Titre : L'Afrique française : bulletin mensuel du Comité de l'Afrique française et du Comité du Maroc
Auteur : Comité de l'Afrique française. Auteur du texte
Auteur : Comité du Maroc (Paris). Auteur du texte
Éditeur : Comité de l'Afrique française (Paris)
Date d'édition : 1916-01-01
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32683501s
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 01 janvier 1916 01 janvier 1916
Description : 1916/01/01 (N1)-1916/12/31 (N12). 1916/01/01 (N1)-1916/12/31 (N12).
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k98041485
Source : CIRAD, 2017-132476
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/11/2017
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- SOMMAIRE
- Nos 1 et 2
- N° 4
- N° 5
- N° 6
- N° 7
- Nos 8 et 9
- Nos 10 à 12
BULLETIN DU COMITÉ DE L'AFRIQUE FRANÇAISE
Et la conclusion de tous ces travaux a été la
suivante :
Il n'y a aucune raison d'imposer aux Berbères
une loi nouvelle, serait-ce la loi musulmane. Ce
serait contraire au génie français qui respecte
chez les populations qu'il couvre de son drapeau
tout ce qui touche au domaine de la conscience.
Ce serait i m politique aussi, car ainsi que le faittrès
justement remarquerM.Bruno, le docteur en droit
qui étudie ces questions, les coutumes berbères
sont plus souvent en harmonie avec l'esprit de
notre code que les lois de l'Islam. Ce serait vou-
loir faire plus que l'ancien Makhzen qui a re-
noncé depuis longtemps à imposer aux Berbères
la loi officielle de l'Etat, plus que Moulay Hassan,
le dernier des grands sultans d'avant le Protec-
torat, qui, pour avoir la soumission des gens
du Sous, dut reconnaître leurs coutumes et leur
en laisser l'usage..
Mais dans cette voie nous ne pouvons cepen-
dant aller plus loin que de raison. Nous ne pou-
vons laisser aux Berbères leur organisation poli-
tique ancestrale. Elle est plus que démocratique;
elle confine à cette forme de démagogie que
presque plus rien ne sépare de l'anarchie ; les
tribus berbères auront donc comme les autres
des chefs, des caïds, des amels, des chioukh. On
les choisira parmi les gens à poigne qu'il faut
pour commander à ces lurons.
Ces chefs auront la même compétence que
ceux des tribus arabes; ils jugeront sous notre
contrôle, mais suivant la coutume, et les Berbères
n'auront rien à dire puisque c'est cela qu'ils de-
mandent. Ainsi sera sauvegardé le principe qui
doit rester intact de l'autorité du sultan soutenue
par la nôtre.
Par contre, nous laisserons aux Berbères tout
leur droit civil. Nous contrôlerons seulement d'une
,façon précise et continue l'usage qui en sera fait.
Les'actes qui en résulteront, comme ceux consta-
tant des transactions intervenues hors de toute
instance, seront passés et enregistrés en français.
Le berbère en effet ne s'écrit pas et, puisque
l'indigène intéressé est obligé d'admettre que
l'acte qui le concerne doit être écrit dans une
langue étrangère, il lui est indifférent qu'il le
soit en français ou en arabe.
Il ne nous est pas indifférent à nous qu'il le
soit dans notre langue, car ce sera pour ceux de
nos compatriotes qui auront des affaires avec
ces populations une appréciable sécurité.
Voici, Messieurs, toute l'économie du système
que le Protectorat, sous la haute impulsion de
son chef, le général Lyautey, instaure dans les
tribus de coutume berbère.
Ce n'est, vous le voyez, qu'un simple procédé de
gouvernement base sur la logique. C'est un effet
de notre souple et libéral génie français qui sait
se ployer à toutes les nécessités et respecter tous
les droits.
Aussi faut il bien se garder de donner à cette
réglementation l'importance d'un changement de
méthode ou de politique ou de la taxer d'inno-
vation.
Les sultans ont toujours eu à l'égard des popu-
lations berbères — certes un peu par la force des
choses — une politique très libérale.
Ils ne leur ont jamais imposé de changer de
loi.
Nous ne faisons que suivre cette politique en
en régularisant les rouages.
Et ainsi, loin de diminuer en quoi que ce soit
l'autorité du sultan, nous l'étendons au contraire
en en diversifiant l'aspect sur toutes les tribus
que nos armes ajoutent à celles qui lui obéis-
saient déjà.
Je vous remercie, Messieurs, de votre longue
patience à m'écouter. Vous y avez eu d'autant
plus de mérite que j'arrive bon dernier d'une
redoutable série de conférenciers.
J'avoue ne pas avoir été aussi bref que je l'avais
promis dans le soin dont j'étais chargé de vous
montrer cette facette nouvelle du kaléidoscope
marocain.
Puissé-je avoir réussi à vous renseigner sur
l'importance des populations berbères qui habi-
tent le Maroc, à vous montrer leur long passé de
luttes et de misères et comment elles sont parve-
nues, malgré de si lourdes vicissitudes, à sauve-
garder leur race, ses aspirations et ses lois !
Vous comprendrez alors combien est prudente
et sage la politique suivie par le général Lyautey
à l'égard de ces populations primitives, et qu'il
n'est pas de meilleur moyen, pour nous les atta-
cher dans l'avenir, que de respecter aujourd'hui
un patrimoine ancestral qu'elles ont si bien dé-
fendu.
Et vous qui en ce moment même défendez avec
acharnement le vôtre, vous applaudirez, j'en suis
sûr, à l'élégance du geste que fait ici la France
de la main experte de son représentant.
LE G LA Y.
RECHERCHES PRÉHISTORIQUES
Dans la région de Safsafat (Maroc)
(OUED M'LOULOU)
Le séjour à Safsafat de la 2e compagnie du 113e
territorial à laquelle j'appartiens, m'a permis de
découvrir dans cette région une importante série
de stations préhistoriques. Mes recherches ont
commencé fin juin 1915 et se sont poursuivies
presque journellement jusqu'en fin septembre
suivant. Les stations parcourues sont situées entre
le bordj d'El Mizen et le poste de Safsafat (1).
(1) La majeure partis des silex taillés que j'ai recueillis au cours
de mes recherches se trouve actuellement à Taza, avec les col-
lections provenant des fouilles archéologiques de cette ville. Je
dois de particuliers remerciements à M. le professeur Louis Gentil et
à M. le commandant Mougin, qui ont bien voulu s'intéresser à mes
recherches et les encourager, ainsi qu'à M. le lieutenant Campardou,
qui s'est chargé bien aimablement de la mise en ordre et de la
présentation de ma collection au musée de Taza.
La présente étude est le résumé d'un mémoire adressé au Ser-
vice des renseignements de Taza en septembre 1915, mémoire qui
sera publié ultérieurement
— 148 —
Et la conclusion de tous ces travaux a été la
suivante :
Il n'y a aucune raison d'imposer aux Berbères
une loi nouvelle, serait-ce la loi musulmane. Ce
serait contraire au génie français qui respecte
chez les populations qu'il couvre de son drapeau
tout ce qui touche au domaine de la conscience.
Ce serait i m politique aussi, car ainsi que le faittrès
justement remarquerM.Bruno, le docteur en droit
qui étudie ces questions, les coutumes berbères
sont plus souvent en harmonie avec l'esprit de
notre code que les lois de l'Islam. Ce serait vou-
loir faire plus que l'ancien Makhzen qui a re-
noncé depuis longtemps à imposer aux Berbères
la loi officielle de l'Etat, plus que Moulay Hassan,
le dernier des grands sultans d'avant le Protec-
torat, qui, pour avoir la soumission des gens
du Sous, dut reconnaître leurs coutumes et leur
en laisser l'usage..
Mais dans cette voie nous ne pouvons cepen-
dant aller plus loin que de raison. Nous ne pou-
vons laisser aux Berbères leur organisation poli-
tique ancestrale. Elle est plus que démocratique;
elle confine à cette forme de démagogie que
presque plus rien ne sépare de l'anarchie ; les
tribus berbères auront donc comme les autres
des chefs, des caïds, des amels, des chioukh. On
les choisira parmi les gens à poigne qu'il faut
pour commander à ces lurons.
Ces chefs auront la même compétence que
ceux des tribus arabes; ils jugeront sous notre
contrôle, mais suivant la coutume, et les Berbères
n'auront rien à dire puisque c'est cela qu'ils de-
mandent. Ainsi sera sauvegardé le principe qui
doit rester intact de l'autorité du sultan soutenue
par la nôtre.
Par contre, nous laisserons aux Berbères tout
leur droit civil. Nous contrôlerons seulement d'une
,façon précise et continue l'usage qui en sera fait.
Les'actes qui en résulteront, comme ceux consta-
tant des transactions intervenues hors de toute
instance, seront passés et enregistrés en français.
Le berbère en effet ne s'écrit pas et, puisque
l'indigène intéressé est obligé d'admettre que
l'acte qui le concerne doit être écrit dans une
langue étrangère, il lui est indifférent qu'il le
soit en français ou en arabe.
Il ne nous est pas indifférent à nous qu'il le
soit dans notre langue, car ce sera pour ceux de
nos compatriotes qui auront des affaires avec
ces populations une appréciable sécurité.
Voici, Messieurs, toute l'économie du système
que le Protectorat, sous la haute impulsion de
son chef, le général Lyautey, instaure dans les
tribus de coutume berbère.
Ce n'est, vous le voyez, qu'un simple procédé de
gouvernement base sur la logique. C'est un effet
de notre souple et libéral génie français qui sait
se ployer à toutes les nécessités et respecter tous
les droits.
Aussi faut il bien se garder de donner à cette
réglementation l'importance d'un changement de
méthode ou de politique ou de la taxer d'inno-
vation.
Les sultans ont toujours eu à l'égard des popu-
lations berbères — certes un peu par la force des
choses — une politique très libérale.
Ils ne leur ont jamais imposé de changer de
loi.
Nous ne faisons que suivre cette politique en
en régularisant les rouages.
Et ainsi, loin de diminuer en quoi que ce soit
l'autorité du sultan, nous l'étendons au contraire
en en diversifiant l'aspect sur toutes les tribus
que nos armes ajoutent à celles qui lui obéis-
saient déjà.
Je vous remercie, Messieurs, de votre longue
patience à m'écouter. Vous y avez eu d'autant
plus de mérite que j'arrive bon dernier d'une
redoutable série de conférenciers.
J'avoue ne pas avoir été aussi bref que je l'avais
promis dans le soin dont j'étais chargé de vous
montrer cette facette nouvelle du kaléidoscope
marocain.
Puissé-je avoir réussi à vous renseigner sur
l'importance des populations berbères qui habi-
tent le Maroc, à vous montrer leur long passé de
luttes et de misères et comment elles sont parve-
nues, malgré de si lourdes vicissitudes, à sauve-
garder leur race, ses aspirations et ses lois !
Vous comprendrez alors combien est prudente
et sage la politique suivie par le général Lyautey
à l'égard de ces populations primitives, et qu'il
n'est pas de meilleur moyen, pour nous les atta-
cher dans l'avenir, que de respecter aujourd'hui
un patrimoine ancestral qu'elles ont si bien dé-
fendu.
Et vous qui en ce moment même défendez avec
acharnement le vôtre, vous applaudirez, j'en suis
sûr, à l'élégance du geste que fait ici la France
de la main experte de son représentant.
LE G LA Y.
RECHERCHES PRÉHISTORIQUES
Dans la région de Safsafat (Maroc)
(OUED M'LOULOU)
Le séjour à Safsafat de la 2e compagnie du 113e
territorial à laquelle j'appartiens, m'a permis de
découvrir dans cette région une importante série
de stations préhistoriques. Mes recherches ont
commencé fin juin 1915 et se sont poursuivies
presque journellement jusqu'en fin septembre
suivant. Les stations parcourues sont situées entre
le bordj d'El Mizen et le poste de Safsafat (1).
(1) La majeure partis des silex taillés que j'ai recueillis au cours
de mes recherches se trouve actuellement à Taza, avec les col-
lections provenant des fouilles archéologiques de cette ville. Je
dois de particuliers remerciements à M. le professeur Louis Gentil et
à M. le commandant Mougin, qui ont bien voulu s'intéresser à mes
recherches et les encourager, ainsi qu'à M. le lieutenant Campardou,
qui s'est chargé bien aimablement de la mise en ordre et de la
présentation de ma collection au musée de Taza.
La présente étude est le résumé d'un mémoire adressé au Ser-
vice des renseignements de Taza en septembre 1915, mémoire qui
sera publié ultérieurement
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