Titre : Revue des cultures coloniales
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1902-10-20
Contributeur : Milhe-Poutingon, Albert. Éditeur scientifique
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32858342r
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 5134 Nombre total de vues : 5134
Description : 20 octobre 1902 20 octobre 1902
Description : 1902/10/20 (A6,N111,T11). 1902/10/20 (A6,N111,T11).
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6378079q
Source : CIRAD, 2012-231823
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 12/08/2013
236 REVUE DES CULTURES COLONIALES
les Égyptiens comme paraît le supposer De Candolle en étudiant les mots Tazeb- >
boudj, Tazemourt, Tasta, par lesquels les Kabyles désignent l'olivier sauvage,
l'olivier cultivé, les rameaux, non pas de l'olivier seulement, mais de tout arbre
fruitier ou forestier.
Nous allons essayer de discuter rapidement les données qui peuvent nous aider
à jeter un peu de lumière sur cette question.
De Candolle, prenant pour le radical des mots cités plus haut, le préfixe qui
est en tête de chacun d'eux et qui indique en kabyle le genre féminin ou qui est
encore dans cette langue la forme du diminutif, voit une analogie frappante
entre la première syllabe de Tazebboudj, de Tazemourt. de Tasta et le mot Tat
qui était le nom de l'olivier dans l'ancien égyptien.
L'erreur me semblait manifeste; j'ai voulu néanmoins avoir l'avis de M. Luc-
ciani, le distingué berbérisant du Gouvernement général, qui a approuvé d'une
façon absolue ma manière de voir. Le T initial n'est, dans tous ces mots, qu'un
préfixe qui indique la forme féminine et n'a pas plus de valeur que dans bien
d'autres noms d'arbres ou de fruits, tels que : Tesfah, la pomme; Téfirest, le
poirier; Ténéquolest, le figuier; Taïda, le pin.
Il faut donc renoncer à l'hypothèse que ce sont les Égyptiens qui ont introduit
l'olivier en Numidie, puisque cette hypothèse n'était basée que sur une erreur
étymologique.
D'un autre côté, dans toutes les régions où l'olivier a été importé par les Grecs
ou par les Romains, les mots qui servent encore aujourd'hui à désigner cet arbre
ou son produit, l'huile, sont tirés sans conteste du mot grecElaia ou du mot latin
Olea.
Les habitants des Baléares appellent l'olivier sauvage Olivastre, l'olivier Oli-
veré; les Provençaux se servent des mots Oléastre et Olivier; les Basques, de
même que les populations du nord de l'Espagne, de noms dérivés du latin.
Il est donc probable que, si l'olivier avait été introduit en Afrique par les
Grecs ou les Romains, il aurait dans cette contrée, comme dans tant d'autres,
conservé le nom sous lequel il était connu des importateurs.
C'est au contraire par des mots dérivés du sémite Azebuche, Aceytuno, Aceyte,
dans la plus grande partie de l'Espagne ; Zebboudj, Zitoun, Zit, dans le nord de
l'Afrique que l'on désigne l'olivier sauvage, l'olivier greffé et l'huile (De Can-
dolle).
Est-ce, comme le pense le savant auteur que je viens de citer, à l'occupation
par les Arabes et les Maures qu'il faut attribuer l'origine sémitique des mots qui
servent à dénommer l'olivier de l'olive dans ces différents pays, ou n'y a-t-il
pas lieu de faire remonter plutôt cette origine sémitique aux Phéniciens, qui
avaient fondé de si nombreuses colonies en Espagne, à Tarsis, Gadès, etc., et
sur tout le littoral africain Carthage, Utique, Hippone? Enfin les mots kabyles
Tazebboudj, Tazemourt ont-ils une origine sémitique ?
Si oui, c'est que cet arbre était inconnu des Kabyles et c'est aux Phéniciens
qu'il faut en faire remonter l'importation, car il existait en Algérie bien avant
l'invasion arabe.
Si les philologues ne peuvent admettre que ces noms aient comme racine le
mot sémite Zeit, le doute n'est évidemment pas permis pour le mot Ezzit qui
veut dire huile en kabyle, et l'on serait alors amené à penser que l'olivier exis-
tait bien dans le nord de l'Afrique avant la venue des Phéniciens, mais que ce
sont ceux-ci qui apprirent aux autochtones à transformer ses produits en huile.
les Égyptiens comme paraît le supposer De Candolle en étudiant les mots Tazeb- >
boudj, Tazemourt, Tasta, par lesquels les Kabyles désignent l'olivier sauvage,
l'olivier cultivé, les rameaux, non pas de l'olivier seulement, mais de tout arbre
fruitier ou forestier.
Nous allons essayer de discuter rapidement les données qui peuvent nous aider
à jeter un peu de lumière sur cette question.
De Candolle, prenant pour le radical des mots cités plus haut, le préfixe qui
est en tête de chacun d'eux et qui indique en kabyle le genre féminin ou qui est
encore dans cette langue la forme du diminutif, voit une analogie frappante
entre la première syllabe de Tazebboudj, de Tazemourt. de Tasta et le mot Tat
qui était le nom de l'olivier dans l'ancien égyptien.
L'erreur me semblait manifeste; j'ai voulu néanmoins avoir l'avis de M. Luc-
ciani, le distingué berbérisant du Gouvernement général, qui a approuvé d'une
façon absolue ma manière de voir. Le T initial n'est, dans tous ces mots, qu'un
préfixe qui indique la forme féminine et n'a pas plus de valeur que dans bien
d'autres noms d'arbres ou de fruits, tels que : Tesfah, la pomme; Téfirest, le
poirier; Ténéquolest, le figuier; Taïda, le pin.
Il faut donc renoncer à l'hypothèse que ce sont les Égyptiens qui ont introduit
l'olivier en Numidie, puisque cette hypothèse n'était basée que sur une erreur
étymologique.
D'un autre côté, dans toutes les régions où l'olivier a été importé par les Grecs
ou par les Romains, les mots qui servent encore aujourd'hui à désigner cet arbre
ou son produit, l'huile, sont tirés sans conteste du mot grecElaia ou du mot latin
Olea.
Les habitants des Baléares appellent l'olivier sauvage Olivastre, l'olivier Oli-
veré; les Provençaux se servent des mots Oléastre et Olivier; les Basques, de
même que les populations du nord de l'Espagne, de noms dérivés du latin.
Il est donc probable que, si l'olivier avait été introduit en Afrique par les
Grecs ou les Romains, il aurait dans cette contrée, comme dans tant d'autres,
conservé le nom sous lequel il était connu des importateurs.
C'est au contraire par des mots dérivés du sémite Azebuche, Aceytuno, Aceyte,
dans la plus grande partie de l'Espagne ; Zebboudj, Zitoun, Zit, dans le nord de
l'Afrique que l'on désigne l'olivier sauvage, l'olivier greffé et l'huile (De Can-
dolle).
Est-ce, comme le pense le savant auteur que je viens de citer, à l'occupation
par les Arabes et les Maures qu'il faut attribuer l'origine sémitique des mots qui
servent à dénommer l'olivier de l'olive dans ces différents pays, ou n'y a-t-il
pas lieu de faire remonter plutôt cette origine sémitique aux Phéniciens, qui
avaient fondé de si nombreuses colonies en Espagne, à Tarsis, Gadès, etc., et
sur tout le littoral africain Carthage, Utique, Hippone? Enfin les mots kabyles
Tazebboudj, Tazemourt ont-ils une origine sémitique ?
Si oui, c'est que cet arbre était inconnu des Kabyles et c'est aux Phéniciens
qu'il faut en faire remonter l'importation, car il existait en Algérie bien avant
l'invasion arabe.
Si les philologues ne peuvent admettre que ces noms aient comme racine le
mot sémite Zeit, le doute n'est évidemment pas permis pour le mot Ezzit qui
veut dire huile en kabyle, et l'on serait alors amené à penser que l'olivier exis-
tait bien dans le nord de l'Afrique avant la venue des Phéniciens, mais que ce
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