Titre : Bulletin de l'Agence générale des colonies
Auteur : Agence économique des territoires africains sous mandat. Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Melun)
Éditeur : [s.n.][s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1932-06-01
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb42445178p
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 23647 Nombre total de vues : 23647
Description : 01 juin 1932 01 juin 1932
Description : 1932/06/01 (A25,N279)-1932/06/30. 1932/06/01 (A25,N279)-1932/06/30.
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Description : Appartient à l’ensemble documentaire : RfnHisg1 Appartient à l’ensemble documentaire : RfnHisg1
Description : Collection numérique : Bibliothèque Francophone... Collection numérique : Bibliothèque Francophone Numérique
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k64748871
Source : CIRAD, 2012-231802
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 06/02/2013
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ÉTUDES GÉNÉRALES 925
être faut-il mieux dire qu'il n'existe plus. J'ai remarqué en effet,
que ces Indiens, ordinairement malhabiles à travailler le bois,
réussissaient avec une grande sûreté de main à sculpter de
petits bancs ornés de deux têtes de corbeaux blancs : priés de
s'essayer a d'autres images, ils m'ont affirmé ne pas savoir
faire autre chose. Peut-être faut-il voir ici les derniers vestiges
d'un ancien totem aujourd'hui dépouillé de tout caractère sacré.
Il est certain, en revanche, qu'une sorte de totémisme
individuel, analogue au nagualisme des Astèques, est toujours
à l'honneur dans cette tribu Les totems, choisis au cours
d'une extase ou d'un rêve ne sont pas variés. En général, le
choix se limite au soleil, à la couleuvre, à la rivière et à la
montagne. Parfois, le totem dépasse l'individu et devient
familial : c'est ainsi que Tchaki et ses fils ont tous adopté la
couleuvre et que le capitaine Alépon et ses fils. sont pourvus
du totem soleil.
L'Indien ne semble lié à son totem par aucune obligation
je ne pense pas non plus qu'il se sente issu de lui, mais il paraît
souvent s'y identifier. L'un d'entre eux, particulièrement doué
il est vrai, pour l'extase mystique, a pu expliquer comment lui,
couleuvre, s'en allait chaque nuit à la recherche d'Oudakala, et
comment il lui fallait user de ruse pour ramper sur une corde
lisse où se perchaient mille mauvais génies (1) qui tentaient de
lui interdire la vue d'Oudakala, et comment enfin il parvenait
en sa présence et engageait avec lui une longue conversation
sur les choses d'ici-bas.
L'acquisition des « piayes » se fait ensuite soit par l'enseigne-
ment des anciens, soit par révélation au cours d'un rêve ou d'une
de ces conversations nocturnes avec Oudakala. Le « piaye »
est l'effet d'un pouvoir mystique dévolu aux experts de la Maraca
et aux grands initiés ; il peut s'exercer à distance pour châtier, par,
exemple, tel individu ou déclencher tel phénomène naturel désiré.
C'est ainsi qu'un vieil Émerillon, Doutsapan, a été surnommé
Papa-Bon-Dieu par les mineurs créoles à la suite des événements
suivants : c'était au temps où les Émerillons étaient établis sur
l'Ouaqui, à proximité des établissements créolés. Les mineurs
vinrent un jour s'établir avec impudence en amont du dernier
village indien. C'est une chose que ceux-ci ne supportent pas..
(1) Cet Indien, baragouinant le,créole. avait deux mots pour désigner
ces mauvais génies : diable et gendarme, qui sont les deux terreurs mystiques
et profanes des mineurs créoles.
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être faut-il mieux dire qu'il n'existe plus. J'ai remarqué en effet,
que ces Indiens, ordinairement malhabiles à travailler le bois,
réussissaient avec une grande sûreté de main à sculpter de
petits bancs ornés de deux têtes de corbeaux blancs : priés de
s'essayer a d'autres images, ils m'ont affirmé ne pas savoir
faire autre chose. Peut-être faut-il voir ici les derniers vestiges
d'un ancien totem aujourd'hui dépouillé de tout caractère sacré.
Il est certain, en revanche, qu'une sorte de totémisme
individuel, analogue au nagualisme des Astèques, est toujours
à l'honneur dans cette tribu Les totems, choisis au cours
d'une extase ou d'un rêve ne sont pas variés. En général, le
choix se limite au soleil, à la couleuvre, à la rivière et à la
montagne. Parfois, le totem dépasse l'individu et devient
familial : c'est ainsi que Tchaki et ses fils ont tous adopté la
couleuvre et que le capitaine Alépon et ses fils. sont pourvus
du totem soleil.
L'Indien ne semble lié à son totem par aucune obligation
je ne pense pas non plus qu'il se sente issu de lui, mais il paraît
souvent s'y identifier. L'un d'entre eux, particulièrement doué
il est vrai, pour l'extase mystique, a pu expliquer comment lui,
couleuvre, s'en allait chaque nuit à la recherche d'Oudakala, et
comment il lui fallait user de ruse pour ramper sur une corde
lisse où se perchaient mille mauvais génies (1) qui tentaient de
lui interdire la vue d'Oudakala, et comment enfin il parvenait
en sa présence et engageait avec lui une longue conversation
sur les choses d'ici-bas.
L'acquisition des « piayes » se fait ensuite soit par l'enseigne-
ment des anciens, soit par révélation au cours d'un rêve ou d'une
de ces conversations nocturnes avec Oudakala. Le « piaye »
est l'effet d'un pouvoir mystique dévolu aux experts de la Maraca
et aux grands initiés ; il peut s'exercer à distance pour châtier, par,
exemple, tel individu ou déclencher tel phénomène naturel désiré.
C'est ainsi qu'un vieil Émerillon, Doutsapan, a été surnommé
Papa-Bon-Dieu par les mineurs créoles à la suite des événements
suivants : c'était au temps où les Émerillons étaient établis sur
l'Ouaqui, à proximité des établissements créolés. Les mineurs
vinrent un jour s'établir avec impudence en amont du dernier
village indien. C'est une chose que ceux-ci ne supportent pas..
(1) Cet Indien, baragouinant le,créole. avait deux mots pour désigner
ces mauvais génies : diable et gendarme, qui sont les deux terreurs mystiques
et profanes des mineurs créoles.
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