Titre : Revue des cultures coloniales
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1900-10-05
Contributeur : Milhe-Poutingon, Albert. Éditeur scientifique
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32858342r
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 5134 Nombre total de vues : 5134
Description : 05 octobre 1900 05 octobre 1900
Description : 1900/10/05 (A4,N62,T7). 1900/10/05 (A4,N62,T7).
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k63783664
Source : CIRAD, 2012-231823
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 12/08/2013
580 REVUE DES CULTURES COLONIALES
parche et décortiqué dans les entrepôts du Havre par des machines perfection-
nées. Car le Café décortiqué à l'arrivée se vend au consommateur français, fin
gourmet, dans tout l'éclat de sa couleur vermeille bleu verdâtre et pourvu de
toutes les parcelles de l'arôme délicat plaçant le Café du Nicaragua parmi les
mieux cotés sur les marchés du monde. Du reste, le Café du Nicaragua obtient
toujours au Havre à la vente 10 à 15 francs de plus aux 50 kilog. que les Cafés
du Brésil, etc.
Le marché du Havre, le premier du monde pour l'importation des Cafés en
général, est distancé cependant pour celle des sortes de Nicaragua par le marché
de Hambourg, bien qu'en ce dernier port les Nicaragua obtiennent des prix moins
rémunérateurs qu'au Havre. Cette anomalie peut s'expliquer par certaines
considérations. Il faut d'abord tenir compte des facilités financières (auto-
risations de tirages anticipés d'un an sur la récolte suivante, etc.), consen-
ties par les commerçants hambourgeois aux producteurs du Nicaragua, facilités
que leur accordent plus difficilement les commerçants français, moins spécula-
teurs. Il est en outre évident que la présence, au Nicaragua, de nombreux rési-
dants allemands, soit comme colons, soit comme négociants, influe beaucoup sur
l'exportation du Café à Hambourg, de préférence à tout autre marché européen.
Il ne faut pas oublier non plus l'attrait qu'il y a pour les exportateurs de Cafés
du Nicaragua, sans distinction de nationalité, à les expédier par les vapeurs de
la Compagnie hambourgeoise « Kosmos » qui les transporte à Hambourg direc-
tement, sans transbordement par la voie du détroit de Magellan, même plus
longue. Les Cafés à destination du Havre, de Bordeaux et de Marseille, au con-
traire, doivent transborder à l'isthme de Panama.
Quelles conclusions tirer, au point de vue de l'influence française, de cet
exposé succinct de la question du Café au Nicaragua?
1° Il serait à souhaiter que quelques-uns de ces jeunes agriculteurs français,
robustes et intelligents, dont une partie gagnent péniblement leur vie, malgré la
protection des tarifs douaniers et autres, dans la culture des céréales, aillent au
Nicaragua y cultiver du Café, produit très rémunérateur, même malgré de petites
baisses passagères dans les cours de ce grain en Europe ; le séjour au Nicaragua
de ces vaillants pionniers de la civilisation française accroîtrait le bien-être.
2° La formation de compagnies de vapeurs sous pavillon français avec ports
d'attache en France permettrait de récolter sur toutes les côtes du Pacifique de
l'Amérique latine une partie du fret recueilli par les bateaux hambourgeois et
donnerait à leurs créateurs des bénéfices importants, tout en développant l'essor,
actuellement assez lent, de la marine marchande française.
3° La nécessité s'impose d'achever à courte échéance le percement de l'isthme
de Panama atïquel se trouvent liés tant d'intérêts français, si l'on ne veut pas
voir la réussite du percement par l'isthme de Nicaragua.
D. PECTOR.
parche et décortiqué dans les entrepôts du Havre par des machines perfection-
nées. Car le Café décortiqué à l'arrivée se vend au consommateur français, fin
gourmet, dans tout l'éclat de sa couleur vermeille bleu verdâtre et pourvu de
toutes les parcelles de l'arôme délicat plaçant le Café du Nicaragua parmi les
mieux cotés sur les marchés du monde. Du reste, le Café du Nicaragua obtient
toujours au Havre à la vente 10 à 15 francs de plus aux 50 kilog. que les Cafés
du Brésil, etc.
Le marché du Havre, le premier du monde pour l'importation des Cafés en
général, est distancé cependant pour celle des sortes de Nicaragua par le marché
de Hambourg, bien qu'en ce dernier port les Nicaragua obtiennent des prix moins
rémunérateurs qu'au Havre. Cette anomalie peut s'expliquer par certaines
considérations. Il faut d'abord tenir compte des facilités financières (auto-
risations de tirages anticipés d'un an sur la récolte suivante, etc.), consen-
ties par les commerçants hambourgeois aux producteurs du Nicaragua, facilités
que leur accordent plus difficilement les commerçants français, moins spécula-
teurs. Il est en outre évident que la présence, au Nicaragua, de nombreux rési-
dants allemands, soit comme colons, soit comme négociants, influe beaucoup sur
l'exportation du Café à Hambourg, de préférence à tout autre marché européen.
Il ne faut pas oublier non plus l'attrait qu'il y a pour les exportateurs de Cafés
du Nicaragua, sans distinction de nationalité, à les expédier par les vapeurs de
la Compagnie hambourgeoise « Kosmos » qui les transporte à Hambourg direc-
tement, sans transbordement par la voie du détroit de Magellan, même plus
longue. Les Cafés à destination du Havre, de Bordeaux et de Marseille, au con-
traire, doivent transborder à l'isthme de Panama.
Quelles conclusions tirer, au point de vue de l'influence française, de cet
exposé succinct de la question du Café au Nicaragua?
1° Il serait à souhaiter que quelques-uns de ces jeunes agriculteurs français,
robustes et intelligents, dont une partie gagnent péniblement leur vie, malgré la
protection des tarifs douaniers et autres, dans la culture des céréales, aillent au
Nicaragua y cultiver du Café, produit très rémunérateur, même malgré de petites
baisses passagères dans les cours de ce grain en Europe ; le séjour au Nicaragua
de ces vaillants pionniers de la civilisation française accroîtrait le bien-être.
2° La formation de compagnies de vapeurs sous pavillon français avec ports
d'attache en France permettrait de récolter sur toutes les côtes du Pacifique de
l'Amérique latine une partie du fret recueilli par les bateaux hambourgeois et
donnerait à leurs créateurs des bénéfices importants, tout en développant l'essor,
actuellement assez lent, de la marine marchande française.
3° La nécessité s'impose d'achever à courte échéance le percement de l'isthme
de Panama atïquel se trouvent liés tant d'intérêts français, si l'on ne veut pas
voir la réussite du percement par l'isthme de Nicaragua.
D. PECTOR.
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