Titre : L'Afrique française : bulletin mensuel du Comité de l'Afrique française et du Comité du Maroc
Auteur : Comité de l'Afrique française. Auteur du texte
Auteur : Comité du Maroc (Paris). Auteur du texte
Éditeur : Comité de l'Afrique française (Paris)
Date d'édition : 1917-01-01
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32683501s
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 01 janvier 1917 01 janvier 1917
Description : 1917/01/01 (N1,A27)-1917/12/31 (N12,A27). 1917/01/01 (N1,A27)-1917/12/31 (N12,A27).
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k97885087
Source : CIRAD, 2017-132476
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 17/07/2017
DE L'AFRIQUE FRANÇAISE 93
aléas, car l'activité sans scrupule des Mannesmann
s'efforçait d'ameuter contre lui les jalousies du ras
el Oued Idirigées par El Kabba, pacha de Taroudant
et agent de la politique louche de Moulay Hafid.
Trop occupée ailleurs, la France ne pouvait à ce
moment se préoccuper de cette situation ; Haïda eut
quelques mérites à ne point se décourager. Cepen-
dant, pas plus que les autres chefs, il ne put s'oppo-
ser à la ruée de Djihad, doublée d'un mouvement so-
cial, qui portait hil Hiba, le sultan bleu, jusqu'à Mar-
rakeck en 1912. Toutefois, la victoire du' colonel
Mangin à Sidi-Bou-Othman servit d'occasion à Haïda
pour hâter une évolution définitive vers nous.
L'heureuse conception politique du général Lyau-
tey qui a constitué les caïds gardiens de la paix dans
le Sud, trouva dans Haïda un élément précieux.
Pacha de Taroudant, véritable maître du Sous, le
vieux caïd lutta avec une fidélité toujours .constante
et active contre l'agitation entretenue par El Hiba,
refoula hors de la vallée les bandesdes hommes bleus,
ouvrit la route de Taroudant à Agadir et maintint
sous notre influence une région où sans lui pouvaient
naître les plus dangereuses agitations.
La guerre européenne trouva Haïda toujours fidèle.
L'Afrique française a souligné mois par mois le rôle
si utile de sa harka.
*
* *
La succession deHaïda Ou Mouis a été recueilliepar
par un d", ses fils, le caïd el Hadj Ouaman. Agé d'une
trentaine d'années, grand, distingué, il ressemble à
ces jeunes seigneurs qu'on voit dans les miniatures
persanes. Son père l'avait en partie déjà associé à
ses préoccupations'politiques. Intelligent, très averti
cfes questions locales, son horizon n'est pas borné
aux montagnes bordières de la vallée du Sous, car,
au cours de son pèlerinage à la Mecque, il a pu ac-
quérir quelques notions des choses européennes. Il
semble tenir de Haïda ce sens diplomatique si avisé,
et s'il est peut-être moins porté que son père vers le
baroud, il n'en continuera pas moins à poursuivre
sa politique. Comme lui, attiré vers la France aux
époques d'incertitudes il trouve dans le pouvoir
dont il jouit aujourd'hui, la récompense d'une per-
sévérance méritoire dont la politique avisée du rési-
dent général a tiré la plus utile collaboration pour
l'œuvre civilisatrice de la paix française.
J. LADREIT DE LACHARRIÈRE.
L'ORGANISATION
DES TERRITOIRES SAHARIENS
Le Journal officiel de l'Afrique Occidentale Fran-
çaise du 1? février a publié la décision interministé-
rielle suivante relative à la constitution d'un com-
mandement temporaire des territoires sahariens :
I. — En vue de coordonner l'action politique et militaire
que comporte la situation actuelle au Sahara, le Gouver-
nement a décidé la création d'un commandement tempo-
raire des territoires sahariens.
II. L autorité du Commandant supérieur des territoires
sahariens s'étendra
En Algérie, sur l'annexe de Beni-Abbès. l'annexe de Tim-
mimoun, le poste d'Adrar, le territoire des Oasis saha-
riennes, les cercles de Ghardaïa et de Touggourt et l'an-
nexe d'El-Oued ;
En Tunisie, sur le territoire saharien de la régence, dont
la limite septentrionale est définie par la note du ministre
de la Guerre, du 4 septembre 1907, modifiée le 13 mars 1913;
En Afrique Occidentale Française, sur les territoires
sahariens limités au Sud par une ligne partant des confins
de la Mauritanie et englobant Araouan, Bamba, Gao, Ta-
houa, le cercle d'Agadès, Bilma et Zouar. JS
111. — Le Commandant supérieur assurera la défense et
la police de ces territoires, par délégation du Résideat gé-
néral de Tunisie et des Gouverneurs généraux dont relèvent
ces territoires. Il aura à cet effet, sous leur haute autorité,
la direction des opérations militaires et des mesures poli-
tiques. Il disposera de toutes les troupes et notamment
des unités sahariennes normalement stationnées sur les
territoires de son commandement ou mises à sa disposition
par les ministres de la Guerre et des Colonies, le Résident
général de Tunisie et les Gouverneurs généraux. Il leur
demandera les moyens complémentaires qui lui seraient
nécessaires et, en particulier, le ravitaillement de ses »
forces.
IV. — Il n'aura pas à s'immiscer dans l'administration
des territoires de son commandement, mais il aura vis-à-
vis des autorités administratives, et dans l'étendue de ce
commandement, le droit de réquisition de tous les moyens
qu'il jugera nécessaires à l'exercice de la défense et de la
police.
Il avisera immédiatement les Gouverneurs généraux ou
les Résidents généraux de toutes les réquisitions qu'il aura
prononcées.
V. — Le Commandant supérieur rendra compte aux
Gouverneurs généraux et au-Résident général de Tunisie
des mesures qu'il croira devoir prendre pour la défense ou
la police des territoires relevant de leur autorité et adres-
sera directement duplicata de ces comptes rendus aux mi-
nistres intéressés.
Paris, le 12 janvier 1917.
Le ministre de la Guerre, Le ministre des Colonies,
LYAUTEY. GASTON DOUMERGUE.
Le Président du Conseil,
Ministre des Affaires étrangères,
Le ministre de l'Intérieur, BRIAND.
MALVY.
Cette décision, qui unifiera notre action saharienne
était nécessaire et elle est d'autant plus louable que
le gouvernement a confié les fonctions de comman-
dant supérieur au général Laperrine, qui a été le
premier commandant du territoire des Oasis saha-
riennes eFqui a été le pacificateur et l'organisateur
de cette région.
'j IA I« iji ■ ■1 ■ iit pm an m «J BI IIK^IB !■ J IHUBIB w ■ I«I ■1 J* "J ^ 'g J11*1*11 a
Sommaire du Supplément n' 3
LE COMMERCE DU PROTECTORAT FRAN-
ÇAIS DU MAROC DE 19 13 A 1915. — CHARLES
MOUREY 49
El Hiba, fils de Ma el Aïnin. — R. S r,2
L'élevage des bovidés au territoire du Tchad.
— Capitaine LEMOIGNE 69
Les crimes allemands dans le Sud-Ouest afri-
cain' ................................................. Î5
aléas, car l'activité sans scrupule des Mannesmann
s'efforçait d'ameuter contre lui les jalousies du ras
el Oued Idirigées par El Kabba, pacha de Taroudant
et agent de la politique louche de Moulay Hafid.
Trop occupée ailleurs, la France ne pouvait à ce
moment se préoccuper de cette situation ; Haïda eut
quelques mérites à ne point se décourager. Cepen-
dant, pas plus que les autres chefs, il ne put s'oppo-
ser à la ruée de Djihad, doublée d'un mouvement so-
cial, qui portait hil Hiba, le sultan bleu, jusqu'à Mar-
rakeck en 1912. Toutefois, la victoire du' colonel
Mangin à Sidi-Bou-Othman servit d'occasion à Haïda
pour hâter une évolution définitive vers nous.
L'heureuse conception politique du général Lyau-
tey qui a constitué les caïds gardiens de la paix dans
le Sud, trouva dans Haïda un élément précieux.
Pacha de Taroudant, véritable maître du Sous, le
vieux caïd lutta avec une fidélité toujours .constante
et active contre l'agitation entretenue par El Hiba,
refoula hors de la vallée les bandesdes hommes bleus,
ouvrit la route de Taroudant à Agadir et maintint
sous notre influence une région où sans lui pouvaient
naître les plus dangereuses agitations.
La guerre européenne trouva Haïda toujours fidèle.
L'Afrique française a souligné mois par mois le rôle
si utile de sa harka.
*
* *
La succession deHaïda Ou Mouis a été recueilliepar
par un d", ses fils, le caïd el Hadj Ouaman. Agé d'une
trentaine d'années, grand, distingué, il ressemble à
ces jeunes seigneurs qu'on voit dans les miniatures
persanes. Son père l'avait en partie déjà associé à
ses préoccupations'politiques. Intelligent, très averti
cfes questions locales, son horizon n'est pas borné
aux montagnes bordières de la vallée du Sous, car,
au cours de son pèlerinage à la Mecque, il a pu ac-
quérir quelques notions des choses européennes. Il
semble tenir de Haïda ce sens diplomatique si avisé,
et s'il est peut-être moins porté que son père vers le
baroud, il n'en continuera pas moins à poursuivre
sa politique. Comme lui, attiré vers la France aux
époques d'incertitudes il trouve dans le pouvoir
dont il jouit aujourd'hui, la récompense d'une per-
sévérance méritoire dont la politique avisée du rési-
dent général a tiré la plus utile collaboration pour
l'œuvre civilisatrice de la paix française.
J. LADREIT DE LACHARRIÈRE.
L'ORGANISATION
DES TERRITOIRES SAHARIENS
Le Journal officiel de l'Afrique Occidentale Fran-
çaise du 1? février a publié la décision interministé-
rielle suivante relative à la constitution d'un com-
mandement temporaire des territoires sahariens :
I. — En vue de coordonner l'action politique et militaire
que comporte la situation actuelle au Sahara, le Gouver-
nement a décidé la création d'un commandement tempo-
raire des territoires sahariens.
II. L autorité du Commandant supérieur des territoires
sahariens s'étendra
En Algérie, sur l'annexe de Beni-Abbès. l'annexe de Tim-
mimoun, le poste d'Adrar, le territoire des Oasis saha-
riennes, les cercles de Ghardaïa et de Touggourt et l'an-
nexe d'El-Oued ;
En Tunisie, sur le territoire saharien de la régence, dont
la limite septentrionale est définie par la note du ministre
de la Guerre, du 4 septembre 1907, modifiée le 13 mars 1913;
En Afrique Occidentale Française, sur les territoires
sahariens limités au Sud par une ligne partant des confins
de la Mauritanie et englobant Araouan, Bamba, Gao, Ta-
houa, le cercle d'Agadès, Bilma et Zouar. JS
111. — Le Commandant supérieur assurera la défense et
la police de ces territoires, par délégation du Résideat gé-
néral de Tunisie et des Gouverneurs généraux dont relèvent
ces territoires. Il aura à cet effet, sous leur haute autorité,
la direction des opérations militaires et des mesures poli-
tiques. Il disposera de toutes les troupes et notamment
des unités sahariennes normalement stationnées sur les
territoires de son commandement ou mises à sa disposition
par les ministres de la Guerre et des Colonies, le Résident
général de Tunisie et les Gouverneurs généraux. Il leur
demandera les moyens complémentaires qui lui seraient
nécessaires et, en particulier, le ravitaillement de ses »
forces.
IV. — Il n'aura pas à s'immiscer dans l'administration
des territoires de son commandement, mais il aura vis-à-
vis des autorités administratives, et dans l'étendue de ce
commandement, le droit de réquisition de tous les moyens
qu'il jugera nécessaires à l'exercice de la défense et de la
police.
Il avisera immédiatement les Gouverneurs généraux ou
les Résidents généraux de toutes les réquisitions qu'il aura
prononcées.
V. — Le Commandant supérieur rendra compte aux
Gouverneurs généraux et au-Résident général de Tunisie
des mesures qu'il croira devoir prendre pour la défense ou
la police des territoires relevant de leur autorité et adres-
sera directement duplicata de ces comptes rendus aux mi-
nistres intéressés.
Paris, le 12 janvier 1917.
Le ministre de la Guerre, Le ministre des Colonies,
LYAUTEY. GASTON DOUMERGUE.
Le Président du Conseil,
Ministre des Affaires étrangères,
Le ministre de l'Intérieur, BRIAND.
MALVY.
Cette décision, qui unifiera notre action saharienne
était nécessaire et elle est d'autant plus louable que
le gouvernement a confié les fonctions de comman-
dant supérieur au général Laperrine, qui a été le
premier commandant du territoire des Oasis saha-
riennes eFqui a été le pacificateur et l'organisateur
de cette région.
'j IA I« iji ■ ■1 ■ iit pm an m «J BI IIK^IB !■ J IHUBIB w ■ I«I ■1 J* "J ^ 'g J11*1*11 a
Sommaire du Supplément n' 3
LE COMMERCE DU PROTECTORAT FRAN-
ÇAIS DU MAROC DE 19 13 A 1915. — CHARLES
MOUREY 49
El Hiba, fils de Ma el Aïnin. — R. S r,2
L'élevage des bovidés au territoire du Tchad.
— Capitaine LEMOIGNE 69
Les crimes allemands dans le Sud-Ouest afri-
cain' ................................................. Î5
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