Titre : Les Annales coloniales : revue mensuelle illustrée / directeur-fondateur Marcel Ruedel
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1929-07-01
Contributeur : Ruedel, Marcel. Directeur de publication
Contributeur : Monmarson, Raoul (1895-1976). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb326934111
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 01 juillet 1929 01 juillet 1929
Description : 1929/07/01-1929/07/31. 1929/07/01-1929/07/31.
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Description : Collection numérique : Protectorats et mandat... Collection numérique : Protectorats et mandat français
Description : Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique... Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique Numérique
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k9743132v
Source : CIRAD, 2016-191112
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 12/09/2016
Page 20
Les Annales Coloniales
fois millénaires, un riche mobilier, de beaux
bijoux, de magnifiques vases grecs; de nous
battre ensuite avec les difficultés pour dé-
crire, dater et préciser, en laissant aux hom-
mes de puissante synthèse le soin d'utiliser
et de placer nos modestes études au bon en-
droit !
Le second attrait, on le ressent plus qu'on
ne peut le définir. Il tient à l'essence même
des choses. C'est comme une forte empreinte
qui nous saisit, un parfum très délicat et
spécial qui se dégage de l'antique, une âme
qui. plus que les objets inanimés, « s'attache
à notre âme et la force d'aimer ». Cela
reste vrai pour tout ce que le Passé a mar-
qué de son auguste empreinte. Oui, tout
s'embellit, se poétise et se dore par le recul
du temps, de même que le soleil couchant
met ses rayons les plus suaves sur les mon-
tagnes de l'extrême horizon. Et cette mysté-
rieuse joie se double souvent de réflexions
salutaires. Quand nous trouvons un morceau
de marbre portant l'ln Pace chiétien, si tou-
chant dans sa simplicité, nous sommes ten-
tés de l'interroger : « Quelle sépulture de
fidèle, peut-être de saint et de martyr, avez-
vous recouvert ? » — « Mort de cette riche
tombe phénicienne, quelle fut votre vie? —
Superbe mosaïque des thermes, quels pieds
vous ont foulée ? » De même pour chaque
objet : <( Quel écho résonne en vous des évé-
nements tragiques ou joyeux que vous avez
vus autrefois ? » — Et devant ce silence et
cet anonymat, on se sent ému et pensif. Ce
qu'ils taisent, ces restes, est plus éloquent
que ce qu'ils nous apprennent. Une leçon se
joint vite à l'émotion, surtout quand on a
l'âme chrétienne. De voir une telle ville, ja-
dis magnifique, réduite à presque rien d'ap-
parent, on se dit que les plus belles choses
de ce monde, pour vivre plus longtemps que
la rose et que l'espace d'un matin, n'en sont
pas moins précaires et fugitives, et l'on en
fait son profit.
Utique la jolie, avoir essayé, par l'esprit,
de te reconstituer en ton antique splendeur ;
avoir cherché, en ton sol fécond, les vieux
restes que tu caches, rêvé parmi tes ruines
vénérables, sont les deux plus beaux souve-
nirs rapportés de la superbe Tunisie...
Abbé MOULARD,
Docteur ès-lettres"
Directeur des fouilles d'Utique.
LA GÉOLOGIE ET LES MINES DE LA TUNISIE ">
Esquisse géologique
La carte géologique de la Tunisie montre
qu'une grande partie du pays est occupée par
des terrains quaternaires ou tertiaires ré-
cents: c'est le cas de toute la région qui
s'étend du golfe de Hammamet au golfe de
Gabès, puis d'une grande partie des plaines
qui, des environs de Bizerte-Tunis et de la
vallée de la Medjerda, encadrent les lignes
montagneuses répandues un peu partout dans
le centre et le sud de la Régence ; à partir de
la latitude des Chotts, dans l'Extrême-Sud,
le quaternaire prend un développement con-
sidérable.
Nous manquons de données précises sur
l'histoire de la géologie des montagnes tuni-
siennes aux temps primaires. Généralement
le plus ancien terrain, qui participe à la
constitution des reliefs du pays, est le trias,
formé d'argiles bariolées gypso-salifères. Ce
sédiment, de caractère pétrographique si spé-
cial, se présente presque toujours dans des
conditions anormales, au contact d'assises
beaucoup plus jeunes que lui. Les plus ré-
centes explications théoriques, qui ont été
données de sa situation, sont loin de satis-
faire l'esprit et d'importants travaux seront
encore nécessaires pour élucider la genèse de
sa position orogénique. Ce terrain apparaît
surtout dans le nord-est et le sud-est de la
Régence.
Le lias et le jurassique ne s'observent que
dans ces deux régions : ils ont une étendue
notable dans l'ossature de la Dorsale tuni-
sienne, au sud de Tunis, et dans le rebord de
la table, qui termine, au-dessus des plaines
de la Djeffara, à la bordure méridionale de
la Petite Syrte, le relief des Ksours de l'Ex-
trcme-Sud tunisien.
(i) La Géologie de la Tunisie a fait l'objet
de deux mémoires d'ensemble, l'un de F. Au-
bert, ingénieur au Corps des Mines (1892),
l'autre de Philippe Thomas, membre de la
Mission d'Exploration Scientifique de la Tu-
nisie (1907-1913) : le premier était accompa-
gné d'une carte géologique en couleurs aze
1/800.0008. D'autre part., deux monographies
régionales ont été publiées:, sur la constitu-
tion du sol de la Régence : la première qui a
trait à la Tunisie centrale est due à L. Per-
vinquière, du Laboratoire de Géologie de la
Sorbonne (1903); la seconde, qui se rapporte
à la Tunisie septentrionale, a été rédigée par
M. Solignac (1927). La thèse de doctorat de
L. Pervinquière est accompagnée d'une carte
géologique au 1/200.000e de la Tunisie cen-
trale ; celle de Solignac sert partiellement de
texte explicatif aux feuilles au 1/200.000® de
Bizerte, Gafsa, Tabarka, Tunis, éditées de-
puis 1924 par le Service des Mines de la Ré-
sidence.
Les gîtes minéraux de T unisie ont été en-
visagés dans de nombreuses publications,
dont la Plus récente, due à L. Berthon, chef
du Service des Mines du Protectorat. consti-
tue un exposé d'ensemble de la situation mi-
nière de la Régence en 1922.
C'est le crétacé qui joue le rôle principal
dans les montagnes du centre et du sud de
la contrée, tandis que l'éocène est surtout dé-
veloppé vers le nord-ouest, en Kroumirie, le
néogène ayant seul quelque importance dans
la péninsule du Cap Bon et vers Monastir.
Description
des gîtes métallifères
Les gîtes métallifères de la Tunisie peu-
vent être groupés en quatre grandes catégo-
ries 10 les gîtes de plomb et de zinc; 20 les
gîtes de fer ; 30 les gîtes de manganèse ; 40
les gîtes de cuivre.
Plomb et zinc. — Les gîtes de plomb et de
zinc sont répandus sur tout le territoire de la
Régence, depuis le voisinage de Tabarka et
de Tunis jusqu'au sud du chott el Djerid,
aux environs de Medenine. Toutefois les mi-
nes métalliques de cette catégorie, actuelle-
ment en exploitation, sont surtout nombreu-
ses dans la Tunisie septentrionale et centrale,
au nord de la voie ferrée Sousse-Kasserine
et de la piste Kasserine-Tebessa.
La plupart des gisements de plomb de la
Régence étaient déjà connus et mis en valeur
au temps de la domination carthaginoise,
puis romaine. A l'époque moderne, il y eut
un grand ralentissement d'activité de l'indus-
trie minérale sur le territoire de la Tunisie.
C'est seulement à partir de 1894 que se ma-
nifesta un renouveau d'exploitation intensive
des mines métalliques de notre protectorat,
dont le développement s'accusa d'année en
année jusqu'en 1913.
Les minerais de plomb consistent essentiel-
lement en sulfuies (galène) et carbonates (cé-
rusite) ; presque tous ceux qui sont extraits
du sous-sol de la Régence, subissent un pre-
mier traitement à l'usine de Mégrine, près
de Tunis, propriété de la Société de Penar-
roya : là, galène et cérusite sont transfor-
mées en plomb doux marchand après extrac-
tion de l'argent.
Presque toujours l'on trouve associés ici le
plomb et le zinc. Souvent au plomb est inti-
mement lié de l'argent, particulièrement
dans la galène, mais généralement en assez
faible proportion (10 à 40 grammes à la ton-
ne) ; parfois aussi s'y mêle en outre du cui-
vre et alors la teneur en argent de la galène
se trouve sensiblement accrue, mais il s'agit
là de faits exceptionnels.
Le zinc se rencontre à l'état de carbonate
(smithsonite), de silicate (calamine siliceuse)
et de sulfure (blende): 75% des gisements de
zinc de la Régence sont formés de carbonate
et 20 % de sulfure.
En général, plomb et zinc, plus ou moins
étroitement associés, constituent des filons,
dont la gangue est formée de carbonate de
calcium (calcite), associé à du sulfate de ba-
ryum (barytine) et à du carbonate de fer (si-
dérose).
Le plus souvent on constate, en Tunisie,
l'association, dans un. même gisement, de
plomb, de zinc, de fer, de manganèse, de
cuivre, etc., avec prédominance d'une ou
deux espèces minérales.
Tous ces gîtes métalliques se lient aux dis-
locations les plus récentes du sous-sol tuni-
sien et datent, par conséquent, de l'ère ter-
tiÚre : souvent les concentrations se sont
effectuées au contact de deux terrains de na-
ture différente, et se sont épanchées latéra-
lement dans des fractures.
Il y a eu des remises en mouvement très
récentes des masses minéralisées, qui se pré-
sentent, dans les calcaires, sous forme
d'amas à contours très irréguliers. Carbona-
tes de plomb et carbonates de zinc se mon-
trent presque partout ici avec une grande
inconstance d'allure, qui fait songer à la
disposition habituelle des stalactites et des
stalagmites dans les grottes : sans doute les
conditions de genèse de ces minerais sont-
elles très comparables aux modes de forma-
tion des enduit» de carbonate de calcium,
plus ou moins cristallisés et d'épaisseur va-
riable, dans des cavernes, elles-mêmes très
irrégulièrement réparties dans les masses cal-
caires.
En 1928, la Tunisie a produit 34.000 ton-
nes de minerais de plomb et 10.000 tonnes de
minerais de zinc.
Fer. — Les gîtes de fer sont moins large-
ment répandus en Tunisie que les gisements
de plomb ou de zinc. Ils sont tous situés à
l'ouest de la voie ferrée de Bizerte-Mateur-
Beja-Nebeur et de celle qui lui fait presque
suite Le-Kef-Lorbeus-Kalaa-Djerda. Ainsi le
fer ne se rencontre, sur le territoire de la
Régence, à peu près que dans la zone des
confins algéro-tunisiens du nord et du centre.
Ceux de ces gîtes de fer qui sont particu-
lièrement riches ont été exploités dès l'an-
tiquité, mais leur extraction avait complète-
ment cessé dans les temps modernes. Pres-
qu'immédiatement après l'établissement de
notre protectorat, dès 1884, ceux qui étaient
les plus voisins de la côte nord, vers Ta-
barka et dans les Nefza, firent l'objet d'ar-
rêtés de concessions. Mais ce ne fut que bien
plus tard qu'entrèrent effectivement en acti-
vité les mines de fer de la Régence : en
1908, lors de l'achèvement du chemin de fer
du centre, furent ouverts à l'extraction, les
chantiers du Djerissa et du Slata ; puis ce
fut le tour en 1913 de la concession de Doua-
ria, desservie par le rail allant de Bizerte
aux Nefza.
Les mines de fer de Tunisie sont princi-
palement constituées par des oxydes hydra-
tés ou non (hématites). Ceux de la région du
centre, inclus dans les calcaires du crétacé
inférieur, sont très purs et fort appréciés par
l'industrie sidérurgique : ils sont embarqués
au port de La Goulette, entre le lac et le
golfe de Tunis. Les fers du nord-ouest ou
de Kroumirie, renferment malheureusement
quelque peu d'arsenic (0,5 % au maximum) :
on les achemine sur Bizerte.
Les Annales Coloniales
fois millénaires, un riche mobilier, de beaux
bijoux, de magnifiques vases grecs; de nous
battre ensuite avec les difficultés pour dé-
crire, dater et préciser, en laissant aux hom-
mes de puissante synthèse le soin d'utiliser
et de placer nos modestes études au bon en-
droit !
Le second attrait, on le ressent plus qu'on
ne peut le définir. Il tient à l'essence même
des choses. C'est comme une forte empreinte
qui nous saisit, un parfum très délicat et
spécial qui se dégage de l'antique, une âme
qui. plus que les objets inanimés, « s'attache
à notre âme et la force d'aimer ». Cela
reste vrai pour tout ce que le Passé a mar-
qué de son auguste empreinte. Oui, tout
s'embellit, se poétise et se dore par le recul
du temps, de même que le soleil couchant
met ses rayons les plus suaves sur les mon-
tagnes de l'extrême horizon. Et cette mysté-
rieuse joie se double souvent de réflexions
salutaires. Quand nous trouvons un morceau
de marbre portant l'ln Pace chiétien, si tou-
chant dans sa simplicité, nous sommes ten-
tés de l'interroger : « Quelle sépulture de
fidèle, peut-être de saint et de martyr, avez-
vous recouvert ? » — « Mort de cette riche
tombe phénicienne, quelle fut votre vie? —
Superbe mosaïque des thermes, quels pieds
vous ont foulée ? » De même pour chaque
objet : <( Quel écho résonne en vous des évé-
nements tragiques ou joyeux que vous avez
vus autrefois ? » — Et devant ce silence et
cet anonymat, on se sent ému et pensif. Ce
qu'ils taisent, ces restes, est plus éloquent
que ce qu'ils nous apprennent. Une leçon se
joint vite à l'émotion, surtout quand on a
l'âme chrétienne. De voir une telle ville, ja-
dis magnifique, réduite à presque rien d'ap-
parent, on se dit que les plus belles choses
de ce monde, pour vivre plus longtemps que
la rose et que l'espace d'un matin, n'en sont
pas moins précaires et fugitives, et l'on en
fait son profit.
Utique la jolie, avoir essayé, par l'esprit,
de te reconstituer en ton antique splendeur ;
avoir cherché, en ton sol fécond, les vieux
restes que tu caches, rêvé parmi tes ruines
vénérables, sont les deux plus beaux souve-
nirs rapportés de la superbe Tunisie...
Abbé MOULARD,
Docteur ès-lettres"
Directeur des fouilles d'Utique.
LA GÉOLOGIE ET LES MINES DE LA TUNISIE ">
Esquisse géologique
La carte géologique de la Tunisie montre
qu'une grande partie du pays est occupée par
des terrains quaternaires ou tertiaires ré-
cents: c'est le cas de toute la région qui
s'étend du golfe de Hammamet au golfe de
Gabès, puis d'une grande partie des plaines
qui, des environs de Bizerte-Tunis et de la
vallée de la Medjerda, encadrent les lignes
montagneuses répandues un peu partout dans
le centre et le sud de la Régence ; à partir de
la latitude des Chotts, dans l'Extrême-Sud,
le quaternaire prend un développement con-
sidérable.
Nous manquons de données précises sur
l'histoire de la géologie des montagnes tuni-
siennes aux temps primaires. Généralement
le plus ancien terrain, qui participe à la
constitution des reliefs du pays, est le trias,
formé d'argiles bariolées gypso-salifères. Ce
sédiment, de caractère pétrographique si spé-
cial, se présente presque toujours dans des
conditions anormales, au contact d'assises
beaucoup plus jeunes que lui. Les plus ré-
centes explications théoriques, qui ont été
données de sa situation, sont loin de satis-
faire l'esprit et d'importants travaux seront
encore nécessaires pour élucider la genèse de
sa position orogénique. Ce terrain apparaît
surtout dans le nord-est et le sud-est de la
Régence.
Le lias et le jurassique ne s'observent que
dans ces deux régions : ils ont une étendue
notable dans l'ossature de la Dorsale tuni-
sienne, au sud de Tunis, et dans le rebord de
la table, qui termine, au-dessus des plaines
de la Djeffara, à la bordure méridionale de
la Petite Syrte, le relief des Ksours de l'Ex-
trcme-Sud tunisien.
(i) La Géologie de la Tunisie a fait l'objet
de deux mémoires d'ensemble, l'un de F. Au-
bert, ingénieur au Corps des Mines (1892),
l'autre de Philippe Thomas, membre de la
Mission d'Exploration Scientifique de la Tu-
nisie (1907-1913) : le premier était accompa-
gné d'une carte géologique en couleurs aze
1/800.0008. D'autre part., deux monographies
régionales ont été publiées:, sur la constitu-
tion du sol de la Régence : la première qui a
trait à la Tunisie centrale est due à L. Per-
vinquière, du Laboratoire de Géologie de la
Sorbonne (1903); la seconde, qui se rapporte
à la Tunisie septentrionale, a été rédigée par
M. Solignac (1927). La thèse de doctorat de
L. Pervinquière est accompagnée d'une carte
géologique au 1/200.000e de la Tunisie cen-
trale ; celle de Solignac sert partiellement de
texte explicatif aux feuilles au 1/200.000® de
Bizerte, Gafsa, Tabarka, Tunis, éditées de-
puis 1924 par le Service des Mines de la Ré-
sidence.
Les gîtes minéraux de T unisie ont été en-
visagés dans de nombreuses publications,
dont la Plus récente, due à L. Berthon, chef
du Service des Mines du Protectorat. consti-
tue un exposé d'ensemble de la situation mi-
nière de la Régence en 1922.
C'est le crétacé qui joue le rôle principal
dans les montagnes du centre et du sud de
la contrée, tandis que l'éocène est surtout dé-
veloppé vers le nord-ouest, en Kroumirie, le
néogène ayant seul quelque importance dans
la péninsule du Cap Bon et vers Monastir.
Description
des gîtes métallifères
Les gîtes métallifères de la Tunisie peu-
vent être groupés en quatre grandes catégo-
ries 10 les gîtes de plomb et de zinc; 20 les
gîtes de fer ; 30 les gîtes de manganèse ; 40
les gîtes de cuivre.
Plomb et zinc. — Les gîtes de plomb et de
zinc sont répandus sur tout le territoire de la
Régence, depuis le voisinage de Tabarka et
de Tunis jusqu'au sud du chott el Djerid,
aux environs de Medenine. Toutefois les mi-
nes métalliques de cette catégorie, actuelle-
ment en exploitation, sont surtout nombreu-
ses dans la Tunisie septentrionale et centrale,
au nord de la voie ferrée Sousse-Kasserine
et de la piste Kasserine-Tebessa.
La plupart des gisements de plomb de la
Régence étaient déjà connus et mis en valeur
au temps de la domination carthaginoise,
puis romaine. A l'époque moderne, il y eut
un grand ralentissement d'activité de l'indus-
trie minérale sur le territoire de la Tunisie.
C'est seulement à partir de 1894 que se ma-
nifesta un renouveau d'exploitation intensive
des mines métalliques de notre protectorat,
dont le développement s'accusa d'année en
année jusqu'en 1913.
Les minerais de plomb consistent essentiel-
lement en sulfuies (galène) et carbonates (cé-
rusite) ; presque tous ceux qui sont extraits
du sous-sol de la Régence, subissent un pre-
mier traitement à l'usine de Mégrine, près
de Tunis, propriété de la Société de Penar-
roya : là, galène et cérusite sont transfor-
mées en plomb doux marchand après extrac-
tion de l'argent.
Presque toujours l'on trouve associés ici le
plomb et le zinc. Souvent au plomb est inti-
mement lié de l'argent, particulièrement
dans la galène, mais généralement en assez
faible proportion (10 à 40 grammes à la ton-
ne) ; parfois aussi s'y mêle en outre du cui-
vre et alors la teneur en argent de la galène
se trouve sensiblement accrue, mais il s'agit
là de faits exceptionnels.
Le zinc se rencontre à l'état de carbonate
(smithsonite), de silicate (calamine siliceuse)
et de sulfure (blende): 75% des gisements de
zinc de la Régence sont formés de carbonate
et 20 % de sulfure.
En général, plomb et zinc, plus ou moins
étroitement associés, constituent des filons,
dont la gangue est formée de carbonate de
calcium (calcite), associé à du sulfate de ba-
ryum (barytine) et à du carbonate de fer (si-
dérose).
Le plus souvent on constate, en Tunisie,
l'association, dans un. même gisement, de
plomb, de zinc, de fer, de manganèse, de
cuivre, etc., avec prédominance d'une ou
deux espèces minérales.
Tous ces gîtes métalliques se lient aux dis-
locations les plus récentes du sous-sol tuni-
sien et datent, par conséquent, de l'ère ter-
tiÚre : souvent les concentrations se sont
effectuées au contact de deux terrains de na-
ture différente, et se sont épanchées latéra-
lement dans des fractures.
Il y a eu des remises en mouvement très
récentes des masses minéralisées, qui se pré-
sentent, dans les calcaires, sous forme
d'amas à contours très irréguliers. Carbona-
tes de plomb et carbonates de zinc se mon-
trent presque partout ici avec une grande
inconstance d'allure, qui fait songer à la
disposition habituelle des stalactites et des
stalagmites dans les grottes : sans doute les
conditions de genèse de ces minerais sont-
elles très comparables aux modes de forma-
tion des enduit» de carbonate de calcium,
plus ou moins cristallisés et d'épaisseur va-
riable, dans des cavernes, elles-mêmes très
irrégulièrement réparties dans les masses cal-
caires.
En 1928, la Tunisie a produit 34.000 ton-
nes de minerais de plomb et 10.000 tonnes de
minerais de zinc.
Fer. — Les gîtes de fer sont moins large-
ment répandus en Tunisie que les gisements
de plomb ou de zinc. Ils sont tous situés à
l'ouest de la voie ferrée de Bizerte-Mateur-
Beja-Nebeur et de celle qui lui fait presque
suite Le-Kef-Lorbeus-Kalaa-Djerda. Ainsi le
fer ne se rencontre, sur le territoire de la
Régence, à peu près que dans la zone des
confins algéro-tunisiens du nord et du centre.
Ceux de ces gîtes de fer qui sont particu-
lièrement riches ont été exploités dès l'an-
tiquité, mais leur extraction avait complète-
ment cessé dans les temps modernes. Pres-
qu'immédiatement après l'établissement de
notre protectorat, dès 1884, ceux qui étaient
les plus voisins de la côte nord, vers Ta-
barka et dans les Nefza, firent l'objet d'ar-
rêtés de concessions. Mais ce ne fut que bien
plus tard qu'entrèrent effectivement en acti-
vité les mines de fer de la Régence : en
1908, lors de l'achèvement du chemin de fer
du centre, furent ouverts à l'extraction, les
chantiers du Djerissa et du Slata ; puis ce
fut le tour en 1913 de la concession de Doua-
ria, desservie par le rail allant de Bizerte
aux Nefza.
Les mines de fer de Tunisie sont princi-
palement constituées par des oxydes hydra-
tés ou non (hématites). Ceux de la région du
centre, inclus dans les calcaires du crétacé
inférieur, sont très purs et fort appréciés par
l'industrie sidérurgique : ils sont embarqués
au port de La Goulette, entre le lac et le
golfe de Tunis. Les fers du nord-ouest ou
de Kroumirie, renferment malheureusement
quelque peu d'arsenic (0,5 % au maximum) :
on les achemine sur Bizerte.
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