Titre : Revue des cultures coloniales
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1900-09-20
Contributeur : Milhe-Poutingon, Albert. Éditeur scientifique
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32858342r
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 5134 Nombre total de vues : 5134
Description : 20 septembre 1900 20 septembre 1900
Description : 1900/09/20 (A4,N61,T7). 1900/09/20 (A4,N61,T7).
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6378365q
Source : CIRAD, 2012-231823
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 12/08/2013
VARIÉTÉS 571
Chine, M. de Beauregard, président du Comice agricole de Toulon, sous l'Em-
pire, avait cultivé fort longtemps le Sorgho sucré dans sa propriété de Sainte-
Eulalie, située, comme l'île de Porquerolles, dans la commune d'Hyères. Mais
il y avait quarante ans de cela et je n'obtins que des renseignements vagues. Je
me décidai alors à remonter à la source et à m'adresser, par l'intermédiaire
d'un ami commun, M. Raoul Paget, notaire, au fils de M. de Beauregard lui-
même.
Voici ce qu'à la date du 16 mars 1899 m'écrivait M. Paget :
M. de Beauregard père a cultivé le Sorgho environ de 1850 à 1857 ou 1860. Il
cherchait à faire non du sucre, mais de l'alcool.
La seule raison qui l'a contraint à renoncer à cette culture est la trop grande
irrégularité dans la fermentation des moûts.
Les Cannes étaient coupées, on les broyait sous des meules et le jus obtenu
était versé dans des cuves où on le laissait fermenter pour obtenir l'alcool. Par
un phénomène que personne à l'époque n'est parvenu à expliquer, jamais
deux cuves n'ont donné une fermentation identique. Il arrivait même que trois
cuves étant remplies avec du jus provenant d'une même pressée, l'une atteignait
un degré de fermentation très élevé, l'autre moindre, et la troisième ne fermen-
tait pas du tout.
Les chimisles les plus distingués de l'époque ont été envoyés par le gouverne-
ment pour suivre les expériences de M. de Beauregard ; leurs études sont restées
vaines ; ils n'ont pu trouver aucun remède à ce mal.
Par suite, cette industrie devenait trop aléatoire, elle comportait un déchet
excessif, et M. de Beauregard dut y renoncer à son grand regret, car lorsque
les résultats étaient bons, ils étaient superbes. On obtenait de l'alcool à 90 de-
grés et même à 95 degrés.
M. de Beauregard estime que la chimie a fait, depuis l'époque où son père se
livrait à ces expériences, de tels progrès qu'il est possible et même probable
qu'on dispose aujourd'hui du moyen de régler ces fermentations.
En ce cas, l'affaire serait des plus rémunératrices.
La culture de la Canne à sucre de Chine est très simple et peu coûteuse. Elle
demande un terrain riche et naturellement frais; on peut suppléer au manque
de fraîcheur par l'arrosage, mais ceci au détriment de l'alcool.
L'inconvénient de cette culture est d'épuiser énormément le sol.
En même temps, j'apprenais que des essais nombreux avaient été faits dans
les Landes et surtout dans la plaine de la Garonne; qu'à Toulouse une société
s était formée à un capital relativement important pour recevoir, acheter et-tra-
vailler les Cannes, comme les sucreries, dans le Nord, achètent et travaillent les
betteraves apportées à l'usine par les cultivateurs.
Les essais s'arrêtèrent et la société formée ne reçut aucune Canne à triturer.
Il eût fallu au préalable agir comme dans les régions betteravières où une
usine ne s'installe qu'après avoir passé des contrats de culture avec les agricul-
teurs du pays.
, Pendant ces recherches où je ne recueillis que des renseignements peu précis,
à 1 exception toutefois de ceux donnés si obligeamment par M. de Beauregard, le
temps marchait, et pour ne pas perdre une année, je semai en pépinière et sur
place de la graine de Sorgho sucré, variété hâtive du Minnesota, de manière à
utiliser mon terrain au fur et à mesure qu'il devenait libre et était débarrassé
des primeurs de printemps, artichauts, pois, fèves et pommes de terre.
Chine, M. de Beauregard, président du Comice agricole de Toulon, sous l'Em-
pire, avait cultivé fort longtemps le Sorgho sucré dans sa propriété de Sainte-
Eulalie, située, comme l'île de Porquerolles, dans la commune d'Hyères. Mais
il y avait quarante ans de cela et je n'obtins que des renseignements vagues. Je
me décidai alors à remonter à la source et à m'adresser, par l'intermédiaire
d'un ami commun, M. Raoul Paget, notaire, au fils de M. de Beauregard lui-
même.
Voici ce qu'à la date du 16 mars 1899 m'écrivait M. Paget :
M. de Beauregard père a cultivé le Sorgho environ de 1850 à 1857 ou 1860. Il
cherchait à faire non du sucre, mais de l'alcool.
La seule raison qui l'a contraint à renoncer à cette culture est la trop grande
irrégularité dans la fermentation des moûts.
Les Cannes étaient coupées, on les broyait sous des meules et le jus obtenu
était versé dans des cuves où on le laissait fermenter pour obtenir l'alcool. Par
un phénomène que personne à l'époque n'est parvenu à expliquer, jamais
deux cuves n'ont donné une fermentation identique. Il arrivait même que trois
cuves étant remplies avec du jus provenant d'une même pressée, l'une atteignait
un degré de fermentation très élevé, l'autre moindre, et la troisième ne fermen-
tait pas du tout.
Les chimisles les plus distingués de l'époque ont été envoyés par le gouverne-
ment pour suivre les expériences de M. de Beauregard ; leurs études sont restées
vaines ; ils n'ont pu trouver aucun remède à ce mal.
Par suite, cette industrie devenait trop aléatoire, elle comportait un déchet
excessif, et M. de Beauregard dut y renoncer à son grand regret, car lorsque
les résultats étaient bons, ils étaient superbes. On obtenait de l'alcool à 90 de-
grés et même à 95 degrés.
M. de Beauregard estime que la chimie a fait, depuis l'époque où son père se
livrait à ces expériences, de tels progrès qu'il est possible et même probable
qu'on dispose aujourd'hui du moyen de régler ces fermentations.
En ce cas, l'affaire serait des plus rémunératrices.
La culture de la Canne à sucre de Chine est très simple et peu coûteuse. Elle
demande un terrain riche et naturellement frais; on peut suppléer au manque
de fraîcheur par l'arrosage, mais ceci au détriment de l'alcool.
L'inconvénient de cette culture est d'épuiser énormément le sol.
En même temps, j'apprenais que des essais nombreux avaient été faits dans
les Landes et surtout dans la plaine de la Garonne; qu'à Toulouse une société
s était formée à un capital relativement important pour recevoir, acheter et-tra-
vailler les Cannes, comme les sucreries, dans le Nord, achètent et travaillent les
betteraves apportées à l'usine par les cultivateurs.
Les essais s'arrêtèrent et la société formée ne reçut aucune Canne à triturer.
Il eût fallu au préalable agir comme dans les régions betteravières où une
usine ne s'installe qu'après avoir passé des contrats de culture avec les agricul-
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à 1 exception toutefois de ceux donnés si obligeamment par M. de Beauregard, le
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