Titre : L'Afrique française : bulletin mensuel du Comité de l'Afrique française et du Comité du Maroc
Auteur : Comité de l'Afrique française. Auteur du texte
Auteur : Comité du Maroc (Paris). Auteur du texte
Éditeur : Comité de l'Afrique française (Paris)
Date d'édition : 1916-01-01
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32683501s
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 01 janvier 1916 01 janvier 1916
Description : 1916/01/01 (N1)-1916/12/31 (N12). 1916/01/01 (N1)-1916/12/31 (N12).
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k98041485
Source : CIRAD, 2017-132476
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/11/2017
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- SOMMAIRE
- Nos 1 et 2
- N° 4
- N° 5
- N° 6
- N° 7
- Nos 8 et 9
- Nos 10 à 12
RENSEIGNEMENTS COLONIAUX
LA RÉGENCE DE TUNIS
PENDANT LA GUERRE
The Christian Science Monitor, qui s'édite à
Londres, a publié, dans son numéro du 24 février
dernier, un article intéressant dont voici la tra-
duction :
Depuis le commencement de la guerre la Tunisie a fait
peu parler d'elle, si ce n'est qu'elle a envoyé à l'armée
française les plus solides bataillons de sa colonie.
La Tunisie mérite d'être étudiée tant au point de vue de
l'effort qu'elle a fourni en faveur de la France, que de la
capacité à coloniser et à administrer les indigènes dont a
fait preuve son administration. Celle-ci avait déjà établi sa
réputation sous ce rapport avant la guerre et, depuis, elle
a prouvé qu'au milieu de la crise la plus formidable qu'ait
enregistrée l'histoire, elle était capable de poursuivre son
œuvre et d'en faire bénéticier ses protégés.
C'est là une constatation faite et appréciée à sa valeur
par les sujets africains : témoin ces paroles qui le prouvent,
que l'on trouve dans la bouche d'un délégué de l'extrême-
sud tunisien qui a dit : « Nous ne regrettons pas les sacri-
fices que nous a imposés celte guerre, où il y a beaucoup
de gloire et d'honneur à combattre pour la France. Tout ce
que nous avons fait pour elle.est trop peu en comparaison
de ce qu'elle a fait pour nous. »
Il n'y a pas que ce témoignage, il en est d'autres émanant
de voyageurs qui reviennent de la Régence et tous déclarent
que l'immense majorité des musulmans est de plus en plus
convaincue qu'il est de leur propre intérêt d'avoir le plus
grand attachement vis-à-vis du pays capable de les proté-
ger en temps de paix.
Que cette protection ait été nécessaire au mois d'août 1914,
un article récent du Temps l'a démontré. Juste à cette
époque, la Tunisie avait été mise par une série de séche-
resse à deux doigts de la famine. Maintenant non seulement
la famine est écartée, mais encore la colonie prend une
part importante et vigoureuse à la défense nationale, et elle
a souscrit 36 millions de francs pour l'emprunt national.
Les meilleurs résultats ont été obtenus grâce au décret du
21 septembre 1914, qui a prévu un emprunt destiné au ra-
vitaillement de la colonie et qui est alimenté par les
réserves de la Trésorerie et par une avance de la Banque
de l'Algérie. Fixé tout d'abord à une somme de 15 millions
de francs, il s'est élevé à 30. Si l'on n'avait pas eu recours
aux fonds de réserve et à l'emprunt, il n'est pas douteux
que la situation serait restée très grave et il eut été néces-
saire de recourir à des mesures extrêmes qui eussent ris-
qué de déchaîner une crise.
Au 30 novembre de l'année dernière, l'emprunt avait pu
fournir aux indigènes des semences pour une valeur de
6.500.000 francs et dés provisions pour 5 millions. Les So-
ciétés de prévoyance indigènes ont servi d'intermédiaire
entre l'Etat et les bénéficiaires.
Grâce aux ressources extraordinaires mises à sa disposi-
tion, le Gouvernement a été en mesure de venir en aide à
600.000 indigènes qui ont été secourus jusqu'à la période
de préparation de la nouvelle moisson qu'ils ont pu effec-
tuer dans des conditions satisfaisantes. Les conditions du
remboursement ont élé calculées de façon à laisser aux
débiteurs tout le temps nécessaire pour s'acquitter.
L'emprunt a également servi à la Tunisie à s'approvi-
sionner en blé, il en a été acheté pour 3 millions 700.000 fr.
qui ont été revendus à la population.
Dès le commencement des hostilités on a réquisitionné
tout le pétrole qu'on a pu trouver dans le pays, là encore
l'approvisionnement en cet article a été assuré par les
fonds de l'emprunt. On a opéré de même pour le sucre,
article essentiel à l'alimentation.
Parmi les autres avances en argent il faut faire mention
d'un demi-million provenant des Sociétés privées et des
administrations publiques qui se sont utilement employées,
tant en faveur des industries indigènes que du soldat fran-
- çais. Des matières premières ont été achetées, on les a
données à travailler à des ouvriers et à des femmes indi-
gènes qui en ont fait des couvertures et des vêtements
chauds pour les zouaves et les tirailleurs. Des ateliers ont,
étc ouverts où règne la plus grande activité, et on peut
voir des femmes, qui n'avaient jamais manié une aiguille
de leur vie, travailler avec ardeur. On a ainsi sauvé de la
misère beaucoup de familles tunisiennes,
Au 30 novembre 22.900.000 francs de l'emprunt avaient
trouvé leur emploi. Les intérêts des sommes empruntées
continuent à rentrer à l'exception de ceux afférents à la
somme qui a été dépensée poar nourrir la population au
cours de l'hiver 1914-1915. M. Alapetite, le Résident géné-
ral, a déclaré, lors de l'ouverture de la Conférence consul-
tative, qu'étant données la situation financière du pays et
la bonne récolte de cette année, il espérait que rien ne
viendrait obliger la Tunisie à recourir ni à un emprunt
ni à aucun impôt nouveau avant la fin de la guerre.
LES LIGNITES DE TUNISIE
La propagande lancée par la Chambre de com-
merce de Tunis sur l'opportunité d'exploiter les
gisements de lignites découverts en Tunisie, pour
pallier au coût excessif actuel des charbons de
terre, a déjà porté ses fruits. L'initiative d'une
exploitation de ce genre vient, en effet, d'être
prise par M. Bourbeau, directeur de la Compa-
gnie des tramways de Tunis.
Cette Compagnie est obligée de consommer une
très grande quantité de houille pour actionner
son réseau de tramways et pour fournir la
lumière électrique à Tunis et à la banlieue tuni-
soise.
Sur les indications du Service des Mines,
M. Bourbeau a fait choix d'un gisement situé à
une douzaine de kilomètres à l'Ouest de Menzel-
Temime, au Cap-Bon. Ce gisement, dans l'état
actuel des recherches, comporte de riches affleu-
rements de lignites de 60 à 70 centimètres d'épais-
seur, s'étendant sur plusieurs lignes parallèles,
sur une trentaine de kilomètres. On en organise
l'exploitation; une ligne Decauville de 12 kilo-
mètres ira du gisement à la route de Nabeul-
Kelibia.
Du point de cette route où aboutira le Decau-
ville à Nabeul, soit 50 kilomètres, le transport
s'effectuera au moyen d'arabas; de Nabeul à La
Goulette les lignites seront conduits par la voie
ferrée.
Malgré ces différents transports et la manuten-
tion qu'ils entraînent, le prix de revient de la
tonne de lignite ne dépassera pas 35 à 40 francs.
On voit le grand avantage à tirer de cette exploi-
tation, étant donné que la houille coûte 130 francs
la tonne.
BIBLIOGRAPHIE
Manuel de berbère-marocain (dialecte chleuh), par
le capitaine JUSTINARD, des tirailleurs marocains. 1 vol.
de 164 pages, 3 fr. 50. — Guilmoto, 6, rue de Mézières.
L'étude du berbère jouit au Maroc français d'une faveur spé-
ciale et justifiée. On a trop souvent dit ici combien la connaissance
des langues et même des dialectes était utile à nos fonctionnaires
eL officiers coloniaux pour y revenir. C'est particulièrement vrai
— ii3 —
LA RÉGENCE DE TUNIS
PENDANT LA GUERRE
The Christian Science Monitor, qui s'édite à
Londres, a publié, dans son numéro du 24 février
dernier, un article intéressant dont voici la tra-
duction :
Depuis le commencement de la guerre la Tunisie a fait
peu parler d'elle, si ce n'est qu'elle a envoyé à l'armée
française les plus solides bataillons de sa colonie.
La Tunisie mérite d'être étudiée tant au point de vue de
l'effort qu'elle a fourni en faveur de la France, que de la
capacité à coloniser et à administrer les indigènes dont a
fait preuve son administration. Celle-ci avait déjà établi sa
réputation sous ce rapport avant la guerre et, depuis, elle
a prouvé qu'au milieu de la crise la plus formidable qu'ait
enregistrée l'histoire, elle était capable de poursuivre son
œuvre et d'en faire bénéticier ses protégés.
C'est là une constatation faite et appréciée à sa valeur
par les sujets africains : témoin ces paroles qui le prouvent,
que l'on trouve dans la bouche d'un délégué de l'extrême-
sud tunisien qui a dit : « Nous ne regrettons pas les sacri-
fices que nous a imposés celte guerre, où il y a beaucoup
de gloire et d'honneur à combattre pour la France. Tout ce
que nous avons fait pour elle.est trop peu en comparaison
de ce qu'elle a fait pour nous. »
Il n'y a pas que ce témoignage, il en est d'autres émanant
de voyageurs qui reviennent de la Régence et tous déclarent
que l'immense majorité des musulmans est de plus en plus
convaincue qu'il est de leur propre intérêt d'avoir le plus
grand attachement vis-à-vis du pays capable de les proté-
ger en temps de paix.
Que cette protection ait été nécessaire au mois d'août 1914,
un article récent du Temps l'a démontré. Juste à cette
époque, la Tunisie avait été mise par une série de séche-
resse à deux doigts de la famine. Maintenant non seulement
la famine est écartée, mais encore la colonie prend une
part importante et vigoureuse à la défense nationale, et elle
a souscrit 36 millions de francs pour l'emprunt national.
Les meilleurs résultats ont été obtenus grâce au décret du
21 septembre 1914, qui a prévu un emprunt destiné au ra-
vitaillement de la colonie et qui est alimenté par les
réserves de la Trésorerie et par une avance de la Banque
de l'Algérie. Fixé tout d'abord à une somme de 15 millions
de francs, il s'est élevé à 30. Si l'on n'avait pas eu recours
aux fonds de réserve et à l'emprunt, il n'est pas douteux
que la situation serait restée très grave et il eut été néces-
saire de recourir à des mesures extrêmes qui eussent ris-
qué de déchaîner une crise.
Au 30 novembre de l'année dernière, l'emprunt avait pu
fournir aux indigènes des semences pour une valeur de
6.500.000 francs et dés provisions pour 5 millions. Les So-
ciétés de prévoyance indigènes ont servi d'intermédiaire
entre l'Etat et les bénéficiaires.
Grâce aux ressources extraordinaires mises à sa disposi-
tion, le Gouvernement a été en mesure de venir en aide à
600.000 indigènes qui ont été secourus jusqu'à la période
de préparation de la nouvelle moisson qu'ils ont pu effec-
tuer dans des conditions satisfaisantes. Les conditions du
remboursement ont élé calculées de façon à laisser aux
débiteurs tout le temps nécessaire pour s'acquitter.
L'emprunt a également servi à la Tunisie à s'approvi-
sionner en blé, il en a été acheté pour 3 millions 700.000 fr.
qui ont été revendus à la population.
Dès le commencement des hostilités on a réquisitionné
tout le pétrole qu'on a pu trouver dans le pays, là encore
l'approvisionnement en cet article a été assuré par les
fonds de l'emprunt. On a opéré de même pour le sucre,
article essentiel à l'alimentation.
Parmi les autres avances en argent il faut faire mention
d'un demi-million provenant des Sociétés privées et des
administrations publiques qui se sont utilement employées,
tant en faveur des industries indigènes que du soldat fran-
- çais. Des matières premières ont été achetées, on les a
données à travailler à des ouvriers et à des femmes indi-
gènes qui en ont fait des couvertures et des vêtements
chauds pour les zouaves et les tirailleurs. Des ateliers ont,
étc ouverts où règne la plus grande activité, et on peut
voir des femmes, qui n'avaient jamais manié une aiguille
de leur vie, travailler avec ardeur. On a ainsi sauvé de la
misère beaucoup de familles tunisiennes,
Au 30 novembre 22.900.000 francs de l'emprunt avaient
trouvé leur emploi. Les intérêts des sommes empruntées
continuent à rentrer à l'exception de ceux afférents à la
somme qui a été dépensée poar nourrir la population au
cours de l'hiver 1914-1915. M. Alapetite, le Résident géné-
ral, a déclaré, lors de l'ouverture de la Conférence consul-
tative, qu'étant données la situation financière du pays et
la bonne récolte de cette année, il espérait que rien ne
viendrait obliger la Tunisie à recourir ni à un emprunt
ni à aucun impôt nouveau avant la fin de la guerre.
LES LIGNITES DE TUNISIE
La propagande lancée par la Chambre de com-
merce de Tunis sur l'opportunité d'exploiter les
gisements de lignites découverts en Tunisie, pour
pallier au coût excessif actuel des charbons de
terre, a déjà porté ses fruits. L'initiative d'une
exploitation de ce genre vient, en effet, d'être
prise par M. Bourbeau, directeur de la Compa-
gnie des tramways de Tunis.
Cette Compagnie est obligée de consommer une
très grande quantité de houille pour actionner
son réseau de tramways et pour fournir la
lumière électrique à Tunis et à la banlieue tuni-
soise.
Sur les indications du Service des Mines,
M. Bourbeau a fait choix d'un gisement situé à
une douzaine de kilomètres à l'Ouest de Menzel-
Temime, au Cap-Bon. Ce gisement, dans l'état
actuel des recherches, comporte de riches affleu-
rements de lignites de 60 à 70 centimètres d'épais-
seur, s'étendant sur plusieurs lignes parallèles,
sur une trentaine de kilomètres. On en organise
l'exploitation; une ligne Decauville de 12 kilo-
mètres ira du gisement à la route de Nabeul-
Kelibia.
Du point de cette route où aboutira le Decau-
ville à Nabeul, soit 50 kilomètres, le transport
s'effectuera au moyen d'arabas; de Nabeul à La
Goulette les lignites seront conduits par la voie
ferrée.
Malgré ces différents transports et la manuten-
tion qu'ils entraînent, le prix de revient de la
tonne de lignite ne dépassera pas 35 à 40 francs.
On voit le grand avantage à tirer de cette exploi-
tation, étant donné que la houille coûte 130 francs
la tonne.
BIBLIOGRAPHIE
Manuel de berbère-marocain (dialecte chleuh), par
le capitaine JUSTINARD, des tirailleurs marocains. 1 vol.
de 164 pages, 3 fr. 50. — Guilmoto, 6, rue de Mézières.
L'étude du berbère jouit au Maroc français d'une faveur spé-
ciale et justifiée. On a trop souvent dit ici combien la connaissance
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