Titre : Revue des cultures coloniales
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1899-01-05
Contributeur : Milhe-Poutingon, Albert. Éditeur scientifique
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32858342r
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 5134 Nombre total de vues : 5134
Description : 05 janvier 1899 05 janvier 1899
Description : 1899/01/05 (A3,N20,T4). 1899/01/05 (A3,N20,T4).
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6418287j
Source : CIRAD, 2012-231823
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 12/08/2013
VARIÉTÉS - 17
tions, enfouies sous un mètre et plus de vase et de terres, détruites aussi complè-
tement que celles qui ont été arrachées dans les parties ravinées.
Tout cela n'a pas autant d'importance pour les cultures rapides et passagères
de maïs par exemple que pour les plantations de café. Quand un maïs de deux
mois est arraché ou enfoui, on laboure vivement en semant sous raie; c'est une
perte de temps pour la récolte et voilà tout.- C'est tout différent lorsqu'il s'agit
d'une caféerie dont la création demande des années de soins et de travail.
Même dans les cas assez fréquents où les arbustes et leurs abris sont assez
forts pour résister, où leurs racines sont assez développées pour empêcher le
ravinement et où le courant n'est pas trop fort, même quand l'emplacement de
la plantation est assez bien choisi pour recevoir un petit dépôt à limon, les
dégâts sont toujours très considérables.
Des débris végétaux, des grandes herbes viennent surcharger les branches des
caféiers, offrant ainsi une prise considérable à la force du courant; les branches
se brisent, les caféiers se couchent; ailleurs des troncs d'arbres traînés par les
eaux à travers la plantation forment de vraies allées où tout est couché ou brisé;
des remous se forment ailleurs écrasant tout sous un énorme amas de bois mort
et de débris de toutes sortes. Tout cela sans compter le froissement des branches
les unes contre les autres et contre tous les débris entraînés, froissement qui
arrache les feuilles et les fruits, qui blesse l'écorce et laisse des plaies qui cica-
trisent mal.
Dans les conditions les plus favorables, lorsque l'inondation se charge
d'entretenir la fertilité des terres d'alluvion, c'est donc une fertilité payée réelle-
ment trop cher, au prix d'énormes dégâts qu'on ne peut ni prévoir ni calculer,
car les courants se déplacent presque toujours d'une inondation à l'autre, et ce
qu'ils ont laissé intact une fois peut être dévasté la fois suivante.
Cet inconvénient des plaines d'alluvion pour l'établissement des caféeries n'est
du reste pas le seul. Il est absolument impossible d'arriver à détruire l'herbe
dans ces terrains. Partout, ailleurs, on peut, en effet, avec un certain nombre de
sarclages répétés arriver à détruire les mauvaises herbes. Les graines contenues
dans la terre lèvent successivement et les plantes sont détruites chaque fois
avant floraison. Mais dans les terres d'alluvion chaque inondation apporte,entre
autres débris organiques, toutes les graines tombées sur le sol dans toute la
brousse environnante. Les sarclages des caféeries, des jeunes caféeries principa-
lement, deviennent par suite extrêmement onéreux. Dans la saison pluvieuse on
ne peut pas même en sortir ; l'herbe repousse derrière les hommes aussi vite
qu'ils l'arrachent. Le planteur finit par être débordé et perd ses jeunes arbustes
étouffés par les mauvaises herbes, ou l'écorce mangée au pied par le pullule-
ment-d'insectes et de limaces qui se développent à l'abri de cette poussée de
mauvaises herbes.
En réalité, on a réussi en plaine d'alluvion un certain nombre de plantations,
qui durent longtemps et donnent beaucoup par suite de la fertilité du sol ; mais
on a eu aussi, dans ces mêmes terres, de nombreux échecs.
Les plantations même qui ont été réussies dans ces terrains ont presque tou-
jours coûté très cher, et ont demandé énormément de soins, de patience et de
travail.
On peut cependant signaler une exception aux règles générales que nous
venons d'indiquer pour les terres d'alluvion. On voit, dans presque toutes les
vallées, quelques terrains que les dépôts successifs des eaux ont tellement sur-
tions, enfouies sous un mètre et plus de vase et de terres, détruites aussi complè-
tement que celles qui ont été arrachées dans les parties ravinées.
Tout cela n'a pas autant d'importance pour les cultures rapides et passagères
de maïs par exemple que pour les plantations de café. Quand un maïs de deux
mois est arraché ou enfoui, on laboure vivement en semant sous raie; c'est une
perte de temps pour la récolte et voilà tout.- C'est tout différent lorsqu'il s'agit
d'une caféerie dont la création demande des années de soins et de travail.
Même dans les cas assez fréquents où les arbustes et leurs abris sont assez
forts pour résister, où leurs racines sont assez développées pour empêcher le
ravinement et où le courant n'est pas trop fort, même quand l'emplacement de
la plantation est assez bien choisi pour recevoir un petit dépôt à limon, les
dégâts sont toujours très considérables.
Des débris végétaux, des grandes herbes viennent surcharger les branches des
caféiers, offrant ainsi une prise considérable à la force du courant; les branches
se brisent, les caféiers se couchent; ailleurs des troncs d'arbres traînés par les
eaux à travers la plantation forment de vraies allées où tout est couché ou brisé;
des remous se forment ailleurs écrasant tout sous un énorme amas de bois mort
et de débris de toutes sortes. Tout cela sans compter le froissement des branches
les unes contre les autres et contre tous les débris entraînés, froissement qui
arrache les feuilles et les fruits, qui blesse l'écorce et laisse des plaies qui cica-
trisent mal.
Dans les conditions les plus favorables, lorsque l'inondation se charge
d'entretenir la fertilité des terres d'alluvion, c'est donc une fertilité payée réelle-
ment trop cher, au prix d'énormes dégâts qu'on ne peut ni prévoir ni calculer,
car les courants se déplacent presque toujours d'une inondation à l'autre, et ce
qu'ils ont laissé intact une fois peut être dévasté la fois suivante.
Cet inconvénient des plaines d'alluvion pour l'établissement des caféeries n'est
du reste pas le seul. Il est absolument impossible d'arriver à détruire l'herbe
dans ces terrains. Partout, ailleurs, on peut, en effet, avec un certain nombre de
sarclages répétés arriver à détruire les mauvaises herbes. Les graines contenues
dans la terre lèvent successivement et les plantes sont détruites chaque fois
avant floraison. Mais dans les terres d'alluvion chaque inondation apporte,entre
autres débris organiques, toutes les graines tombées sur le sol dans toute la
brousse environnante. Les sarclages des caféeries, des jeunes caféeries principa-
lement, deviennent par suite extrêmement onéreux. Dans la saison pluvieuse on
ne peut pas même en sortir ; l'herbe repousse derrière les hommes aussi vite
qu'ils l'arrachent. Le planteur finit par être débordé et perd ses jeunes arbustes
étouffés par les mauvaises herbes, ou l'écorce mangée au pied par le pullule-
ment-d'insectes et de limaces qui se développent à l'abri de cette poussée de
mauvaises herbes.
En réalité, on a réussi en plaine d'alluvion un certain nombre de plantations,
qui durent longtemps et donnent beaucoup par suite de la fertilité du sol ; mais
on a eu aussi, dans ces mêmes terres, de nombreux échecs.
Les plantations même qui ont été réussies dans ces terrains ont presque tou-
jours coûté très cher, et ont demandé énormément de soins, de patience et de
travail.
On peut cependant signaler une exception aux règles générales que nous
venons d'indiquer pour les terres d'alluvion. On voit, dans presque toutes les
vallées, quelques terrains que les dépôts successifs des eaux ont tellement sur-
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.96%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.96%.
-
-
Page
chiffre de pagination vue 27/44
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://numba.cirad.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k6418287j/f27.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://numba.cirad.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k6418287j/f27.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://numba.cirad.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k6418287j/f27.image
- Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://numba.cirad.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k6418287j
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://numba.cirad.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k6418287j
Facebook
Twitter