Titre : Revue des cultures coloniales
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1900-08-20
Contributeur : Milhe-Poutingon, Albert. Éditeur scientifique
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32858342r
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 5134 Nombre total de vues : 5134
Description : 20 août 1900 20 août 1900
Description : 1900/08/20 (A4,N59,T7). 1900/08/20 (A4,N59,T7).
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6378363w
Source : CIRAD, 2012-231823
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 12/08/2013
VARIÉTÉS 505
le gambier détruisent, en défrichant une partie de forêt, un grand nombre des
jeunes arbres à gutta-percha. Et le mal que font ces Chinois est d'autant plus
grave qu'ils abandonnent généralement leurs emplacements après une exploita-
tion de trois ou cinq années, pour se livrer plus loin à un nouveau défrichement.
Les champs abandonnés sont ensuite envahis par les mauvaises herbes et par
les lianes, au point qu'il est impossible aux arbres forestiers, y compris donc
la gutta-percha, d'y prendre encore racine.
Les récolteurs de gutta-percha abattent les arbres, sans se préoccuper de leur
développement ultérieur; il est arrivé ainsi que dans certaines régions où les
arbres à-gutta-percha étaient autrefois très abondants, on n'en montre plus que
quelques rares exemplaires à titre de curiosité. On a même cru pendant un cer-
tain temps que l'espèce principale, la Palaguium Gutta, avait complètement dis-
paru et qu'on ne la rencontrait plus qu'à Java, dans le Jardin botanique de Bui-
tenzorg. Tel n'est heureusement pas le cas. On trouve encore une série d'arbres
de cette espèce dans la petite île de Singapore ; d'autre part, la presqu'île Malaise
-fournit encore ce produit au commerce sous le nom de « getah tabanmerah ».
Mais il n'en est pas moins certain que le nombre des arbres diminue.
La situation est sans aucun doute la même à Sumatra et à Bornéo. On a cepen-
dant exporté de Sarawak, dans l'île de Bornéo, 90.000 piculs de gutta-percha
pendant les années 1854 à 1875, ce qui correspond, d'après une estimation de la
Sarawakgazette, à la destruction de 3 millions d'arbres à gutta-percha. Le Dr Burck
a fait une estimation d'après laquelle on abattrait annuellement 26 millions
d'arbres à gutta-percha à Bornéo seulement; on ne peut cependant pas admettre
ce chiffre, car il faudrait supposer, étant donné que l'exportation est d'un mil-
lion de kilog., que 26 arbres ne fournissent qu'un kilogramme de gutta-percha;
or, tous les observateurs accusent des chiffres beaucoup plus élevés. S'il est pos-
sible que l'on ait fortement exagéré en disant que les arbres à gutta-percha de
Singapore et de Johore fournissent en moyenne respectivement 6 et 2 1/2 kilogr.
de gutta-percha, il est néanmoins vrai que l'on a obtenu de deux vieux arbres de
la presqu'île de Malaisie 1 et 1 kilogr. 1/4. Ces chiffres sont donnés comme
moyenne pour les arbres dont le diamètre est de 1 pied environ. Sérullay a
obtenu d'un arbre gigantesque, à Pahang, une quantité moindre. mais toujours
supérieure à 3/8 de kilogr., et le Dr Burck est arrivé à près de 3/8 de kilogr.
comme produit moyen des arbres en pleine croissance de l'Ouest de l'île de
Sumatra. 11 est évident que les différences d'espèces, de localités, de saisons et
de méthodes d'exploitation doivent amener des résultats très différents ; on
constate, toutefois, que l'on peut compter en moyenne sur une production de
1/2 à 3/4 de kilogr. par arbre. Le chiffre moyen de 1 kilog. impliquerait encore
pour Bornéo une destruction annuelle de 1 million d'arbres. -
Depuis une dizaine d'années, on a essayé de retirer de la gutta-percha des
feuilles et des petites branches de l'arbre. Si ce procédé réussissait, la culture
s'établirait sur des bases tout autres. Un arbre de dix ans donne 7 kilogr. de
feuilles sèches ; celui de trente ans en fournit 11. Comme les feuilles contiennent
de 9 à 10 pour 100 de gutta-percha, on pourrait retirer autant de la cueillette
annuelle que l'on obtient maintenant en u-ne seule fois de l'arbre tout entier.
D'après une estimation récente, mais qui paraît trop optimiste, un arbre de
quatre ans donnerait plus de 9 kilogr. de feuilles et celui de quinze ans 60 kilogr.,
sans éprouver de dommage.
Nous nous trouvons en tout cas à un tournant de la culture de la gutta-percha.
le gambier détruisent, en défrichant une partie de forêt, un grand nombre des
jeunes arbres à gutta-percha. Et le mal que font ces Chinois est d'autant plus
grave qu'ils abandonnent généralement leurs emplacements après une exploita-
tion de trois ou cinq années, pour se livrer plus loin à un nouveau défrichement.
Les champs abandonnés sont ensuite envahis par les mauvaises herbes et par
les lianes, au point qu'il est impossible aux arbres forestiers, y compris donc
la gutta-percha, d'y prendre encore racine.
Les récolteurs de gutta-percha abattent les arbres, sans se préoccuper de leur
développement ultérieur; il est arrivé ainsi que dans certaines régions où les
arbres à-gutta-percha étaient autrefois très abondants, on n'en montre plus que
quelques rares exemplaires à titre de curiosité. On a même cru pendant un cer-
tain temps que l'espèce principale, la Palaguium Gutta, avait complètement dis-
paru et qu'on ne la rencontrait plus qu'à Java, dans le Jardin botanique de Bui-
tenzorg. Tel n'est heureusement pas le cas. On trouve encore une série d'arbres
de cette espèce dans la petite île de Singapore ; d'autre part, la presqu'île Malaise
-fournit encore ce produit au commerce sous le nom de « getah tabanmerah ».
Mais il n'en est pas moins certain que le nombre des arbres diminue.
La situation est sans aucun doute la même à Sumatra et à Bornéo. On a cepen-
dant exporté de Sarawak, dans l'île de Bornéo, 90.000 piculs de gutta-percha
pendant les années 1854 à 1875, ce qui correspond, d'après une estimation de la
Sarawakgazette, à la destruction de 3 millions d'arbres à gutta-percha. Le Dr Burck
a fait une estimation d'après laquelle on abattrait annuellement 26 millions
d'arbres à gutta-percha à Bornéo seulement; on ne peut cependant pas admettre
ce chiffre, car il faudrait supposer, étant donné que l'exportation est d'un mil-
lion de kilog., que 26 arbres ne fournissent qu'un kilogramme de gutta-percha;
or, tous les observateurs accusent des chiffres beaucoup plus élevés. S'il est pos-
sible que l'on ait fortement exagéré en disant que les arbres à gutta-percha de
Singapore et de Johore fournissent en moyenne respectivement 6 et 2 1/2 kilogr.
de gutta-percha, il est néanmoins vrai que l'on a obtenu de deux vieux arbres de
la presqu'île de Malaisie 1 et 1 kilogr. 1/4. Ces chiffres sont donnés comme
moyenne pour les arbres dont le diamètre est de 1 pied environ. Sérullay a
obtenu d'un arbre gigantesque, à Pahang, une quantité moindre. mais toujours
supérieure à 3/8 de kilogr., et le Dr Burck est arrivé à près de 3/8 de kilogr.
comme produit moyen des arbres en pleine croissance de l'Ouest de l'île de
Sumatra. 11 est évident que les différences d'espèces, de localités, de saisons et
de méthodes d'exploitation doivent amener des résultats très différents ; on
constate, toutefois, que l'on peut compter en moyenne sur une production de
1/2 à 3/4 de kilogr. par arbre. Le chiffre moyen de 1 kilog. impliquerait encore
pour Bornéo une destruction annuelle de 1 million d'arbres. -
Depuis une dizaine d'années, on a essayé de retirer de la gutta-percha des
feuilles et des petites branches de l'arbre. Si ce procédé réussissait, la culture
s'établirait sur des bases tout autres. Un arbre de dix ans donne 7 kilogr. de
feuilles sèches ; celui de trente ans en fournit 11. Comme les feuilles contiennent
de 9 à 10 pour 100 de gutta-percha, on pourrait retirer autant de la cueillette
annuelle que l'on obtient maintenant en u-ne seule fois de l'arbre tout entier.
D'après une estimation récente, mais qui paraît trop optimiste, un arbre de
quatre ans donnerait plus de 9 kilogr. de feuilles et celui de quinze ans 60 kilogr.,
sans éprouver de dommage.
Nous nous trouvons en tout cas à un tournant de la culture de la gutta-percha.
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