortès pour dire :
L interpellation sur le Maroc est réellement annoncée et
acceptée ; je suis prêt à la développer et M. le président du
Conseil des ministres m'a dit que je pourrais le faire alors.
En ce moment-là, sans aucune donnée, sans aucun docu-
ment, je me disposai à développer mon interpellation. Pour
me montrer accommodant et accéder aux demandes et
invitations de MM. le président du Conseil et le président
de la Chambre, j'ai dû ajourner l'interpellation jusqu'au
jour où pouvaient être ici présents les ministres des Affaires
étrangères et de la Guerre. Je vois à son banc M. le mi-
nistre de la Guerre, digne représentant du gouvernement
et l'heure est venue où je puis faire appel à votre attention
en vous exposant des choses du Maroc qui sont toutes
typiques et qui toutes viennent corroborer notre thèse ; la
thrse qu'ont soutenue les gauches par l'éloquent organe
de M. Rodés, en donnant la seule solution qui nous parût
compatible avec les intérêts et les besoins de l'Espagne et
mème avec la dignité nationale : à savoir l'abandon absolu
de toute la zone de protectorat qni nous a été attribuée,
nous ne savons par quel traité, ni en vertu de quelle con-
vention internationale que vous nous avez cachés jusqu'à
maintenant.
Ce que j'ai à dire au sujet de la politique internationale
relative au Maroc, ne se rapporte pas seulement à celle de
ce gouvernement-ci, mais à celle du gouvernement con-
servateur précédent; à celle de l'ancien gouvernement
libéral et à celle de tous les gouvernements qui se sont
succédé depuis que nous avons pénétré en Afrique avec
des intentions civilisatrices. Des intentions civilisatrices à
nous qui, dans les endroits où nous dominons depuis des
siècles, n'avons pu jusqu'à ce jour organiser les institu-
tions civiles, parce que nous n'avons pas établi YAyunta-
rniento, qui est la règle et le modèle de toutes les munici-
palités espagnoles, et nous avons si bien échoué que l'on
est parvenu de temps à autre seulement par une gracieuse
concession du gouvernement à faire enfin intervenir les
représentants des forces non militaires dans ces fameuses
assemblées administratives!
— 261 —
versée des rivières à sec est facile et leurs berges
peuvent en général être aménagées sans gros
effort. Pour les rendre praticables en toute saison,
les dépenser seront plus considérables; les par-
ties argileuses nécessiteront un empierrement
sérieux et des ponts devront être établis sur les
cours d'eau. Ce gros effort serait inutile pour les
routes de Kotiari à Ambidédi ou de Bamako au
Mossi, qui sont voisines de chemin de fer en con-
struction ou en projet. Il faudra le réserver à
rétablissement de quelques bonnes routes per-
pendiculaires aux voies ferrées et aux fleuves
navigables, c'est-à-dire pratiquant à peu près
Nord-Sud.
On peut espérer toutefois dès maintenant que
ce développement de quelques routes permettra
de reprendre avec plus de suite les essais tentés
avec des voitures attelées de bœufs (1) ; ce serait
déjà un gros résultat.
Notons enfin pour terminer, le développement
pris par les motocyclettes qui peuvent se contenter
des pistes indigènes; grâce surtout aux Pères
Bl.ancs, elles ont pénétré dans toute la boucle du
N'ger, jusqu'à Niamey.
R. ClIUDEAU.
L'ACTION DE L'ESPAGNE
AU MAROC
Un important débat a eu lieu au début d'octobre à
la Chambre espagnole sur la question du Maroc.
Nous en donnons ci-après la traduction intégrale :
Séance du 2 octobre 1916. ,
M. le Président. — M. Ayuso a la parole pour déve-
lopper l'interpellation qu'il a annoncée.
M. Ayuso. — Messieurs les députés, l'heure est enfin
arrivée de parler de l'action espagnole au Maroc, en la gé-
néralisant dans touie son importance, en la précisant sur
les points qui certainement présentaient plus d'actualité
avant la clôture des Cortès. Tout est bien qui finit bien, dit
le proverbe, et en n'importe quel moment nous pourrions
accuser ce gouvernement qui est la continuation du précé-
dent et même de tous les précédents, de l'échec que l'action
de l'Espagne au Maroc a subi, subit et ce qui est encore plus
triste, à en juger par les documents, subira autsi à l'ave-
nir. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de remède et que notre ac-
tion en Afrique est vraiment humiliante ; elle est la dernière
preuve dè l'incapacité de notre pauvre nation en matière
coloniale.
On m'a prié d'ajourner cette interpellation en raison de
l'accident qui, malheureusement, est arrivé à M. le ministre
des Affaires étrangères. Nous attendons depuis tant de
mois que je n'ai pas cru opportun, que je n'ai pas cru pru-
dent de retarder plus longtemps mon interpellation. Ce
malheureux accident que nous regrettons tous — et je suis
sûr d'être l'interprète des sentiments de cette assemblée —
m'oblige à toucher le moins possible à tout ce qui se rap-
(1) Les roues et les essieux paraissent difficiles à fabriquer sur
place tout le reste de la voiture peut être établi par les moyens
locaux. -
porte au département des Affaires étrangères, relativement
à l'action de l'Espagne au Maroc.
Mais l'histoire est longue et il me faudra lasser l'atten-
tion de la Chambre en lisant quelques données, documents,
lettres, renseignements et notes, que des personnes très
patriotes et très autorisées, connaissant bien le pays et
toute notre politique, m'ont envoyés de là-bas, croyant
que j'allais développer mon interpellation, et je réclame
sinon votre attention, ce qui serait trop exiger de cette
Assemblée, du moins votre indispensable bienveillance.
Je demande en même temps au gouvernement qu'il prenne
note de mes assertions et qu'il les démente et les rectifie
s'il y a lieu; soyez assurés que je n'apporterai pas ici
celles que je n'ai pu vérifier, que j-e serai sobre, aussi
sobre au point de vue patriotique, que vous le désirerez,
mais que je ne tairai rien de ce que je dois dire dans l'in-
térêt de l'Espagne et de la colonisation.
Tout le monde aura été choqué de ce que nous pourrions
appeler le peu d'empressement — certains diront la peur
du gouvernement — à accepter l'interpellation ou à indi-
quer la date à laquelle je devais la développer. Tantôt il
etait inopportun et antipatriotique de parler de cette ques-
tion-là, nos troupes poursuivaient leur œuvre en Afrique ;
on ne possédait pas ici d'informations digne de foi, les
journaux exagéraient ; quant à nous, nous étions en quel-
que sorte des agitateurs qui sans raison aucune et avec un
oubli incontestable des attributions normales du Parle-
ment voulions obliger le gouvernement à traiter une ques-
tion qui, par patriotisme, devàit être débattue au moment
opportun; tantôt c'était la maladie d'un des très dignes
membres du gouvernement, ce qui nous obligeait à différer
notre action, à garder le silence ; enfin cette attitude que
j'ai qualifiée et que je- continue de qualifier de fuite du
gouvernement et qui nous a lâchés avec notre'interpella-
tion annoncée et acceptée mais qui ne pouvait être déve-
loppée, alors que M. Silvela invoquait dans des termes
pittoresques l'inévitable effet des vacances d'été. Nous en
sommes là et quand j'ai appris que la présidence de la
Chambre avait, je ne sais si c'était officieusement ou non,
déclaré à la presse qu'il n'y avait ni question annoncée, ni
interpellation annoncée, j'ai dû prendre la parole 4e pre-
mier jour de cette session des Cortès pour dire :
L interpellation sur le Maroc est réellement annoncée et
acceptée ; je suis prêt à la développer et M. le président du
Conseil des ministres m'a dit que je pourrais le faire alors.
En ce moment-là, sans aucune donnée, sans aucun docu-
ment, je me disposai à développer mon interpellation. Pour
me montrer accommodant et accéder aux demandes et
invitations de MM. le président du Conseil et le président
de la Chambre, j'ai dû ajourner l'interpellation jusqu'au
jour où pouvaient être ici présents les ministres des Affaires
étrangères et de la Guerre. Je vois à son banc M. le mi-
nistre de la Guerre, digne représentant du gouvernement
et l'heure est venue où je puis faire appel à votre attention
en vous exposant des choses du Maroc qui sont toutes
typiques et qui toutes viennent corroborer notre thèse ; la
thrse qu'ont soutenue les gauches par l'éloquent organe
de M. Rodés, en donnant la seule solution qui nous parût
compatible avec les intérêts et les besoins de l'Espagne et
mème avec la dignité nationale : à savoir l'abandon absolu
de toute la zone de protectorat qni nous a été attribuée,
nous ne savons par quel traité, ni en vertu de quelle con-
vention internationale que vous nous avez cachés jusqu'à
maintenant.
Ce que j'ai à dire au sujet de la politique internationale
relative au Maroc, ne se rapporte pas seulement à celle de
ce gouvernement-ci, mais à celle du gouvernement con-
servateur précédent; à celle de l'ancien gouvernement
libéral et à celle de tous les gouvernements qui se sont
succédé depuis que nous avons pénétré en Afrique avec
des intentions civilisatrices. Des intentions civilisatrices à
nous qui, dans les endroits où nous dominons depuis des
siècles, n'avons pu jusqu'à ce jour organiser les institu-
tions civiles, parce que nous n'avons pas établi YAyunta-
rniento, qui est la règle et le modèle de toutes les munici-
palités espagnoles, et nous avons si bien échoué que l'on
est parvenu de temps à autre seulement par une gracieuse
concession du gouvernement à faire enfin intervenir les
représentants des forces non militaires dans ces fameuses
assemblées administratives!
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