Titre : Revue des cultures coloniales
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1900-09-05
Contributeur : Milhe-Poutingon, Albert. Éditeur scientifique
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32858342r
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 5134 Nombre total de vues : 5134
Description : 05 septembre 1900 05 septembre 1900
Description : 1900/09/05 (A4,N60,T7). 1900/09/05 (A4,N60,T7).
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k63783649
Source : CIRAD, 2012-231823
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 12/08/2013
516 REVUE DES CULTURES COLONIALES
cularité, Panicum pyramidale Lamk., dont les graines appelées Lingui (bambara)
se mangent aussi en Sénégambie et au Soudan français.
Les prairies du Niger et des lacs de la région de Tombouctou sont surtout
constituées par le Bourgou et par Panicum pyramidale Lamk., espèces voisines et
croissant fréquemment ensemble, quoique d'aspect bien différent.
Les premières touffes de Bourgou apparaissent dans le Niger et dans son grand
affluent le Bani, en juin, lorsque les eaux provenant des pluies du sud affluent
vers le nord et font déborder le Niger avant qu'il ait atteint le lac Débo, qui,
comme on sait, lui sert de régulateur. En même temps les nombreuses ramifica-
tions du fleuve asséchées, au moins en partie, pendant quelques mois de l'année
se couvrent également de Bourgou, à mesure que l'eau s'y répand. Le développe-
ment des prairies suit la marche de l'inondation; aussi elles apparaissent long-
temps après dans la région de Tombouctou, la crue s'y faisant sentir environ
deux ou trois mois plus tard, lorsque le lac Débo et les dépressions avec lesquelles
il est en communication se sont remplis.
Les nouvelles plantes apparaissent dès que l'eau envahit le sol : dans les
endroits où l'humidité s'est conservée toute l'année, ce sont les rhizomes ram-
pants restés dans la vase qui émettent de jeunes pousses à la façon du Glyceria
aquatica Wahl des mares d'Europe ; dans les endroits asséchés depuis longtemps,
ce sont les graines seulement qui produisentde nouvelles plantes.
Au début, la vitesse de la croissance est plus rapide que la montée de l'eau, de
telle sorte que les tiges émergent rapidement et dépassent le niveau. A mesure
que celui-ci monte, les feuilles anciennes submergées jaunissent et se détruisent.
En même temps les nœuds inférieurs de la plante produisent des couronnes de
racines adventives entièrement couvertes de radicelles. Quelques noeuds émettent
aussi des rameaux qui restent enfermés dans les gaines des feuilles sur un long
parcours et après leur sortie viennent épaissir encore davantage la prairie.
Au 10 juillet, les chaumes de Bourgou des environs du Débo n'avaient encore
que deux pieds de hauteur et s'élevaient de 1 décimètre seulement au-dessus
des eaux. Au 10 septembre, ces chaumes avaient atteint environ 2 mètres de
hauteur, dépassant le niveau de l'eau de 50 à 80 centimèlres, et la plupart des
inflorescences étaient en fleur.
La taille et la vigueur du Bourgou sont d'ailleurs très variables, suivant la pro-
fondeur des eaux et la richesse du sol. En certains endroits, il peut atteindre
3 mètres de hauteur, mais la tige au moment de la floraison, c'est-à-dire à
l'époque des hautes eaux, ne dépasse pas 1 mètre au-dessus du niveau.
DESCRIPTION BOTANIQUE DE LA PLANTE. Le Bourgou est une nouvelle espèce de
Panicum appartenant à la section Echinochloa, caractérisée, comme l'on sait, par
ses épillets groupés en panicules unilatérales. Cette section comprend le Palik,
Crête-de-coq (Panicum Crus-ùfalli), espèce répandue dans le monde entier et assez
fréquente notamment aux environs de Paris. Le Bourgou en diffère principale-
ment par sa grande taille, ses feuilles très rugueuses, munies de ligules consti-
tuées par de longs cils, ses panicules plus amples et ses épillets plus gros. Il est
très voisin de Panicum scabrum Lamk. et de deux espèces du Sénégal également
nouvelles que nou venons de décrire : Panicum Lelievrei A. Chev. et Panicum Ory-
zsetorum A. Chev. dont on trouvera les descriptions détaillées dans le Bulletin de
l'A. F. A. S. (Congrès de 1900).
DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. Dans le Soudan occidental, le Bourgou ne se
cularité, Panicum pyramidale Lamk., dont les graines appelées Lingui (bambara)
se mangent aussi en Sénégambie et au Soudan français.
Les prairies du Niger et des lacs de la région de Tombouctou sont surtout
constituées par le Bourgou et par Panicum pyramidale Lamk., espèces voisines et
croissant fréquemment ensemble, quoique d'aspect bien différent.
Les premières touffes de Bourgou apparaissent dans le Niger et dans son grand
affluent le Bani, en juin, lorsque les eaux provenant des pluies du sud affluent
vers le nord et font déborder le Niger avant qu'il ait atteint le lac Débo, qui,
comme on sait, lui sert de régulateur. En même temps les nombreuses ramifica-
tions du fleuve asséchées, au moins en partie, pendant quelques mois de l'année
se couvrent également de Bourgou, à mesure que l'eau s'y répand. Le développe-
ment des prairies suit la marche de l'inondation; aussi elles apparaissent long-
temps après dans la région de Tombouctou, la crue s'y faisant sentir environ
deux ou trois mois plus tard, lorsque le lac Débo et les dépressions avec lesquelles
il est en communication se sont remplis.
Les nouvelles plantes apparaissent dès que l'eau envahit le sol : dans les
endroits où l'humidité s'est conservée toute l'année, ce sont les rhizomes ram-
pants restés dans la vase qui émettent de jeunes pousses à la façon du Glyceria
aquatica Wahl des mares d'Europe ; dans les endroits asséchés depuis longtemps,
ce sont les graines seulement qui produisentde nouvelles plantes.
Au début, la vitesse de la croissance est plus rapide que la montée de l'eau, de
telle sorte que les tiges émergent rapidement et dépassent le niveau. A mesure
que celui-ci monte, les feuilles anciennes submergées jaunissent et se détruisent.
En même temps les nœuds inférieurs de la plante produisent des couronnes de
racines adventives entièrement couvertes de radicelles. Quelques noeuds émettent
aussi des rameaux qui restent enfermés dans les gaines des feuilles sur un long
parcours et après leur sortie viennent épaissir encore davantage la prairie.
Au 10 juillet, les chaumes de Bourgou des environs du Débo n'avaient encore
que deux pieds de hauteur et s'élevaient de 1 décimètre seulement au-dessus
des eaux. Au 10 septembre, ces chaumes avaient atteint environ 2 mètres de
hauteur, dépassant le niveau de l'eau de 50 à 80 centimèlres, et la plupart des
inflorescences étaient en fleur.
La taille et la vigueur du Bourgou sont d'ailleurs très variables, suivant la pro-
fondeur des eaux et la richesse du sol. En certains endroits, il peut atteindre
3 mètres de hauteur, mais la tige au moment de la floraison, c'est-à-dire à
l'époque des hautes eaux, ne dépasse pas 1 mètre au-dessus du niveau.
DESCRIPTION BOTANIQUE DE LA PLANTE. Le Bourgou est une nouvelle espèce de
Panicum appartenant à la section Echinochloa, caractérisée, comme l'on sait, par
ses épillets groupés en panicules unilatérales. Cette section comprend le Palik,
Crête-de-coq (Panicum Crus-ùfalli), espèce répandue dans le monde entier et assez
fréquente notamment aux environs de Paris. Le Bourgou en diffère principale-
ment par sa grande taille, ses feuilles très rugueuses, munies de ligules consti-
tuées par de longs cils, ses panicules plus amples et ses épillets plus gros. Il est
très voisin de Panicum scabrum Lamk. et de deux espèces du Sénégal également
nouvelles que nou venons de décrire : Panicum Lelievrei A. Chev. et Panicum Ory-
zsetorum A. Chev. dont on trouvera les descriptions détaillées dans le Bulletin de
l'A. F. A. S. (Congrès de 1900).
DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. Dans le Soudan occidental, le Bourgou ne se
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