Titre : Revue des cultures coloniales
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1898-10-05
Contributeur : Milhe-Poutingon, Albert. Éditeur scientifique
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32858342r
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 5134 Nombre total de vues : 5134
Description : 05 octobre 1898 05 octobre 1898
Description : 1898/10/05 (A2,N17,T3). 1898/10/05 (A2,N17,T3).
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6419694c
Source : CIRAD, 2012-231823
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 12/08/2013
122 NOUVELLES ET CORRESPONDANCES *
sions : le manioc amer, cultivé aux Antilles et au Brésil; le manioc doux cultivé à la
Réunion, à bois très gros et très résistant, et enfin le manioc de Singapoor à racines
petites et à bois flexible. Ce dernier est le moins productif à l'hectare, mais il est le
plus riche en fécule.
Le manioc ne peut être considéré comme un aliment équivalent au pain ; la racine
contient environ 0,089 d'azote, tandis que le grain de blé en contient 2,08 en moyenne.
Voici d'ailleurs la composition du manioc de La Réunion.
Racines Bois
Eau 61.00 69.00
Matière sèche. 39.00 31.00
Potasse. 0.190 0.768
Acide phosphorique. 0.091 0.239
Chaux. 0.060 0.366
Azote. 0.089 0.202
Il semble que le manioc cultivé dans la vallée du Zambèze soit le même que celui
qui est cultivé aux Antilles ; c'est un manioc racineux qui doit sans doute ses qualités
toxiques à l'acide prussique.
Il serait très facile de substituer le manioc directement comestible de La Réunion,
au manioc racineux du Zambèze ; il suffirait de faire venir de notre île quelques graines,
quelques plants ou bien du bois même de manioc, car le manioc se plante toujours par
boutures.
Cette plantation s'effectue ici de septembre à décembre. Le terrain étant préparé et
nivelé, on plante dans des lignes espacées de 1 mètre à une distance de 70 à 80 centi-
mètres entre les boutures.
Le terrain étant nivelé et sillonné, on fait tous les 70 ou 80 centimètres, avec la houe
à main, une excavation ayant 10 centimètres de profondeur dans laquelle on dépose
horizontalement une bouture comprenant deux yeux. On recouvre ensuite de quelques
centimètres de terre, en tassant légèrement avec le pied.
Si le terrain est labourable, on ouvre des sillons au battoir et on plante comme pré-
cédemment.
Les frais de culture à l'hectare sont à peu près les suivants pour le travail entière-
ment fait à la main : •
Préparation du terrain et plantation 40 journées
Entretien. 68 -
Récolte. 42 -
f
p Le travail à la charrue est un peu plus économique.
Je ne compte pas ici la valeur des engrais ; on les emploie en effet très peu pour la
Inculture de cette racine et au Zambèze, où les terrains doivent être encore très riches,
on doit pouvoir obtenir, sans fumure, de 18.000 à 20.000 kilos à l'hectare.
Je dois dire ici que s'il s'agit de manioc comestible, il y a à Singapoor une variété
moins productive, très riche en fécule, plus délicate et plus hâtive. Le manioc ordinai-
rement cultivé à La Réunion se récolte au bout de 18 mois en moyenne.
Si l'on veut consommer le manioc, il est nécessaire de le faire cuire après avoir
pris la précaution d'enlever l'enveloppe extérieure colorée ; on le prépare comme on
préparerait en Europe des pommes de terre, auxquelles on peut l'assimiler comme
aliment.
On peut, sous une autre forme, consommer le manioc. On peut en faire de la cas-
savS, du couac ou du tapioca. Les deux premières préparations sont fort simples et à
portée de tous les colons, surtout s'il s'agit du manioc doux. Mais si l'on veut faire
du tapioca, c'est toute une installation industrielle exigeant une mise de fonds assez
importante. Non pas qu'on ne puisse préparer du tapioca à la ferme, mais alors le ren-
dement est très faible et le prix de revient très élevé.
Dans une féculerie bien organisée, sur le pied des féculeries de France, on peut
sions : le manioc amer, cultivé aux Antilles et au Brésil; le manioc doux cultivé à la
Réunion, à bois très gros et très résistant, et enfin le manioc de Singapoor à racines
petites et à bois flexible. Ce dernier est le moins productif à l'hectare, mais il est le
plus riche en fécule.
Le manioc ne peut être considéré comme un aliment équivalent au pain ; la racine
contient environ 0,089 d'azote, tandis que le grain de blé en contient 2,08 en moyenne.
Voici d'ailleurs la composition du manioc de La Réunion.
Racines Bois
Eau 61.00 69.00
Matière sèche. 39.00 31.00
Potasse. 0.190 0.768
Acide phosphorique. 0.091 0.239
Chaux. 0.060 0.366
Azote. 0.089 0.202
Il semble que le manioc cultivé dans la vallée du Zambèze soit le même que celui
qui est cultivé aux Antilles ; c'est un manioc racineux qui doit sans doute ses qualités
toxiques à l'acide prussique.
Il serait très facile de substituer le manioc directement comestible de La Réunion,
au manioc racineux du Zambèze ; il suffirait de faire venir de notre île quelques graines,
quelques plants ou bien du bois même de manioc, car le manioc se plante toujours par
boutures.
Cette plantation s'effectue ici de septembre à décembre. Le terrain étant préparé et
nivelé, on plante dans des lignes espacées de 1 mètre à une distance de 70 à 80 centi-
mètres entre les boutures.
Le terrain étant nivelé et sillonné, on fait tous les 70 ou 80 centimètres, avec la houe
à main, une excavation ayant 10 centimètres de profondeur dans laquelle on dépose
horizontalement une bouture comprenant deux yeux. On recouvre ensuite de quelques
centimètres de terre, en tassant légèrement avec le pied.
Si le terrain est labourable, on ouvre des sillons au battoir et on plante comme pré-
cédemment.
Les frais de culture à l'hectare sont à peu près les suivants pour le travail entière-
ment fait à la main : •
Préparation du terrain et plantation 40 journées
Entretien. 68 -
Récolte. 42 -
f
p Le travail à la charrue est un peu plus économique.
Je ne compte pas ici la valeur des engrais ; on les emploie en effet très peu pour la
Inculture de cette racine et au Zambèze, où les terrains doivent être encore très riches,
on doit pouvoir obtenir, sans fumure, de 18.000 à 20.000 kilos à l'hectare.
Je dois dire ici que s'il s'agit de manioc comestible, il y a à Singapoor une variété
moins productive, très riche en fécule, plus délicate et plus hâtive. Le manioc ordinai-
rement cultivé à La Réunion se récolte au bout de 18 mois en moyenne.
Si l'on veut consommer le manioc, il est nécessaire de le faire cuire après avoir
pris la précaution d'enlever l'enveloppe extérieure colorée ; on le prépare comme on
préparerait en Europe des pommes de terre, auxquelles on peut l'assimiler comme
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On peut, sous une autre forme, consommer le manioc. On peut en faire de la cas-
savS, du couac ou du tapioca. Les deux premières préparations sont fort simples et à
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