Titre : Les Annales coloniales : organe de la "France coloniale moderne" / directeur : Marcel Ruedel
Auteur : France coloniale moderne. Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Éditeur : [s.n.][s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1929-12-28
Contributeur : Ruedel, Marcel. Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32693410p
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 28 décembre 1929 28 décembre 1929
Description : 1929/12/28 (A30,N190). 1929/12/28 (A30,N190).
Description : Collection numérique : Bibliothèque Francophone... Collection numérique : Bibliothèque Francophone Numérique
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Description : Appartient à l’ensemble documentaire : RfnHisg1 Appartient à l’ensemble documentaire : RfnHisg1
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Identifiant : ark:/12148/bpt6k62806607
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-LC12-252
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 16/01/2013
TRENTIEME ANNEE. N° 190.
LE NUMERO : 30 - CENTIMES
SAMEDI SOin, 28 DECEMBRE 1029.
JOURNALJ^jOTIDIER
Réduction & Administration :
14, m m Mu-mur
PARIS O") -
Ttl tPII. 1 LOUV". 1141
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C Iô 0 le
Les Annales Coloniales
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- Le privilège de la Banque d'Indochine
Nous avons examiné dans notre précédent.
article, le champ d'activité et l'organisa-
tion des Banques coloniales. Il nous reste
à voir maintenant en quoi la Banque de
l'Indochine s'écarte du régime dont nous
avons indiqué les grandes lignes. --
Si le privilège d'émission confère à la
Banque de France un avantage sur les au-
tres établissements, en lui donnant le rôle
d'un arbitre de la politique d'escompte, il
ne lui confère pas un monopole ni une supé-
riorité de fait, car exigeant trois signatures
pour l'escompte, elle n'a qu'une clientèle
d'établissements de crédits, escompteurs au
premier degré et qui donnent la troisième si-
gnature.
Les Banques coloniales, elles, pratiquent
à la fois l'émission des billets et l'escompte
au premier degré.
Sans doute, leur privilège d'émission est-
il limité au triple de l'encaisse métallique.
Mais cette restriction a été amenée à s'at-
ténuer et à disparaître sous la pression des
événements.
En 1913, la circulation fiduciaire de la
Banque de l'Indochine (environ 29 mil-
lions) atteignait à peu près le double de son
encaisse métallique (14 millions en chiffres
ronds). L'écart qui n'avait pas augmenté
durant la guerre commença à s'accentuer en
1918. Au lC)r juillet, le maximum légal fut
dépassé au ier avril 1920, l'encaisse repré-
sentait moins du i/ io* de la circulation. Par
des arrêtés successifs, le Gouvernement Gé-
néral autorisa ces dérogations commandées
par les circonstances et établit le 28 mars
1920, le cours forcé de ses billets.
Ces dérogations étaient nécessitées par la
pénurie de numéraire et la hausse de l'ar-
gent, tant par rapport à l'or qu'au franc-
papier.
La Banque de l'Indochine n'est pas seu-
lement maîtresse exclusive des moyens mo-
nétaires. En sa qualité de Banque d'es-
compte, elle possède comme toutes les Ban-
ques le pouvoir d'accepter ou de refuser les
demandes de crédits qui lui sont adressées;
ce pouvoir apparaît encore plus étendu si
l'on considère que le papier (lui lui est pré-
senté n'a pas déjà été soumis à la discri-
mination qu'opère l'escompte préalable,
la Banque de l'Indochine se contentant de
deux signatures solvables -, mais que c'est
son Comité du Conseil d'escompte qui pro-
cède à l'examen des bordereaux. Elle peut
donc réserver sa confiance à une clientèle
déterminée, ceux qu'elle exclut étant con-
traints de subir ailleurs des conditions plus
onéreuses, et même avantager une partie de
sa clientèle par des taux différentiels d'es-
compte. D'autre part, elle est libre de fixer
à son gré les conditions des règlements sur
l'étranger, dont elle est pratiquement l'ar-
bitre.
Ces possibilités d'user de son. monopole
pour avantager certains intérêts privés au
détriment des autres et pour concurrencer les
autres banques ainsi placées sous sa dépen-
dance, sont un des principaux griefs qui ont
été articulés contre elle, grietfs de principe
plutôt que d'application.
Ajoutons que les statuts de la Banque
de l'Indochine en matière de prêts autorisés
ne sont pas plus larges que ceux des autres
banques coloniales.
Elle a été autorisée à pratiquer les opé-
rations en usage dans les Banques d'autres
nationalités et peut ainsi accorder des avan-
ces sur des garanties très diverses.
D'autie part, elle peut depuis 1888 sece-
voir en nantissement les titres portés sur la
liste de la Banque de France, qui exclut les
titres coloniaux, municipaux ou étrangers,
mais encore les obligations émises par les
villes de Cochinchine et du Tonkin, les ti-
tres d'emprunts chinois, les rentes indiennes
et anglaises.
Cette faculté de prêt n'est pas destinée
a faciliter les émissions mais c'est une faci-
lité réclamée par les possesseurs de ces titres
qui sont loin des coloniaux. Il serait injuste
de leur refuser des facilités analogues à cel-
les accordées par la Banque de France, en
France.
Le Crédit agricole devait être, nous
l'avons souligné, une des activités essen-
tielles des Banques coloniales. Sans doute,
même dans les vieilles colonies, il faut bien
reconnaître que les prêts sur récoltes
n'étaient pas sans rencontrer de sérieuses
difficultés, tenant, tantôt à la diversité de
l'organisation de la propriété suivant les
régions, tantôt au caractère encore très ar-
riéré des procédés d'exploitation, plus sou-
vent enfin au manque de garantie, qu'on
s'était efforcé de pallier par l'intervention
d'une collectivité garante.
'En Indochine, les règles d'attribution des
prêts agricoles sont sensiblement les mêmes,
avec cette particularité qu'en raison de
l'indétermination qui règne quant à la per-
sonnalité des indigènes, c'est la commune
qui contracte l'emprunt pour le compte des
bénéficiaires.
Or, grâce aux simplifications successives
introduites dans la procédure, et à l'inter-
vention de l'Administration, les prêts con-
sentis aux Sociétés de Crédit agricole dé-
passent 12 millions de piastres, soit 120
MILLIONS DE FRANCS. Aucun établissement
de crédit ne consent une telle masse de cré-
dits aux petits cultivateurs indigènes.
Dans l'ensemble, son champ d'action
s'étend de préférence à notre empire indo-
chinois. Cependant sur les insistances du
gouvernement français, des agences étrangè-
res de la Banque de l'Indochine ont été
ouvertes en Chine, au Siam et dans les co-
lonies anglaises. Cette action s'exerce en par-
tie au détriment de son œuvre principale,
car nombreuses sont les agences de la ban-
que de l'Indochine à l'étranger qui sont dé-
ficitaires, mais le gouvernement français a
agi sur la banque pour demander ces créa-
tions et en Extrême-Orient en face des
banques anglaises, américaines.
Georges JVoateffc,
Député de Saône-et-Loire, vice-président
de la Commission de l'Algérie,
des Colonie. et des Protectorats,
membre de la Commission des
Mme..
L'EXPOSITION COLONIALE
Iotenationale de Paris
CONCOURS D'ARCHITECTURE
En vue de l'Exposition Coloniale, deux
concours d'architecture viennent d'avoir lieu.
Ils nous intéressent au plus haut point, puis-
qu'il s'agit, ni plus ni moins, de la Porte
il'Honneur de l'Exposition et de l'immense
et intelligente Cité métropolitaine d'Infor-
mations que tout l'étranger colonial devra
envier ou plaindre. Haïr, Aimer, Eclater de
rire est le propre de l'homme, colonial ou
autre.
̃ Les résultas du concours étaient exposés
gratuitement aux yeux de tous de tous
ceux que la chose passionne ou amuse
dans les rez-de-chaussée de l'angle Nord-
Est du Grand Palais. Bonne formule du
constat de visu que l'Exposition Coloniale
se doit à elle-même. Un peu à tous, aussi.
.Puisque @ nous paierons fatalement, soyons
heureux d'être d'abord considérés.
Nous paierons 25.000 francs au premier
lauréat de ce concours; 20.000 francs au se.
cond; 10.000 francs au troisième.
Heureusement qu'ils ne sont pas soixante.
D'ailleurs 17 ou 18 envois sont parvenus
devant le jury pour les deux sujets pro-
posés.
Le travail d'exposant est gros pour cha-
cun. Ce sont des mètres et des mètres de
plans, de façades colorées. Des faces, des
côtés, de profils qui ne disent par grand'-
- chose. --- --- -----
Je comprends l'embarras du jury.
Ce que je comprends moins c'est d'avoir
récompensé un candidat dont l'œuvre (?) ne
sera pas exécutée.
A tout prendre, il vaut encore mieux
payer 25.000 francs à l'heureux bénéficiaire
et que sa porte reste en plan. Ce sera 1 mil-
lion et demi de gagné.
Laissons de côté cette Porte d'Honneur.
Horreur. Laideur. Impudeur. Douleur fran-
çaise.
La Section Métropolitaine nous console.
M. Audoul, premier Grand Prix de Rome,
remporte ici le plus beau succès.
Pureté des lignes. Claire conception du
mauresque. Sa Cité d'informations ravira
bien des visiteurs et sera l'honneur de l'Ex-
position.
Nous en reparlerons.
MirmMe - Mmrcette De//lmm9
LIRE EN SECONDE PAGE.
A la Chambre.
Lois-décreet-arrêté*
L'aviation coloniale.
Dépêches de l'Indochine 1
Dirigeables transpacifiques
» American Tele,plwll a ml telegruph
company » annonce l'établissement dans le
d(llai de six mois de communications télé-
phoniques par câble entre San-Francisco et
le Japon, et par sjtns-fil entre les paquebots
se trouvant (1 proximité des côtes améri-
caines et japonaises.
Lit « Pacific Zeppelin Company » a com-
mandé deux dirigeables à la « Goodrich
Zeppelin Company », pouvant transporter
100 passagers, 20.000 livres de fret et de
courrier postal. Un service reliera en 36
heures San-Francisco et Honolulu. Le pro-
jet d'exploitation comporte l'extension ulté-
rieure du service vers le Japon, les Phtlip-
pincs et Singapour.
La récolte de paddy
Selon des estimations provisoires, la ré-
colte de paddy du dixième mois au Ton-
Idu, soit la deuxième récolte de t'année, se
chiffre par 1.0G7.000 tonnes. lionne dans
l'ensemble, elle présente un excédent de
100.000 tonnes environ sur le rendement
moyen des dix dernières années. Cet excé-
dent eut été beaucoup plus iWIXJrtant sans
le typhon du mois de juillet, qui affecta les
provinces les plus fertiles du delta, eut/om-
mageant gravement les rizières.
L'aviation siamoise
La Section cochinchinoise de la Ligue in-
ternationale des aviateurs avait le 11 no-
vembre dernier, fait remettre à lit section
siamoise de la L. 1. A. une palme de bronze
qui fut déposée au pied du monument de
l'aérodrome de Dong-Muang près de Bang-
kok. En témoignage de grâlilude, le prési-
dent de la section siamoise, major général
Phqa-Chaleemakas a adressé, en retour, au
nom du service royal de l'aéronautique du
Siam, une coupe d'argent niellé, décorée
des insignes de l'aviaton siamoise et Cfl-
tourée d'une cocarde tricolore. Les avia-
leurs Indochinois ont adressé leurs l'emer-
ciements, se déclarant très touchés par ce,
geste qui resserre les liens unissant les
aviateurs des deux pays.
(Indopacifi).
L'activité du mont Pelé
l"
Le volcan a été découvert le 27, ce qui a
permis de constater que le dôme a subi des
dégradations comidérables.
L'activité est persistante sous forme de
poussées verticales. ,
-. (Par dépêche.)
LeI; Maternités de Dakar
Dakar, on a
fondé deux
Maternités.
une Maternité
européenne et
une Maternité
indigène. ,
La Mater-
nité européen-
lit s'élève en
bordure de la
toute de la
Corniche, à côté de Vhôpital colonial. C'est
un bâtiment à étages, surmonté d'une ter-
rasse d'où L'on jouit d'une vue admirable.
Si la vue est jolie, c'est qu'elle est située
à l'un des endroits les plus élevés et les
plus ventiles de la presqu'île du Cap-Vert.
Sur la terrasse, même en saison chaude.
les mamans et les nouveau-nés trouvent tou-
jours une brise rafraîchissante.
Dans un intéressant article de M. R. Ou-
dinot. publié il y a quelques semaines dans
le Mouvement Sanitaire, nous trouvons d'uti-
les renseignements sur le fonctionnement des
deux Maternités.
La Maternité européenne reçoit les partu-
rientes européennes et assimilées. Le nombre
de ses lits est de 24.
Son rendement en 1928 a été de : accou-
chements normaux, 121; accouchements pré-
maturés, 3; avortfmellts, 4. En perspective,
c'est environ 150 accouchements par an. Un
médecin-accoucheur, une sage-femme euro-
péenne, des infirmières européennes et in-
digènes, deux élèves sages-femmes assurent
le service. Deux fois par semaine, il y a
consultations de femmes enceintes et de
nourrissons.
A la Maternité, on pratique les vaccina-
tions jennériennes des nouveau-nés et les
vaccinations de B.C.G..
La Maternité indigène est installée en
pleine ville. Elle a été inaugurée en 1919.
Sa capacité est de 30 lits.
Avant l'accouchement, la parturiente est
placée dans une salle commune; après l'ac-
couchement, elle est portée, avec son nour-
risson, dans une chambre à deux lits.
Le personnel de la Maternité comprend
un accoucheur, 2 sages-femmes européennes,
1 sage-femme indigène diplômée de l'Ecole
de Médecine. Les soins sont donnés et as-
surés par les élèves sages-femmes de l'Ecole
de Médecine, parce que la Maternité de
Dakar est rattachée à l'Ecole de Médecine
comme Maternité d'instruction.
Le rendement de la Maternité indigène
a été de 238 accouchements en 1920 et 327
en 1928. Parmi les 327 accouchements de
1928, il y a eu 29 avortements et 28 accou-
chements prématurés. Ce sont des chiffres
élevés.
Dans la statistique de 1925, on relève
8 décès de nouveau-nés, consécutifs au té-
tanos ombilical.
Après son accouchement, la femme indi-
gène est conservée une douzaine de jours à
la Maternité. A sa sortie, elle reçoit une
layette pour son nourrisson et une prime de
20 francs. -
En 1927, on a pratiqué à la Maternité
indigène, 524 vaccinations jennériennes et
605 vaccinations par le B.C.G.
Le personnel de la Maternité indigène
donne, en outre, des consultations préna-
tales. Elles se sont élevées aux environs de
10.000 en 1927 et 1928. Ce qui veut dire
que la même femme est revenue plusieurs
fois à la consultation.
A côté des consultations prénatales, il y
a les consultations de nourrissons et des
consultations gynécologiques.
En 1921, on a décidé l'installation dune
Crèche, annexée à la Maternité indigène.
En principe, la Crèche était destinée à
recueillir les nourrissons abandonnés ou pri-
vés de leur mère, à surveiller les enfants
d'indigènes ou de métis employés comme do-
mestiques, à hospitaliser les nourrissons ma-
lades. Mais la femme indigène ne se sépare
pas facilement de son enfant. La Crèche ne
reçut guère que les enfants d'une clientèle
spéciale, et l'échec fut à peu près complet.
Les enfants ëllétifs, malingres ou malades
qu'on v reçut, moururent à peu près tous.
L'affaire est à reprendre sur d'autres bases.
La maternité indigène est insuffisante.
Cette situation va prendre fin sous peu,
puisque le Gouverneur général de l'Afrique
Occidentale Française, a prévu un crédit
de 2 millions dans son projet d'emprunt
destiné à la construction d'une Maternité
indigène. Voilà une excellente idée et une
bonne opération en perspective. Nous en fé-
licitons volontiers les initiateurs, et, en par-
ticulier, le Gouverneur de l'A.O.P.
Cil DeMerre,
Sénateur du Nord,
Membre de la Commission des Affaires
Etrangères.
MM. Saint et Bordes
chez M. Doumergue
M. Pierre Bordes, Gouverneur général de
l'Algérie, a été reçu, dans l'après midi
d'hier, par le président de la République
qui a bien voulu lui confirmer que son voye-
ge en Algérie est définitivement fixé au
4 mai.
M. Jules Michel, secrétaire de la prési-
dence, et l'amiral Vedel, ont eu, à propos de
ce voyage, une première conférence avec le
Gouverneur général de l'Algérie, en vue
d'arrêter les grandes lignes du séjour en
Algérie du président de la République.
M Lucien Saint, Résident général de
France au MarOGt a été égttoncBt reçu par
M. DvwMPfoit
LE BUDGET DE LA TUNISIE
-
Réuni en session ordinaire depuis le 25
novembre pour le vote du budget de la Ré-
gence, le Grand Conseil vient de terminer
ses travaux.
Le budget atteindra un total de 518 mil-
lions environ, auxquels il faut ajouter les
dépenses à faire au moyen des excédents
disponibles laissés par les exercices précé-
dents qui sont évaluées à environ 18 mil-
lions.
Ce budget dépasse celui de l'exercice 1929
de 77 millions. Cette augmentation tient au
rajustement des traitements du personnel
administratif, au développement des services
et de l'outillage économique du pays. On
peut citer notamment l'extension des servi-
ces d'assistance et d'hygiène, ainsi que de
ceux de l'instruction publique, la continua-
tion de la construction du réseau routier et
son amélioration, l'aménagement des centres
de colonisation, la construction des bâti-
ments civils. Une mention toute spéciale doit
être faite de l'organisation de l'enseignement
professionnel pour laquelle un crédit d'un
million de francs a été voté.
L'accroissement normal du budget des re-
cettes fait face en partie aux dépenses nou-
velles. Il a fallu cependant avoir recours
aussi à des ressources nouvelles. Les deux
sections du Grand Onseil se sont mises
d'accord pour porter les tarifs des droits de
timbre de dimension aux taux adoptés en
France, relever les droits fixes d'enregistre-
ment et les droits sur les actes déclaratifs
(constitutions de sociétés), pour porter au
tarif minimum français certains droits de
douane, certaines taxes postales du-régime
intérieur et augmenter de 4 environ les
prix de vente des produits monopolisés (ta-
bacs, sels, cartes à jouer). On a aussi institué
sur les débits de boissons un droit de licen-
ce analogue à celui perçu en Algérie et en
France.
L'accord s'est fait aussi pour écarter la
proposition du Gouvernement d'établir une
taxe personnelle graduée basée sur la masse
des revenus du contribuable. Le Grand
Conseil a préféré maintenir les impôts per.
sonnels existants, c'est-à-dire la taxe de
15 francs, qui atteint tous les habitants mil.
les et majeurs, et la contribution supplé-
mentaire de 35 francs qui frappe les contri-
buables ayant un revenu supérieur à 12.000
francs. Mais on a créé une nouvelle classe
à 100 francs pour les bénéficiaires d'un re-
venu de plus de 25.000 francs. C'est peut-
être un acheminement vers J'adoption de
l'impôt sur le revenu que proposait le Gou-
vernement, mais l'assemblée n'a pas pensé
que le pays soit suffisamment préparé à la
perception de cet impôt. Elle n a pas cru da-
vantage pouvoir relever les droits sur les
mutations immobilières entre vifs à titre
onéreux, mais elle a relevé les droits sur les
mutations à titre gratuit entre vifs et adopté
des tarifa progressifs modérés pour les droits
de succession.
Il faut noter enfin, et ainsi que nous
l'avons déjà annoncé, que l'assemblée, émue
de la baisse du prix des huiles d'olive qui
constituent une des productions principales
de la Tunisie a réduit le droit d'exportation
(40 francs par quintal) atteignant ces huiles,
d'un dégrèvement de 20 francs, de sorte que
les huiles qui sortiront de Tunisie en 1930
ne payeront que 20 francs par quintal.
«4»
Le Maroc Oriental
«»«
Le Maroc oriental, longtemps négligé, sem-
ble aujourd'hui dévoiler peu à peu ses ressour-
ces, cachées dans le sous-sol, et participer au
grand essor économique du Maroc occidental.
Certes, ce haut-plateau, prolongement des
hauts-plateaux oranais, est-il une misérable ré-
gion agricole, où le sol ingrat nourrit mal une
population rare.
Les sédentaires habitent Berguent et Ten-
drara. Quelques borqjs sont encore occupés de
façon permanente, mais le plus souvent tempo-
rairement. Çà et là quelques anciens partisans
du Rogui, à demi soumis, élèvent des moutons,
et le profit qu'ils en tirent n'est pas étranger à
leur renoncement à la dissidence.
Sous ce sol pauvre, gisent d'importantes
richesses minières dont l' exploitation s'intensifie
de jour en jour. Le manganèse de Bou-Arfa,
le plomb, le zinc et le cuivre découverts au
Sud et à l'ouest du plateau, le charbon de
Kenadza et d'Aouïnet, sont de sûrs éléments
de prospérité actuelle ou future. Mais le ren-
dement vraiment efficace de cette région ne
sera obtenu qu'à l' achèvement de la ligne à
voie normale qui, partie d'Oudja, doit rejoin-
dre Bou-Arfa. Et peut-être un avenir plus loin-
tain donnera-t-il à cette voie son maximum de
valeur en en faisant la tête de ligne du trans-
saharien.
Le sud du Haut-Plateau, trop souvent in-
festé de djichs pillards et audacieux, est encore
d'un accès trop difficile, particulièrement sur la
piste Bou-Ar fa, Colomb-Béchar, pour qu'on
puisse songer dès maintenant à sa mise en va-
leur.
Mais l'insécurité est un péril provisoire qui
sera d'un jour à l'autre définitivement écarté,
pourvu que le veuille bien l'opinion parlemen-
taire de la métropole. Un autre problème, plus
difficile à remédier, est celui de l'irrigation.
Alors que, sur le plateau algérien, quelques
pluies, si rares soient-elles, suffisent à permettre
a culture des céréales, le plateau Est-Marocain
n'est guère arrosé de plus de cent millimètres
-- d'eau par - an. - - --
La question, pourtant, n'est pas insolub!e.
Plusieurs points d'eau existent déjà dans le
Djebel Tendrara et au sud de Berguent, et
déjà, de gros efforts ont été faits afin d'exploi-
ter au maximum ces précieux éléments.
La mise en valeur du Maroc oriental est donc
soumise à deux questions : celle de la main-
d'œuvre pour l'exploitation des richesses du
sous-sol, et celle de l'eau pour le développe-
ment de l'activité pastorale, un problème social
et un problème technique.
TAUX DE LA PIASTRE
4 la date du te décembre, le taux de la plU-
tre h Saïgoa était de 10 francs,
A MADAGASCAR
Médecin et Jésuite
directeur d'une léproserie
«♦»
Le R. P. Décès, de la Compagnie de Jé-
sus, docteur en médecine, a bien voulu don-
ner au correspondant de l'Agence F ides, à
Fianarantsoa, quelques précisions sur la lé-
proserie de Marana dont il est à la fois l'au-
mônier et le médecin :
« Grand, la barbe blanche, le regard bien
droit derrière les lunettes, le P. Décès m'ac-
cueille edt la plus souriante cordialité, et
mis au courant de mon désir, il y répond
aussitôt.
« L'établissement que nous allons visiter
a été fondé avant la guerre franco-malga-
che, mais n'a reçu qu'en 1911 sa force ac-
tuelle. Le P. Beysym s'est sacrifié à cette
œuvre, et a fini par succomber à la tâche, en
1912. Son successeur, le P. Dupuy, est mort
du terrible fléau.
C'est donc sur le sacrifice qu'a été fon-
dée cette belle œuvre, et c'est pour elle un
précieux gage de succès.
Oui, et c'est bien pourquoi continuer
leur œuvre m'est un tel honneur et une joie
si profonde.
Cependant au point de vue matériel l'œu-
vre est lourde.
Notre léproserie ne reçoit aucune subven-
tion du Gouvernement et doit pourvoir seule
à toutes ses dépenses qui atteignent mainte-
nant 40.000 francs par an.
Ceci n'est rien d'ailleurs ou peu de chose
auprès de la souffrance à laquelle on ne
s'habitue jamais pour peu qu'on ait du
cœur, la souffrance qui nait du spectacle
constant de misères physiques absolument
indescriptibles. La lèpre est une maladie de
la peau et de la sensibilité qui revêt deux
formes principales : l'une nerveuse, l'autre
tuberculeuse, avec, entre elles deux, une for-
me mixte, lorsque la forme nerveuse aiguil-
le vers la forme tuberculeuse.
Dans la forme nerveuse on constate sur-
tout des taches et des troubles de sensibilité
aux extrémités des membres, d'où rétraction
des doigts et des orteils, atrophie et pertes
de substance.
La forme tuberculeuse présente de nom-
breux tubercules, surtout à la figure, aux
mains et aux pieds. Leur accumulation sur
le visage donne le facies léonin. Quant aux
plaies des membres, elles se développent
sans raison apparente, ef prennent tout de
suite un caractère ulcéreux, rongeant et en-
vahissant. H. Voilà en quelques mots sur la
lèpre ce que sont nos malades. Mais si leurs
pauvres corps rongés sont souvent affreux et
répandent une odeut infecte, malgré toute
l'antisepsie de rigueur, leurs âmes sont quel-
quefois bien belles et singulièrement atta-
chantes.
C'est pour vous, mon Père, une bien
juste compensation, et c'est là j'imagine ce
qui vous aide à tenir en un pareil milieu.
Sans doute, et le côté matériel de notre
œuvre que nous nous gardons bien de
négliger d'ailleurs est comme l'ombre qui
sert à mieux faire valoir le côté spirituel,
qui, lui, nous apparaît comme ensoleillé,
tant il est clair, et pur, et lumineux.
De nos malades, actuellement au nombre
de 128, la grande majorité rentre dans la ca-
tégorie des païens qui, sans la lèpre et la
léproserie catholique de Marana, n'auraient
jamais connu le vrai Dieu. Chose curieuse,
il semble que Dieu, veillant de façon spé-
ciale sur notre œuvre, y conduit ceux qu'il
a prédestinés de toute éternité à correspon-
dre à la grâce du salut.
Tous ceux, en effet, qui ne viennent chez
nous que forcés soit par la maladie, soit par
leurs parents ou voisins, soit par le Gou-
vernement et négligent la prière, l'étude du
catéchisme et le travail manuel (autant que
leur état d'âme le leur permet) ne nous res-
tent pas.
Ceux qui, au contraire, se plient au règle-
ment et persévèrent, deviennent rapidement
de vrais chrétiens. Le zèle avec lequel ils
recourent aux sacrements, la patience avec
laquelle ils supportent leur maladie et ses
horreurs, le confiant abandon avec lequel ils
rendent leur âme à leur créateur en sont
une preuve éloquente. Nous en voyons qui,
avant d'entrer étaient plus ou moins sor-
ciers ou versés dans les usages païens, qui
laissent toutes leurs mauvaises coutumes
dès qu'ils ont franchi le seuil de la lépro-
serie. Et tout le temps de leur séjour ici
ils vivent dans la paix et la joie. Nos lé-
preux, en effet, sont heureux et le paraissent
aussi. C'est là ce qui frappe le plus nos
visiteurs, et tandis que ceux-ci épouvantés
de ce qu'ils voient, s'apitoyent sur leurs mi-
sères physiques indescriptibles, ils semblent
eux, vivre au-dessus de toute souffrance. Et
cependant ils ont de quoi souffrir, quoique
leur sensibilité soit beaucoup moins vive
que la nôtre.
Le secret de cet invraisemblable bonheur,
c'est que la léproserie de Marana est une
maison de prière, où l'on vit en grâce de
Dieu, et dans l'espérance assurée de l'éter-
nelle béatitude.
On prie beaucoup à Marana, et l'on y
aime prier. Tellement qu'il n'est pas de
missionnaire sur le point d'entreprendre une
œuvre de quelque importance, qu'il n'ait re-
cours à la charitable intervention des pau-
vres lépreux et ne s'en trouve bien.
En sorte, mon Père, si misérable qu'ils
apparaissent au point de vue simplement hu-
main, vos chers lépreux riches des biens cé-
lestes, sont heureux de les partager avec qui
les leur demande ? C'est un bel exemple de
charité chrétienne, et une émouvante appli-
cation de cette admirable réalité surnatu-
relle qu'est la Communion des Saints.
Oui, et c'est pourquoi sans doute, Dieu,
qui est l'infinie charité s'incline si volontiers
vers nos pauvres lépreux et se plaît à exaucer
leur prière. »
Agence Fides.
M. Mirabel, commissaire de l'A. E. F.
à l'Exposition Coloniale
00
M. Mirabel Léon, Directeur de l'Agence
Economique du Gouvernement Général de
l'Afrique Equatoriale Française, est uommé
Commissaire de l'Afrique Equatoriale Fran-
çaise à l'Exposirisn Coloniale Internationale
de Paris.
Mort du peintre orientaliste
ETIENNE DINET
e'08
C' est avec émotion que nous avons appris la
mort du grand peintre orientaliste Etienne Di-
net. Né à Paris en 1861, ancien élève du Ly-
cée Henry-IV, après de bonnes études artisti-
ques à l'Académie Jullian, où ses dons furent
vite remarqués, à vingt et un ans, il faisait son
premier envoi au Salon. L'année suivante, il
obtint une mention honorable pour sa Vue prise
du rocher de Samois, qui attira sur lui l' atten-
tion des critiques. Son Saint-Julien l'ilospita-
lier confirma bientôt les promesses de ses pre-
mières oeuvres. Et c' est l'attribution d' une
bourse de voyage qui devait lui révéler sa voie,
en l'amenant à visiter r Algérie, qu'il ignorait.
Comme tant d'autres, le jeune artiste fut sé-
duit, conquis par la lumière du ciel africain.
par la majestueuse sérénité des paysages du sud
et aussi par l'étrange caractère des types ber-
bères et bédouins. Il se passionna pour la vie
musulmane, ses mœurs, sa littérature, et décida
de consacrer sa vie à la reproduction des scènes
de la vie arabe.
En 1885, il envoya au Salon une première
toile aigérienne : Vues de l'Oued Mcla après
la pluie. Ce fut une révélation.
On se souvient de ses succès qui suivirent :
Les Terrasses de Laghouot, les Charmeurs de
serpents, les Arabes en prière, les crépuscules
bleus et les pages de tendresse comme cette
Lumière des yeux et esclave d'amour, qui sont,
les uns et les autres, au Musée du Luxem-
bourg.
Maintes autres œuvres l' Adoration des
bergers, la Vieille et les deux servantes, Aini,
0 lumière des yeux, les Vieilles Mauresques*
notamment devaient, d'année en année, per-
mettre à Dinet de prendre place au tout premier
rang des peintres orientalistes, à côté de Maxi-
me Noiré, mort voici deux ans. Mais tandis que
celui-ci restait « le peintre de l' espace et du
silence », Dinct s'attachait de plus en plus à
l'étude scrupuleuse des types africains. Mem-
bre de la Nationale des Beaux-Arts, des Orien-
talistes d'Alger, ses envois à leurs divers Salons
lui valaient des succès de plus en plus marqués.
Telles scènes de la vie indigène, telles charges
de mokhaznis dans les ruelles d'une ville d.
Sud resteront comme les plus curieux et les plus
vrais spectacles africains.
On sait la conscience, la scrupuleuse exac-
titude du dessin, la finesse d'observation qu'il
apporta dans la description picturale de tous ces
sujets. Technicien remarquable, Dinet esfVau-
teur d'un ouvrage : Les Fléaux de la pdifarc,
qui est plein de science et de remarques ù.t.,iles
aux professionnels. 1
Son amour de r Algérie ne se borna* y«is a
apprendre la langue en fin lettré ; il devint lui-
même un poète et composa avec son ami Si
Sliman des poèmes qu'il illustra d'une façon
magistrale.
Il s'était fixé dans le Sud-Algérien, à Bou-
Saada, il se fit musulman, et malgré son âge,
entreprit récemment le pèlerinage de La Mec-
que.
C'est à la Mosquée de Paris que ses obsè-
ques eurent lieu le vendredi 27 décembre. Le
corps a été ensuite transporté dans le pays qu'il
avait tant aimé, pour reposer dans le tombeau
qu'il s'était fait construire à Bou-Saada.
Tanaar's.
-66.
Sous le signe d'Allah
Les obsèques du peintre
Si el Hadj Dinet
Le bois sculpté, les zelliges, les blancheurs
de chaux, les perspectives de jardins, une ma-
nière de mystère ambiant ressuscitent au cœur
de Paris le cadre de prières cher aux âmes mu-
sulmanes.
Le cercueil du peintre Etienne Dinet, le
maître orientaliste, est simplement déposé au
centre de la grande salle de l'Institut maho-
métan. La famille, Mme Dinet-Cornelle et sa
fille, sœur et nièce du défunt, les amis, les per-
sonnalités l'entourent, aussi lamilièrement qu'au
sein de sa charmante maison arabe de Bou-
Sâada, dans le Sud-Algérien. Voici Moulay
Hafid, ancien sultan du Maroc ; M. Georges
Leygues, ministre de la Marine ; MM. Bordes,
Gouverneur général de l'Algérie: Viollette,
ancien gouverneur ; Cornu, directeur des Af-
faires algériennes au Ministère de l'Intérieur ;
Gérard, directeur de l'Office de l'Algérie.
MM. Saint, Résident général au Maroc, et
Paul Manceron, Résident général en Tunisie,
étaient représentés par les directeurs de leuis
offices. Le docteur Murât, adjoint au maire,
représentait la municipalité d'Alger, aux côtés
de M. Alazard, directeur du Musée d'Alger.
Il y avait également des amis personnels du
défunt : MM. Roland Dorgelès, de l'Acadé-
mie Goncourt ; Augustin Bernard, professeur
à la Sorbonne ; Gérolami, directeur des ser-
vices nord-africains à la Préfecture de la Seine;
Robert Raynaud, puis les peintres Maurice
Bompard, Bouchor et Princt, ainsi que M.
Masson, conservateur du Musée du Luxem-
bourg ; les chefs de cabinet de MM. André
Malarmé, sous-secrétaire d Etat aux Travaux
publics et député d'Alger, et de M. François-
Poncet, sous-secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts.
Puis arrivent les délégations de l'Egypte,
de la Perse, de l'Afghanistan, de l'Albanie.
C'est l'hommage de l'Islam, du Gouvernement
et aussi du monde artistique, colonial et métto-
! politain. Des journalistes au passage accrochent
Dorgelès qui disparaît entre deux piliers.
En vérité, les peintres orientalistes ont perdu
leur maître le plus original. Les toiles de Dinet
resteront comme les plus curieux et les plus
vrais spectacles africains. Pour connaître le
champ d'activité de cet artiste magnifiquement
doué, il faut ajouter à son œuvre de peintre
son labeur d'écrivain ; des livres comme Antar,
la Vie de Mahomef, etc. continuent en quelque
LE NUMERO : 30 - CENTIMES
SAMEDI SOin, 28 DECEMBRE 1029.
JOURNALJ^jOTIDIER
Réduction & Administration :
14, m m Mu-mur
PARIS O") -
Ttl tPII. 1 LOUV". 1141
- RICHKLIKU1741
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Tou. les articles publU. dans notre tournai ne peuvent
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- Le privilège de la Banque d'Indochine
Nous avons examiné dans notre précédent.
article, le champ d'activité et l'organisa-
tion des Banques coloniales. Il nous reste
à voir maintenant en quoi la Banque de
l'Indochine s'écarte du régime dont nous
avons indiqué les grandes lignes. --
Si le privilège d'émission confère à la
Banque de France un avantage sur les au-
tres établissements, en lui donnant le rôle
d'un arbitre de la politique d'escompte, il
ne lui confère pas un monopole ni une supé-
riorité de fait, car exigeant trois signatures
pour l'escompte, elle n'a qu'une clientèle
d'établissements de crédits, escompteurs au
premier degré et qui donnent la troisième si-
gnature.
Les Banques coloniales, elles, pratiquent
à la fois l'émission des billets et l'escompte
au premier degré.
Sans doute, leur privilège d'émission est-
il limité au triple de l'encaisse métallique.
Mais cette restriction a été amenée à s'at-
ténuer et à disparaître sous la pression des
événements.
En 1913, la circulation fiduciaire de la
Banque de l'Indochine (environ 29 mil-
lions) atteignait à peu près le double de son
encaisse métallique (14 millions en chiffres
ronds). L'écart qui n'avait pas augmenté
durant la guerre commença à s'accentuer en
1918. Au lC)r juillet, le maximum légal fut
dépassé au ier avril 1920, l'encaisse repré-
sentait moins du i/ io* de la circulation. Par
des arrêtés successifs, le Gouvernement Gé-
néral autorisa ces dérogations commandées
par les circonstances et établit le 28 mars
1920, le cours forcé de ses billets.
Ces dérogations étaient nécessitées par la
pénurie de numéraire et la hausse de l'ar-
gent, tant par rapport à l'or qu'au franc-
papier.
La Banque de l'Indochine n'est pas seu-
lement maîtresse exclusive des moyens mo-
nétaires. En sa qualité de Banque d'es-
compte, elle possède comme toutes les Ban-
ques le pouvoir d'accepter ou de refuser les
demandes de crédits qui lui sont adressées;
ce pouvoir apparaît encore plus étendu si
l'on considère que le papier (lui lui est pré-
senté n'a pas déjà été soumis à la discri-
mination qu'opère l'escompte préalable,
la Banque de l'Indochine se contentant de
deux signatures solvables -, mais que c'est
son Comité du Conseil d'escompte qui pro-
cède à l'examen des bordereaux. Elle peut
donc réserver sa confiance à une clientèle
déterminée, ceux qu'elle exclut étant con-
traints de subir ailleurs des conditions plus
onéreuses, et même avantager une partie de
sa clientèle par des taux différentiels d'es-
compte. D'autre part, elle est libre de fixer
à son gré les conditions des règlements sur
l'étranger, dont elle est pratiquement l'ar-
bitre.
Ces possibilités d'user de son. monopole
pour avantager certains intérêts privés au
détriment des autres et pour concurrencer les
autres banques ainsi placées sous sa dépen-
dance, sont un des principaux griefs qui ont
été articulés contre elle, grietfs de principe
plutôt que d'application.
Ajoutons que les statuts de la Banque
de l'Indochine en matière de prêts autorisés
ne sont pas plus larges que ceux des autres
banques coloniales.
Elle a été autorisée à pratiquer les opé-
rations en usage dans les Banques d'autres
nationalités et peut ainsi accorder des avan-
ces sur des garanties très diverses.
D'autie part, elle peut depuis 1888 sece-
voir en nantissement les titres portés sur la
liste de la Banque de France, qui exclut les
titres coloniaux, municipaux ou étrangers,
mais encore les obligations émises par les
villes de Cochinchine et du Tonkin, les ti-
tres d'emprunts chinois, les rentes indiennes
et anglaises.
Cette faculté de prêt n'est pas destinée
a faciliter les émissions mais c'est une faci-
lité réclamée par les possesseurs de ces titres
qui sont loin des coloniaux. Il serait injuste
de leur refuser des facilités analogues à cel-
les accordées par la Banque de France, en
France.
Le Crédit agricole devait être, nous
l'avons souligné, une des activités essen-
tielles des Banques coloniales. Sans doute,
même dans les vieilles colonies, il faut bien
reconnaître que les prêts sur récoltes
n'étaient pas sans rencontrer de sérieuses
difficultés, tenant, tantôt à la diversité de
l'organisation de la propriété suivant les
régions, tantôt au caractère encore très ar-
riéré des procédés d'exploitation, plus sou-
vent enfin au manque de garantie, qu'on
s'était efforcé de pallier par l'intervention
d'une collectivité garante.
'En Indochine, les règles d'attribution des
prêts agricoles sont sensiblement les mêmes,
avec cette particularité qu'en raison de
l'indétermination qui règne quant à la per-
sonnalité des indigènes, c'est la commune
qui contracte l'emprunt pour le compte des
bénéficiaires.
Or, grâce aux simplifications successives
introduites dans la procédure, et à l'inter-
vention de l'Administration, les prêts con-
sentis aux Sociétés de Crédit agricole dé-
passent 12 millions de piastres, soit 120
MILLIONS DE FRANCS. Aucun établissement
de crédit ne consent une telle masse de cré-
dits aux petits cultivateurs indigènes.
Dans l'ensemble, son champ d'action
s'étend de préférence à notre empire indo-
chinois. Cependant sur les insistances du
gouvernement français, des agences étrangè-
res de la Banque de l'Indochine ont été
ouvertes en Chine, au Siam et dans les co-
lonies anglaises. Cette action s'exerce en par-
tie au détriment de son œuvre principale,
car nombreuses sont les agences de la ban-
que de l'Indochine à l'étranger qui sont dé-
ficitaires, mais le gouvernement français a
agi sur la banque pour demander ces créa-
tions et en Extrême-Orient en face des
banques anglaises, américaines.
Georges JVoateffc,
Député de Saône-et-Loire, vice-président
de la Commission de l'Algérie,
des Colonie. et des Protectorats,
membre de la Commission des
Mme..
L'EXPOSITION COLONIALE
Iotenationale de Paris
CONCOURS D'ARCHITECTURE
En vue de l'Exposition Coloniale, deux
concours d'architecture viennent d'avoir lieu.
Ils nous intéressent au plus haut point, puis-
qu'il s'agit, ni plus ni moins, de la Porte
il'Honneur de l'Exposition et de l'immense
et intelligente Cité métropolitaine d'Infor-
mations que tout l'étranger colonial devra
envier ou plaindre. Haïr, Aimer, Eclater de
rire est le propre de l'homme, colonial ou
autre.
̃ Les résultas du concours étaient exposés
gratuitement aux yeux de tous de tous
ceux que la chose passionne ou amuse
dans les rez-de-chaussée de l'angle Nord-
Est du Grand Palais. Bonne formule du
constat de visu que l'Exposition Coloniale
se doit à elle-même. Un peu à tous, aussi.
.Puisque @ nous paierons fatalement, soyons
heureux d'être d'abord considérés.
Nous paierons 25.000 francs au premier
lauréat de ce concours; 20.000 francs au se.
cond; 10.000 francs au troisième.
Heureusement qu'ils ne sont pas soixante.
D'ailleurs 17 ou 18 envois sont parvenus
devant le jury pour les deux sujets pro-
posés.
Le travail d'exposant est gros pour cha-
cun. Ce sont des mètres et des mètres de
plans, de façades colorées. Des faces, des
côtés, de profils qui ne disent par grand'-
- chose. --- --- -----
Je comprends l'embarras du jury.
Ce que je comprends moins c'est d'avoir
récompensé un candidat dont l'œuvre (?) ne
sera pas exécutée.
A tout prendre, il vaut encore mieux
payer 25.000 francs à l'heureux bénéficiaire
et que sa porte reste en plan. Ce sera 1 mil-
lion et demi de gagné.
Laissons de côté cette Porte d'Honneur.
Horreur. Laideur. Impudeur. Douleur fran-
çaise.
La Section Métropolitaine nous console.
M. Audoul, premier Grand Prix de Rome,
remporte ici le plus beau succès.
Pureté des lignes. Claire conception du
mauresque. Sa Cité d'informations ravira
bien des visiteurs et sera l'honneur de l'Ex-
position.
Nous en reparlerons.
MirmMe - Mmrcette De//lmm9
LIRE EN SECONDE PAGE.
A la Chambre.
Lois-décreet-arrêté*
L'aviation coloniale.
Dépêches de l'Indochine 1
Dirigeables transpacifiques
» American Tele,plwll a ml telegruph
company » annonce l'établissement dans le
d(llai de six mois de communications télé-
phoniques par câble entre San-Francisco et
le Japon, et par sjtns-fil entre les paquebots
se trouvant (1 proximité des côtes améri-
caines et japonaises.
Lit « Pacific Zeppelin Company » a com-
mandé deux dirigeables à la « Goodrich
Zeppelin Company », pouvant transporter
100 passagers, 20.000 livres de fret et de
courrier postal. Un service reliera en 36
heures San-Francisco et Honolulu. Le pro-
jet d'exploitation comporte l'extension ulté-
rieure du service vers le Japon, les Phtlip-
pincs et Singapour.
La récolte de paddy
Selon des estimations provisoires, la ré-
colte de paddy du dixième mois au Ton-
Idu, soit la deuxième récolte de t'année, se
chiffre par 1.0G7.000 tonnes. lionne dans
l'ensemble, elle présente un excédent de
100.000 tonnes environ sur le rendement
moyen des dix dernières années. Cet excé-
dent eut été beaucoup plus iWIXJrtant sans
le typhon du mois de juillet, qui affecta les
provinces les plus fertiles du delta, eut/om-
mageant gravement les rizières.
L'aviation siamoise
La Section cochinchinoise de la Ligue in-
ternationale des aviateurs avait le 11 no-
vembre dernier, fait remettre à lit section
siamoise de la L. 1. A. une palme de bronze
qui fut déposée au pied du monument de
l'aérodrome de Dong-Muang près de Bang-
kok. En témoignage de grâlilude, le prési-
dent de la section siamoise, major général
Phqa-Chaleemakas a adressé, en retour, au
nom du service royal de l'aéronautique du
Siam, une coupe d'argent niellé, décorée
des insignes de l'aviaton siamoise et Cfl-
tourée d'une cocarde tricolore. Les avia-
leurs Indochinois ont adressé leurs l'emer-
ciements, se déclarant très touchés par ce,
geste qui resserre les liens unissant les
aviateurs des deux pays.
(Indopacifi).
L'activité du mont Pelé
l"
Le volcan a été découvert le 27, ce qui a
permis de constater que le dôme a subi des
dégradations comidérables.
L'activité est persistante sous forme de
poussées verticales. ,
-. (Par dépêche.)
LeI; Maternités de Dakar
Dakar, on a
fondé deux
Maternités.
une Maternité
européenne et
une Maternité
indigène. ,
La Mater-
nité européen-
lit s'élève en
bordure de la
toute de la
Corniche, à côté de Vhôpital colonial. C'est
un bâtiment à étages, surmonté d'une ter-
rasse d'où L'on jouit d'une vue admirable.
Si la vue est jolie, c'est qu'elle est située
à l'un des endroits les plus élevés et les
plus ventiles de la presqu'île du Cap-Vert.
Sur la terrasse, même en saison chaude.
les mamans et les nouveau-nés trouvent tou-
jours une brise rafraîchissante.
Dans un intéressant article de M. R. Ou-
dinot. publié il y a quelques semaines dans
le Mouvement Sanitaire, nous trouvons d'uti-
les renseignements sur le fonctionnement des
deux Maternités.
La Maternité européenne reçoit les partu-
rientes européennes et assimilées. Le nombre
de ses lits est de 24.
Son rendement en 1928 a été de : accou-
chements normaux, 121; accouchements pré-
maturés, 3; avortfmellts, 4. En perspective,
c'est environ 150 accouchements par an. Un
médecin-accoucheur, une sage-femme euro-
péenne, des infirmières européennes et in-
digènes, deux élèves sages-femmes assurent
le service. Deux fois par semaine, il y a
consultations de femmes enceintes et de
nourrissons.
A la Maternité, on pratique les vaccina-
tions jennériennes des nouveau-nés et les
vaccinations de B.C.G..
La Maternité indigène est installée en
pleine ville. Elle a été inaugurée en 1919.
Sa capacité est de 30 lits.
Avant l'accouchement, la parturiente est
placée dans une salle commune; après l'ac-
couchement, elle est portée, avec son nour-
risson, dans une chambre à deux lits.
Le personnel de la Maternité comprend
un accoucheur, 2 sages-femmes européennes,
1 sage-femme indigène diplômée de l'Ecole
de Médecine. Les soins sont donnés et as-
surés par les élèves sages-femmes de l'Ecole
de Médecine, parce que la Maternité de
Dakar est rattachée à l'Ecole de Médecine
comme Maternité d'instruction.
Le rendement de la Maternité indigène
a été de 238 accouchements en 1920 et 327
en 1928. Parmi les 327 accouchements de
1928, il y a eu 29 avortements et 28 accou-
chements prématurés. Ce sont des chiffres
élevés.
Dans la statistique de 1925, on relève
8 décès de nouveau-nés, consécutifs au té-
tanos ombilical.
Après son accouchement, la femme indi-
gène est conservée une douzaine de jours à
la Maternité. A sa sortie, elle reçoit une
layette pour son nourrisson et une prime de
20 francs. -
En 1927, on a pratiqué à la Maternité
indigène, 524 vaccinations jennériennes et
605 vaccinations par le B.C.G.
Le personnel de la Maternité indigène
donne, en outre, des consultations préna-
tales. Elles se sont élevées aux environs de
10.000 en 1927 et 1928. Ce qui veut dire
que la même femme est revenue plusieurs
fois à la consultation.
A côté des consultations prénatales, il y
a les consultations de nourrissons et des
consultations gynécologiques.
En 1921, on a décidé l'installation dune
Crèche, annexée à la Maternité indigène.
En principe, la Crèche était destinée à
recueillir les nourrissons abandonnés ou pri-
vés de leur mère, à surveiller les enfants
d'indigènes ou de métis employés comme do-
mestiques, à hospitaliser les nourrissons ma-
lades. Mais la femme indigène ne se sépare
pas facilement de son enfant. La Crèche ne
reçut guère que les enfants d'une clientèle
spéciale, et l'échec fut à peu près complet.
Les enfants ëllétifs, malingres ou malades
qu'on v reçut, moururent à peu près tous.
L'affaire est à reprendre sur d'autres bases.
La maternité indigène est insuffisante.
Cette situation va prendre fin sous peu,
puisque le Gouverneur général de l'Afrique
Occidentale Française, a prévu un crédit
de 2 millions dans son projet d'emprunt
destiné à la construction d'une Maternité
indigène. Voilà une excellente idée et une
bonne opération en perspective. Nous en fé-
licitons volontiers les initiateurs, et, en par-
ticulier, le Gouverneur de l'A.O.P.
Cil DeMerre,
Sénateur du Nord,
Membre de la Commission des Affaires
Etrangères.
MM. Saint et Bordes
chez M. Doumergue
M. Pierre Bordes, Gouverneur général de
l'Algérie, a été reçu, dans l'après midi
d'hier, par le président de la République
qui a bien voulu lui confirmer que son voye-
ge en Algérie est définitivement fixé au
4 mai.
M. Jules Michel, secrétaire de la prési-
dence, et l'amiral Vedel, ont eu, à propos de
ce voyage, une première conférence avec le
Gouverneur général de l'Algérie, en vue
d'arrêter les grandes lignes du séjour en
Algérie du président de la République.
M Lucien Saint, Résident général de
France au MarOGt a été égttoncBt reçu par
M. DvwMPfoit
LE BUDGET DE LA TUNISIE
-
Réuni en session ordinaire depuis le 25
novembre pour le vote du budget de la Ré-
gence, le Grand Conseil vient de terminer
ses travaux.
Le budget atteindra un total de 518 mil-
lions environ, auxquels il faut ajouter les
dépenses à faire au moyen des excédents
disponibles laissés par les exercices précé-
dents qui sont évaluées à environ 18 mil-
lions.
Ce budget dépasse celui de l'exercice 1929
de 77 millions. Cette augmentation tient au
rajustement des traitements du personnel
administratif, au développement des services
et de l'outillage économique du pays. On
peut citer notamment l'extension des servi-
ces d'assistance et d'hygiène, ainsi que de
ceux de l'instruction publique, la continua-
tion de la construction du réseau routier et
son amélioration, l'aménagement des centres
de colonisation, la construction des bâti-
ments civils. Une mention toute spéciale doit
être faite de l'organisation de l'enseignement
professionnel pour laquelle un crédit d'un
million de francs a été voté.
L'accroissement normal du budget des re-
cettes fait face en partie aux dépenses nou-
velles. Il a fallu cependant avoir recours
aussi à des ressources nouvelles. Les deux
sections du Grand Onseil se sont mises
d'accord pour porter les tarifs des droits de
timbre de dimension aux taux adoptés en
France, relever les droits fixes d'enregistre-
ment et les droits sur les actes déclaratifs
(constitutions de sociétés), pour porter au
tarif minimum français certains droits de
douane, certaines taxes postales du-régime
intérieur et augmenter de 4 environ les
prix de vente des produits monopolisés (ta-
bacs, sels, cartes à jouer). On a aussi institué
sur les débits de boissons un droit de licen-
ce analogue à celui perçu en Algérie et en
France.
L'accord s'est fait aussi pour écarter la
proposition du Gouvernement d'établir une
taxe personnelle graduée basée sur la masse
des revenus du contribuable. Le Grand
Conseil a préféré maintenir les impôts per.
sonnels existants, c'est-à-dire la taxe de
15 francs, qui atteint tous les habitants mil.
les et majeurs, et la contribution supplé-
mentaire de 35 francs qui frappe les contri-
buables ayant un revenu supérieur à 12.000
francs. Mais on a créé une nouvelle classe
à 100 francs pour les bénéficiaires d'un re-
venu de plus de 25.000 francs. C'est peut-
être un acheminement vers J'adoption de
l'impôt sur le revenu que proposait le Gou-
vernement, mais l'assemblée n'a pas pensé
que le pays soit suffisamment préparé à la
perception de cet impôt. Elle n a pas cru da-
vantage pouvoir relever les droits sur les
mutations immobilières entre vifs à titre
onéreux, mais elle a relevé les droits sur les
mutations à titre gratuit entre vifs et adopté
des tarifa progressifs modérés pour les droits
de succession.
Il faut noter enfin, et ainsi que nous
l'avons déjà annoncé, que l'assemblée, émue
de la baisse du prix des huiles d'olive qui
constituent une des productions principales
de la Tunisie a réduit le droit d'exportation
(40 francs par quintal) atteignant ces huiles,
d'un dégrèvement de 20 francs, de sorte que
les huiles qui sortiront de Tunisie en 1930
ne payeront que 20 francs par quintal.
«4»
Le Maroc Oriental
«»«
Le Maroc oriental, longtemps négligé, sem-
ble aujourd'hui dévoiler peu à peu ses ressour-
ces, cachées dans le sous-sol, et participer au
grand essor économique du Maroc occidental.
Certes, ce haut-plateau, prolongement des
hauts-plateaux oranais, est-il une misérable ré-
gion agricole, où le sol ingrat nourrit mal une
population rare.
Les sédentaires habitent Berguent et Ten-
drara. Quelques borqjs sont encore occupés de
façon permanente, mais le plus souvent tempo-
rairement. Çà et là quelques anciens partisans
du Rogui, à demi soumis, élèvent des moutons,
et le profit qu'ils en tirent n'est pas étranger à
leur renoncement à la dissidence.
Sous ce sol pauvre, gisent d'importantes
richesses minières dont l' exploitation s'intensifie
de jour en jour. Le manganèse de Bou-Arfa,
le plomb, le zinc et le cuivre découverts au
Sud et à l'ouest du plateau, le charbon de
Kenadza et d'Aouïnet, sont de sûrs éléments
de prospérité actuelle ou future. Mais le ren-
dement vraiment efficace de cette région ne
sera obtenu qu'à l' achèvement de la ligne à
voie normale qui, partie d'Oudja, doit rejoin-
dre Bou-Arfa. Et peut-être un avenir plus loin-
tain donnera-t-il à cette voie son maximum de
valeur en en faisant la tête de ligne du trans-
saharien.
Le sud du Haut-Plateau, trop souvent in-
festé de djichs pillards et audacieux, est encore
d'un accès trop difficile, particulièrement sur la
piste Bou-Ar fa, Colomb-Béchar, pour qu'on
puisse songer dès maintenant à sa mise en va-
leur.
Mais l'insécurité est un péril provisoire qui
sera d'un jour à l'autre définitivement écarté,
pourvu que le veuille bien l'opinion parlemen-
taire de la métropole. Un autre problème, plus
difficile à remédier, est celui de l'irrigation.
Alors que, sur le plateau algérien, quelques
pluies, si rares soient-elles, suffisent à permettre
a culture des céréales, le plateau Est-Marocain
n'est guère arrosé de plus de cent millimètres
-- d'eau par - an. - - --
La question, pourtant, n'est pas insolub!e.
Plusieurs points d'eau existent déjà dans le
Djebel Tendrara et au sud de Berguent, et
déjà, de gros efforts ont été faits afin d'exploi-
ter au maximum ces précieux éléments.
La mise en valeur du Maroc oriental est donc
soumise à deux questions : celle de la main-
d'œuvre pour l'exploitation des richesses du
sous-sol, et celle de l'eau pour le développe-
ment de l'activité pastorale, un problème social
et un problème technique.
TAUX DE LA PIASTRE
4 la date du te décembre, le taux de la plU-
tre h Saïgoa était de 10 francs,
A MADAGASCAR
Médecin et Jésuite
directeur d'une léproserie
«♦»
Le R. P. Décès, de la Compagnie de Jé-
sus, docteur en médecine, a bien voulu don-
ner au correspondant de l'Agence F ides, à
Fianarantsoa, quelques précisions sur la lé-
proserie de Marana dont il est à la fois l'au-
mônier et le médecin :
« Grand, la barbe blanche, le regard bien
droit derrière les lunettes, le P. Décès m'ac-
cueille edt la plus souriante cordialité, et
mis au courant de mon désir, il y répond
aussitôt.
« L'établissement que nous allons visiter
a été fondé avant la guerre franco-malga-
che, mais n'a reçu qu'en 1911 sa force ac-
tuelle. Le P. Beysym s'est sacrifié à cette
œuvre, et a fini par succomber à la tâche, en
1912. Son successeur, le P. Dupuy, est mort
du terrible fléau.
C'est donc sur le sacrifice qu'a été fon-
dée cette belle œuvre, et c'est pour elle un
précieux gage de succès.
Oui, et c'est bien pourquoi continuer
leur œuvre m'est un tel honneur et une joie
si profonde.
Cependant au point de vue matériel l'œu-
vre est lourde.
Notre léproserie ne reçoit aucune subven-
tion du Gouvernement et doit pourvoir seule
à toutes ses dépenses qui atteignent mainte-
nant 40.000 francs par an.
Ceci n'est rien d'ailleurs ou peu de chose
auprès de la souffrance à laquelle on ne
s'habitue jamais pour peu qu'on ait du
cœur, la souffrance qui nait du spectacle
constant de misères physiques absolument
indescriptibles. La lèpre est une maladie de
la peau et de la sensibilité qui revêt deux
formes principales : l'une nerveuse, l'autre
tuberculeuse, avec, entre elles deux, une for-
me mixte, lorsque la forme nerveuse aiguil-
le vers la forme tuberculeuse.
Dans la forme nerveuse on constate sur-
tout des taches et des troubles de sensibilité
aux extrémités des membres, d'où rétraction
des doigts et des orteils, atrophie et pertes
de substance.
La forme tuberculeuse présente de nom-
breux tubercules, surtout à la figure, aux
mains et aux pieds. Leur accumulation sur
le visage donne le facies léonin. Quant aux
plaies des membres, elles se développent
sans raison apparente, ef prennent tout de
suite un caractère ulcéreux, rongeant et en-
vahissant. H. Voilà en quelques mots sur la
lèpre ce que sont nos malades. Mais si leurs
pauvres corps rongés sont souvent affreux et
répandent une odeut infecte, malgré toute
l'antisepsie de rigueur, leurs âmes sont quel-
quefois bien belles et singulièrement atta-
chantes.
C'est pour vous, mon Père, une bien
juste compensation, et c'est là j'imagine ce
qui vous aide à tenir en un pareil milieu.
Sans doute, et le côté matériel de notre
œuvre que nous nous gardons bien de
négliger d'ailleurs est comme l'ombre qui
sert à mieux faire valoir le côté spirituel,
qui, lui, nous apparaît comme ensoleillé,
tant il est clair, et pur, et lumineux.
De nos malades, actuellement au nombre
de 128, la grande majorité rentre dans la ca-
tégorie des païens qui, sans la lèpre et la
léproserie catholique de Marana, n'auraient
jamais connu le vrai Dieu. Chose curieuse,
il semble que Dieu, veillant de façon spé-
ciale sur notre œuvre, y conduit ceux qu'il
a prédestinés de toute éternité à correspon-
dre à la grâce du salut.
Tous ceux, en effet, qui ne viennent chez
nous que forcés soit par la maladie, soit par
leurs parents ou voisins, soit par le Gou-
vernement et négligent la prière, l'étude du
catéchisme et le travail manuel (autant que
leur état d'âme le leur permet) ne nous res-
tent pas.
Ceux qui, au contraire, se plient au règle-
ment et persévèrent, deviennent rapidement
de vrais chrétiens. Le zèle avec lequel ils
recourent aux sacrements, la patience avec
laquelle ils supportent leur maladie et ses
horreurs, le confiant abandon avec lequel ils
rendent leur âme à leur créateur en sont
une preuve éloquente. Nous en voyons qui,
avant d'entrer étaient plus ou moins sor-
ciers ou versés dans les usages païens, qui
laissent toutes leurs mauvaises coutumes
dès qu'ils ont franchi le seuil de la lépro-
serie. Et tout le temps de leur séjour ici
ils vivent dans la paix et la joie. Nos lé-
preux, en effet, sont heureux et le paraissent
aussi. C'est là ce qui frappe le plus nos
visiteurs, et tandis que ceux-ci épouvantés
de ce qu'ils voient, s'apitoyent sur leurs mi-
sères physiques indescriptibles, ils semblent
eux, vivre au-dessus de toute souffrance. Et
cependant ils ont de quoi souffrir, quoique
leur sensibilité soit beaucoup moins vive
que la nôtre.
Le secret de cet invraisemblable bonheur,
c'est que la léproserie de Marana est une
maison de prière, où l'on vit en grâce de
Dieu, et dans l'espérance assurée de l'éter-
nelle béatitude.
On prie beaucoup à Marana, et l'on y
aime prier. Tellement qu'il n'est pas de
missionnaire sur le point d'entreprendre une
œuvre de quelque importance, qu'il n'ait re-
cours à la charitable intervention des pau-
vres lépreux et ne s'en trouve bien.
En sorte, mon Père, si misérable qu'ils
apparaissent au point de vue simplement hu-
main, vos chers lépreux riches des biens cé-
lestes, sont heureux de les partager avec qui
les leur demande ? C'est un bel exemple de
charité chrétienne, et une émouvante appli-
cation de cette admirable réalité surnatu-
relle qu'est la Communion des Saints.
Oui, et c'est pourquoi sans doute, Dieu,
qui est l'infinie charité s'incline si volontiers
vers nos pauvres lépreux et se plaît à exaucer
leur prière. »
Agence Fides.
M. Mirabel, commissaire de l'A. E. F.
à l'Exposition Coloniale
00
M. Mirabel Léon, Directeur de l'Agence
Economique du Gouvernement Général de
l'Afrique Equatoriale Française, est uommé
Commissaire de l'Afrique Equatoriale Fran-
çaise à l'Exposirisn Coloniale Internationale
de Paris.
Mort du peintre orientaliste
ETIENNE DINET
e'08
C' est avec émotion que nous avons appris la
mort du grand peintre orientaliste Etienne Di-
net. Né à Paris en 1861, ancien élève du Ly-
cée Henry-IV, après de bonnes études artisti-
ques à l'Académie Jullian, où ses dons furent
vite remarqués, à vingt et un ans, il faisait son
premier envoi au Salon. L'année suivante, il
obtint une mention honorable pour sa Vue prise
du rocher de Samois, qui attira sur lui l' atten-
tion des critiques. Son Saint-Julien l'ilospita-
lier confirma bientôt les promesses de ses pre-
mières oeuvres. Et c' est l'attribution d' une
bourse de voyage qui devait lui révéler sa voie,
en l'amenant à visiter r Algérie, qu'il ignorait.
Comme tant d'autres, le jeune artiste fut sé-
duit, conquis par la lumière du ciel africain.
par la majestueuse sérénité des paysages du sud
et aussi par l'étrange caractère des types ber-
bères et bédouins. Il se passionna pour la vie
musulmane, ses mœurs, sa littérature, et décida
de consacrer sa vie à la reproduction des scènes
de la vie arabe.
En 1885, il envoya au Salon une première
toile aigérienne : Vues de l'Oued Mcla après
la pluie. Ce fut une révélation.
On se souvient de ses succès qui suivirent :
Les Terrasses de Laghouot, les Charmeurs de
serpents, les Arabes en prière, les crépuscules
bleus et les pages de tendresse comme cette
Lumière des yeux et esclave d'amour, qui sont,
les uns et les autres, au Musée du Luxem-
bourg.
Maintes autres œuvres l' Adoration des
bergers, la Vieille et les deux servantes, Aini,
0 lumière des yeux, les Vieilles Mauresques*
notamment devaient, d'année en année, per-
mettre à Dinet de prendre place au tout premier
rang des peintres orientalistes, à côté de Maxi-
me Noiré, mort voici deux ans. Mais tandis que
celui-ci restait « le peintre de l' espace et du
silence », Dinct s'attachait de plus en plus à
l'étude scrupuleuse des types africains. Mem-
bre de la Nationale des Beaux-Arts, des Orien-
talistes d'Alger, ses envois à leurs divers Salons
lui valaient des succès de plus en plus marqués.
Telles scènes de la vie indigène, telles charges
de mokhaznis dans les ruelles d'une ville d.
Sud resteront comme les plus curieux et les plus
vrais spectacles africains.
On sait la conscience, la scrupuleuse exac-
titude du dessin, la finesse d'observation qu'il
apporta dans la description picturale de tous ces
sujets. Technicien remarquable, Dinet esfVau-
teur d'un ouvrage : Les Fléaux de la pdifarc,
qui est plein de science et de remarques ù.t.,iles
aux professionnels. 1
Son amour de r Algérie ne se borna* y«is a
apprendre la langue en fin lettré ; il devint lui-
même un poète et composa avec son ami Si
Sliman des poèmes qu'il illustra d'une façon
magistrale.
Il s'était fixé dans le Sud-Algérien, à Bou-
Saada, il se fit musulman, et malgré son âge,
entreprit récemment le pèlerinage de La Mec-
que.
C'est à la Mosquée de Paris que ses obsè-
ques eurent lieu le vendredi 27 décembre. Le
corps a été ensuite transporté dans le pays qu'il
avait tant aimé, pour reposer dans le tombeau
qu'il s'était fait construire à Bou-Saada.
Tanaar's.
-66.
Sous le signe d'Allah
Les obsèques du peintre
Si el Hadj Dinet
Le bois sculpté, les zelliges, les blancheurs
de chaux, les perspectives de jardins, une ma-
nière de mystère ambiant ressuscitent au cœur
de Paris le cadre de prières cher aux âmes mu-
sulmanes.
Le cercueil du peintre Etienne Dinet, le
maître orientaliste, est simplement déposé au
centre de la grande salle de l'Institut maho-
métan. La famille, Mme Dinet-Cornelle et sa
fille, sœur et nièce du défunt, les amis, les per-
sonnalités l'entourent, aussi lamilièrement qu'au
sein de sa charmante maison arabe de Bou-
Sâada, dans le Sud-Algérien. Voici Moulay
Hafid, ancien sultan du Maroc ; M. Georges
Leygues, ministre de la Marine ; MM. Bordes,
Gouverneur général de l'Algérie: Viollette,
ancien gouverneur ; Cornu, directeur des Af-
faires algériennes au Ministère de l'Intérieur ;
Gérard, directeur de l'Office de l'Algérie.
MM. Saint, Résident général au Maroc, et
Paul Manceron, Résident général en Tunisie,
étaient représentés par les directeurs de leuis
offices. Le docteur Murât, adjoint au maire,
représentait la municipalité d'Alger, aux côtés
de M. Alazard, directeur du Musée d'Alger.
Il y avait également des amis personnels du
défunt : MM. Roland Dorgelès, de l'Acadé-
mie Goncourt ; Augustin Bernard, professeur
à la Sorbonne ; Gérolami, directeur des ser-
vices nord-africains à la Préfecture de la Seine;
Robert Raynaud, puis les peintres Maurice
Bompard, Bouchor et Princt, ainsi que M.
Masson, conservateur du Musée du Luxem-
bourg ; les chefs de cabinet de MM. André
Malarmé, sous-secrétaire d Etat aux Travaux
publics et député d'Alger, et de M. François-
Poncet, sous-secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts.
Puis arrivent les délégations de l'Egypte,
de la Perse, de l'Afghanistan, de l'Albanie.
C'est l'hommage de l'Islam, du Gouvernement
et aussi du monde artistique, colonial et métto-
! politain. Des journalistes au passage accrochent
Dorgelès qui disparaît entre deux piliers.
En vérité, les peintres orientalistes ont perdu
leur maître le plus original. Les toiles de Dinet
resteront comme les plus curieux et les plus
vrais spectacles africains. Pour connaître le
champ d'activité de cet artiste magnifiquement
doué, il faut ajouter à son œuvre de peintre
son labeur d'écrivain ; des livres comme Antar,
la Vie de Mahomef, etc. continuent en quelque
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