Titre : L'Afrique française : bulletin mensuel du Comité de l'Afrique française et du Comité du Maroc
Auteur : Comité de l'Afrique française. Auteur du texte
Auteur : Comité du Maroc (Paris). Auteur du texte
Éditeur : Comité de l'Afrique française (Paris)
Date d'édition : 1916-01-01
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32683501s
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 01 janvier 1916 01 janvier 1916
Description : 1916/01/01 (N1)-1916/12/31 (N12). 1916/01/01 (N1)-1916/12/31 (N12).
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k98041485
Source : CIRAD, 2017-132476
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/11/2017
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- SOMMAIRE
- Nos 1 et 2
- N° 4
- N° 5
- N° 6
- N° 7
- Nos 8 et 9
- Nos 10 à 12
RENSEIGNEMENTS COLONIAUX
primé l'influence même du derdé Chaffani, ne
pouvait manquer d'exercer la plus heureuse in-
fluence dans tout l'ensemble du massif tibestien.
Malheureusement, l'autorité d'un chef toubbou,
même d'importance, perdait en se ralliant à la
cause française une partie du poids qu'elle avait
acquis au service de la grande piraterie sur les
professionnels pillards, en grande partie réfugiés
sur les confins éloignés du massif tibestien et
particulièrement vers le Sud tripolitain que
l'occupation précaire italienne n'avait encore pu
soustraire à l'anarchie.
Malgré tout, la soumission de Zettini assurait la
tranquillité du versant ouest et constituait un
gage précieux de sécurité pour les communica-
tions de Bardaï avec Zouar et le Kaouar.
Retour au Kaouar. — Le 14 octobre, le chef
de bataillon quittait Zaouar avec la section méha-
riste Roucaud etGamory-Dubourdeau et atteignait
Bilma, le 1er novembre.
Il y trouvait des ordres du commandant du
Territoire relatifs à l'organisation provisoire d'un
cercle Kaouar-Tibesti sur les nouvelles bases
résultant de notre occupation (1).
Après avoir fixé les détails de cette organi-
sation, préparé tous les mouvements de relève et
dirigé sur N'Guigmi les effectifs immédiatement
disponibles, le chef de bataillon réglait les condi-
tions de ravitaillement des postes.
Dès l'arrivée de l'azalaï d'Azbin à Bilma, le
26 novembre, les deux sections méharistes, main-
tenues dans la circonscription provisoire, étaient
reconstituées, tant en personnel qu'en animaux, et
le convoi de ravitaillement pour le Tibesti
formé.
Enfin des instructions de détails étaient laissées
au commandant de la circonscription au sujet de
la conduite particulièrement délicate de ce convoi
jusqu'à Bardaï et du renvoi à Zinder de la section
d'artillerie.
Retour il Zinder. — Le 6 décembre, le chef de
bataillon quittait Bilma par retour de l'azalaï,
arrivait à¡Agadez, le 21, et était de retour à Zinder,
le 6 janvier 1915.
Conclusions.
En résumé, la colonne du Tibesti, répondant au
programme qui lui a été fixé, a assuré, malgré
les difficultés de toute nature accumulées devant
elle, l'occupation des deux versants du Tou par la
création de deux postes solides à Zaouar et à
Bardaï.
Des reconnaissances nombreuses, faites en dépit
des charges du service de l'arrière et des préoc-
cupations constantes du ravitaillement, nous ont
révélé les particularités d'un massif de configu-
ration exceptionnelle et pour ainsi dire totalement
inconnu. Nos détachements, en traquant sans
relâche une population, foncièrement hostile à
notre pénétration, jusque dans ses repaires les
plus difficilement accessibles de la montagne, ont
(t) Voir Attique française, 1916, p. 55 et p. 104.
déterminé la soumission lente, mais continue des
groupements que divers intérêts attachaient
malgré tout à un sol ingrat.
Ces soumissions arrachées d'abord une à une,
famille par famille, d'enneri en enneri, de rocher
en rocher, ont nécessité, de la part de tous, des
efforts constamment renouvelés que n'ont rebutés
ni les fatigues, ni les privations, ni le climat.
La résistance sur le versant oriental par Maï
Chaffani a été brisée à Aozou, le bloc toubbou
réfractaire désagrégé. Le derdé, irrémédiablement
atteint dans son prestige et serré de près par nos
troupes, s'est vu contraint d'abandonner la partie
et de se retirer à Koufra.
Il en est résulté un revirement d'opinion qui
s'est traduit par la soumission des chefs réputés
comme Hallaffi et Zettini.
Mais la majeure partie de la population tibes-
tienne s'est, en définitive, ralliée à la cause fran-
çaise en abandonnant entre nos mains environ
250 fusils dont plus de 100 à tir rapide ; un bon
nombre de réfractaires, professionnels du pillage,
ont dû cesser de tirer parti de toutes occasions
pour exercer leur coupable industrie.
Dans un pays de montagne aussi vaste, aussi
difficile d'accès, où le dissident échappe à nos
reconnaissances avec une aisance, une désinvol-
ture souvent déconcertantes et où il est souvent
assuré de trouver des appuis secrets, la pacifica-
tion et l'ordre comportent nécessairement du
temps et de la persévérance.
Ce n'est pas en un an d'une occupation si
vigilante, si active qu'elle soit, qu'on peut parve-
nir à réduire en totalité une population jusque-
là indépendante, sans solidarité même familiale,
aux instincts pillards séculaires et vivant dispersée
demi-nomade à travers le fouillis inextricable
de ses massifs rocheux et de ses enneris.
Aussi bien nos sections méharistes trouveront
encore longtemps à s'employer pour assurer à
nos lignes caravanières la sécurité dont elles ont
besoin.
Chef de bataillon LÔFLER,
de l'infanterie coloniale, commandant la colcnne.
Li COURE DU (MR«
RAPPORTS
des généraux anglais DOBELL et CUNLIFFE (1)
Au Secrétaire d'État pour la Guerre.
Quartier général, Cameroun, 1er mars 1916.
J'ai l'honneur de vous présenter le résumé des opérations
faites par les forces alliées sous mon commandement pen-
dant la période comprise entre la capitulation de Douala
(27 septembre i&i4) et la fin des opérations actives.
Je me suis efforcé dans ce rapport de maintenir un juste
(1) Publiés dans The London Gazette (foutth supplement) du
30 mai 1916 et traduits in extenso. Voir la carte des opérations
dans l'Afrique française, 1916, p. 190-191.
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primé l'influence même du derdé Chaffani, ne
pouvait manquer d'exercer la plus heureuse in-
fluence dans tout l'ensemble du massif tibestien.
Malheureusement, l'autorité d'un chef toubbou,
même d'importance, perdait en se ralliant à la
cause française une partie du poids qu'elle avait
acquis au service de la grande piraterie sur les
professionnels pillards, en grande partie réfugiés
sur les confins éloignés du massif tibestien et
particulièrement vers le Sud tripolitain que
l'occupation précaire italienne n'avait encore pu
soustraire à l'anarchie.
Malgré tout, la soumission de Zettini assurait la
tranquillité du versant ouest et constituait un
gage précieux de sécurité pour les communica-
tions de Bardaï avec Zouar et le Kaouar.
Retour au Kaouar. — Le 14 octobre, le chef
de bataillon quittait Zaouar avec la section méha-
riste Roucaud etGamory-Dubourdeau et atteignait
Bilma, le 1er novembre.
Il y trouvait des ordres du commandant du
Territoire relatifs à l'organisation provisoire d'un
cercle Kaouar-Tibesti sur les nouvelles bases
résultant de notre occupation (1).
Après avoir fixé les détails de cette organi-
sation, préparé tous les mouvements de relève et
dirigé sur N'Guigmi les effectifs immédiatement
disponibles, le chef de bataillon réglait les condi-
tions de ravitaillement des postes.
Dès l'arrivée de l'azalaï d'Azbin à Bilma, le
26 novembre, les deux sections méharistes, main-
tenues dans la circonscription provisoire, étaient
reconstituées, tant en personnel qu'en animaux, et
le convoi de ravitaillement pour le Tibesti
formé.
Enfin des instructions de détails étaient laissées
au commandant de la circonscription au sujet de
la conduite particulièrement délicate de ce convoi
jusqu'à Bardaï et du renvoi à Zinder de la section
d'artillerie.
Retour il Zinder. — Le 6 décembre, le chef de
bataillon quittait Bilma par retour de l'azalaï,
arrivait à¡Agadez, le 21, et était de retour à Zinder,
le 6 janvier 1915.
Conclusions.
En résumé, la colonne du Tibesti, répondant au
programme qui lui a été fixé, a assuré, malgré
les difficultés de toute nature accumulées devant
elle, l'occupation des deux versants du Tou par la
création de deux postes solides à Zaouar et à
Bardaï.
Des reconnaissances nombreuses, faites en dépit
des charges du service de l'arrière et des préoc-
cupations constantes du ravitaillement, nous ont
révélé les particularités d'un massif de configu-
ration exceptionnelle et pour ainsi dire totalement
inconnu. Nos détachements, en traquant sans
relâche une population, foncièrement hostile à
notre pénétration, jusque dans ses repaires les
plus difficilement accessibles de la montagne, ont
(t) Voir Attique française, 1916, p. 55 et p. 104.
déterminé la soumission lente, mais continue des
groupements que divers intérêts attachaient
malgré tout à un sol ingrat.
Ces soumissions arrachées d'abord une à une,
famille par famille, d'enneri en enneri, de rocher
en rocher, ont nécessité, de la part de tous, des
efforts constamment renouvelés que n'ont rebutés
ni les fatigues, ni les privations, ni le climat.
La résistance sur le versant oriental par Maï
Chaffani a été brisée à Aozou, le bloc toubbou
réfractaire désagrégé. Le derdé, irrémédiablement
atteint dans son prestige et serré de près par nos
troupes, s'est vu contraint d'abandonner la partie
et de se retirer à Koufra.
Il en est résulté un revirement d'opinion qui
s'est traduit par la soumission des chefs réputés
comme Hallaffi et Zettini.
Mais la majeure partie de la population tibes-
tienne s'est, en définitive, ralliée à la cause fran-
çaise en abandonnant entre nos mains environ
250 fusils dont plus de 100 à tir rapide ; un bon
nombre de réfractaires, professionnels du pillage,
ont dû cesser de tirer parti de toutes occasions
pour exercer leur coupable industrie.
Dans un pays de montagne aussi vaste, aussi
difficile d'accès, où le dissident échappe à nos
reconnaissances avec une aisance, une désinvol-
ture souvent déconcertantes et où il est souvent
assuré de trouver des appuis secrets, la pacifica-
tion et l'ordre comportent nécessairement du
temps et de la persévérance.
Ce n'est pas en un an d'une occupation si
vigilante, si active qu'elle soit, qu'on peut parve-
nir à réduire en totalité une population jusque-
là indépendante, sans solidarité même familiale,
aux instincts pillards séculaires et vivant dispersée
demi-nomade à travers le fouillis inextricable
de ses massifs rocheux et de ses enneris.
Aussi bien nos sections méharistes trouveront
encore longtemps à s'employer pour assurer à
nos lignes caravanières la sécurité dont elles ont
besoin.
Chef de bataillon LÔFLER,
de l'infanterie coloniale, commandant la colcnne.
Li COURE DU (MR«
RAPPORTS
des généraux anglais DOBELL et CUNLIFFE (1)
Au Secrétaire d'État pour la Guerre.
Quartier général, Cameroun, 1er mars 1916.
J'ai l'honneur de vous présenter le résumé des opérations
faites par les forces alliées sous mon commandement pen-
dant la période comprise entre la capitulation de Douala
(27 septembre i&i4) et la fin des opérations actives.
Je me suis efforcé dans ce rapport de maintenir un juste
(1) Publiés dans The London Gazette (foutth supplement) du
30 mai 1916 et traduits in extenso. Voir la carte des opérations
dans l'Afrique française, 1916, p. 190-191.
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