Titre : L'Afrique française : bulletin mensuel du Comité de l'Afrique française et du Comité du Maroc
Auteur : Comité de l'Afrique française. Auteur du texte
Auteur : Comité du Maroc (Paris). Auteur du texte
Éditeur : Comité de l'Afrique française (Paris)
Date d'édition : 1916-01-01
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32683501s
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 01 janvier 1916 01 janvier 1916
Description : 1916/01/01 (N1)-1916/12/31 (N12). 1916/01/01 (N1)-1916/12/31 (N12).
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k98041485
Source : CIRAD, 2017-132476
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/11/2017
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- SOMMAIRE
- Nos 1 et 2
- N° 4
- N° 5
- N° 6
- N° 7
- Nos 8 et 9
- Nos 10 à 12
IIIMIIIIIÎTI MMM\
ET
DOCUMENTS
PUBLIÉS PAR
LE COITE DE L'AFRIQUE FRANÇAISE ET LE COMITÉ DU MAROC
SOMMAIRE
LA RÉORGANISATION DU GOUVERNE-
MENT MAROCAIN. — HENRI GAILLARD, secrétaire
général du Gouvernement chérifien 153
LA CONFÉRENCE INTERPARLEMENT AIRE
DES ALLIÉS 171
LA TUNISIE PENDANT LA GUERRE 111
Chronique de l'armée coloniale 171
Renseignements divers 171
Bibliographie , ........................ "" ......., 171
La Réorganisation
DU
Gouvernement Marocain
Le Maroc et le Protectorat.
Les événements historiques qui marquèrent la
fin du règne de Moulay Hafid et provoquèrent
l'envoi du général Lyautey au Maroc sont trop
récents pour qu'il soit utile de les rappeler aux
lecteurs du Bulletin. Mais il est nécessaire, pour
comprendre l'organisation du Protectorat et se
rendre compte des difficultés que nous avons eu
à surmonter, de se souvenir de ce qu'étaient le
Makhzen et la situation intérieure du Maroc au
moment de l'installation du régime actuel.
Il vient naturellement à l'esprit de faire un
rapprochement entre le Maroc et notre autre Pro-
tectorat de l'Afrique du Nord, la Tunisie. L'état
de ces deux pays, avant notre occupation, présen-
tait pourtant des différences profondes. La Tuni-
sie était une ancienne province turque, dont le
gouverneur, le bey, s'était peu à peu rendu indé-
pendant. Mais elle avait conservé de l'occupation
ottomane une administration, qui, bien qu'im-
parfaite, s'exerçait assez uniformément sur l'en-
semble de son territoire. Tout autre était la
situation des sultans marocains; ils succèdèrent
directement aux dynasties lointaines des Almora-
vides, des Almohades et des Merinides qui, de
Fez et Marrakech, dominaient l'Algérie et une
partie de l'Espagne. En se réduisant au Maroc
proprement dit, leur Empire n'avait jamais
perdu son indépendance, non seulement son indé-
pendance politique, mais son indépendance reli-
gieuse. Les sultans du Maroc, en effet, étaient
khalifas de l'Islam, c'est-à-dire commandeurs des
Croyants, comme le sultan de Constantinople.
Mais ils étaient chérifs, c'est-à-dire descendants
du Prophète, ce qui leur permettait de dire qu'ils
étaient les seuls khalifes légitimes, car le chef de
l'Islam, d'après la théorie islamique, doit des-
cendre du Prophète ou tout au moins de la tribu
arabe de Quoreich, ce à quoi ne peuvent pré-
tendre les sultans d'origine turque. 0
Le Maroc était donc un état théocratique et
souverain, jalousement indépendant et terme à
toute influence extérieure; mais, à l'intérieur,
son gouvernement, le vieux Makhzen, était sin-
gulièrement faible et ne maintenait son autorité
que par une politique d'équilibre fort compliquée
entre les diverses tribus de l'Empire.
Son autorité était loin de s'étendre à tout le
pays. Celui-ci se divisait en pays soumis et insou-
mis (Bled Makhzen et Bled- Siba). Le pays soumis
comprenait les grandes villes de l'intérieur et les
régions avoisinantes, les grandes plaines de l'At-
lantique, c'est-à-dire le Gharb, la Chaouïa et le
Haouz; le reste était presque entièrement insou-
mis. Naturellement le Bled el Makhzen et le Bled
Siba n'étaient pas séparés par une limite précise
et rigide. Lorsqu'un sultan avait su acquérir plus
d'autorité, les territoires soumis devenaient plus
étendus ; quand au contraire le pouvoir central
s'affaiblissait, les tribus soumises avaient une
tendance à rejeter son autorité. Mais il faut
remarquer que l'autorité religieuse du sultan
n'était contestée nulle part: le Bled Siba recon-
naissait toujours le sultan comme chef de la com-
Supplément a 1 Afrique Française de juin 1916.
ET
DOCUMENTS
PUBLIÉS PAR
LE COITE DE L'AFRIQUE FRANÇAISE ET LE COMITÉ DU MAROC
SOMMAIRE
LA RÉORGANISATION DU GOUVERNE-
MENT MAROCAIN. — HENRI GAILLARD, secrétaire
général du Gouvernement chérifien 153
LA CONFÉRENCE INTERPARLEMENT AIRE
DES ALLIÉS 171
LA TUNISIE PENDANT LA GUERRE 111
Chronique de l'armée coloniale 171
Renseignements divers 171
Bibliographie , ........................ "" ......., 171
La Réorganisation
DU
Gouvernement Marocain
Le Maroc et le Protectorat.
Les événements historiques qui marquèrent la
fin du règne de Moulay Hafid et provoquèrent
l'envoi du général Lyautey au Maroc sont trop
récents pour qu'il soit utile de les rappeler aux
lecteurs du Bulletin. Mais il est nécessaire, pour
comprendre l'organisation du Protectorat et se
rendre compte des difficultés que nous avons eu
à surmonter, de se souvenir de ce qu'étaient le
Makhzen et la situation intérieure du Maroc au
moment de l'installation du régime actuel.
Il vient naturellement à l'esprit de faire un
rapprochement entre le Maroc et notre autre Pro-
tectorat de l'Afrique du Nord, la Tunisie. L'état
de ces deux pays, avant notre occupation, présen-
tait pourtant des différences profondes. La Tuni-
sie était une ancienne province turque, dont le
gouverneur, le bey, s'était peu à peu rendu indé-
pendant. Mais elle avait conservé de l'occupation
ottomane une administration, qui, bien qu'im-
parfaite, s'exerçait assez uniformément sur l'en-
semble de son territoire. Tout autre était la
situation des sultans marocains; ils succèdèrent
directement aux dynasties lointaines des Almora-
vides, des Almohades et des Merinides qui, de
Fez et Marrakech, dominaient l'Algérie et une
partie de l'Espagne. En se réduisant au Maroc
proprement dit, leur Empire n'avait jamais
perdu son indépendance, non seulement son indé-
pendance politique, mais son indépendance reli-
gieuse. Les sultans du Maroc, en effet, étaient
khalifas de l'Islam, c'est-à-dire commandeurs des
Croyants, comme le sultan de Constantinople.
Mais ils étaient chérifs, c'est-à-dire descendants
du Prophète, ce qui leur permettait de dire qu'ils
étaient les seuls khalifes légitimes, car le chef de
l'Islam, d'après la théorie islamique, doit des-
cendre du Prophète ou tout au moins de la tribu
arabe de Quoreich, ce à quoi ne peuvent pré-
tendre les sultans d'origine turque. 0
Le Maroc était donc un état théocratique et
souverain, jalousement indépendant et terme à
toute influence extérieure; mais, à l'intérieur,
son gouvernement, le vieux Makhzen, était sin-
gulièrement faible et ne maintenait son autorité
que par une politique d'équilibre fort compliquée
entre les diverses tribus de l'Empire.
Son autorité était loin de s'étendre à tout le
pays. Celui-ci se divisait en pays soumis et insou-
mis (Bled Makhzen et Bled- Siba). Le pays soumis
comprenait les grandes villes de l'intérieur et les
régions avoisinantes, les grandes plaines de l'At-
lantique, c'est-à-dire le Gharb, la Chaouïa et le
Haouz; le reste était presque entièrement insou-
mis. Naturellement le Bled el Makhzen et le Bled
Siba n'étaient pas séparés par une limite précise
et rigide. Lorsqu'un sultan avait su acquérir plus
d'autorité, les territoires soumis devenaient plus
étendus ; quand au contraire le pouvoir central
s'affaiblissait, les tribus soumises avaient une
tendance à rejeter son autorité. Mais il faut
remarquer que l'autorité religieuse du sultan
n'était contestée nulle part: le Bled Siba recon-
naissait toujours le sultan comme chef de la com-
Supplément a 1 Afrique Française de juin 1916.
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