Titre : Revue des cultures coloniales
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1900-07-20
Contributeur : Milhe-Poutingon, Albert. Éditeur scientifique
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32858342r
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 5134 Nombre total de vues : 5134
Description : 20 juillet 1900 20 juillet 1900
Description : 1900/07/20 (A4,N57,T7). 1900/07/20 (A4,N57,T7).
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k63783612
Source : CIRAD, 2012-231823
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 12/08/2013
428 REVUE DES CULTURES COLONIALES
celle du sol sur laquelle l'homme peut beaucoup pour assurer le succès de la
récolte.
Ici nous touchons à la grave question de la composition du sol. Pour ne
prendre qu'un exemple entre cent, tout le monde connaît le terrain qu'on appelle
sableux, mais il y a sable et sable : il y a des sables calcaires, il y en a des sili-
ceux. Tel terrain sera riche en potasse parce qu'il provient de la désagrégation
de roches également riches en cette base, tel autre contiendra beaucoup de
chaux parce qu'il sera formé par la désagrégation de couches calcaires. En un
mot, dire d'où provient tel sol, c'est être bien près de dire quel il est.
Or, qui enseignera à l'agriculteur la connaissance des roches, qui lui ensei-
gnera à reconnaître un gneiss d'un granit, une marne d'un terrain gypseux, du
calcaire et de la dolomie, sinon le minéralogiste?
Tout le monde sait le rôle immense que jouent en agriculture les amendements
des terres : tel sol trop riche en silice demande qu'on l'additionne de chaux, tel
autre trop argileux réclame une certaine quantité de sable pour qu'une culture
déterminée y réussisse. Il faudra donc, dans les pays éloignés, que le colon sache
lui-même rechercher sur place les matériaux dont il aura besoin et connaître
aussi par une analyse sommaire les corps qui composent le sol qu'il cultive.
Une autre question non moins importante est la question du sous-sol. Celui-ci
joue, en effet, un rôle prépondérant dans l'établissement de certaines cultures.
Est-il argileux et compact, la surface sera nécessairement très humide, quelque-
fois même marécageuse, et pourra seulement recevoir des plantes dont les ra-
cines s'accommodent d'une eau plus ou moins stagnante. Sableux ou dolomitique,
il sera poreux et la surface se desséchera rapidement. Son étude facilitera aussi
la recherche des sources et pourra éviter des tâtonnements nombreux et quel-
quefois coûteux pour l'établissement des puits. On nous objectera sans doute
que l'expérience des indigènes pourra là-dessus instruire le colon.
Nous ne saurions-le nier; mais ce que nous affirmons hautement, c'est qu'une
connaissance théorique du sol peut éviter des hésitations et mettre souvent à
l'abri de pratiques superstitieuses dont ces races primitives entourent la plupart
du temps des recherches qui reposent sur un fonds de vérité.
Ces quelques exemples pris au hasard parmi la multitude des faits qui font
l'objet de l'un des chapitres du programme de notre enseignement suffisent, à
notre avis, pour démontrer les avantages que le colon doit tirer de l'étude d'une
science féconde en applications pratiques.
Source indirecte pour ainsi dire de prospérité pour l'agriculteur, la géologie
est une source directe de richesse pour le colon. Elle est la base de toutes les
richesses minérales. Fille en réalité de l'art des mines, elle est indispensable, de
nos jours, au mineur lui-même. Connaître les minéraux, savoir les distinguer
sur le terrain, avoir des notions exactes de l'âge de leur formation, posséder les
principes de leur extraction peut devenir pour le chercheur, dans des pays
vierges ou peu explorés, une source incalculable de richesse.
Combien de fois le colon doit fouler au pied des filons qui, exploités, permet-
traient d'édifier des fortunes immenses!
Qu'il nous suffise de citer un exemple. La découverte du nickel en Nouvelle-
Calédonie date de quelques années à peine : en 1874, on commençait seulement à
l'exploiter. De nos jours, c'est notre colonie océanienne qui exporte le plus de
minerais de ce métal qui tend à se répandre de plus en plus et dont la production
dépasse annuellement 37 millions de tonnes. ,
celle du sol sur laquelle l'homme peut beaucoup pour assurer le succès de la
récolte.
Ici nous touchons à la grave question de la composition du sol. Pour ne
prendre qu'un exemple entre cent, tout le monde connaît le terrain qu'on appelle
sableux, mais il y a sable et sable : il y a des sables calcaires, il y en a des sili-
ceux. Tel terrain sera riche en potasse parce qu'il provient de la désagrégation
de roches également riches en cette base, tel autre contiendra beaucoup de
chaux parce qu'il sera formé par la désagrégation de couches calcaires. En un
mot, dire d'où provient tel sol, c'est être bien près de dire quel il est.
Or, qui enseignera à l'agriculteur la connaissance des roches, qui lui ensei-
gnera à reconnaître un gneiss d'un granit, une marne d'un terrain gypseux, du
calcaire et de la dolomie, sinon le minéralogiste?
Tout le monde sait le rôle immense que jouent en agriculture les amendements
des terres : tel sol trop riche en silice demande qu'on l'additionne de chaux, tel
autre trop argileux réclame une certaine quantité de sable pour qu'une culture
déterminée y réussisse. Il faudra donc, dans les pays éloignés, que le colon sache
lui-même rechercher sur place les matériaux dont il aura besoin et connaître
aussi par une analyse sommaire les corps qui composent le sol qu'il cultive.
Une autre question non moins importante est la question du sous-sol. Celui-ci
joue, en effet, un rôle prépondérant dans l'établissement de certaines cultures.
Est-il argileux et compact, la surface sera nécessairement très humide, quelque-
fois même marécageuse, et pourra seulement recevoir des plantes dont les ra-
cines s'accommodent d'une eau plus ou moins stagnante. Sableux ou dolomitique,
il sera poreux et la surface se desséchera rapidement. Son étude facilitera aussi
la recherche des sources et pourra éviter des tâtonnements nombreux et quel-
quefois coûteux pour l'établissement des puits. On nous objectera sans doute
que l'expérience des indigènes pourra là-dessus instruire le colon.
Nous ne saurions-le nier; mais ce que nous affirmons hautement, c'est qu'une
connaissance théorique du sol peut éviter des hésitations et mettre souvent à
l'abri de pratiques superstitieuses dont ces races primitives entourent la plupart
du temps des recherches qui reposent sur un fonds de vérité.
Ces quelques exemples pris au hasard parmi la multitude des faits qui font
l'objet de l'un des chapitres du programme de notre enseignement suffisent, à
notre avis, pour démontrer les avantages que le colon doit tirer de l'étude d'une
science féconde en applications pratiques.
Source indirecte pour ainsi dire de prospérité pour l'agriculteur, la géologie
est une source directe de richesse pour le colon. Elle est la base de toutes les
richesses minérales. Fille en réalité de l'art des mines, elle est indispensable, de
nos jours, au mineur lui-même. Connaître les minéraux, savoir les distinguer
sur le terrain, avoir des notions exactes de l'âge de leur formation, posséder les
principes de leur extraction peut devenir pour le chercheur, dans des pays
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Qu'il nous suffise de citer un exemple. La découverte du nickel en Nouvelle-
Calédonie date de quelques années à peine : en 1874, on commençait seulement à
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